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La Profession

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ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
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C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
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Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
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Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
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Un article en 3 parties.
 
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Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

J’entends de ci de là certains confrères et consoeurs dire « cette réforme des retraites n’est pas si mal que ça, la hausse de cotisation ne va pas être si importante ».

J’ai donc pris l’initiative d’essayer de vous expliquer l’arnaque financière de grande envergure que cette réforme représente.

Au delà de la hausse de cotisations, de la baisse des pensions, de l’incertitude autours des compensations illusoires et non pérennes, il est un sujet bien plus important. Celui des réserves de la CARPIMKO et de l’ensemble des caisses autonomes.

 

Où en sommes nous

Laissez moi vous raconter une histoire.

Il était une fois une cigale. Elle chantait tout l’été et dépensait sans compter. Sa copine, la fourmi, elle, faisait des réserves pour quand elle serait trop vieille pour travailler. Comme c’était une bonne copine, la fourmi donnait plus de la moitié de ses récoltes à la cigale pour qu’elle puisse vivre.

Et un jour, la cigale dit à la fourmi, « tu sais quoi, on va vivre ensemble, tu devras me donner encore plus qu’avant, mais comme je sais que tu ne le pourras pas car tu travailles déjà trop, tu utiliseras ta réserve pour quand tu seras vieille pour compenser ».

 

Et bien voilà, c’est exactement ce que nous propose le gouvernement. Il est la cigale et nous sommes la fourmi. Utiliser notre réserve pour masquer le coût de la hausse des cotisations et pour financer une partie des autres régimes. 

 

Pire, au départ, on nous a fait croire que l’on allait voler notre réserve. Et puis au fur et à mesure du temps on nous dit « mais non vous allez la garder… mais… ».

On essaye de nous faire avaler cette couleuvre qui dit que l’argent économisé destiné à payer nos pensions devra finalement non pas être redonné aux adhérent mais lisser les hausses de cotisations que nous allons subir.

C’est une manière très politiquement correcte de dire « vous nous avez déjà donner plus de la moitié de vos cotisations et comme nous avons remarqué que vous étiez trop bon (ou trop c…), on va continuer à vous ponctionner ».

 

Pire, monsieur Delevoye, en contradiction avec monsieur Macron, affirme qu’une partie des réserves seront administrées en tant que fond périmètré avec uniquement un « droit de regard » de la part des caisses ayant constitué ces réserves !

Pour parler simplement, imaginez que votre banquier vous dise « je vais dépenser une partie de votre livret A et  vous pourrez regarder, mais ne rien dire ! ». Seriez vous d’accord pour cela ?

 

Attentions aux effets d’annonces

Nous commençons à voir de ci de là des entités telles que l’UNAPL annoncer qu’une solution pourrait être non pas un régime universel pour tous, mais 3 caisses en lieu et place des 42 existantes. Une caisse pour les salarié du public, une autre pour les salariés du privé et enfin une caisse pour les libéraux.

Cette solution est aussi stupide qu’incohérente. En effet elle ne résout rien. Une caisse pour les libéraux, en dehors du fait qu’il faudrait que tous les libéraux soient d’accord pour se mettre en commun, ce qui est loin d’être le cas, ne résout pas la hausse de cotisation ni la conservation des réserves pour uniquement financer les pensions.

Nos syndicats représentatifs au sein de la FFPS doivent avoir la même lecture, garder ses réserves ne veut pas dire qu’elles serviront uniquement au paiement des pensions. Les fonds périmètres sont une honte, le lissage des cotisations par les caisses est une abomination.

 

Par contre si l’UNAPL ou la FFPS ou l’un de nos syndicats représentatifs venait à dire à grand coup de communication « nous conservons nos réserves », sans plus de détail, le kinésithérapeute « lambda » pourrait croire que tout est gagné. Or il n’en serait rien. 

Pire, on pourrait nous dire, tout va bien, les réserves vont compenser les hausses de cotisations, nous n’aurons que 0,25% d’augmentation par an pendant 20 ans, c’est totalement insignifiant et tout est parfait, nous avons fait notre job de syndicat représentatif, votez pour nous !

