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Depuis le 23/04 nous savons donc que les deux candidats présents au second tour seront Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Comme pour le premier tour, ce que je vous présente ici n'a aucune vocation à vous engager dans un vote ou un autre. Cette page est juste là pour vous expliciter les programmes santé des deux canidats.

Par ailleurs, n'oubliez pas que votre décision de vote doit s'appuyer sur l'ensemble des propositions des candidats et pas uniquement sur leur programme santé, à moins que cela ne soit votre choix.

Bonne lecture.

 

Vincent Jallu.

 


Marine Le Pen

Marine Le Pen met un point d’honneur à à lutter contre elle fraude et les abus pour réduire le déficit de la sécurité sociale.

Nous le savons l’UNCAM elle même avoue que le contrôle couterait plus cher que ce qu’il pourrait rapporter, cette lutte aurait donc un coût qui n’est pas précisé actuellement.
Elle est favorable à une « préférence nationale » quand à l’accès au soin. Elle propose une réduction des prestations sociales et la mise ne place d’un délai de carence de deux années pour les étrangers, avant d’avoir accès à notre système de soin.
Trois axes se dégagent de son programme santé.
 
  • la lutte contre les déserts médicaux
  • la réforme du système des complémentaires santé
  • créer une branche de la sécurité sociale consacrée à la dépendance et au handicap
Du point de vue de la lutte contre les déserts médicaux, Marine Le Pen propose de relever le numérus clausus des médecins et d’obliger à un stage d’internat en zone sous dotée. Elle propose aussi un allègement de charges pour les retraités souhaitant continuer à exercer. Enfin elle est favorable au développement des maisons de santé. tout en conservant les hôpitaux de proximité ainsi que l’augmentation des effectifs de la fonction publique.
Elle souhaite la complémentarité du système publique et libéral.

Pour la réforme des complémentaires santé, Marine Le Pen veut revenir sur la réforme des contrats responsables qui occasionneraient une aggravation des inégalités d’accès au soins.

Les mutuelles étudiantes seraient remplacées par une intervention directe de l’assurance maladie.
D’une manière générale, elle s’oppose à la privatisation de la prise en charge des soins. Tout en conservant les deux branches, assurance obligatoire et assurance complémentaire, elle estime qu’il faut encadrer d’avantage les complémentaires.
Elle souhaite réviser la CMU-c, l’Aide à l’acquisition d’une Complémentaire Santé et l’Aide Médicale d’État.
Elle veut obtenir un accès adéquat aux soins coûteux (optique, dentaire).

Pour ce qui est de la dépendance et du handicap, elle propose que la France redevienne la leader mondial de la « silver économie » (l’économie dégagée par les personnes âgées). Elle propose la revalorisation d’au mois 20% du minimum vieillesse (ASPA) en le limitant uniquement au ressortissants français depuis un minimum de 20 ans. Elle souhaite aussi instaurer une prime pour es bas revenus de financée par une taxe sur les importations.
Elle préconise la revalorisation de l’Allocation Adulte Handicapé d’environ 20% , créer des mesures incitatives à l’embauche de personnes handicapées et développer la prise en charge de l’autisme.

Plus généralement, elle est partisane de la vente du médicament à l’unité et à la mise sur le marché de génériques avant que le brevet ne tombe dans le domaine publique.
Elle souhaite développer la santé connectée, la télé-assistance et créer un fond d’investissement pour les start-up innovantes.
Elle souhaite une simplification du système administratif de la sécurité sociale et refuse toute hausse de TVA ou de CSG.
Nous concernant elle souhaite une rémunération forfaitaire tenant compte du nombre de patient par professionnel.
De plus elle souhaite un bouclier social pour les travailleurs indépendants avec une refonte du RSI et la possibilité de cotiser au régime général ou au régime spécifique. Elle propose par ailleurs de baisser les charges des TPE-PME.

Vincent Jallu

Emmanuel Macron

Monsieur Macron pose la santé comme l’une des cinq priorités.

Trois points principaux sont énoncés.
  • la prévention
  • le décloisonnement entre l’hôpital et les soins de ville
  • le financement des innovations en santé
Dans les mesures générales, monsieur Macron préconise la fin des 35 heures avec une adaptation du temps de travail variable selon l’âge. Le temps de travail pourrait donc descendre jusqu’à 32 heures par semaine pour les plus de 50 ans.

 

De la même façon l’âge de départ à la retraite serait variable de 60 à 67 ans selon les branches professionnelles. il n’y a malheureusement, pour l’instant, pas de précision quant aux catégories concernées, ni les modes d’applications. Travailler moins pour toucher moins, cela existe déjà et cela s’appelle le temps partiel…
Il promet de la même façon un système universel de retraite sans différentiation entre le privé et le publique. Pas de précision par rapport aux libéraux, mais l'ensemble des régimes spéciaux seraient supprimés.

 

Point important pour les libéraux, ils pourraient être bénéficiaires de l’assurance chômage. Les conditions ne sont toutefois pas précisées.

