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La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
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Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
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À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

Depuis quelques jours les « nouvelles » concernant la réforme des retraites fleurissent.

En effet le Haut Commissariat à la Réforme des retraites (HCRR) a rencontré nos syndicats.

 Nous avons donc au compte goute quelques bribes de réponses à nos questions.

La première question qui me vient à l’idée est « Pourquoi ne nous a-t-on pas présenté tout cela il y a quelques mois ? ».

Comment nos syndicats ont pu supporter pendant plus d’un an le fait de n’avoir aucune base chiffrée ?

Sont ils si mauvais que cela ?

Je commence à me dire que oui !

 

Les erreurs de calcul du HCRR !

Les calculs présentés à nos très chers syndicats présentent deux erreurs majeures.

La première, dans ses calculs le HCRR prévoit que nos tarifs suivent l’inflation… Or depuis 20 ans nous avons perdu 28% par rapport à l’inflation ! Il est évident que si le HCRR pense que nous aurons des revenus supérieurs de 30% dans 20 ans, nous aurons bien évidement 30% de cotisation en plus et donc 30% de points en plus et donc 30% de retraite en plus ! Mais pas de chance… Nous n’aurons pas 30% de revenus en plus dans 20 ans.

La seconde, une surestimation de l’inflation et d’un indicateur qui s’appelle le Salaire Moyen Par Tête (SMPT). Or le HCRR compte sur un SMPT de l’ordre de 1,3% par an. Et malheureusement le SMPT a été évalué par la cour des comptes à une moyenne de 0,7% par an.

Savez vous de combien est l’erreur finale au bout de 20 ans si on surestime de 0,6% cet indicateur ? Presque 13% !

 

Pire, le HCRR annonce une valeur de pension à l’horizon 2045 de l’ordre de 1031€ par année de cotisation. Or nous connaissons le taux de rendement promis du régime universel, 5%. 10€ pour obtenir 1 point, et 1 point donne 0,5€ de pension. Vous cotisez 100€ vous avez 5€ de droit de pension. En toute logique pour avoir 1031€ de pension par année de cotisation, il faut 2062 points par soit une cotisation de 20620€ et vous, vous payez combien de CARPIMKO par an ?

Je le redis, votre cotisation retraite va doubler, voir tripler mais cela sera masqué par des pseudo-compensations illusoires.

 

Le financement de la sécurité sociale et celui de nos tarifs

Sans rentrer dans des calculs plus incompréhensibles les uns des autres, je vous invite à relire mon article sur l’ONDAM en cliquant ici.

La sécurité sociale a une enveloppe globale pour financer et l’hôpital et les soins de ville. Cette enveloppe ne doit augmenter tous les ans que d’un pourcentage défini par l’ONDAM.

 

La CSG finance directement les recettes de la sécurité sociale.

L’ASV est un dépense directe de la sécurité sociale.

Donc très logiquement si l’on diminue les recettes et que l’on augmente les dépenses, le budget de la sécu va baisser.

 

Or si le budget baisse et que l’ONDAM reste constant… que vont faire nos tarifs à votre avis ? Il vont baisser aussi !

Tous les calculs que l’on nous présentent négligent ce fait. Pire, ces calculs considèrent que nos tarifs sont indexés et augmentent tous les ans !

 

Au final

Le HCRR a été très intelligent.

Il affine sa stratégie au fur et à mesure des arguments qu’on lui oppose.

Durant un an, il a présenté sa réforme comme une coquille vide. Aucun argument chiffré, aucune simulation.

Ensuite la grogne est monté. « Augmentation des cotisations inacceptable ». Il a alors expliqué que les cotisation n’augmenteraient que de 1-2% ce qui est négligeable. La grogne a alors retoqué que l’état allait capter nos réserves. Le HCRR a alors affirmé que nous les conserverions, mais qu’ils en détournerait une partie sans que l’on puisse dire quoi que ce soit. La grogne a répondu que les calculs masquaient une triste réalité de diminution de CSG d’augmentation d’ASV et de fait d’un gel tarifaire. Le HCRR a alors changé son fusil d’épaule et nous avance que les pensions vont finalement augmenter ! Détourner l’attention des objectifs principaux pour focaliser sur autre chose, magnifique technique.