Oui mais non... depuis 20 ans, nous avons perdu 27% de pouvoir d’achat. Dans 20 ans, nous n’aurons plus de réserves, nous aurons encore 10 ou 20% de perte de revenus par rapport à l’inflation et les 0,25% par an se seront transformés en 5% de perte nette. Voilà ce qui se cacherait derrière une telle annonce.

 

La démographie, point clé

Pour alimenter son discours, monsieur Delevoye argue que notre démographie va exploser et que de fait, à terme, notre caisse de retraite ne sera pus capable de supporter le montant des pensions à verser.

Qui plus est, l’éminent congrès de notre magnificient ordre qui n’en finit pas de creuser notre tombe ne fait que renforcer cette idée. Et pourtant… Ils ont tort.

Aujourd’hui, nous sommes en période de « plein emploi » au sein de notre profession. Notre pays est donc très attractif pour nos concurrents, pardons nos confrères et consoeurs européens. Qu’en sera-t-il dans 15 ans quand nous aurons un taux de chômage de 10 ou 15% ? Serons-nous toujours aussi « attractifs » ? Qu’en sera-t-il quand nos tarifs seront en dessous du revenu minimum du Bengladesh et que nous devront travailler 80h par semaine pour continuer à payer nos crédits ?

Voilà l’erreur majeure des pseudos intellectuels qui ne sont là que pour nous vendre des illusions. 

 

Place aux propositions

Trois propositions.

  • conserver l’ensemble des régimes autonomes en dehors du régime universel

C’est une proposition simple et juste. Les régimes autonomes n’ont pas à mettre mis sous tutelle de l’état au sein du régime universel. Nous n’avons pas à subir une idée tirée de la pensée Coréenne du nord.

  • proposer aux professionnels d’avoir le choix

Il pourraient choisir entre le régime universel ou rester au sein de leur régime autonome. Si le régime universel est aussi performant que monsieur Delevoye le prétend, alors notre caisse mourra de sa belle mort, sans adhérents. À l’inverse si notre caisse est plus performante, le gouvernement devra faire sans nous…

  • rendre toutes les caisses autonomes

Le régime universel est un nivellement par le bas. Il ne félicite pas les bons élèves, au contraire il les puni et il renforce les convictions des mauvais élèves. Continuez à dépenser puisque les bons élèves paieront pour vous !

Ma proposition est simple. D’ici 30 ans, l’ensemble des 42 caisses deviendront autonomes. Bien sur, d’ici 30 ans, les caisses actuellement autonomes réduiront leur part de compensation nationale, ainsi félicitant les bons élèves pour leur travail de fourmi magnifiquement réalisé. À terme, les compensations inter-régimes disparaitront. Les régimes actuellement en déficit auront 30 ans pour se débrouiller avec leurs adhérents pour redresser la barre.

 

Enfin dernière proposition qui n’en est pas une, juste une petite pique humoristique… J’aimerais bien lire les statuts des différentes caisses de retraites, juste pour voir si il serait possible que l’ensemble des caisses autonomes puisse « sécuriser » ses réserves à l’étranger.

Je serais en effet curieux de voir la tête de monsieur Delevoye ou de monsieur Macron si un jour on pouvait lire « oups, les 165 milliards des caisses autonomes sont partis au Luxembourg » !

 

Vincent Jallu

Voilà, depuis hier soir nous en savons un peu plus sur le mode de calcul du régime universel de retraites.

Monsieur Delevoye était invité au congrès de la CARPIMKO.

À cette occasion il a pu préciser quelques points importants.

 

La stratégie du gouvernement

Elle est simple. On lance un idée. On ne sait rien de la faisabilité et surtout on ne calcule rien.

On fait une annonce en disant « on maitrise tout, ayez conficance ».

On créée de fait un climat anxiogène en disant que les uns et les autres ne savent pas lire ni compter et au final on dit « bon vous n’aviez pas complètement tort, mais c’est comme ça ».

Et surtout « ha, au fait, nous sommes pressés pour écrire les textes nous devons négocier en moins de 2 mois. Personne n’a rien à dire, parfait. ».

Voilà, l’ambiance est posée…

 

L’assiète de calcul

Très bonne surprise, tous les scénarios avancés jusqu’à maintenant sont faux.

