Nuages

Ordre/Contre ordre

Vous retrouverez dans cette rubrique des idées pour ou contre l'ordre, mais aussi son actualité et les commentaires sur les diverses publications de l'ordre.
Bonne lecture.
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Vincent Jallu
 
Article de La Lettre de Galilé à lire ici.
 
Ou comment notre ordre nous a poignardé !
 
Mais au final hormis notre ordre, personne n'en veut !
 
 
Les ordres se sont emparés du "débat national"
 
Communiqué de presse du MIOP du 01/03/19
 
quand l'ordre fait n'importe quoi...
 
Avec l'ordre, c'est toujours la même chanson !
 
Commentaires sur l'avs de l'ordre...
 
Pendant que les Norvégiens obtiennent l'accès direct sans ordre, nous, nous payons ! 
 
et ceux des kinés engagés !
 
Quand un petit acte peut engendrer d'énorme conséquences...
 
L'ordre se veut asyndical... Alors qu'en réalité les 3/4 du bureau a la même couleur...
 
Structuration de l'association, pensez à adhérer pour 2018.                            Adhérer au MIOP
 
Retour sur le colloque du 21/09/17 au grand Palais. 
 
un bon moment de lecture...
 
Communiqué du MIOP.
 
Il est temps que les 80% de gens qui ne supportent pas l'ordre s'expriment...

 

Un article à suivre tout au long de la parution es résultats...
 
Lettre du MIOP à l'attention des cnadidats aux élections législatives.
 
À quand la suppression des tribunaux d'exception que sont les chambres disciplinaires de l'ordre ?
Mise à jour suite à la conférence de presse de monsieur Bayrou. Seconde lettre (02/06).
 
Ce n'est même pas gratuit...
 
 
Très content puis fortement déçu... 
 
Quand le delirium très gros attaque les neurones ordinaux !
 
Ne pas oublier la liberté associative...
 
- Le programme de l'ordre pour les présidentielles

Retrouvez ici le PDF édité par le CNOMK à l'occasion des élections présidentielles...

 

- Réunion du MIOP du 11/03/17

Didier Lantz a participé à cette réunion du Mouvement d'Insoumission aux Ordres Professionnels.

 

- Communiqué de presse du MIOP du 27/02/17

Ordre des médecins, augmentation de la cotisation... et des contestations !

Passé presque inaperçu, le 18 mars, la cour des comptes a rendu son rapport annuel assez cinglant dans la partie sur les ordres professionnels et n’a pas manqué d’attirer mon attention (à lire ici)

Le bilan de la cour est plus que critique faces aux ordres et donne 5 recommandations pour améliorer le fonctionnement dissonant de ceux-ci.

Entre 2016 et 2020, 5 des 7 ordres des professions de santé ont été passés au crible par la cour des comptes. (L’ordre des sage-femmes et celui des pédicures-podologues y ayant échappé pour l’instant).

 

Le premier point, les instances disciplinaires

La cour demande à ce que les publications de radiation ou d’interdiction d’exercer soient rendues publiques. En effet, elle estime que les décisions disciplinaires n’ont pas la cohérence qu’elles devraient avoir.

Elle parle « d’insuffisances », tant au niveau techniques qu’au niveau des interprétations.

Pour la cour, un tri des plaintes, par les CDO, sans fondement juridique constitue un « détournement de procédures » que seules les chambres disciplinaires ont la compétence de juger.

Dans le but de "préserver les droits des patients", la Cour des comptes recommande de clarifier, dans le code de la santé publique, "les notions de plainte et de doléance et le mode de traitement qui leur serait respectivement applicable".

 

Discordance disciplinaire-judiciaire

Nous le savons, il existe de nombreux cas où les chambres disciplinaires condamnent le praticien alors que le judiciaire prononce la relaxe. Il existe de nombreux cas ou c’est l’inverse, de fortes peines de prison pour un simple avertissement en disciplinaire.

Les incohérences sont nombreuses et inacceptables. Cela est l’apanage des tribunaux d’exception. L’idéal serait de laisser la justice aux professionnels de la dite justice. 

Dans le même registre, le copinage dénoncé par beaucoup mais balayé du revers de la main par les ordres... Mais malheureusement les faits sont là, fraude fiscale « massive » d’un ancien trésorier national de l’ordre des pharmaciens, certainement protégé et non poursuivi par son ordre.

Combien de fois entendons nous dans les sections syndicales « j’ai un soucis mais avec quelqu’un de l’ordre, il est intouchable »... Constat navrant et ô combien détestable.

Tout est fait pour que les élus soient protégés.

Savez-vous comment porter plainte contre un élu de votre CDO ? Savez-vous comment engager une action contre un élu national ? Non. Et vous savez pourquoi ? Simplement parce qu’il faut protéger ses ouailles !

