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Dans ces moments tourmentés, nos syndicats me semblent faire preuve d’une très grand légèreté quant à la situation présente mais surtout face à l’avenir.

En façade, chacun appelle dans son coin à la coalition, mais le discours est assez proche de « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » et finalement l’entente cordiale n’arrive jamais.

Certains pensent qu’il faut du temps pour digérer la signature de l’avenant numéro 5. Et bien ceux -là ont simplement oublié que le temps était un luxe qui nous est interdit.
Donc non, il ne faut pas laisser du temps pour digérer, il faut montrer que nos syndicats, comme notre profession sont enfin matures.

La problématique du DE « parisien » (à lire ici) aurait pu être l’occasion rêvée pour impulser un élan de solidarité et créer un intersyndicale.
Mais non, chacun a préféré rester dans son coin à critiquer l’autre…
La faute à qui ? À celui qui a signé l’avenant ou à ceux qui ne savent pas avancer ?

 

Le faux problème de l’avenant numéro 5
L’Union a pris une décision assumée de signer l’avenant numéro 5. Très bien. Cette décision a fait suite à un vote de leurs adhérents comme prévu dans leurs statuts. L’Union a été déclarée représentative, et donc a engagé l’ensemble des professionnels libéraux dans leur choix.
Que dire de plus ? Rien.
Je ne partage pas cette décision, je me suis élevé contre cet avenant. Mais maintenant qu’il est signé…
Que ce soit clair, je n’oublierais pas qui a signé cet avenant et dans quelles conditions. J’ai été le premier a évoquer le pourquoi et surtout le comment en rappelant la manoeuvre de la FMF chez les médecins. Je saurais aussi m’en souvenir et le rappeler aux belligérants le moment opportun…

Pour autant, dois-on faire preuve de rancune et d’immaturité politique et syndicale en fustigeant encore et encore l’Union ?
Clairement non.
Passons à autre chose.

 

L'avenant numéro 6
Notre profession va subir dans quelques mois l’avenant numéro 6. En effet, la réforme de la nomenclature est en route puisque demandée dans l’avenant numéro 5.
Conjointement la hausse de la CSG va entrer en vigueur. Madame la ministre a prévenu que la compensation de cette hausse se fera uniquement en zone sous-dotée, mais par la signature de celle-ci via un avenant conventionnel.
Cela signifie directement que l’avenant numéro 6 contiendra et la réforme de la nomenclature, et la compensation de la CSG.
Ce qui impliquera que nos syndicats représentatifs devront « par obligation » signer cet avenant.
Avez-vous compris le piège ? Indirectement nous devrons accepter la réforme de la nomenclature sans réellement négocier.

Pire, cet avenant devra être signé avant l’été prochain. Cela laisse donc 6 mois de tractations.
Croyez vous donc que nous ayons le temps de jouer aux gamins en rechignant à mettre nos égos de côté et en avançant conjointement ?

Je ne le pense pas.

Nos syndicats devraient se concentrer sur l’avenir plutôt que de remuer encore et encore le passé.

 

Soyons objectifs
Qui peut me dire quelles sont les différences fondamentales entre FFMKR, SNMKR, OK et Alizé ?
Ils revendiquent tous la même chose, défendre la profession…
Qui peut me dire clairement quelles sont les actions, les moyens et les idéologies défendues ?
Et bien finalement… Aujourd’hui ils font tous les mêmes choses.

La seule vraie différence se situe dans la relation locale que l’on peut avoir avec tel ou tel dirigeant qui va faire que l’on va se sentir plus proche de tel ou de tel syndicat.

Une autre raison pourrait être que chaque syndicat développe sa « holding » en présentant des solutions assurancielles, une association de gestion, un organisme de formation etc…
Peut être un jour le gouvernement demandera une réelle autonomie financière syndicale pour que celui-ci puisse être représentatif…

Plus aucun ne défend réellement d’idée forte ou de concept innovant.

Enfin bref, pour être objectif, disons qu’hormis des systèmes de fonctionnement différents, les syndicats proposent tous les mêmes choses et aujourd’hui ils sont tous lissés dans un brouillard idéologique sans grande prétention.

Est-ce un problème d’égo, est-ce un problème d’incompréhension autours de la fonction, est-ce un problème de volonté ? Un manque cruel d’idées…
Je ne sais pas, mais ce qui est limpide, c’est que nos représentants syndicaux de tous bords montrent une immaturité voir une certaine forme de puérilité digne de la cour d’école en masquant leur médiocrité ambiante avec les erreurs des autres.

Si les syndicats ne veulent donc pas que le système périclite, il serait peut être bon de voir et de considérer les choses sous un autre angle et de proposer à notre profession quelque chose d’innovant comme une intersyndicale forte.

Continuez ainsi et les seuls gagnants seront les tutelles.

Nous avons déjà perdu notre liberté d'installation, notre pouvoir d'achat, nous allons perdre la CSG et avoir une complexification de la nomenclature qui va rendre notre exercice encore plus adminsitratif...

Est-ce trop demander de publier un communiqué commun indiquant "l'ensemble des syndicats s'associent et apportent leur soutien à l'ensemble de nos confrères d'Île de France qui sont menacés" ?

Ce n'est pas un mariage ou un contrat financier que nous leur demandons. Nous verrons bien si ils savent réagir...

 

Vincent Jallu