Monsieur Delevoye qui argue depuis la remise de son rapport que tout est clair et transparent, a finalement réussi à cultiver l’angoisse et l’obscurité autour du mode de calcul.

Pour essayer de faire simple, l’assiète de calcul sera égale au chiffre d’affaire moins les charges d’exploitation et sur quoi un abattement de 33% sera appliqué.

Nous paierons donc notre cotisation retraite de 28% sur cette assiète.

Mais soyons rassurés des compensations sont prévues !

 

La CSG

En guide de première compensation, l’assiète de calcul de la CSG sera identique à celle de la cotisation retraite.

Nous aurons donc une baisse significative de l’ensemble des cotisations de CSG. Mais pas assez pour compenser la hausse de cotisation retraite.

 

L’ASV

En guise de seconde compensation, une augmentation de l’ASV est prévue.

Monsieur Delevoye ne sait pas encore comment, et ne semble pas au courant que monsieur Revel fait mine de n’être au courant de rien...

Cela n’augure rien de bon !

Pire, l’ASV est un avantage conventionnel. Devons nous craindre un chantage du type « votre ASV augmente, du coup pas d’augmentation de tarifs » ?

J’attire particulièrement l’attention de nos syndicats représentatifs sur ce piège catastrophique qui se dessine. C’est inacceptable !

Et pourtant l’ASV est la compensation majeure de la réforme.

Par ailleurs les professionnels non conventionnés ont fort à craindre puisque pas d’ASV pour eux…

 

Et le montant de notre retraite ?

Le pire dans cette réforme est l’escroquerie de la valeur d’achat du point.

En effet, il est prévu que 10€ donnent 1 point qui lui même vaudra 0,55€ de pension. Et si la valeur de 0,55 est « garantie », le montant d’achat lui ne l’est pas.

Ainsi dans dix ans le point pourra valoir 12€ et non plus 10, soit une augmentation de 20%. Mais entre temps vos honoraires n’auront pas augmentés de 20%. Vous n’achèterez donc plus le même nombre de point. Votre pension au final baissera donc systématiquement.

C’est ainsi que le pantin Delevoye, homme de paille, qui visiblement est totalement incapable de chiffrer correctement sa réforme, affirme que notre retraite sera meilleure sans même avancer un chiffre, sans même pouvoir dire comment l’ASV compensera notre hausse et sans aucune garantie.

La présidente de la CARPIMKO lui a d’ailleurs fait remarqué qu’elle ne partageait pas son scénario quant à la modification de la valeur de nos retraites. Le seigneur Delevoye n’a rien trouvé à répondre en dehors de l’une de ses phrases emphatiques sans intérêt.

 

Au final

Le chiffre de 6% a été évoqué à plusieurs reprises.

Voilà la réalité. Sous couvert de longs et ennuyeux discours de langue de bois, nous allons perdre 6% de cotisations non compensées.

Pour faire simple, vous prenez votre BNC (le chiffre en bas de votre 2035), vous le multipliez par 0,0402 et vous obtenez le montant de votre perte annuelle.

Les masseurs kinésithérapeutes vont donc perdre en moyenne 1650€ par an.

Le tout en espérant que ce qui est promis soit tenu, que l’assurance maladie joue le jeu de l’ASV et que les règles soit pérennes.

Malheureusement, l’ASV justement, nous avons déjà donné ! Il n’y a aucune garantie dans la durée.

Le tout avec une pension de sortie qui pour l’instant est incalculable sauf à faire confiance à des théories déjà remises en cause !

Nous n’avons donc aucune garantie sauf celle de perdre à minima 1650€ par an.

Au final cette réforme va vous couter une semaine de congés en moins par an ou 45 minutes de travail supplémentaire par jour !

Si vous trouvez cela acceptable, moi non.

Il n’y a pas d’alternative, je continuerais à m’investir au sein du collectif SOSRetraites pour lutter contre cette abomination.

J’appelle nos syndicats représentatifs à rejoindre le collectif sans attendre.

On nous vante du vent, on saisit au moins une partie de nos réserves, on augmente nos cotisations et nous devrions accepter cela parce qu’un prince nous l’impose ?

Aux armes citoyens, Tranchons la tête du monarche.

Non à la réforme. Oui à la conservation de notre régime autonome.

