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Le constat
Il me semble important de bien fixer les choses concernant nos tarifs.
 
En effet, les plus jeunes arrivent sur le marché du travail sans avoir aucune idée de ce qu'étaient nos tarifs il y a ne serait que dix ans, voir plus.
 
Notre profession est en pleine paupérisation et je vais vous montrer pourquoi...
 
J'ai ouvert mon premier cabinet en 1999.
À cette époque, la lettre clé était rémunérée à hauteur de 13,40F, soit 2,04€.
Ensuite est venue une ère de restriction, passage à l'euro, création de l'AMS/AMK etc. Notre dernière hausse tarifaire date de 2012 où la lettre clé a été élevée à 2,15€.
Depuis 5 ans, aucune augmentation n’a été effectuée !
De fait, en 16 ans notre lettre clé a été augmentée de 5,39%...
 
Dans le même temps l’inflation a augmenté de 28,6% !
 
Si je calcule bien, notre lettre clé devrait donc être aujourd'hui à 2,62€, CQFD !
 
Si nous poussons plus loin, en 1990 la lettre clé était valorisée à 11,55F soit 1,76€.
L’inflation depuis cette date est de 54,1% et donc notre lettre clé devrait être à 2,71€.
 
Le constat est simple. Nous avons perdu au cours de ces 25 dernières années 20,66% de revenus, rien qu'en ne considérant que l'inflation.
 
La réalité du terrain
Il faut bien évidemment ajouter à cela l’augmentation des cotisations, l’augmentation du coût des installations et des matériels spécifiques. Il y a 20 ans, l'électrothérapie et les ultrasons étaient les seuls appareils disponibles ou presque (attention je ne parle pas d'efficacité là). Aujourd'hui, avec la liste des matériels à plus de 20 000€ disponibles, il y a de quoi faire avoir une crise cardiaque à n'importe quel banquier.
 
Au final notre activité a perdu entre 35 et 40% de pouvoir d’achat car ce ne sont pas les quelques petites améliorations sporadiques de cotation (passage de l’AMK7 à l’AMS 7.5 par exemple) qui ont fait évolué nos revenus.
Même le rapport de la cour des comptes précise que la profession de masseur-kinésithérapeute est la seule à ne pas avoir eu d’augmentation significative.
 
Il serait urgent que les pouvoirs publics prennent conscience que notre profession est en train de péricliter financièrement parlant.

Il ne faut pas s'étonner que de plus en plus de kinésithérapeutes prennent la voie du "hors nomenclature".
 
Et n'oublions pas que si l'activité libérale souffre, l'activité salariée se meurt…
 
Vincent Jallu.