Imprimer
Affichages : 5280

Réunion MIOP 11 mars 2017 

 

Bordeaux, capitale des vins, à vu en cette belle journée ensoleillée du 11 mars 2017, ce qui deviendra peut-être une journée historique. 

 

Pour la première fois, différentes professions Médecins, vétérinaire, pharmaciens, infirmières, sages-femmes, dentistes, kinésithérapeutes, se sont réunis afin d’évoquer les ordres professionnels. 

 

Notons que le seul syndicat à être présent officiellement était SUD Santé Sociaux et le Président d'ALIZE présent a déclaré qu'il était là en nom propre. 

 

Après les présentations, des témoignages de ce que subissent les professionnels ont été faits. 

 

Les informations qui sont données par les participants au travers de leurs témoignages sont hallucinantes. Les mots sont forts, "acharnement", "harcèlement", "terreur absolue", "incompétences", "fascisme", "caste d'oligarque", "perversion", tout ceci avec l'aval des gouvernements successifs et le désengagement de l'état. 

 

Les participants ont tous le même constat sur l'idéologie même des ordres dont la gauche avait promis l'abolition déjà avec Mitterand, puis avant de revenir au pouvoir en 2012 et enfin avec une Ministre de la santé qui était, comme elle le disait à son installation au ministère, éthiquement opposée à l'idée même des ordres mais n'a fait que les maintenir coûte que coûte en les renforçant. 

Les objectifs fixés sont : 

- la fin des tribunaux d’exception que sont les chambres disciplinaires, 

- la liberté d’association donc liberté de cotiser ou non, 

- l’arrêt des privilèges que s’octroient les élus ordinaux sur le dos, le porte monnaie, des professionnels, 

- arrêter de devoir payer pour avoir le droit de travailler. 

 

Il est compréhensible que les plus jeunes d’entre nous, ou les moins jeunes qui n’ont pas été confrontés aux chambres disciplinaires, ne comprennent pas qu’elles soient qualifiées, et ici qualification prend toute sa valeur, de tribunaux d’exception. 

 

Nous allons essayer par 2 exemples simples de répondre. 

Pour le premier, imaginez que vous êtes arrêté par la police, cela peut arriver à tout le monde ! 

Vous avez une chance actuellement, ce n’est pas la police qui vous jugera. 

Un principe fondamental de la République et des Droits de l’Homme, c’est que la même « entité » ne peut cumuler le pouvoir de constater les délits et le pouvoir de juger donc de condamner pour le délit qu’elle a elle même relevé. 

Ce cumule de pouvoir n’existe que dans les régimes totalitaires, les républiques banannières et autres états fascistes. 

 

Et bien les ordres professionnels ont ce double pouvoir. 

Non seulement ils ont ces pouvoirs mais ils s’en servent au détriment de la présomption d’innocence et en abusent pour obtenir des indemnités. 

C’est pourquoi, des professionnels sont même jugés et condamnés sur des ragots par les chambres disciplinaires. Cela y compris si la justice de la République a innocenté le professionnel. 

 

Le second exemple, mais qui en réalité est un fait. 

Même les tribunaux militaires ont disparu. Ils n’existent plus. Les militaires sont maintenant jugés comme tout citoyen par la Justice de la République, la seule qui devrait exister. 

Avec la disparition des tribunaux militaires, les seuls tribunaux d’exception qui perdurent en France, République Française, pays des Droits de l’Homme, sont les chambres disciplinaires ordinales. 

 

Pour mémoire, cette justice militaire a disparu notamment parce qu'elle était accusée de partialité. Le Tribunal aux armées de Paris avait une mystérieuse façon de fonctionner. Une justice de militaires "qui se jugeaient entre eux" qui était de plus en plus dénoncée par les parties civiles. 

 

Et malgré cela et les exactions connues de tous y compris au plus haut de l’Etat, les chambres disciplinaires ordinales continuent leurs basses oeuvres ! 

 

C’est un devoir de citoyen, de tous les citoyens, de demander l’abolition des tribunaux d’exception que sont les chambres disciplinaires des ordres professionnels. 

C’est un devoir pour ceux qui sont soumis aux ordres professionnels, car personne n’est à l’abri. Une dénonciation arrive souvent sans prévenir. 

C’est un devoir pour ceux qui ne sont pas encore sous le joug d’un ordre. 

C’est un devoir d’usagers car les ordres interfèrent sur les pratiques professionnelles en répondant à des exigences qui ne sont pas en lien avec la qualité des soins en ce qui concerne les professions de santé. 

C’est aussi un devoir car les ordres sont soumis au dictat gouvernemental. Ils n’ont aucune indépendance. 

 

Les autres objectifs définis par les participants à cette réunion pluri professionnelle sont complètement explicites dans leurs énoncées. 

 

L’obligation d’adhérer à une structure est un déni de démocratie, est contraire aux principes de liberté et de libre arbitre. 

A quand l’obligation de cotiser à un syndicat ? 

A quand l’obligation d’adhérer à un parti politique ? 

La liberté d’association est de même niveau que la liberté de pensée, la liberté de culte. 

 

Payer pour devoir travailler alors que nous avons les formations, les diplômes requis, puis l’expérience n’est ni légitime, ni équitable. Le travail est un droit fondamental, il doit le rester. 

 

En aparté, cotiser à un ordre pour avoir le droit de travailler, c’est aussi payer pour se faire juger ! 

 

Nous terminons en parlant des privilèges. 

Car les cotisations ordinales servent avant tout à ce qu’une pseudo « élite » vive confortablement avec l’argent des autres. C’est à dire mon argent, votre argent, notre argent à tous. 

Toucher plusieurs milliers d’euros par mois comme élus est plus facile que de travailler comme tout le monde ! 

 

Il est vrai qu’ils auraient tort de s’en priver avec l’exemple des élus politiques. 

Rémunérer de plusieurs milliers d'€uros ses enfants étudiants, ce n’est pas donné à tout le monde mais c’est avec l’argent de tous les citoyens. 

Mais comme cela a été dit par l’intéressé lui même, ce n’est pas moral mais ce n’est pas illégal ! 

Ce « n’est pas moral mais ce n’est pas illégal » nous rappelle une autre déclaration culte de politiques et de ministres : « responsables mais pas coupables ». 

 

Ce comportement amoral, même s’il n’est pas illégal, est insupportable. Il doit cesser et être condamné. 

 

Mais il est vrai que l’octroie des privilèges vient d’en haut. Le « haut » permet à ceux qu’il veut contrôler de profiter de privilèges, certes ils seront moins importants que ceux dont bénéficient le « haut » mais comme cela le « haut » va conserver ses privilèges. Et ainsi de suite. 

 

Nous sommes dans un système féodal similaire à celui que la révolution française de 1789 a voulu supprimer. L’abolition des privilèges était en tête de liste ! Pour ceux qui comme moi n’étaient pas très assidus en cours d’histoire, il y a la nuit 04 août 1789, abolition des privilèges et des droits féodaux même si dans le détail ce n’est pas aussi flagrant et de république en république, privilèges, immunité et autres avantages perdurent toujours sur le dos du peuple et le porte monnaie du citoyen. 

 

Je l'ai écrit, je le répète, je continuerai de combattre les ordres, à dénoncer leurs exactions qui sont les mêmes que les politiques. Il est temps que ces pratiques amorales à tous les niveaux cessent. 

 

Didier LANTZ