 

Vincent Jallu

Voilà, enfin nous connaissons la position de nos trois syndicats quant à la manifestation du 16/09.

La FFMKR et le SNMKR s’abstiennent tandis qu’Alizé vient tout juste d’appeler à la manifestation. Précisons tout de même qu’à la FFMKR la voie n’est pas monocorde. Certains départements sont pour l’action et l’ont fait savoir dès le départ. Voilà du courage, merci à eux. 

 

La triste réalité est que nos syndicats représentatifs se cachent. Ils n’ont pas le courage d’assumer un appel à manifester.

Ils préfèrent rester tranquillement planqués derrière la position de la FFPS.

 

Ce que n’ont pas compris nos syndicats et tous les syndicats ayant suivis l’avis de la FFPS

Tout le monde insiste sur le fait que les négociations ne sont pas abouties et que l’augmentation de cotisation peut être « compensée ».

 

Nos syndicats représentatifs se cachent donc derrière la Fédération Française des Professions de Santé (FFPS) en argumentant qu’il vaut mieux être au sein d’un groupe de négociation composé des acteurs de la CARPIMKO. Ils ont simplement peur d’être noyés au milieu des autres professions libérales.

Mais ce que n’ont pas compris tous ces intellectuels qui prennent des décisions à notre place… C’est qu’une compensation, cela se donne, mais cela se retire aussi.

Et cela, le gouvernement le sait, lui. Il n’y a de fait aucune pérennité dans la compensation. Le rapport Delevoye l’indique lui même, le système de réforme des retraites n’aura un rendement connu qu’à l’horizon 2025. De fait le gouvernement peut signer n’importe quoi maintenant et revenir dessus dans 5 ans. Donc tout ce qui sera voté aujourd’hui sera remis en cause dans cinq ans. Ceci est un fait absolu.

Nous avons déjà connu cette situation. L’Avantage Social Vieillesse (ASV). Tout le monde savait que c’était en déficit, tout le monde a tiré la sonnette d’alarme et d’un coup… Diminution de rendement perte des acquis etc… Voulons nous refaire la même erreur ?

Savez vous qu’à l’heure actuelle dans la réforme telle que prévue, le point est donné pour 0,55€. Si jamais un jour le législateur décide de diminuer à 0,54€, cela ferait une baisse par retraité d’environ 27€ par mois. « Pas grand chose dirons certains », mais à l’échelle nationale cela représenterait 462 millions par mois soit 5,55 milliards d’euros par an. La tentation sera grande…

 

L’autre point où les avis divergent le plus est la possibilité de négocier. Les plus crédules y croient encore. Les plus réalistes savent bien qu’il n’y a que des miettes à récupérer.

Encore mieux, une réelle partie de poker menteur ces derniers jours à grand coup d’annonces entre notre  président, le premier ministre et le ministre de l’action et des comptes publics. LEs uns et les autres annonçant que la réforme serait tantôt d’ici quelques mois, tantôt au moins dans un an etc… Et devons nous parler de l’entrée au gouvernement de Jean-Paul Delevoye ? Devons nous aussi parler de la « concertation nationale » ? Quelle trait d’humour… Le grand débat a donné quoi déjà ? Ha oui… rien.

 

Finalement ce qu’il faut retenir c’est que l’exécutif a déjà fait ses choix mais ne souhaite pas bousculer les foules en ce week-end d’ouverture officiel de la propagande pour les élections municipales. Car l’enjeu il est bien là, ne pas faire de vagues avant les municipales. 

Il faudrait vraiment être stupide pour croire que ces annonces soient des ouverture de négociations au sujet de la réforme des retraites. Si un président de syndicat pensait réellement cela, on comprendrait mieux pourquoi notre syndicalisme va mal !

 

La réalité est que certaines entités de la FFPS veulent caresser le gouvernement dans le sens du poil en rapport avec leurs actualités… D’où une certaine frilosité pour ne pas dire une glaciation complète des actions.

 

Pour Alizé, l’accouchement fut long et difficile !

Si assez rapidement la position de la FFMKR et du SNMKR ont été connues, Pour Alizé ce fut plus complexe.

