Nuages

La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

J’aurais aimé voir notre ordre monter au créneau pour dénoncer les conditions lamentables dans lesquelles les soignants sont.

Dénoncer le manque de matériel, masques, surblouses, lunettes, charlottes, gel hydro-alcoolique… Et ce, que ce soit à l’hôpital, en prise en charge à domicile ou même au cabinet quand cela était encore possible.

Dénoncer le fait que nous nous engageons dans une crise sanitaire sans précédent, et pas seulement à cause de la mortalité de l’épidémie, mais aussi suite à l’actuelle absence de soins.

En effet, beaucoup de services de réanimation refusent l’accès aux kinésithérapeutes, non pas pour leur inutilité, mais par manque de moyens, préférant conserver très légitimement les masques et les surblouses pour les médecins et les infirmières. Dans quel état les patients survivants vont-ils sortir de réanimation ?

Personne ne semble non plus penser à tous les patients, les « non urgents » laissés sur le carreau et que nous récupèrerons dans plusieurs semaines voir dans plusieurs mois, sans soins durant l’intervalle... Et ce « 2e effet kisscool » risque d’avoir des conséquences bien plus importantes que ce que l’on pense.

Aujourd’hui je m’aperçois qu’en début de crise alors que des territoires et des kinésithérapeutes étaient déjà confrontés à l’épidémie, le CNO a préféré partir en vacances, pardon, faire une visite impérieuse en outre mer tandis que dans le même temps des masseurs-kinésithérapeutes étaient déjà confrontés au COVID-19 dans l'indifférence la plus totale. Plutôt que de tirer les sonnettes d’alarme dès le début il a préféré rester terré dans l’attentisme et l’immobilisme sans jamais dénoncer ce que la profession subissait déjà au quotidien.

Pire, le CNO nous rappelle, tel notre gouvernement, qu’il faut voter. Enfin certains nous ont gratifié de selfies sur Twitter façon « je suis supermâle, je vais travailler », mais manque de chance, avec un masque porté à l’envers... Doit-on s’interroger sur la sécurité des patients vus ce jour là ? Quelle est l’image vehiculée ? Le CNO a eu raison de nous faire fermer nos cabinets, nous ne sommes même pas capables de mettre un masque correctement.

 

Au lieu de se préoccuper des impératifs pour notre profession, il aura fallu 8 jours pour obtenir une définition de l’acte vital ! Intéressant de voir que l’on interdit en premier puis on définit après... Pour rappel, premier cas en France, 24 janvier... Effectivement j’ai du mal à suivre la logique ordinale. Comment comprendre que rien n'ait été anticipé ?

Mais surtout, n’oubliez pas, votez braves gens, vos conditions de travail importent peu.

 

Le télésoin, la problématique du moment

En complément, notre ordre vante les mérites des téléconsultations.

Il faut être extrêmement prudent avec le télésoin.

Si effectivement, il est important d’investir le télésoin, d’adapter nos pratiques et de ne pas rater ce virage numérique important, il convient aussi de ne pas céder à la panique de l’empressement.

 

Nous l’avons vu avec les médecins. Des réseaux mutualistes se sont immédiatement développés autours de la téléconsultation en dehors de convention nationale.

Pire, nos soins en téléconsultation ne sont actuellement pas codifiés au sein de la nomenclature.

 

Par ailleurs, contrairement au médecin qui délivre une ordonnance, nous ne délivrons rien. Comment s’assurer que le patient ne se connecte pas à un pays tiers tel que le Panama avec à l’autre bout de la caméra un coach sportif ou équivalent. Notre ordre a déjà démontré son incapacité à attaquer les instituts de beauté en leur temps. Et lorsque l’on voit la réponse donnée aux APA, avec la proposition de création des sous-kinés...

Comment pourrait il alors aller débusquer un pseudo kiné francophone localisé dans un pays étranger ?

Dire que la téléconsultation n’appartient qu’au kinésithérapeute est une chose, la réalité de ce qui se trouve sur internet en est une autre. Nous nous devons de protéger nos patients face à cette réalité.

De plus le télésoin peut poser des soucis conventionnels au regard du zonage ainsi que tout un ensemble de problématiques qui ne semblent pas avoir été réfléchies telle que la liberté de choix du praticien quand celui-ci est en zone blanche, etc...