 

L’absence de visibilité des décisions

"Ainsi, alors qu’une sanction de suspension d’exercice ou de radiation n’est pas sans conséquence pour les patients, ceux-ci n’ont pas la possibilité de s’assurer que le professionnel de santé qu’ils consultent n’est pas sous le coup d’une interdiction d’exercer", en ajoutant que les contrôles étaient par ailleurs "extrêmement rares".

La cour note aussi que suivant l’ordre les personnes habilitées à saisir la justice ordinale est « variable » et surtout de manière « restrictive ».

Ainsi vous pouvez organiser une fraude fiscale massive sans jamais être inquiété par votre ordre car l’administration fiscale ne peut saisir les juridictions ordinales.

Les ordres faillissent dans leur mission de protection des patients.

 

Déontologie et qualifications professionnelles

Là encore, les ordres ne font pas leur travail !

La Cour pointe les contrôles « peu répandu de l'actualisation des compétences » des professionnels par leurs ordres.

Comme à leur grande habitude, les ordres se retranchent derrière le sacro-saint « c’est pas ma faute »...

« A l’exception notable de l’ordre des pharmaciens, les ordres examinés par la Cour n’ont pas fait de cette mission de contrôle une priorité et ne se sont pas dotés d’outils permettant de recueillir et traiter les données relatives aux formations suivies par les praticiens ».

Pire, la cour s’inquiète. la procédure de recertification, qui attend sa mise en oeuvre réglementaire, « semble un objectif très ambitieux au regard de l’état d’impréparation de la plupart des ordres ».

 

Exercice illégal, conflits d'intérêts, transparence 

La Cour dénonce les « défaillances des ordres dans le repérage de l’exercice illégal de la profession », et réitère ses critiques sur leur impartialité, pointant à nouveau une "confusion fréquente entre rôle ordinal et rôle syndical".

Il est clair que notre ordre est un modèle en matière de non poursuite pour exercice illégal. Avoir le courage d’élever la voix et de défendre réellement la profession n’a visiblement jamais été une priorité.

Nous avons perdu le massage, nous avons perdu l’APA, nous sommes en train de perdre la prévention et pire, les aides kinés (à lire ici et ) vont nous piquer tout le reste !

Principal objectif de l’ordre ? Réduire en cendre la profession ?

Comprenons bien, je suis totalement favorable à l’évolution de notre profession. Mais une évolution construite. Pas une décision prise « entre amis » sans avoir eu aucune concertation sérieuse des kinésithérapeutes (et surtout ne me parlez pas des colloques de l’ordre temple des béni-oui-oui où aucune discussion contradictoire n’est possible).

Par ailleurs, la cour met en évidence une « insuffisante prise en compte des risques de conflit d’intérêts ».

En reprenant le flou ordinal-syndical, il est dorénavant impératif que l’on évite le mélange des genres.

Il est remarquable que les trois syndicats présents aux élections URPS aient réussi à recruter plus de 250 postulants chacun alors que l’ordre n’est même pas capable de mobiliser assez de candidats pour ses élections. Problème d’attractivité et désintérêt pour cette organisation qui ne rempli pas ses missions...

Enfin la cour estime que les ordres sont "trop fermés sur eux-mêmes" et suggère d'ouvrir leur gouvernance à des non-professionnels (personnalités qualifiées, magistrats, représentants d’associations de patients, universitaires notamment) désignés par le ministère chargé de la santé par exemple.

Nous le constatons au quotidien. Notre ordre, structuré pyramidalement sans aucun rétro-contrôle, qui prend des décisions sans débat contradictoire, qui n’a jamais consulté les kinésithérapeutes, qui n’accorde aucun vote aux CDO (voilà peut être une piste d’attractivité non ?) et qui agit dans le plus nombrilisme est la parfaite définition de ce constat de la cour.

Savez-vous comment contester une décision ordinale ? Qu’est-ce qu’un avis de l’ordre et quel est réellement sa porté juridique ? Pourquoi est-ce un avis et pour pas un décret ? Que veut dire le mot « opposable » ?

Même la liste des sanctions possible est introuvable ! Lorsque vous avez un contentieux vous ne savez même pas à quoi vous vous exposez !

Cette notion d’enfermement et d’opacité sont insupportables.

 

Conclusion

Voilà donc à quoi servent nos 280€ annuels (75 pour les salariés, mais les salariés savent depuis le départ que cette cotisation est en pure perte)...

Une organisation opaque, centrée sur elle même, en structure pyramidale, qui en a oublié ses combats de défense de la profession, qui ne rempli pas ses missions et qui manque cruellement d’attractivité, d’informations et de transparence.