Après que des confrères et consoeurs se soient brillamment organisés au sein du groupe facebook « manifestation du 16/09 » et plus largement au sein du collectif #sosretraites qui regroupe Avocats, hôtesses de l’air/stewards, infirmièr(e)s,  kinésithérapeutes, médecins, orthophonistes, pilotes, podologues… ; Alizé ayant le champ libre face aux deux autres syndicats a finalement décidé que capter les insatisfaits leur donnerait une meilleure image que de respecter ce qu’ils avaient annoncé a savoir suivre les propositions de la FFPS.

Cependant après avoir participé à la première réunion du collectif SOS retraite, force a été de constater que l’engagement officiel faisait défaut. Il aura fallu pas loin d’une semaine sous la pression pour officialiser l’appel a manifestation d’Alizé paru hier. Et même si ils n’ont toujours pas fait de campagne de mailing général, ne doutons pas qu’ils le fassent « sous peu », espérons juste avant le 16/09…

Enfin si on peut déplorer des actions en sous-marin de leur part, nous pouvons enfin saluer l’engagement tardif d’Alizé.

 

Et l’ordre dans tout cela ?

Notre ordre reste muet, étrange. Pourquoi étrange ? Et bien parce que le Conseil national des Barreaux des avocats s’est lui prononcé et en son sein l’ordre des avocats siège. Il ne semble donc pas contraire à la fonction de se positionner.

De plus, le CNO, par le biais de son règlement de trésorerie a un « système » de retraite des élus nationaux. Système financé par les élus eux mêmes, mais aussi par le CNO (donc par vos cotisations).

En effet, ces derniers passant beaucoup de temps dans leur fonction ordinale (je vais sortir mon mouchoir soyez en sur), n’ont qu’un faible revenu « masso-kinésithérapique » et ont donc des cotisations faibles à la CARPIMKO. Ils ont par contre des droits de gérance que les « mk standards » n’ont pas, mais c’est un autre débat.

Pour palier à cela, le CNO a mis en place un système de cotisations internes pour la retraite.

Il serait donc logique qu’une fois le régime universel voté, ce système spécial de cotisation n’existe plus. Nos élus nationaux pourraient donc être concernés eux aussi par une augmentation de cotisation et une perte d’avantages…

Étrange silence n’est-il pas ?

D’un autre côté, pensez vous le CNO assez pervers pour conserver ce système sans nous en parler ? Non… Soyons raisonnables, nous savons bien que le CNO nous consulte régulièrement et qu’à aucun moment il n’agit tout seul dans son coin. Quelle blague…

Vous savez que l’on a coupé des têtes pour moins que cela dans notre pays ! Et je peux vous garantir que si le régime universel passe, il faudra que cet « avantage » disparaisse…

 

Donc oui, nos élus seront eux aussi concernés. Mais ils préfèrent le silence…

 

La porte reste grande ouverte

Messieurs dames de la FFMKR et du SNMKR et du conseil national de l’ordre, il n’est pas trop tard pour appeler à manifester.

La FFPS fait totalement erreur, soyez plus intelligents qu’elle.

Vous n’avez pas grand chose à faire, le collectif SOS retraite a déjà tout fait. Juste envoyer un courriel à vos adhérents appelant à manifester.

De toutes les façons, si nous sommes 200 kinés à manifester, cela sera obligatoirement de votre faute car vous aurez fait défaut. À contrario, si nous sommes 2000, vous allez prendre le plus grand revers syndical jamais connu puisque que vous appeliez ou non, aucun changement dans la mobilisation. Autant dire que si c’est le cas... il faudra se poser la question de la pertinence de notre représentation syndicale et de l’intérêt même de se syndiquer. Il faudra alors que chacun d’entre vous prennent ses responsabilités...

Ce qui est sur, le premier syndicaliste qui va nous conter la sérénade « les kinés ne se syndiquent pas assez », ma réponse sera du tac o tac « normal, les kinés veulent des syndicats qui en ont ! » et pas des grattes papier atteints de réunionite aigüe où ils ont l’impression d’être importants mais où ils ne font que tuer la profession à petit feu.

#sosretraites

Soyons unis, entre nous, avec les autres professions libérales, venez nombreux !

