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Vous l’avez certainement déjà appris via les réseaux sociaux, les navigants quittent le collectif SOS Retraite.

En effet ils ont obtenu de conserver leur caisse complémentaire autonome. Celle-ci compensera un âge de départ en retraite avancé  à savoir 60 ans au lieu de 64 comme prévu par le régime universel.

 

Si une compensation est intéressante pour eux, pourquoi pas pour nous ?

La réponse est simple. Leur caisse complémentaire va payer ce à quoi elle est destinée, donc des pensions.

Cette caisse va donc supporter le paiement de l’ensemble des pensions sur 4 années des personnels partant en retraite à 60 ans.

Ce que nous propose le gouvernement comme compensation, à nous kinésithérapeutes, c’est non pas de payer des pensions, mais de payer des cotisations avec nos réserves. Détournant ainsi la destination de cet argent à un autre but.

C’est ce qui est inacceptable dans la proposition pour notre profession.

 

Et pourquoi notre caisse complémentaire ne pourrait pas faire pareil ?

La réponse est la aussi très simple.

Les navigants payent 41% de cotisations là où actuellement nous ne payons que 12%. L’avantage pour eux étant qu’ils sont salariés et donc leur employeur paye environ les 2/3 de cette cotisation et le salarié 1/3.

Dans le futur système ils auront 28% de régime universel et 13% de régime complémentaire, exactement comme ce qu’ils payent actuellement.

Pour nous la problématique est donc tout autre. Nous payons une cotisation qui correspond à l’addition d’une cotisation salaire et d’une cotisation employeur… C’est pourquoi le gouvernement, connaissant très bien cette situation, essaye de nous prouver par A+B que nous ne paierons pas plus alors que nos cotisation vont plus que doubler. Pendant un temps, cela sera certainement vrai, mais lorsque les réserves seront épuisées, la triste réalité mathématique voudra que nos cotisations vont exploser.

 

Point supplémentaire, nous avons l’ASV qui est défini dans notre convention. Si pour l’instant l’UNCAM n’a donné aucune suite aux demandes d’augmentations, j’imagine de plus en plus le pire.

Pourrions nous accepter un chantage du type « si vous vous installez en zone sur dotée, votre ASV ne compensera rien. Mais si vous vous installez en zone sous dotée, votre ASV prendra en charge X% de votre augmentation de cotisation retraite » ?

 

Plus nous avançons dans ce dossier plus les pire craintes font surface. 

 

La puissance du collectif

Les navigants ont obtenu ce qu’ils souhaitaient. Ils ont été les premiers à rejoindre le collectif SOS retraites et à manifester en septembre. Ils ont su établir un rapport de force tout en continuant les négociations. L’intelligence syndicale paye.

Nos syndicats représentatifs, eux, ont fait le choix de ne pas intégrer le collectif SOS Retraite et de ne pas manifester pour mettre la pression sur le gouvernement.

Quels en sont le résultats ? Aucun.

Voilà la différence...

Quand nos syndicats représentatifs auront compris qu’attendre ne sert à rien et qu’agir est gagnant, nous pourrons avancer. En attendant nous stagnons et ce sont es kinésithérapeutes qui vont payer les pots cassés.

Merci aux navigants de nous avoir montré la voie et de nous avoir permis d’entrevoir que oui c’est possible si on agit en complément de la discussion. Grace à eux une brèche vient de s’ouvrir, profitons-en…

 

La bonne nouvelle

Le gouvernement n’est pas aussi inflexible que ce qu’il prétend être. Nous l’avons vu, les aiguilleurs du ciel, maintenant les personnels navigants, on parle de plus en plus de la police; les sénateurs sont montés au créneau… Finalement beaucoup de régimes vont avoir des aménagements.

FFMKR, SNMKR rejoignez SOS Retraites, appelez à la grève début janvier, montrez votre force, sortez les crocs ! La négociation seule ne nous amènera que là où nous en sommes, une illusion par le biais de compensations non pérennes, un chantage conventionnel à venir et finalement des professionnels qui vont finir par payer très cher… Sans même parler de l’attractivité générale de notre profession qui va finir par s’effondrer et créer un réel soucis démographique majeur.

 

Vincent Jallu