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Vous l’avez certainement appris par les réseaux ou par le biais de la FFMKR ou du SNMKR, un amendement à la loi de santé a été adopté par l’assemblée nationale le 20 mars officialisant la volonté du CLIO de faire entrer la profession de masseur-kinésithérapeute dans la voie de la certification. Si vous ne savez pas encore ce qu’est la certification cliquez ici pour lire mon article sur le sujet.

 

Le CLIO, qu’est-ce donc ?

Pour faire simple, le CLIO est une sorte d’association pour ordres en détresse qui ne savent plus quoi inventer pour attirer le chaland !

C’est une manière un peu humoristique de qualifier le CLIO mais dans l’idée c’est cela…

C’est donc le Comité de Liaison des Institutions Ordinales. Rien que cela.

Politiquement, l’idée est de faire des associations transversales. À savoir que quand un ordre trouve quelque chose pour gagner un peu de pouvoir ou mieux asservir ses ouailles, il la transmet aux autres pour faire de même !

Dans la pratique, encore un « truc » qui ne sert qu’aux concernés et qui dans la finalité nous causera toujours plus de soucis.

Une chose principale à savoir est que madame Pascale Mathieu, présidente de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, est aussi vice-présidente (et secrétaire, à priori personne ne voulait des postes…) du CLIO.

Il est donc vraisemblable de penser que notre ordre soutient cet amendement. Mais malheureusement, comme à son habitude, le grand muet reste muet !..

Aucune communication, aucune concertation, le néant caractérise notre ordre.

Il est d’ailleurs notable de voir que quand notre ordre soutient un amendement, il est refoulé. Il faut aller trouver de l’aide auprès des autres ordres pour qu’enfin quelque chose soit accepté. Cela montre la toute puissance de notre ordre…

 

Adopté, mais pas entériné…

J’attire de suite votre attention sur le fait qu’un amendement a un long parcours législatif pour être totalement adopté.

Il doit encore passer l’épreuve du Sénat, et même si l’assemblée nationale a l’avantage en cas de désaccord, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tuée.

Cependant, je pense que nous pouvons considérer la chose comme faite à 80%.

 

Quel est le but

Au delà de l’intérêt scientifique et administratif qui est réel, politiquement cet amendement va donner les plein pouvoirs au gouvernement. En effet, il n’y aura, et il n’y a eu, aucune concertation des syndicats. Une fois complètement adopté cet amendement confiera au législateur une voie d’ordonnance pour créer le système. N’oublions pas que les ordonnances sont signées directement par le ministère sans aucun contre pouvoir. Voilà ce que notre ordre semble cautionner

Il est totalement inacceptable que ni la profession, ni les syndicats représentatifs n’aient eu leur mot à dire dans ce processus. Notre ordre a voulu oeuvrer isolement de la profession toute entière, il l’assumera

Ne doutons spas non plus, que certains s’imaginent déjà avoir un pouvoir supplémentaire, la nature humaine est ce qu’elle est…

 

Tel est pris qui croyait prendre !

Comme expliqué dans mon article cité en préambule, il semblerait que chez nos amis médecins, le mécanisme de recertification échappe à leur conseil de l’ordre. Espérons que que le système de « comité de recertification » soit étendu à l’ensemble des professions. Auquel cas, les ordres professionnels seront remisé à une tache purement « secrétariale ».

Mais restons vigilants, nous le savons que trop bien, même le secrétariat est parfois trop complexe à mettre en oeuvre pour certains CDO.

Il est donc à redouter quelques bogues et erreurs, en espérant que certains n’en profitent pas pour exercer leur pouvoir inquisitoire !

 

Conclusion

Si personnellement je n’ai rien contre le dispositif de recertification qui se profile à l’horizon, la manière dont celui-ci est amené, sans aucune concertation, sans aucune explication, sans aucune communication de la part de notre ordre, me fait dire que encore une fois nous sommes les dindons de la farce. Le CNO, encore une fois enfermé dans sa tour d’ivoire (à lire ici et ici) ne semble pas mesurer à quel point cela est dédaignant pour les kinésithérapeutes. Heureusement que l’ordre n’a pas à être confraternel avec nous…

Nous ne pouvons pas opter pour un système qui ne sera jamais discuté avec nos syndicats, c’est aussi simple que cela.

 

Vincent Jallu

Encore une fois si vous aussi vous en avez marre de cette quasi dictature qui nous est imposée, n'hésitez pas... MIOP !

La réponse est simple… Faites paraitre un avis du CNO !