  

Vincent Jallu

Pour vous tenir informé pour les kinésithérapeutes:

Association Collectif Kinés ACK

Syndicat Alizé

Et plus généralement:

Manifestation du 16/09

Depuis hier une forme d’agitation dans le microcosme kinésithérapique se fait sentir.

En effet, certains affirment que nous avons obtenus l’accès direct !

Nous avons même depuis ce matin une belle démonstration de toutes celles et ceux qui demandent l’accès direct depuis ces 10 dernières années, pour savoir qui d’entre eux a la paternité du projet ! Ils ont tous rencontré Thomas Mesnier, ils ont tous blablabla etc. Tous nos représentants sont les plus forts, les meilleurs, mais ça on le savait depuis longtemps. Non la réalité c'est que tout le monde a besoin d'adhérents ! Donc une bonne nouvelle, cela favorise les élans syndicalistes et cela redore le blason des ordres.

Cependant, si cette nouvelle pourrait être une superbe avancée pour notre profession, je pense qu’il est de mon devoir de vous informer que cette nouvelle est une « fake news » ! Nous n’avons pas l’accès direct.

 

L’accès direct c'est aller chez son kinésithérapeute sans passer par la case médecin et ce, en toute liberté. C’est la personne qui sent que son périnée montre des signes de faiblesse et qui se dit « je vais aller voir mon kiné pour régler le problème », c’est l’hémiplégique qui se dit « est-ce que mon kiné peut m’aider à gérer ma sycinésie, je vais aller le voir sans passer par mon médecin », c’est la maman qui s’inquiète pour son bébé qui s’encombre, c’est ce joueur de foot dont la ligamentoplastie ne le rassure pas, c’est cette dame qui aimerait bien revoir le kiné pour sa prothèse de genou etc… Ce sont tous ces gens qui voudraient venir voir leur kiné sans passer par leur médecin. C’est ça l’accès direct.

Une vraie question philosophique se pose. Sommes nous « juste » compétents sur l’entorse de cheville et le lumbalgie aiguë  ? Non. Nous sommes masseurs-kinésithérapeutes entiers et fiers de l’être.

 

Pire, certains pseudos-intellectuels grateurs de papier qui nous dirigent ont lu « à la va vite » et nous voient déjà en train de faire des diagnostiques avec des droits de prescriptions ou je ne sais quoi d'autre.

 

Protocole de coopération

Voilà l'expression qui change tout et qui fait que nous n’avons pas l’accès direct.

Entorse de cheville, lombalgie aigüe. Encore des mots réducteurs de notre activité. Et tous ces mots mis ensemble donnent non pas l’accès direct, mais « une expérimentation à durée déterminée pour voir si cela apporte quelque chose dans l’engorgement des urgences ou pas ». Cela ne donne en aucun cas « un accès direct sans conditions à la kinésithérapie ». Voilà où se situe l’erreur d’interprétation.

 Qui dit protocole de coopération dit « objectifs ».

L’objectif primaire est le désengorgement des urgences. L’objectif secondaire est « que cela coûte le moins cher possible ».

Il est donc fort à parier que cette coopération se fera uniquement dans ce cadre et avec ces objectifs.

Et lorsque le protocole sera bilanté d'ici à quelques mois ou années, si les résultats ne sont pas à la hauteur, ils ne seront pas reconduits. Du coup, nous perdront de facto "l'accès direct". Retour au point de départ.

 

Les kinésithérapeutes vont ils jouer le jeu ?

Je pense que non. Pourquoi ?

Nous n’avons pas besoin de patientèle supplémentaire. Nos cabinets sont déjà engorgés et nous n’avons aucun temps libre.

Quelles seront les contraintes imposées ? Présence le week-end ? Présence la nuit ? Devrons nous faire l’administratif en lieu et place de l’hôpital et le transmettre par réseau sécurisé ? Devrons-nous faire partie d’une vilaine CPTS (à lire ici) voir d’être sous le coup d’un PEPS ou d’une IPEP (à lire ici)

 

Les kinésithérapeutes sont déjà sous la pression d’un emploi du temps chargé. Des amplitudes horaires importantes. Où vont-ils pouvoir créer des créneaux pour ces urgences ? 

