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Je soutiens et je soutiendrais l’ensemble des mouvements, pensées, courants, actions qui visent à améliorer et à protéger notre profession.

Cependant, quelques interrogations m’interpellent…

 En effet, le SNMKR vient officiellement d’appeler à la manifestation en date du 5 juillet.

 

Plusieurs faits syndicaux ont été avancés ces derniers temps

Alizé a lancé le printemps de la kinésithérapie. Projet mort dans l’oeuf puisque aucune autre structure n’a souhaité se joindre à cette action.

La pétition lancée il y a quelques semaines toujours par Alizé, si elle a montré un réel essor avec plus de 70 000 signatures à ce jour, n’a montré aucun engouement au niveau politique. En quelques mots, cette pétition n’a rien apporté de concret et c'est bien dommage. J’espère juste que le but caché de celle-ci ne soit pas simplement d’effectuer une captation d’adhérents voir de contacts, les syndicats sont eux aussi soumis au RGPD... En tous cas, c’était un beau projet.

Depuis quelques jours, un vent de « manif » était présent. Et là d’un coup, elle est lancée…

Quelle idée de faire une manifestation le 5 juillet ? Dans un mois… L’avant veille des départs en vacances !

La belle affaire que voilà !

Manifestations qui ne donnent plus rien (à lire ici). Si l’on peut reconnaitre un bon point à la présidence Macron, c’est celui-ci. Il a réussi à tuer l’ensemble des mouvements de protestations.

Les « transports » sont en grève depuis quelques semaines déjà et… Rien. Rien de rien ! Il ne faut plus rien attendre d’une manifestation.

 

Pourquoi encore une manifestation ?

Et bien simplement parce que l’action syndicale vient de montrer ses limites. Rien ne peut être proposé hormis une manifestation

Nous aurions pu penser à une démonstration de force de nos syndicats. Des propositions politiques, des propositions idéologiques, une ligne de défense, une union peut être même…

Et au final nous avons quoi ? Des syndicats désunis, aucune proposition, aucune mise en avant de nos prérogatives de nos savoirs  ou de nos compétences.

Car finalement, attaquer les « chiros », c’est facile. Mais mettre en avant notre savoir, nos actions et nos compétences semble bien plus compliqué.

Notre profession semble malheureusement ne pas avoir la maturité nécessaire de ses ambitions

Seul point positif, nous voyons émerger de ci de là d’énormes bonnes volontés qui justement veulent se soustraire à l’action syndicale.

L’époque est aux lanceurs d’alertes, au lobbying intelligent, à la médiatisation et aux rapports de forces en tous genres. Il ne faut plus avoir peur d’exposer nos idées, nos syndicats n’en ont plus !

Ils n’ont pas su ni renouveler les personnes, ni les pratiques. Et l’action syndicale issue des pratiques des années 80 n’a plus lieu d’être.

Place aux nouvelles pratiques de défense de la profession, place aux nouveaux modes de fonctionnement.

 

L'avenir

Cela doit être dur d’être président de syndicat et de s’apercevoir que quelques éléments arrivent à avoir une médiatisation bien supérieure, sans parler de la mobilisation qu’aucun d’entre eux n’a réussi à égaler depuis bien des années.

Que les syndicats s’occupent de nous proposer des assurances, des formations et autres services. Qu’ils continuent à avoir une action locale au niveau du département et dans les relations conventionnelles de proximité.

Mais que les grands organes nationaux disparaissent de la vie de notre profession. De toutes façons, ils ne cessent de nous montrer qu’ils ne servent à rien.

Demandons une réforme des négociations conventionnelles (à lire ici). Continuons à avoir une politique régionale via les URPS. N’oublions pas l’exercice salarié pour lequel les syndicats ont quasi tout abandonné...

Il nous faut changer de modèle. Celui que nous connaissons a montré ses limites. 

Laissons les missions « de base » aux syndicats. Reprenons la main sur notre avenir.

 

Vincent Jallu