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Un évènement majeur pour notre profession a eu lieu ce jeudi 16 novembre…
Le nouveau bureau du conseil national a été élu !
Félicitations à l’ensemble des acteurs si dévoués et désintéressés pour leur engagement et leur courage dans le combat pour la défense de notre belle profession.

À priori, vu l’engouement général de cette nouvelle, aucune trace sur les sites des syndicats, une simple annonce sur le site de l’ordre, quelques tweets laconiques… Autant le dire de suite, cette nouvelle ne réunit pas les foules.
Heureusement, nous avons reçu un courriel hier pour nous présenter le nouveau bureau.
J’ai presque pensé que j’étais finalement le seul à m’intéresser des affaires ordinales…
Il m’est plaisant de dire que je suis peut être encore le seul « fan » !

Peut être est-ce parce que la profession a un désintérêt massif pour cet ordre inutile ? Doit-on rappeler que seuls 15% des kinésithérapeutes ont estimé nécessaires de voter aux élection départementales ?
Peut être est-ce parce que cette nomination… pardon… cette élection… est au suffrage indirect. Suffrage qui est le garant d’une non confrontation à la population et d’une totale opacité quant au bilan morale face à la profession et à la prise d’avis des kinésithérapeutes.

En réalité un certain nombre de kinésithérapeutes se sont offusqués de voir que 500 personnes pouvaient engager les professionnels libéraux dans la signature d’un avenant conventionnel… Mais vous êtes vous déjà posé la question du nombre de votants ayant élus le ou la président(e) de l’ordre ?
Parce qu’avec 15% de votants, sur un département comme la Gironde qui compte environ 2000 praticiens, on arrive au chiffre ridiculement faible de 300 électeurs !
La suite du processus électif du président de l’ordre étant indirect… Nous pouvons en conclure que l’élection du président de l’ordre est tout aussi représentative que les signatures conventionnelles !
Moins de 500 personnes décident pour les presque 90 000 restants !…

En conclusion, si certains se sont opposés au vote du SNMKR, il devraient regarder ce qui se passe à l’ordre !…

 

Les résultats
Le noyau central du bureau, présidente, trésorier et secrétaire général reste inchangé…
Sous la dernière présidence, malgré les efforts et le travail acharnés, le décret sur l’exercice partiel est paru (à lire ici), la kinésithérapie hospitalière a été poignardée (à lire ici) et un projet touchant tous les professionnels conventionnés est à venir, les APA gagnent du terrain de jour en jour, la gestion des soins d’urgence a été géré en oubliant que la quasi totalité des praticiens libéraux sont conventionnés et que l’urgence doit être une prise en charge de l’assurance maladie (à lire ici et ici) et la seule vraie nouveauté a été « osons le gang des voleurs de patates ! » (encore désolé pour les moins de 25 ans qui n’ont pas pu connaitre ceci) …
Autant le dire, heureusement que l’ancien bureau a fait un travail exceptionnel, sinon où en serions nous !
Et dire que certains pensent encore que le réseau d’influence que l’ordre essaye de constituer est de premier plan…

Cela étant dit, c’est très franco-français lorsqu’une équipe perd… C’est toujours la faute du sélectionneur, mais jamais des joueurs…

 

Influence syndicale ?
L’ordre de par ses missions se veut totalement « a-syndical ». D’ailleurs dans le courriel de présentation du bureau, aucune mention à une quelconque organisation syndicale, aucune mention non plus des anciennes fonctions syndicales des élus.
Et oui, lorsque l’on pose directement la question aux élus nationaux ils répondent que l’ordre oeuvre en toute confraternité et que tout fonctionne à merveille en oubliant les clivages et les tensions existantes.

Cependant, vu de l’extérieur, tout ceci est semble bien flou.
Ce flou est compréhensible puisque les personnes engagées dans la profession sont peu nombreuses et il est presque logique de retrouver tout le temps les mêmes personnes aux différents postes syndicaux et ou ordinaux.
Et puis il faut l’admettre, lorsque l’on a gouté aux joies des rémunérations tirées de la « non activité de la kinésithérapie », il devient difficile de s’en passer…

De plus, à l’heure où la quasi totalité des syndicats parlent de la défense de la profession et que la mission de l’ordre est justement « assurer la défense de l’honneur de l’indépendance de la profession de masseur-kinésithérapeute », il est fort compréhensible que plus personne ne comprenne ou ne sache réellement quelles sont les missions des uns et des autres, où commencent les intérêts et où s’arrêtent les objectifs… Il y a donc, pour une majorité de professionnels et parfois même par les équipes dirigeantes, une confusion totale entre les intérêts et les missions des syndicats et de l’ordre.

Loin de moi l’idée de remettre en cause l’intégrité, la droiture, la neutralité ou encore le désintéressement des élus.
Non, il n’est pas question de cela.
N’oublions pas cependant que l’ordre est bel est bien né des volontés syndicales. Souvenons nous des propos de certains de la FFMKR dans les années 90, rappelons nous la pétition auprès de l’assemblée nationale faite par Objectif Kiné…
Peut être y a-t-il une certaine forme d’hypocrisie vis à vis d’un quelconque influence syndicale ?