Tous nos syndicats sont tombés dans le panneau et sont sous le charme eu chant des sirènes. Même Alizé a changé son discours et commence à manger dans la main du HCRR. triste panorama syndical que nous avons là.

 

La stratégie du HCRR es simple. Jouer la montre.

Cela fait 6 mois que nos syndicats nous disent « nous entamons les négociations ». Et aujourd’hui nous apprenons qu’ils commencent seulement à avoir des simulations chiffrées mais qu’aucune négociation n’a vraiment eu lieu.

Pire, le premier ministre a annoncé hier soir en sortie de conseils es ministre que le projet de loi serait porté fin janvier.

Il reste donc moins de 2 mois. Nos syndicats viennent de se faire duper en bonne et due forme ! Ils ne l’ont pas vu venir et il n’y aura eu donc aucune négociation autour de cette réforme. Le gouvernement a méprisé les syndicats au plus haut point et ils ne peuvent plus rien faire.

 

Vous croyez vraiment que l’on pourra modifier les choses une fois votées ?

Non c’est maintenant qu’il faut agir.

 

Heureusement quelques syndicats comme la FNO commencent à ouvrir les yeux et posent les bonnes questions.

 

La grève du 5 décembre

Sincèrement, j’étais contre cette grève.

Depuis le départ ma position est simple et ma proposition tout autant.

Oui à une réforme des retraite en autonomisant tous les régimes. Niveler par le haut et rendre responsables tous les acteurs.

Et bien aujourd’hui si je défends toujours cette idée et si je pense que le mouvement du 5 décembre n’est pas l’idéologie que je défends, mon cabinet sera tout de même fermé.

Il faut montrer au gouvernement qu’il nous prend pour des imbéciles, qu’il refuse le reférundum mais que nous sommes là et que cela ne se passera pas comme il l’a prévu !

 

J'appelle, encore une fois, nos syndicats à se positionner très rapidement en faveur d'un mouvement de protestation massif à l'encontre de cete réforme.

 

Vincent Jallu

Bonjour à tous,

Comme beaucoup j’ai reçu ce matin le communiqué de presse de l’HAS comme une nouvelle attaque frontale de mon métier. L’HAS n’est là que pour défendre la bonne pratique médicale et non une corporation. Je regrette cependant que la vision de cet article, jeté en pâture aux médias, ne parle que du système hospitalier avec son évaluation qui lui est propre. Je constate qu’il n’y a pas de preuve pour la kiné respiratoire en ambulatoire NI dans un sens NI dans un autre car cela n’a pas été évalué d’une façon acceptable par faute de moyens financiers mis en œuvre.

La Bronchiolite du nourrisson touche les bronchioles, ce n’est donc pas une bronchite ou un rhume. Je trouve affligeant de lire régulièrement le terme bronchiolite sur des rhinites car cela jette finalement l’opprobre sur un traitement. Voir pire cela montre à quel point la médecine de première intention est incapable de faire la différence. Car oui en utilisant la toux provoquée et après avoir dégagé le nez de l’enfant le masseur kinésithérapeute peut faire un diagnostic différentiel prendre le choix de faire ou pas un acte particulier.

L’HAS nous parle, pour faire le buzz, de techniques qui ne sont plus utilisées depuis maintenant quelques années, et théoriquement plus enseignées dans les écoles ( je suis diplômé de 1994 et le clapping était déjà décrié et non enseigné). Je ne sais quoi penser de la crédibilité du coup de cette recommandation. Les personnes qui ont pris cette décision sur l’intérêt de kinésithérapie respiratoire sont-ils des immortels ?

Cependant c’est peut-être une véritable chance pour nous masseur kinésithérapeute.

Voilà le test grandeur nature de l’efficacité de cette technique : « l’évaluation de la kinésithérapie libérale dans les cas de bronchiolite ». L’état, par cette publication, vient de transformer tous les bébés français comme des enfants de test, et lui permet de contourner la loi sur bio éthique. 

