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Depuis quelques semaines, certains représentants syndicaux nous parlent de démocratie participative poru justifier leurs actions.

Comme j'ai commencé à l'énoncer dans l'article sur nego-kine (à lire) je vais continuer dans cette voie et vous éclaircir sur ce qu'est réellement une démocratie participative, pourquoi ce que nous vendent nos syndicats n'est en rien une formule de démocratie participative et pourquoi finalement nous n'avons rien ni à en attendre ni à en tirer de conclusion rapporté à notre profession.

 

Définition

Revenons au commencement. Qu'est-ce qu'une démocratie participative.

La démocratie participative désigne l'ensemble des procédures, intruments et dispositifs qui favorisent l'implication directe des citoyens dans la gouvernance des affaires publiques.

Cela implique directement que la "population" participe "en direct" avec la "gouvernance" à la gestion de celle-ci. 

 

À quoi sert un syndicat ?

Je ne puis que vous encourager de lire mon article sur le sujet (lire ici).

Mais essayons de rester simple. Reprenons la définition du syndicat professionnel. "C'est une organisation professionnelle ou catégorielle à caractère privé qui pour but d'assurer la défence des intérêts matériels et moraux de ses membres". Oui vous avez bien lu, de ses membres...

À partir du moment où les intérêts de "la profession" priment sur ceux des "membres", on peut considérer que le syndicat a failli dans ses devoirs.

 

Que retenir à l'échelle de notre profession ?

C'est assez simple. Dans tout ce qui suit, nous nous limiterons à l'exercice libéral conventionné. Ce choix est volontaire puisque toutes les actions de soit-disant "démocratie participative" ont été faites dans ce cadre...

Et bien à l'échelle du praticien libéral conventionné, c'est comme si l'UNCAM venait lui demander son avis pour participer à l'élaboration de la convention. Ce serait une parfaite démocratie participative.

Or, ce qui se déroule actuellement c'est que ce sont des syndicats (SNMKR et Alizé) qui viennent nous demander notre avis sous prétexte de démocratie participative.

Et bien, non ce n'est pas une démocratie participative, sauf à croire que le SNMKR et/ou Alizé se pensent intronisés de la gouvernance de notre profession !

J'en conclue directement que soit les dirigeants de ces syndicats ont d'un coup été pris d'une "melonite-aigüe" tendance mégalomaniaque en se croyant à minima garant de la profession tout entière, soit ces même dirigeants profitent de la bonne volonté d'une partie des masseurs-kinésithérapeutes pour masquer leur total manque d'idée, d'engagement et de courage quant à la prise de décision sur ces thèmes.

De plus, les pseudos enquêtes ne sont portées que sur une partie très ciblée de notre population. Il faut soit être dans les bases de données des dits syndicats, ou être présents sur les support dématérialisés utilisés par ces mêmes syndicats.

Il pourrait y avoir une vraie démocratie participatice sur ce thème, éventuellement, si les deux structures représentatives auprès de l'UNCAM que sont la FFMKR et l'Union, se regroupaient et demandait leur avis à l'ensemble de la profession. Ceci n'a pour l'instant pas été le cas.

 

Oui, mais me demander mon avis, c'est quand même important non ?

Effectivement, nous demander notre avis, c'est important. Mais dans ce cas là, on le fait à l'ensemble de la population, pas à 3 malheureux groupes Facebook sur internet et quelques contacts par courriels glanés de ci de là. On prend son courage à deux mais, on investi de l'argent pour envoyer à chaque massur-kinésithérapeute un document à son cabinet.

Pour donner un exemple "parlant", nous avons eu un peu avant les élections présidentielles, une démocratie participative avec les primaires.

Et bien, AUCUN parti n'a consulté la "population". Non, les partis ont consultés les adhérents puis les "sympathisants". Pour chaque primaire, il était d'ailleurs nécessaire et indispensable de signer une charte d'engagement. Posez vous la question simplement une minute... Pourquoi en serait-il autrement pour nos syndicats ? Peut être que nos politiques ont un peu plus médité que nos syndicat sur la véracité des faits.

Et sincèrement, ne croyez vous pas que l'UNCAM va bien rire quand on lui rapportera "nous avons interrogé la profession, nous avons 1% de réponse sur l'ensemble de la population". Effectivement il y a de quoi sourire et je ne pourrais pas en vouloir à monsieur Revel si il n'arrivait pas à masquer un rictus spontanné !

 

 

Qu'en pensez en tant qu'adhérent de ces syndicats ?

Et oui, le corolaire de tout ceci, est qu'en tant qu'adhérent, vous pouvez vous demander si votre syndicat prend réellement votre avis en compte ou pas ?

La réponse est assez simple, si vous êtes adhérent d'un syndicat qui use de cette pseudo démocratie participative, ayez à l'esprit que votre syndicat ne s'intéresse pas vous !

En effet, la moindre des choses avant de lancer ce type d'opération est de dire à ses adhérent "quel est votre avis, avant que nous ne demandions l'avis des autres !".

Et bien non. Ni le SNMKR ni Alizé n'ont fait cette démarche et ont simplement méprisé leurs adhérents.

Qu'ils ne s'étonnent pas si les effectifs viennent à décroitre... à force de prendre ses adhérents pour des porte-monaies sans jamais considérer leur avis, cela sera la seule issue.

 

Qu'en penser en tant que non adhérent ?

Et bien là aussi la réponse est assez simple. Le syndicat en question va utiliser votre avis pour justifier son action avec ses valeurs propres. Cela implique directement si vous n'adhérez pas à telle ou telle valeur véhiculée par le syndicat, malheureusement votre avis sera utilisé avec ces valeurs sans que vous ne puissiez avoir une quelconque action dessus.

Même en tant que non adhérent votre avis ne sera pas considéré à sa juste valeur.

 

Et si nous considérions les résultats obtenus ?

Soyons fous, et mettons de côté ces nuances de sémantique et idéologiques.

Prenons en compte uniquement les résultats obtenus.

Chacune des prospections, que ce soit de la part du SNMKR ou d'Alizé ont rapporté entre 800 et 1000 réponses. Soit globalement 1% de la population totale.

Il faudrait soit être totalement dénué de sens statistique, soit totalement mégalomane ou au mieux nombriliste pour apporter à cela une quelconque valeur à l'échelle de notre profession.

Ajoutons à cela que les réponses ne sont pas unanimes. Et lorsque l'on avance que telle proposition a été retenue par 30% des votants, cela ne représente qu'à peine 250 personnes ! Oui, 250 !

Et cerise sur le gateau, les personnes répondant ux enquêtes ne sont absolument pas contrôlées. N'importe qui peut répondre n'importe quoi. Vous pourriez voter 2,3 ou 10 fois...

Et à l'issue de cela ces messieurs dames de nos chers syndicat qui se disent représenter la profession viennent nous faire l'apologie et telle ou telle mesure dont ils n'ont même pas eu l'idée eu même sur la base de 250 réponses ?

Ce n'est plus de l'escroquerie intellectuelle, c'est un crime intellectuel !

Pour ma part je ne me lasserais jamais de pointer et de critiquer ces attitudes totalement écervelées qui n'ont pour but que d'assoir les égos des dirigeants syndicaux.

Mesdames messieurs les dirigeant(e)s de syndicats, ayez le courage de vos idées, ayez le courage de vos propositions, ayez l'engagement de vos fonctions et arrêtez de prendre les masseurs-kinésithérapeutes pour des c... .

 

Vincent Jallu