 

Monsieur Macron souhaite réduire voir supprimer les cotisation d’assurance chômage et d’assurance maladie des salariés pour augmenter la CSG de 1.7% sans impacter les chômeurs ni les petites retraites. Pas de précision plus avant concernant les libéraux.
Cependant on peut imaginer que de fait nous serions perdants dans cette manoeuvre, les libéraux conventionnés bénéficiants d’une réduction de cotisation d’assurance maladie, nous perdrions dans cette opération un peu plus d’1% de cotisations. Pas d’information non plus sur les cotisations affectées aux rétrocessions, au actes déconventionnés ou même au RSI. Sur ces trois points, les libéraux pourraient bénéficier d’une perte conséquente.

 

Une mesure phare concernant l’exercice en ville concerne la préconisation de l’exercice en maison de santé. En effet, il souhaite délester les urgences mais aussi les taches administratives des médecins. La pluralisation des acteurs au sein de maison de santé serait un « tampon » entre hôpital et soin de ville. Présence en leur sein de soignants mais aussi d’autres types de personnels.
Ces structures deviendraient des minis « hôpitaux de campagne » et devraient doubler en nombre d'ici à 2022.
Si l’idée est attrayante, tous les professionnels confrontés au sujet le savent, les deux contraintes majeures sont qui s’occupera du financement et de la gestion d’une telle structure ?
N’oublions pas que nos patientèles ne se revendent plus (et l’ensemble des professions de santé sont de plus en plus dans ce cas) et nos retraites n’ont pas été augmentées. Le placement immobilier pour le libéral reste un bon moyen de prépare l’avenir, mais dans de telles structures où l’investissement sera complexe, comment s’en sortir au quotidien et à long terme ?

 

Par ailleurs le paiement à l’acte est totalement remis en cause. Création de « forfaits » pour les plus jeunes, les plus âgés et les publics sensibles. Pas de précisions sur ces points qui pourtant nous touchent au plus près.

 

Concernant l’assurance maladie, Emmanuel Macron souhaite reprendre les rênes de celle-ci. Il souhaite un élargissement des prises en charges (lunettes, prothèses dentaires, prothèses auditives) et une régulation plus souple pour être plus efficace.
Il souhaite veut améliorer la vente de médicaments à l’unité et des génériques et s’oppose au déremboursement.
En contre partie, il souhaite un abaissement de l’Ondam de l’ordre de 15 milliards. Cette économie serait réalisée principalement sur les frais d’hospitalisation de courte durée suite aux urgences et petites prises en charge qui seraient détournées vers les maisons de santé, l’ambulatoire et les HAD.

 

Il annonce aussi la création d'un service sanitaire de 3 mois pour tous les étudiants en santé. À croire que les étudiants dans le dommaine de la santé ne font plus de stages...

 

D’un point de vue nouvelle technologie et innovations, il considère que la télémédecine a une réelle place dans les gains apportés à l’assurance maladie.

 

Enfin sur la prévention, Emmanuel Macron veut une santé qui empêche de tomber malade plutôt qu’une santé qui soigne.
Il présente la prévention comme l’un des trois points phares de son programme santé, sans apporter plus de précisions.

 

 

N’en doutons pas, monsieur Macron a bien profité et tiré les leçons du programme santé de monsieur Fillon qui n’ pas manqué d’être pointé du doigt. Il propose donc là « l’antithèse » et devrait s’attirer la complaisance populaire.

 

Vincent Jallu
 

 

 

Tableau compratif des deux candidats

 

 

Marine Le Pen

 

 

Emmanuel Macron

 

 Assurance maladie

Confirmation de la préférence nationale quant à l'accès au soin.

Suppression de l'AME.

Remboursement des lunettes, soins dentaires, appareils auditifs.

Encadrement des complémentaires

Vente à l'unité du médicament et augmentation du nombre des génériques.

Pas de hausse de TVA ou de CSG

Prise en charge des lunettes soins dentaires et prothèses auditives d'ici 2022.

Vente à l'unité du médicament.

Financement du système par la CSG et suppresion de la cotisation d'assurance maladie

 Santé Publique

Création du risque dépendance et handicap.

Développer la prise en charge de l'autisme.

Interdiction de la GPA.

Réserver la PMA aux problèmes de stérilité.

Augmentation des pouvoirs des ARS.

Création de maisons "sport-santé", pas de précision si présénce de MK ou d'APA...

Service sanitaire obligatoire de 3 mois par les étudiants. 

Interdiction de la GPA.

PMA ouverte au femmes seules et au couple de femmes.

 Déserts médicaux

Relever les numérus clausus.

Stages d'internat en zone sous-dotées.

Développement des maisons de santé.

Exercice "retraité" possible sans charges.

Doubler le nombre de maisons de santé et pluridisciplinaires d'ici 2022.

Relever les numerus clausus.

Investir dans la télémédecine. 

 Exercice hospitalier

 Augmentation des effectifs.

Maintient des hôpitaux en place.

Diversification des modes de rémunération des structures et des personnels.

Accélérer le déploiement des GHT.

Renforcer la coordination entre hôpital et libéral.

Réforme du système des retraites et du temps de travail.

 Exercice libéral

Conservation de la complémentarité Hôpital/Libéral

Revoir le tiers mayant généralisé.

Fin du tarif à l'acte, création de forfaits, dont un forfait "absence du patient".

Exercice en maisons de santé, création de véritables "hôpitaux de campagne".

Assurance chômage pour les libéraux.

Évaluation du tiers payant généralisé.

Les praticiens conventionnés seront touchés de plein fouet par la hausse de CSG et non concernés par la baisse de cotisations d'assurance maladie.