À l’occasion de la parution du rapport du CORTECS sur l’ostéopathie viscérale, j’avais mis en garde contre d’éventuelles retombées , non seulement scientifiques, mais surtout politiques si jamais notre ordre avait pour idée de faire paraitre un avis sur l’ostéopathie viscérale…

Et bien c’est fait. Le CNOMK a fait son choix et viens de se mettre à dos 12 000 confrères et consoeurs soit presque 15% de la profession…

Il est vrai que le taux de participation aux élections est tel que le CNO peut se permettre de perdre quelques partisans si vous me permettez ce trait d’humour !

Si cela s’arrêtait là, cela ne serait pas dramatique.

Aujourd’hui où la situation politique du CNOMK est complexe et presque précaire, se mettre à dos une partie de sa propre profession, et pire politiquement parlant, se mettre à dos ceux qui ont un lobbying nettement plus développé que le notre n’est certainement pas la bonne chose à faire.

Quelqu’un a-t-il vu une quelconque modification du décret « chiro » ? Non. Par contre les chiros, eux ont attaqué notre présidente et… Ils n’ont pas fini. D'ailleurs notre présidente l'a encore dit ce matin... "nous sommes entendus, serons nous écoutés".

Il est d’ailleurs intéressant de voir que le conseil de l’ordre des médecins, n’a pas suivi notre conseil de l’ordre dans la chasse ouverte à l’ostéopathie, ni sur l’ostéopathie crânienne, ni sur l’ostéopathie viscérale…

Je comprends, et c’est vertueux, que notre ordre ne s’inscrive pas dans des considération politico-politiques, cependant j’embrasse le fait d’avoir la liberté de penser et de pouvoir clamer haut et fort que cet avis est une belle connerie.

Encore un petit effort et le CNO va nous interdire les manipulation ostéo-articulaires…

Et je le redis, le fait que nous professionnels, n’ayons aucun levier sur la politique du CNO, ne reflète pas mon idée de la démocratie. Nous devrions pouvoir choisir ou à minima nous exprimer sur ces sujets. Et si certains élus nationaux partagent mes propos, qu’ils n’hésitent pas à demander une modification des textes réglementaires sur le sujet auprès du ministère.

Nous avions la possibilité d’empiéter sur d’autres terrains, cela n’est plus possible. Mais les autres eux… empiètent chez nous. Et si certain(e)s ont des comptes personnels à régler avec les ostéopathes, ce n’est pas la bonne méthode que de nous isoler encore un peu plus.

 

L’ostéopathie viscérale c’est quoi ?

Et bien croyez le ou non, étant moi même ostéopathe, je ne le sais pas. Je connais très bien les techniques ostéopathiques du champ viscéral tout comme celles du champ crânien. Mais étant Stillien « de base » je ne sais pas ce qu’est « l’ostéopathie viscérale ». Peut être devrais-je aller dans une de ces pseudos-écoles soit disant fondées sur les preuves où il y a quelques années étaient enseignés quelques étirements et levées de tension et qui ont « pioché » allègrement dans les techniques ostéopathiques pour devenir ce qu’elles sont aujourd’hui… Mais tant que c’est basé sur des preuves ! Lesquelles on ne sait pas, mais ça l’est, c’est sur !

Il sera risible de voir dans quelques années « l’ostéopathie viscérale » interdite, mais la « kiné viscérale » ou la « thérapie manuelle viscérale » autorisées alors que les techniques sont les mêmes. Le plus drôle étant que les formateurs sont dans la majorité des cas eux-mêmes ostéopathes.

Cela en est risible de tristesse !

Mais peut être que le CNO va aussi s’attaquer au thérapies manuelles…

D’ailleurs si les mots « concept ostéopathique » ont un sens pour certains, ils comprendront mes propos. Je n’ai jamais pratiqué l’ostéopathie viscérale. J’ai toujours pratiqué l’ostéopathie…

Et pendant ce temps là les vendeurs de rêves (machinthérapie, tructhérapie, onde de bidule thérapie, lazérothérapie…) continuent à s’engraisser sur notre dos et préparent en grandes pompes le salon international des pseudos thérapies qu’est devenu Rééduca… D’ailleurs les aspirateurs à jus de graisse sont de retour cette année !

Mais eux… ils n’ont rien à craindre, ils peuvent dormir sur leur deux oreilles, ils ne sont pas sous le coup de l’inquisition (à prendre avec humour) !

 

Vincent Jallu

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Une fois n’est pas coutume, notre conseil national de l’ordre a outre passé la voie administrative standard pour essayer de passer en force !

En effet en décembre 2017 (à lire ici), notre CNO avait déjà essayé « d’user » de madame Le Meur pour envoyer un signal au ministère, qui très naturellement avait balayé de la main cet affront.