 

Si le télésoin peut trouver un réel intérêt, il est urgent de ne rien précipiter. Là encore, ce n’est pas au bout de notre nez qu’il faut regarder, mais un pas ou deux devant.

Rentrer trop vite dans un domaine que nous ne maitrisons pas risque d’être nuisible et pour le patient et pour notre profession.

 

Vincent Jallu

Merci à toutes celles et ceux qui se sont investi dans la crise sanitaire que nous vivons, quelque soit votre mode d'engagement. Que ce soit auprès des patients, auprès des soignants ou simplement au sein de la société pour aider les gens. Nous pouvons tous jouer un rôle dans la mesure du possible et du raisonable.

Vous le savez, j’ai plutôt l’habitude d’avoir des avis tranchés et de les exprimer...

Et bien aujourd’hui je vous propose une réflexion autours de « nous » plutôt que de vous donner mon point de vue.

Je ne parlerais pas non plus des différentes politiques mises en place par les gouvernements. Corée du Sud, Allemagne, Pays-bas, Royaume uni, France, autant de mode d’actions différents dont nous verrons les effets qu’au terme de la pandémie.

 

Non,  nous allons essayer de voir avec logique notre situation en France avec nos instances.

 

Nous sommes d’ailleurs quelque peu dans la confusion de communication entre notre ordre qui nous oblige à fermer nos cabinets et dans le même temps les syndicats représentatifs qui annoncent que nous avions « un rôle précieux à jouer » en gardant nos cabinets ouverts.

Si personnellement je partage ce point de vue, je comprends qu’aujourd’hui nos confrères et consoeurs soient dans l’inconnue.

 

Peur et émotionnel, la limite du confraternel

Nous le voyons sur les réseaux sociaux, la confraternité vient de trouver ses limites. Que dire des messages presque insultants de certains qui stigmatent ouvertement des confrères et consoeurs qui n’ont pas fait le même choix qu’eux.

Nous devons garder à l’esprit une analyse claire et dénué d’émotionnel et surtout de peur inutile et intellectuellement mortifère.

Nous voyons que le concept de confraternité n’est qu’une illusion dans ces temps complexes.

 

Fermer nos cabinets

Cela permet d’endiguer la propagation du virus et donc à terme de sauver des vies.

Il n’y a pas grand chose à ajouter, je pense qu’il y a consensus là dessus.

 

Ouvrir nos cabinets

Lorsque j’ai annoncé aux médecins urgentistes que je fermais mon cabinet suite aux recommandations de notre ordre, l’un d’entre eux a eu cette phrase « les kinés fuient leurs responsabilités de professionnels de santé »...

En effet, depuis quelques semaines notre hôpital est saturé. Les cabinets des médecins sont eux aussi complets. Beaucoup d’entre eux réorientaient les patients « petite traumato » vers nous. Ainsi, chaque patient vu par le kinésithérapeute libérait du temps médical pour le généraliste, évitait que le patient n’aille aux urgences pour de la bobologie et libérait donc aussi du temps médical à l’hôpital.

 

Mieux, certains font des pieds et des mains pour collaborer avec d’autres soignants. Ils créent des CPTS des MSP, des ESP ou tout autre acronyme.

Notre réseau ne s’est jamais autant développé que dans les dernières semaines.

Généralistes, urgentistes, infectiologues, infirmières… Ils comptaient tous sur nous.

 

L’accès direct c’est maintenant, sur le terrain que nous aurions pu l’avoir.

 

La notion de soins vitaux

Nous l’avons déjà vu avec la notion d’urgence, notre CNO a tendance à imposer sa vision et rester étanche à d’autres courants de pensées. Ce ne serait pas un soucis si , à l’image du conseil national de l’ordre des médecins, nous étions considérés comme égaux et que nous conservions notre libre arbitre.

 

Prendre en charge une lombalgie n’est en rien un soin vital. Nous sommes tous d’accord sur ce fait.

Nous pourrions discuter du cas particulier du médecin du service de réanimation qui subit une lombalgie, mais effectivement c’est un cas particulier et trop largement sur les réseaux sociaux nous voyons de cas particuliers.

 

Cependant le cas général est de se poser la question « où vont aller nos patients ? ».

