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Pourquoi donc parler des négociations conventionnelles des médecins ?
 
Pour deux raison particulières que sont la compensation de la hausse de CSG et la télémédecine.
 
La hausse de CSG
Les médecins semblent beaucoup mieux lotis que nous concernant la compensation de la hausse de CSG.
En effet, le ministère et l’UNCAM semblent vouloir garantir je cite « la meilleure compensation financière possible ». Rappelons que rien n’est gratuit dans ce bas monde et que croire que l’on peut mettre en place une taxe et la compenser est totalement illusoire. Les pièges comptables et fiscaux sont nombreux et majeurs (à lire ici).
Les tutelles souhaitent par ailleurs que le versement de la compensation soit dans des délais rapides pour que les professionnels n’aient pas à faire d’avance de trésorerie. C’est presque trop beau pour être vrai. Et quand la mariée est trop belle… c’est qu’une arnaque se cache sous la robe !
 
D’ailleurs les premières pistes avancées pour compenser la CSG sont toutes plus alambiquées les unes que les autres. Modification des taux de prise en charge des cotisations allocation familiales avec des plafonds et des assiettes de cotisations variables ou encore modification des cotisations de retraite, là aussi avec plafonds et assistes variables. Inutile de vous dire que les calculs s’annoncent dantesques ! D’autant que les tutelles annonce une compensation à 100% pour les trois quarts des médecins ! L’histoire ne dit pas si les différences entre net et brut sont respectées mais le chiffre de 205€ maximum a été avancé, ce qui me semble irréalisable.
 
Espérons que sur ce point nos syndicats représentatifs ne seront pas candides. Il faudra maitriser les effets de levier comptables pour ne pas tomber dans le piège d’une hausse en net et d’un compensation en brut. Je n’ai cessé de le répéter sur ce sujet dès l’annonce du candidat Macron.
Il semble aussi compromis le fait que nous ayons une avance de trésorerie d’un an à faire puisque nos négociations ne devraient pas commencer avant l’été, l’application du texte ne pourra se faire avant la rentrée de septembre 2018 au mieux. Autant le dire l’année fiscale sera finie et je crains fort que nous ne perdions une année de CSG.
Mon conseil pour ce volet de la négociation, ne faites pas comme nos amis médecins et invitez un ou plusieurs experts comptables et fiscalistes pour valider la totalité des mesures proposées.
 
La solution la plus simple serait de ne pas être soumis à la hausse de CSG. Les mécanismes de compensation ne sont qu’illusion.
 
En attendant, nous verrons bien si l'UNCAM nous accord autant d'importance qu'aux médecins...
 
La télémédecine
Concernant ce point, tranquillement et doucement, l’UNCAM avance ses pions sur le sujet. Ne soyons pas dupes, et bien que les associations et les syndicats de médecins ne veulent pas des « télécabines » telles que celles que les assurances privées souhaitent mettre en place, vu le programme annoncé par l’UNCAM, il est certain que nous allons dans ce sens (à lire ici).
 
Quelle portée pour nous ? Les plus anciens se souviendront de Véronique et Davina qui présentaient l’émission « Gym Tonic » et qui « entraînaient » les gens à faire du sport devant leur écran de télévision. Et bien depuis, nous avons inventé la téléconférence, les Activités Physiques Adaptées (APA), les coachs sportifs et autres. Et soyez surs et certains que nous verrons des séances de sport-santé via téléconférence.
Nicolas Revel ayant annoncé que les patients en ALD pourraient être les premiers à bénéficier des téléconsultations, ce sujet risque de devenir un sujet majeur beaucoup plus rapidement que ce nous pourrions le penser.
Les médecins qui se pensent aujourd’hui intouchables vont voir s’effondrer sous leurs pieds leur monopole et leur nécessité. Ne faisons pas de même et anticipons ces sujets qui ne doivent pas nous échapper.
 
 
Vincent Jallu