La prise en charge des urgences se fera soit au détriment des autres patients soit ne se fera pas. Dans tous les cas c’est une mauvaise solution.

D’ailleurs, ne l’oublions pas, depuis 2016, le kinésithérapeute est déjà à même de prendre en charge des urgences. Combien d’entre nous l’ont fait et à quelle fréquence ? Cela reste anecdotique… Vous croyez sincèrement que parce que madame la ministre le demande gentiment nous allons régler le problème ?

20% des gens aux urgences avancent y être car ils n’ont pas trouvé de médecin.

Pensez vous qu’il trouveront un kiné plus facilement ? Non.

Nous l’avons vu avec l’avenant 5, malgré les incitations financières les kinésithérapeutes n’ont pas joué le jeu. Il n’y a aucune raison qu’il le fasse pour les urgences.

 

Et si les kinésithérapeutes ne jouent pas le jeu, cela impliquera directement que d’ici 2 à 3 ans nous perdront automatiquement cette forme d’accès directe.

 

Pire, j’avance qu’en se limitant à l’entorse de cheville et aux lumbago, cela va créer chez les patients une confusion et fer perdre du temps parfois précieux.

Nous le savons tous, le patient n’entends que ce qu’il a envie d’entendre.

Combien vont « tenter » de passer chez le kiné, sait on jamais, si cela peut m’éviter d’attendre 6h aux urgences ?

Combien vont râler quand on leur dira « ha désolé pour le genou c’est pas chez moi, je ne fais que les chevilles ! ». Comment allons nous gérer les plaies ouvertes dans nos salles d’attente en disant « bougez pas, j’appelle le 15 » ?

 

Le fait est que nous ne mesurons pas la porté de la responsabilité et des contraintes que cette annonce va engendrer.

 

Qui va payer ?

C’est aussi une question essentielle.

Comment sera faite notre rémunération.

J’avais accusé le CNO de manquer totalement d’ambition (à lire ici) en ne définissant pas un cadre conventionnel lorsqu’il affirmait que nous avions l’accès direct suite à la loi de santé de 2016.

Et bien je remets le couvert. Si plutôt que de se cacher derrière « l’ordre ne gère pas les relations conventionnelles, c’est aux syndicats de s’en occuper », notre ordre avait fait preuve d’un peu d’ambition et avait réuni toutes les parties, nous n’en serions peut être pas là.

 

Car vu que nous parlons d’un protocole de coopération, nous pouvons tout imaginer. Un paiement par l’hôpital, par l’ARS, par un forfait, à l’acte ou même par objectif. Et ce dernier serait le pire. Une cotation spécifique ? D’ici la fin de l’année alors qu’aucune négociation conventionnelle n’est en place sur le sujet ? je n’y crois pas trop.

Non j’ai bien peur qu’à l’arrivée le financement se résume à un forfait sur objectifs payé par l’ARS. Pour parler simplement, même si rien n’est écrit et ce que j’avance d’engage que moi, on peut imaginer un système de ce type:

  • entre 10 et 25 urgences par mois forfait 350€
  • entre 25 et 50 urgences par mois 725€
  • et ainsi de suite.

 

Et le master ???

Si vous ne voyez pas ce que le master vient faire dans l’histoire, c’est pourtant un problème qu’il faut soulever.

Il est notable que tous les professionnels de santé qui élaborent des diagnostiques et qui ont l’accès direct sont au grade master.

Je soulève dont un problème. N’ayons nous mêmes pas le grade master. N’y a-t-il pas un risque que l’on nous dise simplement « vous avez l’accès direct, donc vous n’avez plus besoin de master ? ».

 

Et si la pratique avancée en massa-kinésithérapie d’urgences était la solution ?

Peut-on imaginer que madame la ministre annonce d’ici la fin de l’année la création d’une telle pratique avancée, avec un grade master et 2 ans de sémiologie formatée pour les urgences ?

