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Nous sommes un régime autonome

Cela veut dire quoi ? Nous contrôlons notre retraite. Depuis la cotisation jusqu’â la pension en passant par la gestion du rendement de nos placements.

Le gouvernement nous propose d’acheter des points, dont le montant pourra être variable dans le temps avec un rendement fixe (du moins sur le papier) et dont la gestion est totalement opaque. Si le montant du point augmente, le rendement global baisse, premier piège de cette réforme.

Qui va gérer notre argent ? Comment ? Êtes vous près à confier votre capital à quelqu’un qui a 2400 milliards de dette ? Et bien on va vous l’imposer !

Le gouvernement nous propose donc l’incertitude et l’équilibre précaire dans une gestion médiocre.

Pire, on nous assimile parfois aux régimes spéciaux. Régimes qui au contraire des régimes autonomes, vivent au crochet de la société en favorisant leurs cotisants et en étant très souvent largement déficitaires.

Les régimes spéciaux coûtent aux françaises et aux français, les régimes autonomes, à l’inverse, sont bénéficiaires et reversent une partie de leurs bénéfices à la solidarité nationale.

Ce que nous propose le gouvernement c’est une véritable étatisation de notre retraite

En effet nous ne serons plus maitres de nos cotisations, de la gestion de nos capitaux et de nos pensions.

Le seul pays dans le monde où cela existe est un modèle économique et démocratique, la Corée du Nord !

C’est comme si demain on nous disait « nous allons vous salarier… mais vous continuerez de payer votre loyer, d’investir dans vos locaux et votre matériel avec bien sur une totale incertitude sur la pérennité de votre salaire ».

 

Hausse de cotisations ou pas ?

Le gouvernement est intelligent. En préparant le terrain il voit comment les gens réagissent et comment il faut adapter la réforme pour que cela passe « en douceur ».

Au départ était prévu une hausse de cotisation de 16% et dont la formule de calcul était « obscure ».

Au final on nous annonce « pas de hausse de cotisations ». Et pourtant nous allons bien perdre 16% dans la bataille.

En effet, les hausses sont « compensées ».

Compensé ne veut pas dire que cela n’existe pas, cela veut dire que l’on va prendre de l’argent quelque part pour vous donner l’illusion que vous ne payez pas plus.

Mais l’argent que l’on aura pris ailleurs il faudra bien le rembourser un jour où l’autre.

C’est comme prendre un crédit pour rembourser un autre crédit.

L’état nous oblige dans le mécanisme des compensation à nous sur-endetter.

Enfin n’oublions pas qu’. Si dans 10 ou 15 ans l’état s’aperçoit que le régime universel bat de l’aile, il pourra largement décider de retirer telle ou telle compensation.

 

La problématique de la CSG

La première compensation se fait par le biais de la CSG. Nous allons payer moins de CSG mais plus de cotisation retraite.

Très bien. Mais il y aura donc moins d’argent dans la caisse du régime de la CSG ?

Qui va payer à votre avis ?

En partie nous, en partie tout le monde.

La CSG sert à rétribuer la sécurité sociale, ne l’oublions pas. Autant de recettes manquantes donnent en finalité autant de non augmentation des professionnels conventionnés.

 

L’ASV

Dans notre régime conventionnel nous avons un avantage qui s’appelle l’Avantage Social Vieillesse. Pour résumer, l’UNCAM (la sécurité sociale) paye une partie de notre ASV.

Le gouvernement nous annonce que l’UNCAM va augmenter l’ASV pour compenser la hausse de cotisation.

Très bien. Mais si l’UNCAM dépense plus dans l’ASV, elle dépensera moins en frais de santé. Et donc nos tarifs augmenteront encore moins (déjà que…).

Ajouté à la diminution des cotisations de CSG comme nous l’avons vu, la disette de nos tarifs est à craindre !

N’oublions pas non plus que l’ASV a déjà été en cessation de paiement, fonder une réforme sur des compensations qui n’ont aucune pérennité est absolument déraisonnable. 

 

L’abattement

Pour continuer à pondérer la hausse de tarif le gouvernement nous annonce un abattement de 33% sur l’assiette de calcul.

Sans rentrer dans le détail mathématique, je vous citerais juste un exemple.

Quand j’ai débuté mon activité, avec l’adhésion à une association de gestion agréée (AGA) j’avais 20% d’abattement sur mes revenus.

Et puis un jour le conseil d’état a décidé que non cela n’existait plus. Et qu’à la place il y aurait une majoration de 25% en cas de non adhésion. Rendant ainsi l’AGA quasi obligatoire et augmentant le montant de l’impôt sur le revenu.

« L’abattement » que l’on nous promet pourrait suivre le même chemin.

Encore un argument pour refuser l’étatisation de nos retraites.

 

La problématiques des « réserves »

Les fameuses « réserves » sont en fait des provisions de pensions.

Parlons simplement. Imaginons que vous ayez un « livret A » et que vous ayez 9600€ d’économies pour vous payer vos vacances.

L’état vient cous dire « il va y avoir une hausse d’impôts ». Nous avons bien pensé venir vous voler votre livret A pour compenser la dite hausse, mais on s’est aperçu que l’on avait pas le droit.