En cette époque troublée aux urgences, conseiller d’appeler le 15 est une stratégie audacieuse surtout quand il y a des professionnels tout indiqués qui pourraient faire le tri et surveiller l’évolution.

Par ailleurs, l’évaluation de certains médicaments m’interroge. A force de diagnostiquer systématiquement des bronchiolites comme une maladie générique (même pour des rhumes ou bronchite …) certains enfant se retrouvent en 2eme voir 3eme bronchiolite et donc suivant le protocole médical sous couverture médicale. Alors oui, des enfants sont sous traitement alors qu’ils n’auraient pas dû, à qui la faute ? Commençons par trouver le bon traitement pour la bonne pathologie... pas pour faire plaisir a une profession ni pour faire plaisir aux parents.

Enfin, conseiller le lavage de nez, est une idée, mais quelle technique utiliser (car chaque professionnel y va de sa propre technique)? dans quelles intentions ? Car là encore certains croient à une technique de Harry Potter.

Je vais consulter le rapport entier de l’HAS mais je suis désolée pour tous ces enfants qui seront victimes de ce communiqué de presse.

Je continuerai à surveiller les enfants qui me sont confiés et empêcher une sur contamination croisée.

Je vais continuer à éviter l’encombrement hospitalier des urgences en cette période de pic des bronchiolites.

 

Stéphane FLORI

 

Recommandation HAS

Dossier complet

J’entends de ci de là certains confrères et consoeurs dire « cette réforme des retraites n’est pas si mal que ça, la hausse de cotisation ne va pas être si importante ».

J’ai donc pris l’initiative d’essayer de vous expliquer l’arnaque financière de grande envergure que cette réforme représente.

Au delà de la hausse de cotisations, de la baisse des pensions, de l’incertitude autours des compensations illusoires et non pérennes, il est un sujet bien plus important. Celui des réserves de la CARPIMKO et de l’ensemble des caisses autonomes.

 

Où en sommes nous

Laissez moi vous raconter une histoire.

Il était une fois une cigale. Elle chantait tout l’été et dépensait sans compter. Sa copine, la fourmi, elle, faisait des réserves pour quand elle serait trop vieille pour travailler. Comme c’était une bonne copine, la fourmi donnait plus de la moitié de ses récoltes à la cigale pour qu’elle puisse vivre.

Et un jour, la cigale dit à la fourmi, « tu sais quoi, on va vivre ensemble, tu devras me donner encore plus qu’avant, mais comme je sais que tu ne le pourras pas car tu travailles déjà trop, tu utiliseras ta réserve pour quand tu seras vieille pour compenser ».

 

Et bien voilà, c’est exactement ce que nous propose le gouvernement. Il est la cigale et nous sommes la fourmi. Utiliser notre réserve pour masquer le coût de la hausse des cotisations et pour financer une partie des autres régimes. 

 

Pire, au départ, on nous a fait croire que l’on allait voler notre réserve. Et puis au fur et à mesure du temps on nous dit « mais non vous allez la garder… mais… ».

On essaye de nous faire avaler cette couleuvre qui dit que l’argent économisé destiné à payer nos pensions devra finalement non pas être redonné aux adhérent mais lisser les hausses de cotisations que nous allons subir.

C’est une manière très politiquement correcte de dire « vous nous avez déjà donner plus de la moitié de vos cotisations et comme nous avons remarqué que vous étiez trop bon (ou trop c…), on va continuer à vous ponctionner ».

 

Pire, monsieur Delevoye, en contradiction avec monsieur Macron, affirme qu’une partie des réserves seront administrées en tant que fond périmètré avec uniquement un « droit de regard » de la part des caisses ayant constitué ces réserves !

Pour parler simplement, imaginez que votre banquier vous dise « je vais dépenser une partie de votre livret A et  vous pourrez regarder, mais ne rien dire ! ». Seriez vous d’accord pour cela ?