Et bien ils vont aller encombrer les généralistes, ne serait-ce qu’au téléphone, ou pire, aux urgences. Ce qui n’est pas vital d’un côté peut rapidement se transformer en encombrement massif des soins vitaux de première ligne d’un autre côté.

 

Sauver des vies maintenant c’est s’assurer que les soignants de première ligne travaillent dans les meilleures conditions et pas être assis dans son canapé à se cacher derrière le principe de précaution.

 

Ne sommes nous pas capables de mettre en place les mesures barrières ?

Comment ne pas être surpris quant on lit les tweet de la présidente de l’ordre qui demande aux kinésithérapeutes du grand-est de continuer à aller dans les SSR alors qu’elle leur a demandé de fermer leur cabinet deux heures plus tôt ?

En effet, ces kinésithérapeutes, si ils sont aptes a effectuer les mesures barrières dans un SSR, ils devraient pouvoir être aussi aptes à effectuer les mêmes mesures barrières dans leur cabinet non ?

De plus on leur dit qu’ils peuvent prendre les patients à domicile, laissant croire que leur cabinet est moins « propre » ou plus contaminant que le domicile des patients où rien n’est désinfecté, nettoyé ou même aéré.

Il faut avouer qu’il y a quelque chose de dérangeant et de paradoxale dans cette logique que notre ordre porte. À croire que nos cabinets sont moins fréquentables que les bureaux de tabac ou les supermarchés où s’agglutinent les gens...

 

D’ailleurs à titre personnel, je ne peux plus exercer dans mon cabinet, mais l’infirmière qui travaille avec nous continue a travailler au sein du cabinet. Donc si ce n’est pas un problème de personnel puisqu’en SSR nous sommes aptes, si ce n’est pas un problème de lieu, où est finalement le problème ? Peut être un soucis de volonté...

 

Peut être est il temps pour notre ordre de faire preuve de clairvoyance et d’avoir une approche épistémologique afin de commander une étude comparative sur les infections contractées en cabinet, en SSR et à l’hôpital pour que nous puissions réellement savoir si nos cabinets sont si contaminants que cela comparativement aux autres structures d’accueil.

 

À croire que nous kinésithérapeutes nous n’avons jamais été confronté au confinement d’une chambre, au sepsis, aux mesures barrières simples ou complexes... À croire que nous n’avons jamais fait de stages hospitalier... à croire que le primeur du coin où tous les gens manipulent les fruits et légumes sans gants semble mieux formé que nous...

 

Les soins à domiciles…

Nous l’avons vu, il n’est pas certain que les domiciles des patients soient les meilleurs endroits pour se prémunir et pour éviter la contagion.

De plus, nous le savons tous les domiciles sont connus pour être les endroits les plus propices à une kinésithérapie de qualité.

Enfin nous le savons tous aussi, les temps de transports nous imposent d’avoir des temps courts de présence auprès des patients.

 

Conclusion

Ouvrir ou fermer, c’est une question complexe et difficile à laquelle je n’ai pas la réponse.

Cependant notre ordre a tranché, il faut fermer. Et c’est cela qui finalement me dérange. Comme souvent, notre ordre tranche dans le vif sans accorder aucune confiance à nous kinésithérapeutes. Nous pouvons percevoir une forme de condescendance entre eux et nous. Là encore la confraternité a ses limites. Voilà encore une piste de travail pour notre CNO, faire confiance et mesurer la porté réelle de ses communications. Nous exposer les faits et les possibilités en nous laissant le choix d’une décision raisonnée aurait été plus cohérent.

Par cette décision, nous montrons qu’effectivement nous ne servons pas à grand chose dans le système de santé (peut être même à rien). Et bien qu’il en soit ainsi. Ne nous étonnons pas de ne pas avoir la reconnaissance que visiblement nous ne méritons pas. La délégation de taches, la continuité des soins tout cela attendra.

L’urgentiste a certainement raison, nous avons peut être fuit nos responsabilités. Est-ce la peur qui a guidé ces décisions ?

Être en guerre et avoir peur d’aller au combat ?

Drôle d’image que nous véhiculons là...

 

Ouvrir ou fermer aurait du rester notre choix réfléchi à chacun. Aujourd’hui, même ceux qui bravent l’ordre risquent de ne plus être couverts par leur RCP.

