Nuages

J’attendais avec impatience les résultats des élections complémentaires aux conseils départementaux de l’ordre.

Depuis le 15 décembre, je trouvais le temps long…

 Nous le savons, notre ordre légitime, au comportement parfait qui nous soutient et qui défend notre profession corps et âme avec les résultats qu’on lui connait et qui déclenche l’engouement général, cet ordre idyllique ne peut que nous laisse penser que les élections doivent être une partie de plaisir avec un taux de participation à la hauteur de l’intérêt que nous portons à notre ordre.

 Mais parfois, plus on attend plus la satisfaction est grande… 4,54%.

 Je ne dirais rien de plus que, personnellement, je ne pourrais même pas me regarder dans une glace tellement je trouverais humiliant de pouvoir dire que je représente quelque chose avec si peu de participation.

Fait intéressant, il y a même un département, où le taux de participation a été de 0,0%. Les candidats eux même n’ont même pas voté...

 Je vous l’avoue j’ai même arrêté de compter les départements où la mention « l’élection est finalisée, mais certains sièges restent vacants par insuffisance de candidats »...

 

Pourquoi un tel désintérêt ?

On peut tout d’abord se poser la question de la légitimité du conseil de l’ordre. Pas sa légitimité « légale », mais sa légitimité dans le sens de la « qualité d'un pouvoir d'être conforme aux croyances des gouvernés quant à ses origines et à ses formes». En effet, peut être que si les kinésithérapeutes avaient été consultés en amont, cela aurait changé la donne. Peut être aussi que si la forme et la gouvernance du CNO étaient plus ouverts à ce que les kinésithérapeutes participent, il y aurait une adoption plus importante ?

Ce qui nous amène directement à la « popularité ». Je n’ai pas peur de le dire, le conseil de l’ordre est totalement impopulaire. Et le premier qui me soutiendra qu’avec 4,54% de votants ce que j’avance est faux, me fera bien rire…

Les « gouvernés » n’apportent aucune confiance et aucune légitimité à notre ordre.

 

Le dédain du CNO

Ce qui est le plus blessant c’est cette « surdité » et cet « aveuglement » que le CNO semble avoir face aux kinésithérapeutes. La mémoire courte aussi...

En lisant les voeux de notre présidente , j’ai bien noté « je ne reviendrai pas sur tout ce qui a été dit ». Et bien les kinésithérapeutes, eux, ont bien noté « les cabinets doivent fermer » et ils s’en souviennent.

Lorsque l’on prend un décision avec un vocable de donneur d’ordre alors que ce n’est pas sa prérogative et qu’aucune données scientifique n’étaye les propos on ne peut que penser que celui qui est sensé défendre la déontologie ne l’applique pas à lui même.

Le CNO traite avec dédain ses administrés. Le retour de bâton est immédiat, les administrés dédaignent l’ordre. 4,54%...

 

Y-a-t-il une solution ?

Et bien en fait presque pas. Le CNO est élu indirectement, sans aucune concertation extérieure, qui ne donne jamais ses axes de travail ou ses volontés politiques et qui n’a jamais pris le courage d’organiser une grande consultation à l’échelle de notre population pour déterminer la politique que nous souhaitions mettre en oeuvre et qui n’a même jamais eu le courage d’affronter la question de l’envie des kinésithérapeutes de s’engager dans la voie ordinale.

 

Peut être qu’une solution serait de montrer au CNO que nous ne sommes pas en accord avec lui.

Retenir sa cotisation pour l’année 2021 ? Entendez par là, que peut être que ne pas payer tout de suite sa cotisation mais plutôt vers le mois de décembre serait une solution ?

Nous sommes redevables de la cotisation, il faut la payer, c’est un fait. Ne pas la payer serait déraisonnable et punissable. Par contre, peut être faut-il un électrochoc au CNO pour comprendre…

Retarder le paiement de sa cotisation pourrait être une solution ? Vu que le CNO reste « étanche » à la grogne et aux remontrances des kinésithérapeutes, peut-être que la sanction financière l’interpellerait ?

Il y a eu un peu moins de 700 votants (ils ont largement battu le vote de l’avenant 5 en proportion), peut être que si 700 kinésithérapeutes temporisaient le paiement de leur cotisation cela aurait un impact ?…

 

Il y a d’autres solutions, j’ai par exemple écrit à notre présidente. Je n’ai malheureusement point eu de réponse. J’en déduis que le CNO ne souhaite pas régler les problèmes confraternellement. C’est bien dommage car monsieur le ministre, lui, m’a répondu. L’action est lancée, nous verrons où elle nous mènera… Et si il faut malgré tout aller au conseil d’état, pourquoi ne pas y aller ?

 

Vincent Jallu