 

Attentions aux effets d’annonces

Nous commençons à voir de ci de là des entités telles que l’UNAPL annoncer qu’une solution pourrait être non pas un régime universel pour tous, mais 3 caisses en lieu et place des 42 existantes. Une caisse pour les salarié du public, une autre pour les salariés du privé et enfin une caisse pour les libéraux.

Cette solution est aussi stupide qu’incohérente. En effet elle ne résout rien. Une caisse pour les libéraux, en dehors du fait qu’il faudrait que tous les libéraux soient d’accord pour se mettre en commun, ce qui est loin d’être le cas, ne résout pas la hausse de cotisation ni la conservation des réserves pour uniquement financer les pensions.

Nos syndicats représentatifs au sein de la FFPS doivent avoir la même lecture, garder ses réserves ne veut pas dire qu’elles serviront uniquement au paiement des pensions. Les fonds périmètres sont une honte, le lissage des cotisations par les caisses est une abomination.

 

Par contre si l’UNAPL ou la FFPS ou l’un de nos syndicats représentatifs venait à dire à grand coup de communication « nous conservons nos réserves », sans plus de détail, le kinésithérapeute « lambda » pourrait croire que tout est gagné. Or il n’en serait rien. 

Pire, on pourrait nous dire, tout va bien, les réserves vont compenser les hausses de cotisations, nous n’aurons que 0,25% d’augmentation par an pendant 20 ans, c’est totalement insignifiant et tout est parfait, nous avons fait notre job de syndicat représentatif, votez pour nous !

Oui mais non... depuis 20 ans, nous avons perdu 27% de pouvoir d’achat. Dans 20 ans, nous n’aurons plus de réserves, nous aurons encore 10 ou 20% de perte de revenus par rapport à l’inflation et les 0,25% par an se seront transformés en 5% de perte nette. Voilà ce qui se cacherait derrière une telle annonce.

 

La démographie, point clé

Pour alimenter son discours, monsieur Delevoye argue que notre démographie va exploser et que de fait, à terme, notre caisse de retraite ne sera pus capable de supporter le montant des pensions à verser.

Qui plus est, l’éminent congrès de notre magnificient ordre qui n’en finit pas de creuser notre tombe ne fait que renforcer cette idée. Et pourtant… Ils ont tort.

Aujourd’hui, nous sommes en période de « plein emploi » au sein de notre profession. Notre pays est donc très attractif pour nos concurrents, pardons nos confrères et consoeurs européens. Qu’en sera-t-il dans 15 ans quand nous aurons un taux de chômage de 10 ou 15% ? Serons-nous toujours aussi « attractifs » ? Qu’en sera-t-il quand nos tarifs seront en dessous du revenu minimum du Bengladesh et que nous devront travailler 80h par semaine pour continuer à payer nos crédits ?

Voilà l’erreur majeure des pseudos intellectuels qui ne sont là que pour nous vendre des illusions. 

 

Place aux propositions

Trois propositions.

  • conserver l’ensemble des régimes autonomes en dehors du régime universel

C’est une proposition simple et juste. Les régimes autonomes n’ont pas à mettre mis sous tutelle de l’état au sein du régime universel. Nous n’avons pas à subir une idée tirée de la pensée Coréenne du nord.

  • proposer aux professionnels d’avoir le choix

Il pourraient choisir entre le régime universel ou rester au sein de leur régime autonome. Si le régime universel est aussi performant que monsieur Delevoye le prétend, alors notre caisse mourra de sa belle mort, sans adhérents. À l’inverse si notre caisse est plus performante, le gouvernement devra faire sans nous…

  • rendre toutes les caisses autonomes

Le régime universel est un nivellement par le bas. Il ne félicite pas les bons élèves, au contraire il les puni et il renforce les convictions des mauvais élèves. Continuez à dépenser puisque les bons élèves paieront pour vous !

Ma proposition est simple. D’ici 30 ans, l’ensemble des 42 caisses deviendront autonomes. Bien sur, d’ici 30 ans, les caisses actuellement autonomes réduiront leur part de compensation nationale, ainsi félicitant les bons élèves pour leur travail de fourmi magnifiquement réalisé. À terme, les compensations inter-régimes disparaitront. Les régimes actuellement en déficit auront 30 ans pour se débrouiller avec leurs adhérents pour redresser la barre.