Donc on vous laisse votre livret A mais avec vous prendrez 100€ par mois dessus pour compenser la hausse d’impôts. Comme cela on vous fera croire qu’il n’y a pas de hausse.

Mais bien sur, dans 8 ans votre livret A sera vide et vous devrez vous débrouiller pour trouver les 100€ mensuels. Et au passage, fini les vacances !

Voilà ce que le gouvernement nous propose avec comme effet d’annonce « victoire, vous conservez vos réserves » !

 

L’impôt sur le revenu et l’URSSAF

En compensant les hausses de cotisations, le gouvernement s’assure que notre imposition sur le revenu reste stable.

Habituellement quand on diminue notre bénéfice, fatalement nous payons moins d’impôts sur le revenu et cela abaisse aussi les cotisations d’URSSAF.

En modifiant les modes de calcul et en compensant les hausses, votre bénéfice restera presque stable à 1-2% près. Du coup vous continuerez à payer le même impôt sur le revenu et les mêmes cotisations d’URSSAF (à l’exception de la CSG comme vu plus haut).

C’est très intelligent.

Le gouvernement réussi à vous faire gagner moins tout en maintenant le niveau de l’impôt sur le revenu et de l’URSSAF.

Pour résumer, vous gagnez moins mais lui gagne la même chose.

Le seul vainqueur dans cette réforme c’est l’état, mais en aucun cas nous.

 

Si nos cotisations augmentent, notre retraite aussi ?

Et bien non. Avec l’étatisation de notre retraite nous perdons en rendement global. Et ce n’est pas anodin car vu notre niveau de rendement actuel, si il baisse de 1% il faut cotiser 18% de plus pour avoir le même niveau de retraite.

Donc non, le niveau de notre retraite ne va pas augmenter, pire, il risque globalement de diminuer car le rendement annoncé par le régime universel a toutes les chances de baisser par une augmentation du prix d’achat du point.

 

La clause « grand père », reculer pour mieux sauter

Cette clause grand père est le fait de n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux venus sur le marché du travail.

Nous entendons aussi parler de délais de 20-25 ans pour la mise en place complète du régime universel.

Tout décalage dans le temps n’est qu’un moyen d’obtenir la paix sociale sur l’instant pour plonger les générations futures dans une catastrophe financière.

Sur les 20 dernières années nous n’avons fait que de perdre du pouvoir d’achat. Aucune augmentation sérieuse, des charges qui ne font qu’augmenter. Pensez vous réellement que l’UNCAM, avec la baisse des recettes de CSG et l’augmentation de l’ASV sera capable d’augmenter nos tarifs ? Non. Alors miser sur le fait que tout ne s’appliquera que « plus tard » est une colossale erreur.

 

La solution

Elle est simple. Restons autonomes. Mieux, je propose une réforme au gouvernement. Nivelez par le haut, favorisez l’excellence.

Autonomisez toutes les caisses !

Voilà la solution parfaite pour tout le monde.

En disant aux régimes spéciaux « vous avez 20 ans pour revenir 100% autonomes », l’équation va être très simple. Notre caisse et toutes les caisses déjà autonomes seront leur participation à la solidarité nationale diminuer pour disparaitre et ainsi nos régimes actuellement autonomes deviendront encore plus bénéficiaires, ce qui permettra d’anticiper toute crise démographique envisageable, voir d’augmenter le rendement global des régimes de base. 

 

Appel aux syndicats

À ce jour, seul Alizé s’est courageusement engagé à l’encontre de cette réforme.

La FFMKR suit pour l’instant l’avis de la FFPS. Cependant avec le renouvellement de son bureau et de son équipe fédérale, j’ai bon espoir que…

Le SNMKR, à la vue du discours de ses cadres est convaincu par la réforme.

Effectivement il faudra se souvenir de qui a signé l’avenant 5 et de qui accepte de plier devant le gouvernement à chaque instant.

Les élections des URPS approchent et donc le vote pour savoir qui nous souhaitons mettre en place pour nous représenter.

Les syndicats ne négocient rien et ne font que botter en touche. Le seul but est de vous faire une belle annonce « cela ne vous coutera rien de plus, nous conservons nos réserves et tout sera lissé sur 25 ans » en négligeant de vous parler de tous les pièges que nous venons de voir. Comme nous l’avons vu, ce message est un mensonge uniquement destiné à vous faire croire que ces syndicats sont essentiels alors que leur rôle s’est limité à dire « oui monsieur le haut commissaire à la réforme des retraites, bien sur monsieur le haut commissaire à la réforme des retraites, cependant, nous pensons qu’avec un petit peu de vaseline… ».

FFMKR, SNMKR, venez rejoindre Alizé au sein du collectif SOS Retraites. La FFPS est pervertie par les ambitions personnelles et les volonté électorales.

Messieurs dames les élus du conseil national de l’ordre, prenez vos responsabilités, si vous ne pouvez vous engager au titre du CNO, engagez vous en votre nom propre.

Ayez toutes et tous le courage de réellement défendre les masseurs-kinésithérapeutes.

 

Vincent Jallu