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Il y a quelques jours, le syndicat français de médecine physique et de réadaptation s’est inquiété de la pénurie de masseurs-kinésithérapeutes dans les établissements de santé.

Comme toujours, ce ce qui était largement prévisible il y a quelques temps devient réalité.

De nombreux professionnels avaient prévu ce qui est en train de se dérouler.

Comment s’étonner de cette situation quand on sait comment et pourquoi les « nouvelles professions autours de la santé » ont été promues.

La kinésithérapie est au statu quo, aucune reconnaissance universitaire majeure. Ne parlons pas de rémunérations que ce soit en salarié ou en libéral. Celles-ci ont une courbe d’évolution digne d’un électro-encéphalogramme plat !

Les APA, les aides en tous genres, les pseudo coach  et autres ont fait leur apparition et, soit-disant, soulagent les professionnels de santé au quotidien. Que nenni, ils effectuent des actes qui ne sont pas de leurs prérogatives sous couvert de couter encore moins cher.

Que va-t-on dire quand les titulaires d’exercice partiel vont pouvoir venir pratiquer en toute impunité ?

La qualité du soin n’est pas la priorité de l’état-comptable qui n’a que pour objectif de réduire encore et toujours les dépenses de santé dans une politique d’affrontement entre les professionnels (à lire ici).

 

Universitarisation, la fin annoncée ?

Je ne cesserais de le dire, mais c’est toujours au détours d’une conversation ou d’une publication que l’on peut prévoir les éléments de l’avenir…

C’est ainsi qu’il y a quelques jours le ministère a eu des interactions avec un collectif professionnel pour répondre des avancées concernant les infirmières en pratique avancées (IPA).

Nous avons donc appris que le ministère prévoyait d’ouvrir des masters dès la rentrée 2018 pour former progressivement 5000 à 6000 IPA.

Cela confirme donc que pour l’instant les infirmières resteront « sans master » mais pourront accéder à un master « de spécialité ».

Je suis ainsi désolé de le dire, mais la situation des kinésithérapeutes étant un copier-collé de celle des infirmières, je crains fort que cela ne se déroule de la même façon pour nous.

Nous n’aurons pas de grade master. Nous aurons accès à des master de « spécialisation ». 

Il est vrai qu’il est difficilement justifiable de payer quelqu’un 1500€ mensuel avec un grade master…

Il est de facto assez réaliste de croire que l’attractivité en milieu hospitalier, pour un salaire indécent au regard de l’investissement financier du coup des études et de l’investissement personnel nécessaire pour se hisser au niveau d’un master, pardon, d’un pseudo grade master que nous n’aurons jamais.

Pendant ce temps là, le conseil national de l’ordre se réjouis de la formation de groupes qui vont au cours des deux prochains mois réfléchir sur les thématiques suivantes:

Vous noterez qu’à aucun moment il n’est indiqué « accorder le grade master » mais par contre les formations aux nouveaux métiers en débutant par les pratiques avancées infirmières est clairement noté et seules celles-ci seront validantes.

 

Le tiers payant généralisé (TPG) le retour

Durant le même temps, madame Buzyn a reçu le rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui a pour but de déterminer le calendrier du déploiement du TPG

Avec une première « surprise » à la clé… Les maisons de santé (à lire ici) devront passer la pas dès la fin 2018.

Bien évidement ce sont les éditeurs de logiciels qui devront mettre les bouchées double pour pouvoir mettre à jour leurs applications. Et celles et ceux qui pensent que cela se fera gratuitement… 

Là encore c’était parfaitement malheureusement prévisible…

 

Vincent Jallu