Cette fois-ci notre CNO a organisé une proposition d’amendement à la loi de santé pour proposer, en toute impunité et sans concertation aucune, la création du métier d’aide-kiné.

Je vous avait déjà parlé de ces « sous-kinés » (à lire ici et )…

Autant vous le dire de suite cet amendement a été lui aussi été rejeté et notre CNO a pris de facto une volée correctionnelle sans appel par notre appareil législatif !

 

Les faits

Certains établissements emploient des gens non qualifiés pour effectuer des actes de kinésithérapie. C’est aussi simple que cela.

Au détour d’une conversation sur un réseau social avec le secrétaire général du conseil national de l’ordre, j’ai eu la malheureuse confirmation que le CNO n’a aucun moyen direct de faire pression sur les établissements sans qu’il n’y ait une réelle dénonciation ou une plainte par écrit.

Cela étant dit, même lorsque l’on sert sur un plateau des éléments au conseil de l’ordre, il ne se passe rien ! Combien d’entre nous ont dénoncés les pratiques de massages à l’époque le mot « massage » voulait dire quelque chose aux yeux de la profession, et n’ont eu aucune réponse… Mais peu importe, c’est un temps révolu et le CNO a fait peau neuve depuis.

Les faits sont que les établissements trichent et que le CNO n’a pas de moyen de pression cohérent.

Une fois le constat fait que l’ordre s’est entêté à essayer d’imposer sa vision sur ce sujet, de manière totalement unilatérale, nous devons admettre que malheureusement pour notre CNO, il n’a trouvé aucun auditoire auprès des tutelles. Personne ne veut des ces sous-kinés !

 

Aucune concertation

Dans cette histoire, ce qui est le plus consternant c’est le désintérêt profond que marque le CNO pour les kinésithérapeutes eux-mêmes.

Aucune concertation sur le sujet, rien.

Cela étant dit la concertation n’a jamais été le fort de notre ordre puisqu’il ne s’est même jamais posé la question de savoir si les kinésithérapeutes voulaient réellement d’un ordre ! Pour mémoire 15% de votants aux élections… Cela en dit long !

À force de trop tirer sur la corde, elle va finir par casser (à lire ici).

Pire, lorsque l’ordre collecte des avis pour le grand débat national, seuls 3000 personnes estiment nécessaire de répondre. 

Comble de tout, notre ordre estime quant à lui que ces 3000 réponses ne sont pas importantes et seules 1000 seront prises en compte !

 

Contre argument direct

Si l’ordre admet lui même qu’il n’a pas de moyen de pression direct, comment peut il imaginer une seule seconde que les établissements vont jouer le jeu des sous-kinés ? Pourquoi ne continueraient ils pas gentiment ce qu’ils font déjà ?

Quels moyens aura l’ordre de faire appliquer les sous-kinés, alors qu’il n’a déjà pas de moyen d’imposer les masseurs kinésithérapeutes au sein des services ?

Cette proposition de sous-kinés n’a aucune chance d’être appliquée.

Par contre, les établissements qui étaient « frileux » au fait de dépasser un peu la limite, eux vont trouver là dedans un parfait motif pour remplacer leurs kinésithérapeutes par des sous-kinés…

Merci qui ?

 

Conclusion

En résumé, ces sous-kinés ne changeront rien aux situations existantes mais favoriseront l’accentuation du remplacement des kinésithérapeutes par des professionnels moins qualifiés.

J’estime donc que ces sous-kinés sont un danger pour notre profession. Et je suis profondément déçu de voir que c’est notre ordre qui promeut cela en dehors de toute concertation de la profession et au mépris de sa mission première qui est la défense de la profession.

Heureusement, comme déjà signalé dans mes articles précédents sur le sujet, personne hormis notre ordre ne veut de ces sous-kinés.

L’UNCAM est contre, le ministère est contre, l’ensemble des tutelles sont contre.

Alors notre ordre va-t-il enfin sortir de sa tour de cristal et prendre l’avis des kinésithérapeutes ? Ou va-t-il s’obstiner à poursuivre des chimères ?

Malheureusement pour notre ordre, l’actualité s’acharne contre lui. Les kinésithérapeutes hors PACES, le grade master qui s’envole un peu plus, le grand débat qui va faire couler de l’encre… tout ceci était tellement prévisible et surtout annoncé. Dommage de faire la sourde oreille et de continuer dans cette voie. et puisque nos conseillers nationaux sont en réunion pendant 2 jours... qu'ils méditent bien le fait que les voies (ou peut être les voix...) que le CNO suit ne semblent pas être les bonnes !

 

Vincent Jallu

 

Pour celles et ceux qui, comme moi, pensent que notre ordre est inutile, n’hésitez pas à adhérer au Mouvement d’Insoumission aux Ordres Professionnels (MIOP) en cliquant ici.

