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La dictature, c'est «ferme ta gueule»; la démocratie, c'est «cause toujours».

JL Barrault

 

Voilà une forme de pensée qui caractérise parfaitement notre état de droit actuel.

 

En effet, durant cette semaine entre l'élection du président de la république (bananière ?) et son investiture, les ministères publient les derniers décrets dont ils n'auront aucune responsabilité à porter… Autant dire que certains se lâchent et publient des absurdités ou des textes méprisants à souhait.

 

Notre profession n'a malheureusement pas été épargnée par ce fait...

 

Le paysage syndical masso-kinésithérapique Français n'est déjà pas très reluisant, mais avec la publication au journal officiel en date du 10/05/17 du décret du 09/05/17 portant modification des dispositions relatives aux unions régionales des professionnels de santé (URPS). (cliquez pour voir le texte du décret 2017-886)

L'état vient d'organiser la fin de la vie syndicale de notre profession ainsi que de l'ensemble des professions médicale et paramédicales.

 

En effet le 4e paragraphe de l’article premier indique « Les organisations syndicales souhaitant présenter des listes de candidats aux élections à venir transmettent les documents justifiant leur présence territoriale et leur ancienneté minimale de deux ans au ministre chargé de la santé entre le douzième et le neuvième mois précédant la fin du mandat en cours. Un arrêté ministériel fixe la liste des organisations syndicales admises à présenter des listes de candidats ».

La « présence territoriale » étant un critère totalement subjectif et la justice ayant récemment confirmé la possibilité au ministère d’infléchir ou de confirmer, voir d’augmenter certains critères d’évaluation, ce paragraphe ne fait que confirmer le pouvoir discrétionnaire (ou discriminatoire ou le fait du prince, choisissez l’appellation qui vous convient) de l’administration en général et plus particulièrement du ministère.

 

Vous comprendrez que par ce fait l'état vient de museler encore un peu plus l'ensemble des syndicats médicaux et paramédicaux.

 

En effet, pour avoir les « faveurs » du ministère et ne pas se retrouver mis à l’écart des élections aux URPS et en finalité à conserver ou à accéder au statut de syndicat représentatif, nos chers syndicats ne manqueront pas d’être les plus insipides et les moins vindicatifs possible à l’égard de nos dirigeants.

 

Ce texte vient indirectement de clore les négociations conventionnelles en cours, tout le monde va signer les propositions de l’UNCAM pour sauver sa place au sein des URPS…

Voilà comment la séparation des pouvoirs et des administrations viennent en quelques instants de se retrouver plus centralisés que jamais.

 

Monsieur Macron, qui a promis l'émergence de nouvelles têtes, aura t il le courage d'instaurer un réel climat de contradiction politique qui permet l'échange et l'évolution des pensées, ou laissera t il en l'état l'ensemble des syndicats "à la botte" du ministère ?

La quasi totalité de l'équipe Touraine ayant rejoint "En marche", devenu depuis "La république en marche", il est fort à parier que malheureusement rien ne change

 

Il sera cependant très intéressant de constater l'immobilisme des syndicats en place, de voir si le courage l'emporte sur le pouvoir, si la conviction est plus forte que la contrainte…

 

En tous cas vous pouvez en être sur, les syndicats qui sont actuellement représentatifs et qui souhaitent le rester vont devenir (si ils ne l'étaient déjà) de bon toutous au pied de leur maître…