 

Enfin dernière proposition qui n’en est pas une, juste une petite pique humoristique… J’aimerais bien lire les statuts des différentes caisses de retraites, juste pour voir si il serait possible que l’ensemble des caisses autonomes puisse « sécuriser » ses réserves à l’étranger.

Je serais en effet curieux de voir la tête de monsieur Delevoye ou de monsieur Macron si un jour on pouvait lire « oups, les 165 milliards des caisses autonomes sont partis au Luxembourg » !

 

Vincent Jallu

Nous sommes un régime autonome

Cela veut dire quoi ? Nous contrôlons notre retraite. Depuis la cotisation jusqu’â la pension en passant par la gestion du rendement de nos placements.

Le gouvernement nous propose d’acheter des points, dont le montant pourra être variable dans le temps avec un rendement fixe (du moins sur le papier) et dont la gestion est totalement opaque. Si le montant du point augmente, le rendement global baisse, premier piège de cette réforme.

Qui va gérer notre argent ? Comment ? Êtes vous près à confier votre capital à quelqu’un qui a 2400 milliards de dette ? Et bien on va vous l’imposer !

Le gouvernement nous propose donc l’incertitude et l’équilibre précaire dans une gestion médiocre.

Pire, on nous assimile parfois aux régimes spéciaux. Régimes qui au contraire des régimes autonomes, vivent au crochet de la société en favorisant leurs cotisants et en étant très souvent largement déficitaires.

Les régimes spéciaux coûtent aux françaises et aux français, les régimes autonomes, à l’inverse, sont bénéficiaires et reversent une partie de leurs bénéfices à la solidarité nationale.

Ce que nous propose le gouvernement c’est une véritable étatisation de notre retraite

En effet nous ne serons plus maitres de nos cotisations, de la gestion de nos capitaux et de nos pensions.

Le seul pays dans le monde où cela existe est un modèle économique et démocratique, la Corée du Nord !

C’est comme si demain on nous disait « nous allons vous salarier… mais vous continuerez de payer votre loyer, d’investir dans vos locaux et votre matériel avec bien sur une totale incertitude sur la pérennité de votre salaire ».

 

Hausse de cotisations ou pas ?

Le gouvernement est intelligent. En préparant le terrain il voit comment les gens réagissent et comment il faut adapter la réforme pour que cela passe « en douceur ».

Au départ était prévu une hausse de cotisation de 16% et dont la formule de calcul était « obscure ».

Au final on nous annonce « pas de hausse de cotisations ». Et pourtant nous allons bien perdre 16% dans la bataille.

En effet, les hausses sont « compensées ».

Compensé ne veut pas dire que cela n’existe pas, cela veut dire que l’on va prendre de l’argent quelque part pour vous donner l’illusion que vous ne payez pas plus.

Mais l’argent que l’on aura pris ailleurs il faudra bien le rembourser un jour où l’autre.

C’est comme prendre un crédit pour rembourser un autre crédit.

L’état nous oblige dans le mécanisme des compensation à nous sur-endetter.

Enfin n’oublions pas qu’. Si dans 10 ou 15 ans l’état s’aperçoit que le régime universel bat de l’aile, il pourra largement décider de retirer telle ou telle compensation.

 

La problématique de la CSG

La première compensation se fait par le biais de la CSG. Nous allons payer moins de CSG mais plus de cotisation retraite.

Très bien. Mais il y aura donc moins d’argent dans la caisse du régime de la CSG ?

Qui va payer à votre avis ?

En partie nous, en partie tout le monde.

La CSG sert à rétribuer la sécurité sociale, ne l’oublions pas. Autant de recettes manquantes donnent en finalité autant de non augmentation des professionnels conventionnés.

 

L’ASV

Dans notre régime conventionnel nous avons un avantage qui s’appelle l’Avantage Social Vieillesse. Pour résumer, l’UNCAM (la sécurité sociale) paye une partie de notre ASV.