Récemment une délégation des cadres de l’assistance publique AP-HP a été reçue par notre conseil national de l’ordre pour être averti de la situation dramatique de l’exercice salarié de notre profession.

Parallèlement un communiqué de presse sur l’universitarisation des formations en santé a été publié par le ministère de la santé. 

En adjonction on trouve une petite surprise concernant la perte de l’une de nos compétence. En effet, la parution au journal officiel du 14/02 permet aux chiropracteurs d’utiliser un panel d’adjuvants thérapeutiques. Au programme, le chaud et le froid, la physiothérapie, l’électrothérapie, la réflexothérapie, les ondes de choc ainsi que les techniques de contensions et d’orthèses… Rien que cela.

Petit message entre vous et moi, pour celles et ceux qui auraient fait le choix de vouloir un jour que les kinésithérapeutes deviennent « uniquement » des physiothérapeutes… Cela signifie directement que ce titre sera partagé avec les chiropracteurs !

Et quand on connait l’articulation aux USA entre les chiropracteurs et es physiothérapeutes, la situation devient plus qu’inquiétante.

D’autant que les chiropracteurs, eux, ne seront pas cotisants à l’ordre puisqu’ils ont déjà leur propre structure à vocation ordinale. Donc si nous espérions avoir une quelconque influence… C’est très mal parti.

Le pire dans tout cela ? Ils savaient… Ils ? Qui donc ? Et bien notre conseil de l’ordre adoré !

En effet nous avons appris sur un réseau social que la présidente de l’ordre avait une première fois réussi à modérer les velléités de nos amis chiropracteurs. Mais finalement ils ont été plus forts…

Et bien la conclusion est que, encore une fois (à lire ici), le CNO a été désavoué par le ministère.

Nous avons donc perdu le massage, nous sommes en train de perdre la physiothérapie via les chiros, les APA sont en train de nous saborder la rééducation, les sages-femmes ont mis la main sur le périnéal… Merci aux élus de travailler d’arrache pied pour… Rien…

 

Nos principaux « concurrents » sont ostéopathes, chiropracteurs, APA, Staps, Coach sportifs etc…

Il est vrai que nous nous sommes animés par la confraternité, tout va bien dans le meilleur des mondes. Nous n’avons ni ennemis, ni concurrents, ni mécréant qui s’installe à côté de chez nous avec une enseigne lumineuse que l’on voit à des kilomètres, un site internet agressif et une publicité mensuelle dans le journal local… Cela n’existe pas, c’est bien connu.

Le CNO pense peut être que nos amis qui ne sont pas nos concurrents vont rester les bras croisés et ne pas essayer d’améliorer leurs propres conditions, et ce, par tous les moyens ?

Reprenons le cas des Chiropracteurs. Aux USA, les chiropracteurs ont une équivalence de médecin, ils peuvent utiliser toute une batterie d’adjuvants thérapeutiques, y compris la thérapie manuelle et la physiothérapie. Ils peuvent d’ailleurs prescrire les deux et hiérarchiquement ils sont situés au dessus de ceux-ci.

Relisons les écrits des années 70 (et oui…) des associations de chiropracteurs et d’ostéopathes pour nous apercevoir que cela fait 40 ans que ces associations veulent les mêmes conditions d’exercice en France qu’aux USA. Le discours n’a pas changé, la volonté est d’aller vers un statut fort.

Et vous savez quoi ? Ils ont raison de défendre leur profession. C’est nous qui sommes assez stupides pour nous croire plus forts qu’eux.

 

Le lobbying 

Voilà la clé… Avoir une influence majeure sur les décisionnaires. Là encore, n’oublions jamais que ces pratiques viennent directement des USA, là où le lobbying est majeur, totalement libre et autorisé.

Et notre lobbying est bien faible et semble totalement inefficace face à celui de nos « concurrents ».

Nous avons juste 40 ans de retard sur le sujet.
Deux exemples simples… Nicolas Sarkozy, alors président de la république allait très régulièrement chez l’ostéo (étiopathe pour les puristes) Jean-Paul Moureau. Qui se souvient du Kiné du président ? A-t-il seulement prononcé une seule fois le mot kinésithérapeute durant son mandat (ou même avant et après) ?

Qui se souvient aussi de quelle personnalité politique Française a introduit au détour d’une petite phrase la notion d’ostéopathie dans notre système législatif ? Bernard Kouchner. Médecin, fondateur de médecin sans frontière, alors ministre de la santé… Nous nos partisans sont où ? Et qui sont ils ? Hou là… Il va falloir chercher… Ha si… Nous avons une député… Peut être qu’un selfie avec Justin Bieber ?…

Le lobbying de notre ordre ne fonctionne pas. Et comme bien sur, tout est hermétique, que nous n’avons aucun droit de regard ni intervention possible dans cette démocratie façon « bananière », l’ordre continue son action sans même se poser de questions ni nous poser de questions.