 

Comme vous avez tous fermé vos cabinets, pensez à la réserve sanitaire. Vous y verrez certainement des gens qui auront plus confiance en vous que dans notre propre camp...

 

Bon courage à toutes et a tous. Nos différents idéologiques ne seront rien face à l’épidémie et à la seconde catastrophe que sera le cataclysme financier qui en découlera...

 

Vincent Jallu

Si vous ne le savez pas encore, la pandémie au coronavirus COVID-19 est à nos portes !

Nous pourrions croire que dans cette nouvelle crise qui pourrait bien devenir majeure, nous ayons le soutient de notre ministre et plus particulièrement de notre ordre.

 

Et bien il faut le constater, même en zone dit de « cluster » (entendez par là, au moins 2 cas avérés), l’information circulante est faible, peu fiable et nous nous sentons quelque peu délaissés…

Notre CDO est absent, le CNO est en vacances, le préfet nous oublie totalement et le ministre…

Oui, notre ministre semble penser un peu à nous en nous offrant gracieusement des masques aussi inutiles que peu nombreux !

 

Depuis des jours on nous répète que les masques chirurgicaux sont là pour faire joli et que les FFP2 sont à réserver aux professionnels de santé. Notre ministre l’a assuré, ils ont des stocks et tout se passera bien.

Et bien les dits masques sont arrivés !

Et les professionnels de santé auront finalement des masques… chirurgicaux !

Pire, 50 masques, de qualité plus que médiocre, dont la date de péremption est proche voir très proche parfois. Personnellement j’ai de la chance les miens peuvent tenir jusqu’en avril… 2020 !

D’un autre côté 50 masques, dans deux jours je n’en aurais plus. 

Mensonge organisé ? Preuve d’impuissance ? Incapacité à répondre à l’urgence ? Nous ne le saurons jamais. 

Le fait est que notre ministre s’est bien foutu de nous !

Encore mieux, tous les spécialistes clament haut et fort que seuls les masques FFP2 protègent les soignants, et bien notre ministre nous soutient que le masque chirurgical est bien suffisant. Voilà comment l’on traite les soignants en France, par le mépris. La volonté ici n’est pas de protéger les soignants, mais d’éviter qu’ils soient porteurs sains. Les soignants en eux mêmes… tout le monde s’en fout !

 

Curieux hasard, au cabinet, je suis tombé en manque de gel hydro-alcoolique. Mes petites « minimes » étant fragiles, je n’ai pas de chance, je ne supporte que le 85 NPC en utilisation régulière. Et bien pas un fournisseur ne peut m’affirmer en avoir en stock et surtout pouvoir me le livrer. Alors oui, beaucoup m’ont dit « oui, oui, on en a… livrable dans 1 à 2 mois ! ». Hormis en rigoler… 

Heureusement j’ai pu faire le plein de savon et j’ai finalement, par le biais d’une connaissance, pu obtenir mon saint graal !

  

H1N1 vs COVID, quelle différence majeure ?

La réponse tient en un mot. « Vaccin ». Oui pour le H1N1 nous disposions d’un vaccin. Pour le COVID, rien dans l’immédiat. Peut être dans quelques mois voir plus.

Il y a donc un risque majeur à ce que le COVID se propage. Car même si effectivement sa mortalité est « faible », elle est largement supérieure à la grippe saisonnière. 

 

Pour avoir vécu l’épisode SRAS puis l’épisode H1N1, je peux dire avec certitude que le principe de précaution nous a fait dépenser des sommes colossales pour peu de choses surtout avec le H1N1.

Il semble clair que notre gouvernement ne souhaite pas reconduire cette erreur.

Mais malheureusement ce même gouvernement semble être tombé dans l’excès inverse en méprisant totalement celles et ceux qui sont en première ligne, à savoir les soignants.

 

Il est clair que l’on apporte plus d’importance à un match de foot aux retombées économiques fortes qu’à son système de santé et à ses soignants. On comprend de suite pourquoi certaines décisions prises semblent incohérentes. La logique est simple, suivez l’argent !

Pourquoi fermer un marché local alors que l’on laisse le supermarché ouvert à quelques dizaines de mètres ? C’est la même logique…

 

Notre ministre a donc souhaité nous protéger avec un poignée de masques sans réel intérêt pour nous.