Le gouvernement nous annonce que l’UNCAM va augmenter l’ASV pour compenser la hausse de cotisation.

Très bien. Mais si l’UNCAM dépense plus dans l’ASV, elle dépensera moins en frais de santé. Et donc nos tarifs augmenteront encore moins (déjà que…).

Ajouté à la diminution des cotisations de CSG comme nous l’avons vu, la disette de nos tarifs est à craindre !

N’oublions pas non plus que l’ASV a déjà été en cessation de paiement, fonder une réforme sur des compensations qui n’ont aucune pérennité est absolument déraisonnable. 

 

L’abattement

Pour continuer à pondérer la hausse de tarif le gouvernement nous annonce un abattement de 33% sur l’assiette de calcul.

Sans rentrer dans le détail mathématique, je vous citerais juste un exemple.

Quand j’ai débuté mon activité, avec l’adhésion à une association de gestion agréée (AGA) j’avais 20% d’abattement sur mes revenus.

Et puis un jour le conseil d’état a décidé que non cela n’existait plus. Et qu’à la place il y aurait une majoration de 25% en cas de non adhésion. Rendant ainsi l’AGA quasi obligatoire et augmentant le montant de l’impôt sur le revenu.

« L’abattement » que l’on nous promet pourrait suivre le même chemin.

Encore un argument pour refuser l’étatisation de nos retraites.

 

La problématiques des « réserves »

Les fameuses « réserves » sont en fait des provisions de pensions.

Parlons simplement. Imaginons que vous ayez un « livret A » et que vous ayez 9600€ d’économies pour vous payer vos vacances.

L’état vient cous dire « il va y avoir une hausse d’impôts ». Nous avons bien pensé venir vous voler votre livret A pour compenser la dite hausse, mais on s’est aperçu que l’on avait pas le droit.

Donc on vous laisse votre livret A mais avec vous prendrez 100€ par mois dessus pour compenser la hausse d’impôts. Comme cela on vous fera croire qu’il n’y a pas de hausse.

Mais bien sur, dans 8 ans votre livret A sera vide et vous devrez vous débrouiller pour trouver les 100€ mensuels. Et au passage, fini les vacances !

Voilà ce que le gouvernement nous propose avec comme effet d’annonce « victoire, vous conservez vos réserves » !

 

L’impôt sur le revenu et l’URSSAF

En compensant les hausses de cotisations, le gouvernement s’assure que notre imposition sur le revenu reste stable.

Habituellement quand on diminue notre bénéfice, fatalement nous payons moins d’impôts sur le revenu et cela abaisse aussi les cotisations d’URSSAF.

En modifiant les modes de calcul et en compensant les hausses, votre bénéfice restera presque stable à 1-2% près. Du coup vous continuerez à payer le même impôt sur le revenu et les mêmes cotisations d’URSSAF (à l’exception de la CSG comme vu plus haut).

C’est très intelligent.

Le gouvernement réussi à vous faire gagner moins tout en maintenant le niveau de l’impôt sur le revenu et de l’URSSAF.

Pour résumer, vous gagnez moins mais lui gagne la même chose.

Le seul vainqueur dans cette réforme c’est l’état, mais en aucun cas nous.

 

Si nos cotisations augmentent, notre retraite aussi ?

Et bien non. Avec l’étatisation de notre retraite nous perdons en rendement global. Et ce n’est pas anodin car vu notre niveau de rendement actuel, si il baisse de 1% il faut cotiser 18% de plus pour avoir le même niveau de retraite.

Donc non, le niveau de notre retraite ne va pas augmenter, pire, il risque globalement de diminuer car le rendement annoncé par le régime universel a toutes les chances de baisser par une augmentation du prix d’achat du point.

 

La clause « grand père », reculer pour mieux sauter

Cette clause grand père est le fait de n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux venus sur le marché du travail.

Nous entendons aussi parler de délais de 20-25 ans pour la mise en place complète du régime universel.

Tout décalage dans le temps n’est qu’un moyen d’obtenir la paix sociale sur l’instant pour plonger les générations futures dans une catastrophe financière.