Concernant l’exercice salarié, l’ordre doit faire face aux plus puissants des lobbys de France… Il s’appelle CGT, CFDT, FO, Sud… ! Et si l’ordre croit pouvoir faire face à ceux là… J’en rigole d’avance.

Car chez les syndicats de salariés, point de moralité, de confraternité ou encore de langue de bois. Ce sont des syndicats, des vrais, pas des système ordinaux.

Action, influence, propositions, négociations sont ce qui les animent. Et nous parlons là de millions de salariés représentés, pas d’une poignée d’élus par 2-300 personnes au détour d’un poste départemental. Si au moins notre président(e) était élu(e) au suffrage direct, nous pourrions dire que qu’il ou elle nous représente… Ha oui c’est vrai, l’Arlésienne, ce n’est pas l’ordre qui décide de cela…

 

La démonstration de puissance

L’ordre depuis sa création est en mal de reconnaissance et n’a jamais su démontrer ni son utilité ni son intérêt auprès des kinésithérapeutes, les résultats des élections parlants d’eux même (à lire ici).

C’est pourquoi régulièrement il essaye de « faire le beau » et de démontrer sa « toute puissance ».

Pour rester dans le sujet chiro-ostéo, l’ordre nous a donc gratifié d’un avis sur la pratique crânienne pour démontrer toute sa splendeur et sa puissance de nuisance ! Quelle blague…

Non seulement cet avis a fait rire quelques milliers de praticiens de Kirksville à Wellington, certains représentants des ostéopathes s’inquiétant même de la santé mentale des membres de notre conseil national de l’ordre, mais en plus cet acte a montré que finalement les kinésithérapeutes n’étaient pas à même de pratiquer toute l’ostéopathie et a renforcé la notion de supériorité que les ostéopathes peuvent avoir à notre égard…

L’ordre, par cet acte, a donc renforcé la hiérarchie entre ostéopathes et kinésithérapeutes.

Et attention, telle l’Arlésienne, il va remettre le couvert avec l’ostéopathie viscérale. Très bien, continuons à nous enfoncer politiquement.

D’ailleurs j’aimerais bien savoir combien de kinésithérapeutes ont été inquiétés par l’ordre pour pratique de l’ostéopathie crânienne…

Encore un « truc » qui nous a couté une fortune, le chiffre de 18 000€ avait été avancé à l’époque de mémoire, et qui ne sert strictement à rien.

De fait, je ne sais pas si l’on peut considérer que notre profession ait réellement eu un intérêt dans cet avis…

Il aurait certainement été plus favorable pour le CNO de suivre l’exemple du conseil de l’ordre des médecins vis à vis des « médecines alternatives ». Position que le CNOM a d’ailleurs rappelé très précisément il y a quelques jours suite à la parution d’une tribune contre l’homéopathie et plus généralement les « fake médecines ».

 

La réalité économique

La réalité de notre monde est que oui nous avons bel et bien de plus en plus de concurrents. Et des concurrents qui ne jouent pas avec les mêmes armes que nous. Nous, nous sommes bridés. Par la convention et par notre code de déontologie qui est aussi poussiéreux que stupide.

Mais soyez rassurés, ce n’est pas le CNO qui édicte le code de déontologie… Ce n’est jamais de leur faute… Toujours la même Arlésienne…

Pourtant la solution est simple, si nous supprimions le conseil de l’ordre, nous aurions une plus grande marge de manoeuvre !

Car le refrain est connu. « Nous avons beaucoup travaillé, mais malheureusement, nous avons perdu ». Comme quoi il semblerait que la première qualité pour être élu au CNO, c’est de savoir perdre !

Si au moins nous savions quel a été ce si long et si acharné travail qui a été fait. Nous pourrions peut être dire « ils se sont bien battus ».

Or, rien.

Aucune information. 

La « comm’ » ça s’apprend, et visiblement c’est trop compliqué pour certains. Pourtant avec 13 millions d’euros de trésorerie, on devrait pouvoir se payer un ou deux conseillers sur le sujet non ? Mais bon, visiblement, communiquer n’est pas ni une mission ni une priorité de l’ordre.

L’autre réalité est que nos « concurrents », eux, ne sont pas inactifs et si le CNO a pu croire qu’il suffisait de dire « attention je vais me fâcher » pour croire que les associations professionnelles de ces concurrents allaient rester sagement dans leur coin… Et bien le constat est bien triste.

