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Après les deux journées de grand oral de notre Président et de notre Premier Ministre, que pouvons-nous retenir des actualités ?

Le premier élément qui saute aux yeux c’est l’abstention dans le vote de la confiance au gouvernement après le discours du Premier Ministre. Certes la majorité attendue a été obtenue mais les 129 abstentions montrent les hésitations à assurer un choix et un rôle. Ou peut-être est-il plus question de préserver une éventuelle bonne grâce Présidentielle ?

Mais au-delà de ces résultats qu’avons-nous entendus et quelle compréhension en avons-nous ?

Si les propos concernant les prothèses auditives, les soins dentaires et les lunettes sont rappelés, nous ne pouvons qu’approuver car ce sont des éléments importants dans la bonne santé et le bien-être En sous-entendus, meilleure productivité et moindres dépenses liées aux accidents et carences résultants de ces handicaps.

Mais nous n’oublions pas en parallèle les objectifs de réduction les dépenses de kinésithérapie sans réflexion de fond sur les causes de l’augmentation des prises en charge.

La prévention semble également être un sujet d’intérêt pour ce gouvernement avec l’intention d‘en faire évoluer l’intérêt. Là encore, quel professionnel de santé pourrait être contre le fait de développer (enfin !) la prévention ? Nous disons même que les kinésithérapeutes seraient parmi les professionnels les plus aptes à participer à la prévention.

Mais voilà, ce n’est pas comme cela que les prises en charge en prévention sont pensées. Ce serait du rôle des étudiants en santé. Sans porter de jugement aux qualités des jeunes qui s’engagent dans des études en santé, et des qualités il en faut, la prévention, que ce soit en termes de discours ou de pratiques demande de l’expérience. 

Etre préventeur n’est pas simple ce qui nous amène à penser que le service sanitaire proposé au service de la prévention n’est qu’une annonce pour se donner bonne conscience en mettant l’accent sur la prévention sans déployer les moyens financiers nécessaires. La prévention par les étudiants, peu importe l’efficacité, c’est le coût dépensé qui est le critère d’évaluation.

Que dire des objectifs de diminution des effectifs de la fonction publique ?

Comment faire baisser des effectifs sans revoir les missions des services publics ?

Comment faire baisser les effectifs alors que les contraintes administratives sont de plus en plus nombreuses ? Que les textes sont de plus en plus inextricables ? Que la perte des services publics dans les communes est le premier promoteur de la désertification des communes ?

Quels personnels et professionnels seront ciblés par la baisse des effectifs ?

Si nous nous en référons au vécu de la FPH, ce sont les soignants qui vont encore payer un lourd tribut aux exigences d’économie. Ce qui va encore dégrader leurs conditions de travail, multiplier les risques psycho-sociaux et aussi entrainer de nouvelles pertes de chance pour les patients en ce qui concerne la qualité des soins. Inutile de revenir sur la multiplication des directions, des adjoints, des chargés de missions, qui font que les hôpitaux sont devenus ingouvernables, où souvent incompétence et incohérence règnent, car les priorités ne sont plus collectives mais uniquement des objectifs de carrière individuelle.

Inutile également de parler du déficit dévastateur de kinésithérapeutes, organisé depuis des années par les tutelles dans les établissements de santé.

En aparté, un récent sondage : https://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/statistiques/stats-rapides/apprentis__2016.pdf  montre que la FPH est parent pauvre des contrats d’apprentissage avec une baisse important alors que dans le même temps il y a une grande progression dans la FPE et la FPT. Certains dirons qu’il y a peu d’émules dans la FPH d’autres, nous en sommes, dirons que si les contrats d’apprentissages sont en baisse dans la FPH c’est dû au refus de financer l’apprentissage par les directions. Refus pouvant dans certains cas être liés aux manques de financements. Une autre raison est que les salaires de la FPH sont tellement attractifs, comme les conditions de travail de contraintes et de pénibilité, qu’une autre voie est choisie !

Si nous restons dans la sphère de la santé, nous avons entendu l’augmentation du tarif des paquets de cigarettes ou l’alignement du tarif du gasoil sur celui de l’essence. Mais (oui il y a toujours un mais !) de façon progressive (très progressive !) ce qui fait que l’effet ne sera que partiel puisque le temps va lisser l’impact tarifaire.

Dans les autres domaines nous avons bien sûr noté des motifs de grande inquiétude. Sans être, et de loin, exhaustif, comment envisager que limiter les indemnités prud’homales ne soient pas une mesure de mépris envers les « petites mains » qui font qu’une entreprise fonctionne ? 

Comment cautionner qu’une retraite de 1200€uros soit suffisante pour vivre et qu’elle soit le socle de l’augmentation de la CSG ?

Essayer de payer une Maison de Retraite avec 1200€uros ?

Essayer de rester dans votre domicile en région parisienne avec 1200€uros ?

Vraiment la politique rend aveugle mais il est constant qu’avec des salaires et autres avantages de 4000, 5000€uros ou plus, le prix d’un ticket de métro comme celui d’une baguette de pain ou, luxe extrême, celui d’un pain au chocolat (chocolatine pour ne vexer personne !) n’est en aucun cas une préoccupation. Comme se faire hospitaliser en clinique privée ou payer des dessous de table à des chirurgiens de la FPH.

Terminons avec la diminution annoncée des parlementaires ce que nous applaudissons. Un tiers en moins ! De l’effet d’annonce de bonne intention, car cela devrait des deux tiers ! Et surtout, aucune échéance, ni proposition de baisse des rémunérations ni des avantages pendant et après mandat.

Et si cette mesure est adoptée, souhaitons que ce soit le plus rapidement possible, sera-t-elle effective à la prochaine législature ou bien aurons-nous droit, ce qui devrait être de notre point de vue, à une dissolution des deux chambres avec élections sur les nouveaux effectifs et nouvelles modalités ?

Pour le moment le concept d’être En Marche semble bien claudiquant et clopinant. Mais habitués aux handicaps et déficiences, nous sommes prêts et disponibles pour des propositions !

 

Didier Lantz