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Bonjour à tous,

Comme beaucoup j’ai reçu ce matin le communiqué de presse de l’HAS comme une nouvelle attaque frontale de mon métier. L’HAS n’est là que pour défendre la bonne pratique médicale et non une corporation. Je regrette cependant que la vision de cet article, jeté en pâture aux médias, ne parle que du système hospitalier avec son évaluation qui lui est propre. Je constate qu’il n’y a pas de preuve pour la kiné respiratoire en ambulatoire NI dans un sens NI dans un autre car cela n’a pas été évalué d’une façon acceptable par faute de moyens financiers mis en œuvre.

La Bronchiolite du nourrisson touche les bronchioles, ce n’est donc pas une bronchite ou un rhume. Je trouve affligeant de lire régulièrement le terme bronchiolite sur des rhinites car cela jette finalement l’opprobre sur un traitement. Voir pire cela montre à quel point la médecine de première intention est incapable de faire la différence. Car oui en utilisant la toux provoquée et après avoir dégagé le nez de l’enfant le masseur kinésithérapeute peut faire un diagnostic différentiel prendre le choix de faire ou pas un acte particulier.

L’HAS nous parle, pour faire le buzz, de techniques qui ne sont plus utilisées depuis maintenant quelques années, et théoriquement plus enseignées dans les écoles ( je suis diplômé de 1994 et le clapping était déjà décrié et non enseigné). Je ne sais quoi penser de la crédibilité du coup de cette recommandation. Les personnes qui ont pris cette décision sur l’intérêt de kinésithérapie respiratoire sont-ils des immortels ?

Cependant c’est peut-être une véritable chance pour nous masseur kinésithérapeute.

Voilà le test grandeur nature de l’efficacité de cette technique : « l’évaluation de la kinésithérapie libérale dans les cas de bronchiolite ». L’état, par cette publication, vient de transformer tous les bébés français comme des enfants de test, et lui permet de contourner la loi sur bio éthique. 

En cette époque troublée aux urgences, conseiller d’appeler le 15 est une stratégie audacieuse surtout quand il y a des professionnels tout indiqués qui pourraient faire le tri et surveiller l’évolution.

Par ailleurs, l’évaluation de certains médicaments m’interroge. A force de diagnostiquer systématiquement des bronchiolites comme une maladie générique (même pour des rhumes ou bronchite …) certains enfant se retrouvent en 2eme voir 3eme bronchiolite et donc suivant le protocole médical sous couverture médicale. Alors oui, des enfants sont sous traitement alors qu’ils n’auraient pas dû, à qui la faute ? Commençons par trouver le bon traitement pour la bonne pathologie... pas pour faire plaisir a une profession ni pour faire plaisir aux parents.

Enfin, conseiller le lavage de nez, est une idée, mais quelle technique utiliser (car chaque professionnel y va de sa propre technique)? dans quelles intentions ? Car là encore certains croient à une technique de Harry Potter.

Je vais consulter le rapport entier de l’HAS mais je suis désolée pour tous ces enfants qui seront victimes de ce communiqué de presse.

Je continuerai à surveiller les enfants qui me sont confiés et empêcher une sur contamination croisée.

Je vais continuer à éviter l’encombrement hospitalier des urgences en cette période de pic des bronchiolites.

 

Stéphane FLORI

 

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