Nos concurrents communiquent, avancent leurs idées, leurs combats et marquent des points tous les jours.

Enfin l’ostéopathie ou la chiropraxie ne coûtent pas un centime à l’assurance maladie et pour l’instant toutes les propositions de l’ordre, à l’image de la prise en charge des urgences (à lire ici et ici), se fait en dehors des considérations conventionnelles. À croire que soit le CNO n’a vraiment aucune vision logique de notre profession, soit il joue le jeu de nos concurrents. Dans les deux cas, c’est inquiétant ! En tous cas j’aimeriais bien savoir si la campagne sur la notion d’urgence a fait gagné quoi que ce soit à qui que ce soit… Si les patients ont vu une réelle avancée dans leur prise en charge, les économies dégagées pour la sécurité sociale et le ratio bénéfice/risque ainsi que bénéfice/coût.

Car les chiros-ostéos-APA-coach and co ont bien compris que devenir « profession de santé » n’était pas un aboutissement. Faire la même chose sans les contraintes mais en ayant toutes les libertés à côté, c’est bien plus intéressant, surtout le domaine de compétence grandit tranquillement mais surement.

À quand la première maison de santé financée par un chiropracteur et salariant des kinésithérapeutes ?

La vraie question étant, en toute franchise, et avec une analyse objective et dénuée d’émotionnel. « Auraient ils tort de s’en priver ? ». Le corolaire étant « n’ont ils pas raison et nous tort ? ». Oui, je sais. Cela n’est pas agréable à lire, surtout quand on se rend à l’évidence que la réponse à ces deux question est « oui ».

 

L’avenir…

Comme ma volonté est d’aider mon prochain, je vais donner un grand coup de main à nos très chers élus du conseil national de l’ordre…

Les ostéos-chiros s’intéressent de plus en plus effectivement aux maisons et établissements de santé ainsi qu’aux fédérations sportives. Vous voilà prévenus !

Ainsi la prochaine fois que vous entendrez un politique prononcer les mots « maison de santé » et « ostéopathes » dans la même phrase à l’image du petit commentaire de monsieur Kouchner en 2002, vous comprendrez qui a réellement gagné.

Perosnnellement je vois dans cette situation trois possibilités.

  • le CNO est atteint d’une maladie politique courante qui est la « melonite aigüe ». Ainsi il croit qu’il suffit de dire « je suis l’ordre » façon Judge Dredd et tout le monde est alors à l’écoute.
  • Le CNO est voué d’une naïveté inquiétante…
  • Soit le CNO est victime du syndrome Calimero et c’est vraiment trop injuste !

Dans tous les cas malheureusement pour lui, l’exceptionnel travail acharné de nos élus bénévoles non rémunérés à leur juste valeur n’est pas considéré par nos ennemis ni par notre propre profession.

Peut être devrions nous demander à madame la ministre de modifier les textes régissant les ordres et introduire une ROSP ordinale ! Dossier perdu, pas un sou, pas de bol. Dossier gagné, on compte les points et on vous donne un forfait… Vu le nombre de dossiers perdus… 

Peut être serait il temps que l’ordre assume ses erreurs. Peut être serait il temps que notre ordre se remette totalement en question. Peut être est il temps que nous prenions conscience que le seul monopole qui reste dans notre profession est celui de gouverner cette même profession. Peut être devrions nous réfléchir au fait que nous n’avons aucun moyen d’évaluer notre CNO. Aucun moyen de leur dire « stop vous êtes inutiles et avez fait n’importe quoi »...

En fait… Si… Il faut utiliser la démocratie à son avantage pour pouvoir dire en toute confraternité: « tu es le maillon faible, au revoir ». Et sachez le, la démocratie permet cela…

 

Conclusion

Le conseil de l’ordre a encore une fois été mis à l’amende par le législateur qui ne cesse de montrer qu’il se moque éperdument du CNO.

Il avoue aussi à demi mot qu’il est totalement impuissant sur le volet salarial de notre profession. 

Si j’étais à la place de nos élus, je m’interrogerais sur le fondement de mes actions et la façon dont je les organise, car visiblement l’avis de l’ordre n’intéresse pas le législateur.

Par ailleurs, tout le monde s’est réjouis il y a peu de l’annonce de madame la ministre concernant l’universitarisation des professions de santé… Réjouissance de courte durée puisqu’à peine quelques jours après, nos syndicats et l’ordre ont fait paraître un communiqué commun pour alerter de faits que nous savons déjà à savoir que le garde master n’est pas prévu et que le financement des études était à revoir, comme c’est étrange ! 

Et bien, vu comment notre ordre est écouté et comment il agit, personnellement cela m’inquiète…

 

Vincent Jallu