  

Et pendant ce temps là ?

Nos élus nationaux de l’ordre passent leurs vacances, pardon, organisent une grande tournée dans l’océan indien. Il est vrai qu’il est tout de même plus sympathique d’aller dans cette région quand c’est l’hiver en métropole et qu’une épidémie surgit. Autant fuir au soleil… Quoi de plus logique ?

Là encore, suivez l’argent… Il va de votre poche à l’organisation de voyages « all-inclusive ».

Passé ce trait d’humour, si je comprends que notre ordre se déplace sur l’ensemble du territoire national pour montrer sa splendeur, l’image qu’il en ressort est un week-end entre amis, voir dans le cas présent quelques jours de vacances payés par celles et ceux qui doivent affronter le quotidien et qui risquent leur santé.

Vous savez le pire ? Je pense qu’ils sont fiers de leur ânerie et de leur devoir accompli.

Et bien je vais oser le dire. C’est inadmissible et insupportable de voir avec quel mépris nous sommes considérés. Aller faire le beau semble plus important que de s’occuper des vraies problématiques du moment.

 

Pire, ce message sur Facebook ce matin (à lire ici) où l’on peut voir un magnifique photographie de l’une de ces réunions… En présence des libéraux, salariés, étudiants, élus de l’ordre et institutionnels. 25 personnes. Heureusement que l’on peut voir une présence majeure des étudiants. Si ils n’avaient pas été conviés, il y aurait eu plus d’élus que de public !

Nous comprenons de facto que ce déplacement était d’une ultime importance en cette période où justement on nous demande de limiter les mouvements de personnes pour endiguer la propagation. Lorsque l’on est soit-disant le garant de l’éthique et de la déontologie, on se doit de montrer l’exemple… Bel exemple que vous nous avez donné là.

Ajouté à la considération des professionnels en péril, le dédain n’apporte que le dégoût.

  

Conclusion

Nous en avons malheureusement l’habitude, dans cette crise nous ne pourrons compter que sur nous mêmes.

Nous sommes lâchés par notre ministre et par notre ordre. Et pourtant tous les jours on nous demande de nos investir dans les politiques de santé publiques, mais lorsque nous nous avons besoin de la santé publique elle ne répond pas présent.

 

J’envoie toute ma sympathie et mes voeux d’encouragement à celles et ceux qui devront fermer leur cabinet pour cause de « quatorzaine ». Étant moi même dans un « cluster », l’inquiétude monte car économiquement fermer quinze jours peut être compliqué. Et je ne parle même pas des risques de contamination directe que nous prenons.

 

Vincent Jallu

Vous le savez certainement, sont parus au journal officiel deux protocoles de coopération concernant la lombalgie et l’entorse de cheville. (Lombalgie, Cheville)

Ces protocoles étant dans le cadre d’expérimentations du type article 51, nous n’aborderons pas ici les problématique de discrimination à l’accès au soins suivant les territoires, ou encore de la non équité entre professionnels suivant ces mêmes territoires. Mais sachez qu’à terme, ces problématiques pourraient bien ressurgir…

Ce qui est assez frappant d’emblée, c’est que cette magnifique avancée qu’est l’accès direct en masso-kinésithérapie aurait du être claironnée par leurs auteurs à la façon « nous sommes les plus forts nous avons obtenu ceci ». Et bien non.

Et si l’enthousiasme ne semble pas plus élevé que cela, voici pourquoi.

 

Qu’est-ce que l’accès direct ?

L’accès direct, c’est le fait d’aller directement chez le kinésithérapeute pour faire ses séances sans passer par la case médecin.

Et bien ce n’est pas ce qui est proposé par le biais de ces deux protocoles. Au contraire !

En effet ces protocoles n’autorisent pas l’accès direct, ils autorise une délégation de compétence sous contrôle. À savoir, voir un patient lombalgique ou porteur d’une entorse de cheville, lui prescrire des AINS, du paracétamol et un arrêt de travail. Jouer au docteur en fait… Mais en aucun cas on ne peut jouer au kinésithérapeute. Un comble peut être non ?

Mieux, en cas d’urgence et en l’absence d’un médecin, nous avons déjà une certaine latitude à oeuvrer.

