Imprimer
Affichages : 2184
Le constat
Selon le code de la santé publique, "La masso-kinésithérapie consiste en des actes réalisés de façon manuelle ou instrumentale, notamment à des fins de rééducation, qui ont pour but de prévenir l'altération des capacités fonctionnelles, de concourir à leur maintien et, lorsqu'elles sont altérées, de les rétablir ou d'y suppléer. Ils sont adaptés à l'évolution des sciences et des techniques".
 
Le kinésithérapeute n'effectue donc que des"actes" organisés en "séances".
 
Je pense qu'il est temps pour les kinésithérapeutes de dépasser le stade de simple "exécutant" et de s'élever au rang de "consultant".
 
En effet, le masseur kinésithérapeute doit proposer une véritable consultation de masso-kinésithérapique.
En accédant au statut de consultant, le kinésithérapeute ouvrira la porte de la professionalisation, de la vraie première intention et de la reconnaissance qui lui est due. 
 
La proposition
Cette consultation pourrait s'articuler principalement de deux façons:
 
  • La consultation de diagnostique kinésithérapique 
Dans le cadre de parcours de soins coordonnés, le médecin prescripteur oriente le patient vers un soin de masso-kinésithérapie. 
Le masseur-kinésithérapeute établi alors son diagnostic ainsi que la prescription des séances nécessaires dans une fiche de synthèse initiale.
Cette fiche de synthèse initiale sera formalisée.
Ainsi un exemplaire est remis au patient qui connait dès lors les moyens utilisés pour atteindre les objectifs fixés.
À l’issue des séances, le masseur kinésithérapeute établi la fiche de synthèse finale. Les deux fiches de synthèses seront transmises par voie électronique via SCOR avec la facturation des soins.
En fonction du nombre de séances prescrites et de l'évolution, un ou plusieurs bilans intermédiaires seraient possibles.
 
  • la consultation d'urgence en masso-kinésithérapie.
La nouvelle définition de la profession de la Loi de modernisation du système de santé créée la possibilité pour un masseur-kinésithérapeute d’effectuer un soin d’urgence.
L'ensemble des apprentissages liés au diagnostic différentiel et d'exclusion sera intégré à la formation initiale et pour les kinésithérapeute déjà formés, une formation complémentaire serait proposée au titre du DPC.
Durant cette consultation le kinésithérapeute établira son diagnostic kinésithérapique et effectuera les actes nécessaires et indispensables. Il proposera une réorientation si nécessaire et formalisera son bilan et son intervention sur une fiche de synthèse afin d'assurer la continuité des soins.
 
Les fiches de synthèse seront transmises au médecin référent par le biais d’une messagerie sécurisée (Asip Santé, Apicrypt…) ou par le biais du futur Dossier Médical Partagé.
 
Il est important pour nous de comprendre que nous sommes à une croisée de chemins.
Je vous invite à lire ou à relire les programmes santé des candidats à l'élection présidentielle (cliquez ici)
Tous, proposent de délester les hôpitaux et de resserrer le maillage géographique de l'offre de soin par le biais de créations de maisons de santé. Certains vont même plus loin en parlant de "relais" hospitaliers et quelques unes proposent même des délégations de compétences médicales vers des professionnels de santé formé dans ce sens.
Faisons partie de ceux-ci, osons nous placer sur le plan de la professionalisation et de l'amélioration de nos compétences.
Plaçons nous du côté de la qualité et soyons ambitieux pour notre avenir.
 
Le masseur-kinésithérapeute doit passer de poseur d'électrodes à consultant en santé et d'ingénieur en rééducation.
 
Vincent Jallu.