L’ordre est donc asyndical, mais nombre d’élus ont encore ou ont eu des postes clé au seins des syndicats de notre belle profession. Ce qui ne participe pas à la bonne compréhension du réel côté asyndical de l’ordre…

L’ordre fonctionne comme les URPS. Chaque individu a ses propres conviction avant son intronisation. Et une fois élus, il semblerait qu’ils « oublient » tout de leurs convictions mais en continuant d’exercer leurs mandats ou fonctions syndicales… Quelque peu étrange non ?
De plus, nous le voyons au quotidien au sein des URPS. Si quelques fois cela fonctionne, dans la majorité des cas, les clivages et lutte de pouvoir sont de mise et malheureusement, si l’idée d’asyndicalisme est louable et souhaitable, elle n’est pas la réalité du terrain. Mais soyons en surs… pas de cela à l’ordre. L’ordre est impeccable de moralité et ne déroge jamais à sa ligne de conduite et toujours de manière confraternelle.

C’est pourquoi, à l’heure où le paysage syndical est « animé », j’ai décidé d’établir une cartographie du nouveau bureau de l’ordre.
Oui, j’en suis désolé, mais j’ai peine à croire que l’on puisse s’investir au niveau national dans un syndicat le lundi, et que l’on puisse tout oublier ou mettre de côté sans aucun conflit d’intérêts en allant travailler à l’ordre le mardi…

Cet article ne vos donnera pas en détail l’ensemble des mandats des élus nationaux, ce serait parfois beaucoup trop long et trop ennuyeux. Pour certains, 30 ans de lutte syndicale ont laissé un sérieux passif…
Non, je me limiterais aux postes « clé » qui pourraient indiquer une appartenance ou une tendance à un syndicat actuellement existant.
En effet, certains élus nationaux cumulent vie ordinale, vie syndicale, vie de formateurs, vie politique etc… Il serait parfois beaucoup trop complexe d’établir le curriculum vitae de certains en moins de quelques lignes.
À quand une obligation stricte de non cumul de mandat, au moins syndical-ordinal ?
Cela pourrait être une bonne idée d’inclure cette demande dans le règlement de fonctionnement de l’ordre… Plutôt que de se cacher derrière le fait que ce soit le législateur qui permette cela…

 

Le Bureau
Présidente Pascale Mathieu, ancienne administratrice nationale SNMKR.
Vice-présidents Michel Arnal; Jacques Vaillant.
Trésorière Dominique Aknine, présidente FFMKR78.
Trésorier Adjoint Xavier Gallo, administrateur national SNMKR.
Secrétaire générale, Jean-François Dumas, ancien acteur principal de la « fusion » de la CNMKL vers Objectif Kiné puis vers l’Union SNMKR-OK.
Secrétaires adjoints Brigitte Vincent, correspondante SNMKR Haute Savoie; Gilles Marchiano ex-président FFMKR91.

SI jamais j’avais omis des informations ou si une information était erronée, je m’en excuse platement, que les élus m’en fasse part pour que je puisse corriger au plus vite.

Osons… Noter qu’une majorité « pourrait » se dessiner vers l’Union SNMKR-OK si les élus ne travaillaient pas dans la stricte confraternalité… Mais je le répète, pas de cela à l’ordre.

 

La réalité politique
Lors des élections, tant départementales que régionales ou nationale, aucun candidat n’émet de programme, de ligne de conduite ou encore de profession de foi à l’intention du grand public. Tout est opaque et nous élisons des « noms » et non pas des « candidats » avec un réel programme et de réelles idées à développer. Voilà peut être pourquoi l’ordre manque cruellement d’idées pour défendre notre profession ?
Finalement nous ne connaissons rien ou presque des gens qui veulent nous diriger.
Y compris dans la gestion au quotidien, nous n’avons aucune connaissance des actions envisagées, des lignes directrices ou encore de la ligne politique générale de l’ordre.
Et après certains s’étonnent qu’il n’y ait eu que 15% de participation aux dernières élections… Si l’on veut intéresser l’adhérent, il faut lui parler !