Sur les 20 dernières années nous n’avons fait que de perdre du pouvoir d’achat. Aucune augmentation sérieuse, des charges qui ne font qu’augmenter. Pensez vous réellement que l’UNCAM, avec la baisse des recettes de CSG et l’augmentation de l’ASV sera capable d’augmenter nos tarifs ? Non. Alors miser sur le fait que tout ne s’appliquera que « plus tard » est une colossale erreur.

 

La solution

Elle est simple. Restons autonomes. Mieux, je propose une réforme au gouvernement. Nivelez par le haut, favorisez l’excellence.

Autonomisez toutes les caisses !

Voilà la solution parfaite pour tout le monde.

En disant aux régimes spéciaux « vous avez 20 ans pour revenir 100% autonomes », l’équation va être très simple. Notre caisse et toutes les caisses déjà autonomes seront leur participation à la solidarité nationale diminuer pour disparaitre et ainsi nos régimes actuellement autonomes deviendront encore plus bénéficiaires, ce qui permettra d’anticiper toute crise démographique envisageable, voir d’augmenter le rendement global des régimes de base. 

 

Appel aux syndicats

À ce jour, seul Alizé s’est courageusement engagé à l’encontre de cette réforme.

La FFMKR suit pour l’instant l’avis de la FFPS. Cependant avec le renouvellement de son bureau et de son équipe fédérale, j’ai bon espoir que…

Le SNMKR, à la vue du discours de ses cadres est convaincu par la réforme.

Effectivement il faudra se souvenir de qui a signé l’avenant 5 et de qui accepte de plier devant le gouvernement à chaque instant.

Les élections des URPS approchent et donc le vote pour savoir qui nous souhaitons mettre en place pour nous représenter.

Les syndicats ne négocient rien et ne font que botter en touche. Le seul but est de vous faire une belle annonce « cela ne vous coutera rien de plus, nous conservons nos réserves et tout sera lissé sur 25 ans » en négligeant de vous parler de tous les pièges que nous venons de voir. Comme nous l’avons vu, ce message est un mensonge uniquement destiné à vous faire croire que ces syndicats sont essentiels alors que leur rôle s’est limité à dire « oui monsieur le haut commissaire à la réforme des retraites, bien sur monsieur le haut commissaire à la réforme des retraites, cependant, nous pensons qu’avec un petit peu de vaseline… ».

FFMKR, SNMKR, venez rejoindre Alizé au sein du collectif SOS Retraites. La FFPS est pervertie par les ambitions personnelles et les volonté électorales.

Messieurs dames les élus du conseil national de l’ordre, prenez vos responsabilités, si vous ne pouvez vous engager au titre du CNO, engagez vous en votre nom propre.

Ayez toutes et tous le courage de réellement défendre les masseurs-kinésithérapeutes.

 

Vincent Jallu

Voilà, depuis hier soir nous en savons un peu plus sur le mode de calcul du régime universel de retraites.

Monsieur Delevoye était invité au congrès de la CARPIMKO.

À cette occasion il a pu préciser quelques points importants.

 

La stratégie du gouvernement

Elle est simple. On lance un idée. On ne sait rien de la faisabilité et surtout on ne calcule rien.

On fait une annonce en disant « on maitrise tout, ayez conficance ».

On créée de fait un climat anxiogène en disant que les uns et les autres ne savent pas lire ni compter et au final on dit « bon vous n’aviez pas complètement tort, mais c’est comme ça ».

Et surtout « ha, au fait, nous sommes pressés pour écrire les textes nous devons négocier en moins de 2 mois. Personne n’a rien à dire, parfait. ».

Voilà, l’ambiance est posée…

 

L’assiète de calcul

Très bonne surprise, tous les scénarios avancés jusqu’à maintenant sont faux.

Monsieur Delevoye qui argue depuis la remise de son rapport que tout est clair et transparent, a finalement réussi à cultiver l’angoisse et l’obscurité autour du mode de calcul.