Dans ces protocoles il faut être enfermé dans une Société Interprofessionnelle de Soins Ambulatoires et sous la tutelle d’un médecin.

Accès direct vous disiez ? Quelle blague…

 

Le danger de la limitation à la structure

Si vous ne l’avez pas encore compris, ces protocoles ne sont accessibles que si vous travaillez dans une Maison de Santé Pluridisciplinaire organisée via une SISA.

La problématique de ce mode de fonctionnement est que c’est la SISA qui devrait rémunérer les professionnels. En effet les Nouveaux Modes de Rémunération (NMR) sont payés généralement par l’ARS aux SISA. Et ensuite la SISA reverse tout ou partie aux membres ayant acté.

En ce qui concerne les deux protocoles les sommes de 23 à 25€ sont avancées. 

Que se passerait-il si le médecin déléguant venait à dire « je perds du temps à vérifier ce que fait le kiné, je ceux 5€ sur le montant payé à la SISA » ?

Le kinésithérapeute verrait alors le paiement de son acte diminué !

On peut même imaginer que la structure elle même dise « ce type de consultation créée des dépenses pour la SISA il faut donc que nous allouions une partie de la rémunération au fonctionnement de la SISA ».

Et bien, comme le protocole est lié à la structure, le kinésithérapeute n’aurait aucun autre choix que d’accepter ou de quitter le protocole et donc la structure !

Accepte mes conditions ou va-t-en. Voilà ce qu’amène ce type de protocole ainsi monté. Et quand la SISA aura prit 2€ et le médecin 5€, il restera 18€ au mieux à notre pauvre kinésithérapeute jouant au docteur. 

Limiter ce type d’action à des structures et pire à des SISA est une hérésie voir une mise sous tutelle. Nous sommes déjà lié par le biais d’une convention et bien celles et ceux qui accepteront ces protocoles seront liés en plus à une structure et à une société. C’est un esclavagisme administratif. Une perte nette de liberté d’installation et de fonctionnement.

 

La forfaitisation, 20 ans de lutte syndicale balayées du revers de la main

Avec ces protocoles ne soyez pas dupes, c’est le paiement au forfait qui s’installe dans nos rangs. Voilà ce que sont les NMR. « Une entorse de cheville ? Ça vaut 25 balles, qu’ils se débrouillent entre eux avec ça ». Voilà la mentalité des paiements au forfait. Merci à celles et ceux qui trouvent que cela est une avancée… 

Je considère ces protocoles comme la plus grande reculade de ces 20 Dernières années.

Forfaitisation, soumission totale, perte d’autonomie, perte de notre mission première, perte de notre métier tout simplement. Allons nous devenir les grattes-ordonnances que nous dénoncions ?

 

Les risques et problèmes divers

Le premier risque est simple. Que cela ne fonctionne pas. Et lorsque l’on dit que cela ne fonctionne pas, ne comprenez pas que l’efficacité soit en cause. Non, nous parlons là d’argent public. Si la prise en charge du lombalgique par le kinésithérapeute coûte deux fois plus cher que la même prise en charge par le médecin, alors adieu le protocole ! Et adieu l’accès direct, le vrai ! Car n’en doutez pas le législateur en profitera pour nous dénigrer sans ménagement.

Le second, plus subtile, dal liberté de choix du praticien. En effet le patient si son état ne s’améliore pas pourra avoir un traitement kinésithérapique. Pourra-t-il décider alors d’aller voir un autre praticien que celui qui l’a reçu initialement ?

Un autre soucis intervient concernant la responsabilité civile professionnelle. En effet, les kinésithérapeutes qui prescriront des AINS ne sont pas actuellement couverts par leur RCP pour ce type d’acte qui n’est pas dans leur nomenclature. Et comme il s’agit d’une expérimentation, qui subira les ennuis en cas de soucis ?

Un autre risque et non des moindres, si l’expérimentation fonctionne avec le kinésithérapeute, pourquoi ne pas le remplacer par une infirmière ? ou un APA ? ou un sous-kiné ? et pourquoi pas en téléconsultation ? 

Enfin un point qui est plus un problème qu’un risque, il n’y a pas de diplôme ou de certification délivré. Et donc, si vous changez de structure il faudra refaire une formation avec les médecins déléguants…

 

En conclusion

Si vous rêviez d’être docteur mais que vous avez échoué au concours d’entrée, ces protocoles sont pour vous.