Madame la ministre, à quand la parution d’un décret obligeant l’élection au suffrage universel direct du président(e) de l’ordre ?
Mesdames messieurs du conseil national, puisque madame la ministre acte sur proposition du conseil, pourquoi ne pas faire agir l’extraordinaire lobby que vous représenté pour demander une élection au suffrage universel direct ?
Même si je conçois qu’il soit plus pratique pour certains d’avoir la main mise sur une élection indirecte et même si je comprends que vu le désintérêt majeur de la profession pour un ordre inutile qu’elle n’a jamais demandé et qui nous a été imposé par les syndicats, il y ait un risque majeur que cette élection finisse avec moins de votants que pour la validation des avenants conventionnels !
Mesdames messieurs du conseil national, pourquoi autant de secret et une telle opacité dans vos actions vos lignes directrices, vos projets
À quand la publication du règlement de fonctionnement ?
À quand la publication du règlement de trésorerie?
À quand la publication des revenus professionnels avant et après élection, histoire de vérifier le « non enrichissement » et la moralité générale ?
À quand la parution du budget détaillé ?
À quand un vote de confiance auprès de l’ensemble de la profession ?
À quand une réelle transparence ?
Pensez-vous donc que, nous, masseurs-kinésithérapeutes, sommes trop stupides pour comprendre ? Pensez-vous donc que nous ne puissions pas intégrer les stratégies à court moyen et long terme de l’ordre ?
Pensez-vous donc que nous ne soyons pas assez intelligents pour prendre le devenir et les intérêts de la profession entre nos mains ?
Peut-être que… si l’ordre étant plus transparent et plus accessible aux professionnels, il aurait meilleure presse…
En attendant l’ordre reste opaque, hermétique et vu de l’extérieur, stérile idéologiquement.
Mais ne l’oublions pas… c’est bel et bien, nous, masseurs-kinésithérapeutes qui finançons cette mascarade !

Donc nous finançons mais n’avons aucun droit de regard quant aux décisions prises…

J’ai par ailleurs été choqué d’apprendre que les élus départementaux, ceux là même qui allaient voter pour nommer les élus nationaux quelques semaines plus tard, avaient été formés par un candidat. Que celui-ci se rassure, je ne remets pas en cause son intégrité et je n’ai aucun doute quant au fait qu’il soit resté le plus neutre possible.
Cependant, je pense juste que si l’on veut réellement éviter les possibles conflits d’intérêts, il faut organiser les formations par un acteur qui n’est pas candidat, voir par une organisme indépendant si l’on souhaite éviter que la structuration ne devienne pyramidale ou tout simplement, après les élections…

L’ordre n’a d’ailleurs aucun contre-pouvoir. En effet, avez vous déjà été consultés pour « sa création », pour son « organisation », pour sa « gestion », pour ses rémunérations, pour ses « choix » tant moraux, politiques ou stratégiques ? Non, jamais.

Je ne suis pas un fervent partisan de la démocratie participative, cependant, quand une élite s’impose comme tel, elle se doit à minima de ne pas se cloisonner du reste du monde. Car ne l’oublions pas, la révolution Française a bien eu lieu à cause de cela…

Alors oui, le conseil d’état veille, la plupart des élus actuels sont « règlementés » par des décrets qui ne sont pas pris par eux-mêmes (mais ils participent à leur élaboration), et surtout il subissent la mise en place chaotique de l’ordre depuis ces dix dernières années. Cependant, la communication se limite à « nous travaillons beaucoup, nous faisons un travail exceptionnel », quelques éléments budgétaires qui ne permettent pas de dire si la gestion est exemplaire ou non, rien de plus…

 

Conclusion
L’ordre se veut certes asyndical, cependant il m’est personnellement difficile de croire que l’on puisse « oublier », comme pour certains, 20 ou 30 années de lutte syndicale. Et surtout, comment peut on oublier son mandat actif ?
Comment peut on croire que, élu national de l’ordre, membre d’un bureau ou d’un conseil national d’un syndicat, on puisse en toute objectivité, par exemple, décider de quelles formations auront les faveurs de l’ordre, alors même que ces formations sont au catalogue de ce que propose son propre syndicat ?
Certains élus sont eux-mêmes soit acteurs soit dirigeants d’organismes de formations…
N’y aurait il pas, de temps à autres, quelques conflits d’intérêts ?…
Qui vérifie et qui surveille ces conflits d’intérêts ?

Les faits étant exposés, je vous laisse vous faire votre propre idée.
Personnellement, je comprends que l’on retrouve les mêmes méthodes façon « nous dirigeons et surtout taisez vous » dans tous les organes nous dirigeants. C’est la marque de fabrique d’une certaine forme de démocratie dictée par une certaine étiquette.
Je le redis, loin de moi l’idée de mettre en doute l’intégrité et la noblesse d’intention des élus, non, c’est bien pire, je remets en cause la structure et le fonctionnement tout entier !

L’ordre par son essence, néglige la population tout entière, nous éloigne des décisions et impose l’ensemble de ses décisions.

Peut être que si les élections nationale étaient au suffrage universel direct avec une vraie campagne, avec de vraies idées et de vrais engagement, nous pourrions, nous le « peuple », décider de la ligne dirigeante que l’on souhaite réellement pour la profession.
Ayez un peu de courage et d’engagement messieurs dames les élus nationaux… Faites voter le peuple, pour voir si il vous (ré)-élit...

Je finirais en citant encore une fois Jean-Louis Barrault, « la dictature, c’est ferme ta gueule; la démocratie c’est cause toujours »…

 

Vincent Jallu

 

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