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Il y a des moments où la réalité dépasse la fiction et cette fin juin est révélatrice à ce sujet.

Malheureusement, cette réalité se présente plus comme un drame pour la kinésithérapie, et la santé en général, que comme une histoire d’amour.

Quand nous parlons d’amour, nous pensons à l’amour de ceux qui nous gouvernent vis-à-vis des citoyens que nous sommes au travers du soin qu’ils prennent à propos de notre santé.

Si la Santé, notre santé, a besoin de réforme voire de réformes, il s’avère que nous n’avons pas la même lecture et encore moins les mêmes objectifs que les tutelles.

Nous pensons en qualité des soins, en accès aux soins pour tous, en amélioration des prises en charge ce qui, dans un contexte d’augmentation de la population, d’allongement de la durée de la vie, de multiplication de la chronicité, ne peut qu’engendrer une augmentation des dépenses de santé pour vivre mieux et mieux vivre, nos élites pensantes n’observent que la question budgétaire.

Ce qu’elles traduisent par dépenses incongrues !

Il est tout à fait remarquable de lire le même jour les propos de Nicolas REVEL, Directeur Général de la CNAM et le rapport attendu (on se demande pourquoi !) de la Cour des Comptes et de constater l’harmonie parfaite au sujet de la santé, notre santé, entre ces deux « monuments » de la République.

D’un côté comme de l’autre, la kinésithérapie est ciblée. Il est vrai que ce n’est pas une première mais cela devient lassant et si nous ajoutons la signature par l’Union du SNMKR avec lui-même de la convention il est certain que les kinésithérapeutes vont largement participer aux économies demandées.

Si cette répétition des attaques contre la kinésithérapie est un sujet récurrent et lassant, la vision focalisée des décideurs qui occulte volontairement les réalités de terrain en ne s’attaquant pas aux vrais problèmes est également un sujet des plus lassants.

La France veut faire des économies de santé… soit !

La France doit faire des économies de santé… soit !

Nous en sommes conscients, nous en sommes partisans, mais en s’attaquant au mal réel mais pas aux malades qui ont besoin de soins et de kinésithérapie.

Les économies, il suffit d’ouvrir les yeux et de faire ce qu’il y a à faire pour les réaliser.

Que la CNAM contrôle réellement la réalité des prescriptions médicales.

Que la CNAM contrôle les cabinets usines et les sanctionne.

Que les études de kinésithérapie soient gratuites et universitaires avec un DE de grade Master.

Que les kinésithérapeutes aient accès à la première intention et un droit de prescription qui limitera les consultations médicales, dont les médecins se passeraient bien pour se consacrer à autre chose que de compléter des ordonnances pour avoir oublié tel ou tel consommable.

Que l’incompétence et l’inconséquence ne soient plus les critères principaux des recrutements dans les établissements de santé en particulier au niveau des décideurs. 

Que l’on arrête les décisions prises à la va-vite qui produisent plus de dépenses que d’économies.

Que l’on arrête la prolifération des directeurs, directeurs adjoints, sous-directeurs, qui pour la plus part n’ont d’autres objectifs que leur efficience personnelle c’est-à-dire aller toujours plus haut et plus loin dans leur carrière. Dans un dédain de plus en plus prégnant pour les personnels et les patients car l’important est l’objectif économique qu’ils ne trouvent que sur le dos des personnels et pas dans leurs décisions inconsidérées. 

Les hôpitaux sont devenus des navires sans gouverne car il y a trop de capitaines pour les diriger. Chacun ayant son propre cap à suivre. Les hôpitaux sont devenus des Galères pour les personnels qui rament de plus en plus à essayer de faire leur boulot c’est-à-dire soigner !

Mesdames, Messieurs les élites et autres gouvernants, arrêtez de vous duper en regardant ailleurs que là où il faut ! Arrêtez de jouer avec la santé des Françaises et des Français !

 

Didier Lantz

 

Vous trouverez l'auridt de la cour des comptes en cliquant ici