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Les Buts

 

Qualité. Le maitre mot !
Qui irait s’opposer à la qualité ? Personne.
Mais ne soyons pas dupes. Le jeu de mot sémantique est là. Le législateur a trouvé une magnifique parade pour transformer le mot « obligation » en « qualité ».
C’est ainsi que tous ces procédés (on dit « process » désormais, mais permettez moi de rester Français) ont vu le jour.
« Ce n’est pas pour vous contraindre, c’est pour améliorer la qualité d’accueil et de prise en charge ». Quelle blague…
Ce sont bel et bien des contraintes, des obligations qui sont déguisées sous des termes choisis pour plaire à cette ménagère de plus de cinquante ans…
Ne soyons pas bernés.

 

Les audits, experts privés
Si l’on observe le monde salarié, nos confrères et consoeurs sont déjà soumis aux certifications et normalisations.
L’hôpital croule sous le poids incessant de ceci.
AFNOR, ISO, Qualimachin, Qualitruc… Et tout ceci n’est encadré que par des sociétés privées qui ont pour mission d’effectuer des audits et autres contrôles qualité.
Je crains fort qu’un final, si nous ne nous emparons pas de cette problématique, nous soyons soumis à ces Qualibordels qui seront intraitables avec nous…
La finalité sera la disparition des cabinets individuels qui vont crouler sous le poids administratif et financier.

 

La perte de compétences…
Regardons la médecine générale. Il y a encore 20 ans en arrière, un généraliste en campagne faisait quelques sutures, un accouchement de ci de là, un peu de chirurgie de terrain, une infiltration de temps à autres, des consultations de pédiatrie et les suivis gynécologiques quand il le fallait…
Aujourd’hui, tout ceci est fini. Les certifications sont passées par là.
Oui, aujourd’hui l’état remet en cause le diplôme obtenu en osant demander aux médecins de se refaire certifier pour être sur de leurs compétences. Voilà où nous en sommes.
La certification est un moyen détourné pour supprimer des compétences. Mais soyez en surs, ce n’est pas pour brimer les professionnels, mais pour garantir aux patients leur sécurité !

 

Quel est le but caché ?
Le but de la gouvernance est simple. Comme annoncé de nombreuses fois, le cabinet individuel doit disparaitre au profit de maisons de santé ou tout autre regroupement de professionnels.
Imposer une norme sur les cabinets permettrait d’accélérer cette évolution sociale.
Comme je l’ai déjà avancé, mon avis est que les actuels hôpitaux sont amenés à disparaitre au profit de gros pôles hospitaliers départementaux. Et pour pallier à la carence créée, le législateur a our idée de remplacer les « petits » établissements par des maisons de santé. Intelligente manoeuvre que de déplacer la gestion publique vers la gestion privée tout en conservant le service.

Seul « hic » au système, le refus catégorique des professionnels qui commencent à flairer le coup de « jarnac ». De fait, pour « obliger » en douceur les libéraux à participer à l’effondrement annoncé de notre système de santé, rien de plus simple que de les contraindre financièrement.
Et c’est là qu’interviennent la normalisation et la certification.

Si demain on vous demande une salle d’attente de 15m2 minimum, deux toilettes un pour vos patients et un autre séparé pour les praticiens, une salle de soin de 15m2 minimum, la climatisation, un espace d’accueil administratif avec une secrétaire, un coin jeu pour les petits, et n’oublions pas la machine à café indispensable et bien entendu le tout aux normes des ERP… Tout ceci portera la surface minimum d’un cabinet individuel à 70-80m2. Cela supprimerait les 3/4 des cabinets individuels…

N’oublions pas que si pour nous, praticiens, ceci peut sembler risible, pour le législateur, il convient d’instaurer ces normes dans le but unique du patient.
Et le patient, lui, trouvera plus que naturel d’avoir un espace d’accueil où son administratif est géré, un coin où il peut laisser jouer son enfant, une salle d’attente climatisé où la prolifération microbienne et bactériologique opère à minima etc…

La méthode est simple, pratique, efficace. Utiliser les doléances des patients pour contraindre les professionnels sous couvert de qualité.

 

Autre point de mire… l’Europe
L’autre but inavoué des certifications est de pouvoir par un moyen presque non détourné de contrôler les professionnels extérieurs. Par équivalence l’état français est obligé de reconnaitre l’ensemble des diplômes européens. Sauf que là encore, la ménagère de plus de cinquante ans, n’est pas très rassurée quant à voir un médecin
C’est sur ce point que le législateur insiste pour engager les discussions sur les certifications et normalisations.
Il est vrai que sur le plan intellectuel cela peut avoir un intérêt. Mais est-ce la réponse adapté à une politique européenne néfaste pour l’ensemble des professions de santé ? Sera-t-il suffisant de rectifier un médecin pour combler la carence de courage de nos politiques face aux exercices partiels ?
Je ne le pense pas…

 

L’Ordre
Quelque soit la certification, elle n’est pas définie comme une mission de l’ordre.
Par ailleurs, le législateur, concernant les médecin, a introduit par le biais des ROSP la notion de certification. Qui plus est, certification rémunérée. De fait, le législateur a exclu l’ordre des médecins de cette certification. En effet, l’ordre n’a pas pour mission d’être parti pris dans la convention.
En ajout, les certifications du monde salarié échappent elles aussi à l’ordre.
La seule mission qu’aura l’ordre sera éventuellement d’enregistrer les différentes certifications professionnelles.

L’ordre peut donc, tranquillement, continuer son travail de secrétariat, il n’est pas concerné...

 

La manne financière des organismes de formation
Entrons dans le vif du sujet… Si vous vous demandez pourquoi la plupart des syndicats, toutes professions confondues, sont propices aux certifications en tout genre, soyons clair et précis, pour l’argent !
Les syndicats en acceptant les certification, toujours sous couvert des intérêts du patients etc, organise une manne financière par le biais des organismes de formations.

 

Lire la partie 3 (la solution)

 

Vincent Jallu