Si vous voulez faire évoluer la kinésithérapie, vous serez certainement déçu de la tournure des événements.

Vous l’aurez compris, faire le boulot du médecin à sa place, devenir un gratte-ordonnances, tout en étant forfaitisé et enchaîné à une structure le tout avec le risque de voir le vrai accès direct nous passer sous le nez… sans moi.

 

Vincent Jallu

Depuis quelques mois la FFPS, qui nous représente au sein des négociations autours de la réforme des retraites, essaye de nous rassurer toutes les semaines sur le fait que tout va bien, tout est sous contrôle et que tout va bien dans le meilleur des mondes et que nous obtenons des avancées substantielles.

 

Cependant, en parallèle, le collectif SOS retraites analyse et dément toutes ces fameuses pseudos-avancées  inexistantes. Mieux, ce collectif a démontré toutes les erreurs que le haut commissariat à la réforme des retraites (HCRR) avait commises.

 

Et bien aujourd’hui je suis content de voir que notre travail au sein de SOS retraites est porteur.

En effet, à force de pointer ces erreurs et de démontrer que nos syndicats nous mentaient, l’étau se resserre !

La FFPS a publié un peu avant la fin de semaine les « dernières » (avant les prochaines) simulations.

Si celles-ci comportent encore quelques erreurs majeures (rassurez vous je ne vais pas vous enuyer avec des chiffres). Cependant, nous pouvons commencer à nous apercevoir que ce que le collectif SOS Retraites avançait il y a quelques semaines est totalement vrai.

 

Nos syndicats nous disaient avec le plus grand des sourires « nous allons cotiser la même chose pour une pension presque doublée ». Quoi de plus alléchant ?

Et bien depuis ce week-end nous savons désormais qu’ils nous ont menti et que nous allons cotiser plus pour toucher significativement la même chose.

Pire, nous allons cotiser plus et espérer que les compensations, mises en place pour amortir les hausses de cotisations, soient pérennes et que dans 15 ans après la disparition des réserves de la CARPIMKO, nous ne perdions pas plus.

 

Un exemple parmis tant d’autres, nous avons appris fin de semaine dernière lors des débats parlementaires que la valeur du point allait être défini selon un indicateur qui n’existe pas actuellement !

Comment peut-on faire une projection sur quelques chose qui n’est pas défini ?

Et comment nos syndicats peuvent ils croire que cette projection est valable ?

Est-ce de l’incompétence ou est-ce simplement parce qu’ils veulent pérenniser leur propre place ?

 

En clair cela veut dire quoi ? 

Comme je l’indiquais déjà il y a plus de 6 mois, nos syndicats représentatifs n’ont aucune marge de manoeuvre, n’ont absolument rien gagné à négocier, ont montrer leur totale inaptitude à fédérer, ont démontré leur totale inutilité et surtout leur incompétence profonde à ne pas savoir analyser les propositions du HCRR.

 

La finalité sera « nous ne gagnerons pas grand chose de plus mais grace à nous nous ne payons que 5% de cotisations en plus ». Chacun rajoutant « nous sommes le premier syndicat » blablabla…

 

La réalité est que, soit nos syndicats étaient trop stupides pour voir les erreurs du HCRR, soit ils se sont entêtés dans une posture stupide et mortifère pour notre profession.

Les intérêts personnels et des entités représentées sont bels et bien devant les intérêts des professionnels et de notre profession.

 

La triste réalité est bien que à terme lorsque les compensations auront disparues, nous paierons bien deux fois plus de cotisations, avec des tarifs toujours en berne car le levier de la CSG aura affaibli nos rémunérations. La démographie de notre profession sera déclinante car l’attractivité même de notre activité n’existera plus.

 

Vous, représentants syndicaux, si vous cherchez pourquoi vos adhésions chutent… Regardez vous dans une glace et faites votre auto analyse, vous trouverez la réponse.

C’est la médiocrité et la recherche de pouvoir qui mène la kinésithérapie toujours plus loi. Sur le chemin du déclin.

 

Dans tous les cas, merci à la FFPS de confirmer que tout le travail effectué par le collectif SOS Retraites est un travail juste et que nous avions raison depuis le départ.

 

Vincent Jallu