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En ce début d’année, certains souhaitent la bonne année, d’autres présentent leur facture !

Il est d’ailleurs fort intéressant de voir le niveau de communication au sein de l’ordre. Quand l’ordre a besoin de vous pour les élections par exemple, « cher ami » est le minimum vital de la communication. Par contre quand il faut payer… L’ordre nous offre là un excellente moment de confraternité. Point de « bonjour », point de « cher ami » ou encore de « cher collègue ». N’espérons même pas un « bonne année » et encore moins un « merci ».
Non un simple rappel juridique façon « tu dois payer, alors paye ». Si c’est cela la définition ordinale de la confraternité, alors peut-être devrions nous nous inquiéter…

N’oublions jamais que confraternité n’implique pas la bien-séance ou même simplement l’amabilité… Non, cela implique juste que nous sommes en théorie traités de manière équivalente et que nos relations sont « pseudo-amicales ».
Il est d’ailleurs intéressant de voir comment les avocats utilisent cette notion de confraternité. En effet, ils considèrent que la confraternité s’arrête là où commence l’intérêt de leur client…
Cela est plus que notable, car cela implique que les avocats placent leur client au somment de leur art et ayant un pouvoir plus important que leur ordre.
On pourrait s’attendre à ce qu’une profession de santé place elle aussi les intérêts du patient devant toutes choses… Et bien non. Il semblerait que notre confraternité se positionne devant les intérêts du patient. N’est-ce pas là la définition même d’une omertà qui cache une caste « professionnels de santé » toute puissante ? Je vous laisse seul juge…

De plus l’ordre des avocat précise en plus de la confraternité que les relation entre avocats doivent être effectuée avec politesse et courtoisie. Le législateur ne semble pas avoir eu les mêmes intentions aves les professions de santé.

Il ne faut pas s’étonner dès lors, que nos relations aves l’ordre se limitent elles aussi au simplement à la confraterité.

Uns fois ce moment d’amabilité dépassé, vous avez entre les mains votre cotisation ordinale. Rappelons que l’on ne vous a jamais demandé votre avis pour la constitution de cet ordre. Oui, les plus jeunes d’entre nous ne le savent peut être pas, mais les professionnels n’ont jamais été consultés pour savoir si oui ou non la création d’un ordre les intéressaient.
Non, l’ordre est sorti de l’esprits de syndicalistes qui voyaient là une manne financière colossale pour les uns, beaucoup d’intérêts politiques pour les autres et une voie de garage pré ou post-retraite pour les derniers. Les réels intérêts de la kinésithérapie étaient vaguement de ci de là.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard de retrouver au sein du conseil national d’anciens syndicalistes, un ancien président, nombres d’anciens et actuels responsables nationaux ou fédéraux ect…

Notez aussi que depuis sa création, et ce, malgré des résultats de participation aux élections départementales de plus en plus catastrophiques (à lire ici), l’ordre n’a jamais estimé ni nécessaire, ni indispensable de vous demander votre avis. Dans « mon ordre et moi », il y a « mon ordre tout seul et vous à part».

 

La cotisation
280 euros… Voilà ce que l’on nous demande.
Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi ce montant ? L’ordre n’a jamais communiqué sur ce point. D’un autre côté, la communication ordinale… Hormis une certaine forme d’auto-congratulation…

Les médecins payent 335€ par an. Avec un revenu net moyen à 80 000€, nous pourrions penser qu’en comparaison avec nos 41000€ net moyen notre cotisation devrait très logiquement être d’environ 170€ au pire.
Non, notre cotisation est 165% plus chère que ce qu’elle devrait être

Mais pourquoi donc ?

Un piste… Nos revenus sont ceux des kinésithérapeutes (logique non ?) mais, les indemnités ordinales, elles, étaient à la base calculés sur le régime indemnitaire de la Haute autorité de santé. Et ce régime est directement calculé sur le revenu moyen des médecins. Ainsi pendant de nombreuses années, nos élus ordinaux ont vécu sur des indemnités « de médecins ». Il fallait donc avoir des recettes ordinales  « à la hauteur »… Ceci pourrait expliquer cela…

Depuis 2010, les indemnités ordinales sont plus complexes à calculer.
Elles sont indexées sur le plafond de la sécurité sociale. Sachez tout de même qu’un élu ne peut toucher une indemnité supérieure à 10% du plafond mensuel de la sécurité sociale par demie-journée de présence.
Pour information cela représente tout de même 331€ par demie-journée… Et n’oublions pas que ces indemnités sont déclarées en net avant impôt sur le revenu avec un abattement. Pour une journée pleine indemnisée au maximum, cela représente l’équivalent d’environ 1350€ de chiffre d’affaire !


Est-il nécessaire de rappeler que le chiffre d’affaire moyen journalier d'un masseur-kinésithérapeute libéral est d’environ 340€ ?


Heureusement un élu ne peut toucher plus de trois fois le plafond annuel de la sécurité sociale par an en indemnités ordinales.
Cela représente tout de même 119 556€ par an, toujours en net avant impôt sur le revenu et avec un abattement de 20% (donc imposé sur la base de 95645€).
Dois-je vous démontrer que cela représente presque l’équivalent de 250 000€ pour un masseur-kinésithérapeute libéral ?
À quand la publication des comptes de l’ordre ? À quand la transparence de ce que gagnent réellement nos élus ?

À quand, la vérification du non enrichissement personnel entre avant et après sa présence à l’ordre ?

Donc oui, même si le mode de calcul a changé, toutes les indemnités sont équivalentes, il n’y a donc pas de différence entre un élu ordinal médecin ou masseur-kinésithérapeute. En tant que kinésithérapeutes, nous payons donc comme si nous avions les revenus d’un médecin alors que ce n’est pas le cas !

Il convient, bien sur, de rappeler que le caractère bénévole de la mission de l’élu s’impose…

Il convient aussi de rappeler que ces montants sont les montants maxima autorisés.

Notre cotisation est peut-être anormalement élevée pour garantir le fonctionnement au coût pharaonique des CDO. Presque 60% de votre cotisation va au niveau départemental. Tout ceci pour assurer une forme de « secrétariat ».
Peut être est-ce aussi du au renouvellement du parc informatique et téléphonique des élus ? Ou encore la compensation des retraites du conseil national ?…
Difficile à dire sans de réels éléments chiffrés qui sont gardés jalousement secrets.

 

Conclusion
Puisque personne ne vous le dira, MERCI chères consoeurs et chers confrères d’avoir oeuvré pour les finances de l’ordre.

Peut être un jour nous financerons les réels intérêts et la défense de la kinésithérapie…
Car pendant ce temps là en Norvège, les Physiothérapeutes ont obtenus l’accès direct… Heureusement, ils n’ont pas d’ordre ni de syndicats !
Ils se consacrent uniquement à la défense et la protection de leur profession.

 

Si vous aussi vous souhaitez lutter contre les ordres professionnels, adhérez au MIOP.

 

Vincent Jallu