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Avez-vous remarqué le silence presque inquiétant de l’ensemble de nos acteurs depuis quelque temps ? Que font nos élites ?

 

Je suis personnellement un défenseur de la vision démocratique qui dit qu’avoir une élite est bien plus fonctionnel que d’avoir une forme de populisme qui n’a jamais prouvé quoi que ce soit ni en matière de démocratie (au contraire) ni en matière de choix décisionnels (au contraire aussi), l’immobilisme ou le fameux « y’a pu qu’à » étant les résultantes majoritaires de ce type de pensée.

Et si nous élisons des représentants (maires, députés, président) dans les différentes instances de notre démocratie c’est bien pour faire avancer les choses et non pas rester immobiles.

Cependant lorsque l’élite néglige la base il se créer ce qui est en train de se passer. La base se rebelle.

Et c’est ainsi que le mouvement des « gilets jaunes » a vu le jour

 

Loin de moi l’idée de prendre parti ou non pour ce mouvement populaire, non ce n’est pas le but de cet article.

Cependant je note quelques similitudes entre nos microcosme et ce mouvement.

Car finalement nous l’avons déjà vu, la pression de la base s’est déjà faite sentir depuis quelques temps. La gronde monte…

Avec l’avenant 5, le SNMKR a failli changer son fusil d’épaule. Avec la démarche qualité, la FFMKR a fait machine arrière toute tout en profitant de ratisser large suite à l’avenant 6. Dans ce marasme, Alizé a surfé sur le populo-démago pour se rétracter partiellement ensuite.

 

Et depuis quelques semaines que se passe-t-il 

Et bien depuis des semaines, les syndicats sont muets. Pas une information sur les discussions et projets en cours. Rien.

Quelques communications mineures sans grande portée pour notre profession ou pour les professionnels.

Peut être pourrions nous penser que la communication est interne, favorisant les adhérents ? Et bien même pas. Néant absolu.

Le gouvernement annonce un plan santé qui doit se faire en moins de 4 ans avec des réformes profondes et des modifications statutaires importantes et… Toujours rien. Le mutisme est de rigueur. De nombreux dossiers sont en cours et pas des moindres. L’avenant 6 est bien « en marche » non ? La réforme de la nomenclature, je pense que cela intéresse tout le monde non ?

Du côté de l’ordre, ce n’est pas mieux. La re-re-re-ré-ingéniérie des études sous l’égide du CNO et des directeurs d’écoles. Aucun mot, là encore mutisme total. Presque 2 mois après l’état de lieux de l’exercice salarié et quoi depuis ? Encore Rien.

De plus en plus inquiétant, lorsque le CNO nous donne un tout petit morceau d’information c’est pour nous dire qu’il réfléchit au statut « d’aide kiné » ou des question d’ordre déontologique d’organisation des cabinets.

 

Et nous là dedans ? Oui nous, la base ! Avons nous notre mot à dire ? Non.

Nos élite sont en train de créer une scission majeure avec nous. Qu’ils continuent ainsi, ils auront la monnaie de leur pièce…

 

Messieurs-dames les syndicalistes, les membres du CNO, les directeurs(rices) d’écoles, n’avez-vous pas peur qu’à un moment donné, nous la dite base, ne fassions tels les gilets jaunes une vague de contestation pour que l’on nous demande enfin notre avis ?

 

Voulons-nous des aides kinés ? Voulons-nous que l’on vienne interférer dans l’organisation de nos cabinets, voulons-nous que l’on continue à nous imposer des avenants sans être concertés ? Voulons-nous l’ouverture des plateaux techniques aux libéraux ? Voulons-nous avoir une main d’oeuvre gratuite et corvéable à souhait par le biais des étudiants en K1-K2 au sein de l’hôpital ?… 

 

Les syndicats ont un avantage. Ils sont facultatifs. Si l’on est pas content de son syndicat, on arrête d’y adhérer. Alors oui il y a le fil à la patte des assurances et des services annexes. Mais c’est possible.

Pour l’ordre, c’est obligatoire. Donc pas le choix. Car là, dès le départ « on » a oublié de nous demander notre avis… Comme quoi, il y a du passif.

Pour les écoles, là encore pas trop le choix. Quoique… Elles pourraient toutes disparaitre avec une universitarisation complète, mais ce n’est pas pour demain.

 

Alors oui, il ne faut pas pousser mémère dans les orties, si nos élites veulent que tout se déroulent pour le mieux, il faudrait peut être demander son avis à la base…

 

Vincent Jallu