Pour essayer de faire simple, l’assiète de calcul sera égale au chiffre d’affaire moins les charges d’exploitation et sur quoi un abattement de 33% sera appliqué.

Nous paierons donc notre cotisation retraite de 28% sur cette assiète.

Mais soyons rassurés des compensations sont prévues !

 

La CSG

En guide de première compensation, l’assiète de calcul de la CSG sera identique à celle de la cotisation retraite.

Nous aurons donc une baisse significative de l’ensemble des cotisations de CSG. Mais pas assez pour compenser la hausse de cotisation retraite.

 

L’ASV

En guise de seconde compensation, une augmentation de l’ASV est prévue.

Monsieur Delevoye ne sait pas encore comment, et ne semble pas au courant que monsieur Revel fait mine de n’être au courant de rien...

Cela n’augure rien de bon !

Pire, l’ASV est un avantage conventionnel. Devons nous craindre un chantage du type « votre ASV augmente, du coup pas d’augmentation de tarifs » ?

J’attire particulièrement l’attention de nos syndicats représentatifs sur ce piège catastrophique qui se dessine. C’est inacceptable !

Et pourtant l’ASV est la compensation majeure de la réforme.

Par ailleurs les professionnels non conventionnés ont fort à craindre puisque pas d’ASV pour eux…

 

Et le montant de notre retraite ?

Le pire dans cette réforme est l’escroquerie de la valeur d’achat du point.

En effet, il est prévu que 10€ donnent 1 point qui lui même vaudra 0,55€ de pension. Et si la valeur de 0,55 est « garantie », le montant d’achat lui ne l’est pas.

Ainsi dans dix ans le point pourra valoir 12€ et non plus 10, soit une augmentation de 20%. Mais entre temps vos honoraires n’auront pas augmentés de 20%. Vous n’achèterez donc plus le même nombre de point. Votre pension au final baissera donc systématiquement.

C’est ainsi que le pantin Delevoye, homme de paille, qui visiblement est totalement incapable de chiffrer correctement sa réforme, affirme que notre retraite sera meilleure sans même avancer un chiffre, sans même pouvoir dire comment l’ASV compensera notre hausse et sans aucune garantie.

La présidente de la CARPIMKO lui a d’ailleurs fait remarqué qu’elle ne partageait pas son scénario quant à la modification de la valeur de nos retraites. Le seigneur Delevoye n’a rien trouvé à répondre en dehors de l’une de ses phrases emphatiques sans intérêt.

 

Au final

Le chiffre de 6% a été évoqué à plusieurs reprises.

Voilà la réalité. Sous couvert de longs et ennuyeux discours de langue de bois, nous allons perdre 6% de cotisations non compensées.

Pour faire simple, vous prenez votre BNC (le chiffre en bas de votre 2035), vous le multipliez par 0,0402 et vous obtenez le montant de votre perte annuelle.

Les masseurs kinésithérapeutes vont donc perdre en moyenne 1650€ par an.

Le tout en espérant que ce qui est promis soit tenu, que l’assurance maladie joue le jeu de l’ASV et que les règles soit pérennes.

Malheureusement, l’ASV justement, nous avons déjà donné ! Il n’y a aucune garantie dans la durée.

Le tout avec une pension de sortie qui pour l’instant est incalculable sauf à faire confiance à des théories déjà remises en cause !

Nous n’avons donc aucune garantie sauf celle de perdre à minima 1650€ par an.

Au final cette réforme va vous couter une semaine de congés en moins par an ou 45 minutes de travail supplémentaire par jour !

Si vous trouvez cela acceptable, moi non.

Il n’y a pas d’alternative, je continuerais à m’investir au sein du collectif SOSRetraites pour lutter contre cette abomination.

J’appelle nos syndicats représentatifs à rejoindre le collectif sans attendre.

On nous vante du vent, on saisit au moins une partie de nos réserves, on augmente nos cotisations et nous devrions accepter cela parce qu’un prince nous l’impose ?

Aux armes citoyens, Tranchons la tête du monarche.

Non à la réforme. Oui à la conservation de notre régime autonome.

 

Vincent Jallu