Beaucoup de questions en suspens…

 

Conclusion

L’accès direct aurait été une magnifique avancée pour notre profession. Malheureusement un accès direct partiel sous conditions de protocoles de coopération, ayant pour objectif de désengorger les urgences… c’est une hérésie. Surtout, c’est se faire prendre au piège par le gouvernement. En effet, nous sommes le fusible si facile à incriminer. Dans 2 ans nous entendrons « les urgences sont saturées, c’est à cause des kinésithérapeutes ». Alors qu’en fait le gouvernement ne veut pas résoudre le problème des urgences comme il se doit. Ne soyons pas dupes. Il prévoit d’augmenter le nombre de consultations chez le généraliste… Comment ? Alors qu’une pénurie nationale est déjà en place, comment, va-t-il faire pour dire aux généralistes « travaillez plus » ? Ne tombons pas dans ce piège. Cette annonce, sous cette forme, est un leurre et en aucun cas une avancée pour la profession.

Nous n’avons pas l’accès direct, nous avons une épée de Damoclès au dessus de notre tête car nous sommes le prétexte que le gouvernement a trouvé pour gérer la crise des urgences. Voilà la réalité.

 

Vincent Jallu

Le 16/09 se tiendra une grande mnifestation pluri-professionnelle regroupant l'ensemble des professions libérale pour s'exprimer contre la réfomre des retraites qui va nous toucher de plein fouet.

 

Nous n’obtiendrons rien

Voilà c’est dit.

Si vous me lisez régulièrement vous savez que j’affirme depuis longtemps que monsieur Macron est totalement hermétique à la pratique populaire qu’est la manifestation. « Cause toujours tu m’intérresses » est la ligne de conduite gouvernementale.

Et même la grande fronde que sont ou qu’ont été « les gilets jaunes » n’ont finalement, compte tenu de l’ampleur du mouvement, pas réussi à apporter grand chose.

C’est pourquoi, j’en suis complètement convaincu, cette manifestation n’apportera rien...

On nous dira que « pour l’instant rien n’est décidé », que « il ne faut pas s’inquiéter, nous avons été entendu »… J’en passe et des meilleurs !

Et au final le dossier retraite n’avancera pas.

 

Alors, pourquoi manifester ?

La réponse est simple. Depuis 1995 nous n’avons pas vu telle mobilisation pluri-professionnelle.

Et si 2000 kinés qui s’ébrouent devant un ministère n’ont aucune chance de quoi que ce soit, si nous sommes 2-300 000 toutes professions libérales confondues, alors, peut être que sur un malentendu…

N’oublions pas non plus que les avocats s’investissent dans le mouvement.

Et cela change tout.

En effet, le régime universel des retraites passera par la case législative.

Et si seuls, nous n’aurons aucune chance d’entreprendre des démarches juridiques pour déceler toutes les failles juridiques, les avocats ne sont ils pas les mieux placés pour s’occuper de cela ?

Ensemble nous avons une vraie force de frappe et un vrai avenir. Seuls nous sommes perdus.

 

La problématique syndicale

Pourquoi nos sydicats n'appellent pas à manifester ?

Pour parler simplement, cette manifestation n’apportera rien à nos syndicats. Par contre appeler à manifester demande des ressources, de l’organisation et donc va coûter aux syndicats.

Voilâ pourquoi ils rechignent tant à appeler à la manifestation. Cela leur coute sans rien leur rapporter.

 

Le cas de la FFMKR

À la FFMKR, le cas est complexe. Certains syndicats départementaux ont commencé à appeler à manifester. On ne pourra donc pas dire qu’ils n’ont rien fait !

Mais au niveau national, silence radio. C'est donc comme souvent, une situation ambigüe où l'échelon nation ne se mouille pas mais où l'échelon départemental lui mouille le maillot. Cette attitude mi-figue mi-raison commence à m'agacer sérieusement. Soit on en a dans le pantalon et on le montre, soit on ne fait pas faire aux autres ce que l'on a pas le courage d'assumer.

 

Le SNMKR

Le silence est d’or… que dire de plus ?

 

L’opportuniste Alizé

Comme le disait Jacques Dutronc, Alizé retourne sa veste toujours du bon côté !

Comme vous pourrez le lire ici, le président d’Alizé qui est aussi le président de l’UFLM association se fait remonter les bretelles, pour ne pas dire se fait lyncher publiquement quant à son inaptitude à la participation collective au sein du mouvement lancé il y a plusieurs mois.

Après avoir subit plusieurs revers de la sorte, et ayant choisi de faire cavalier seul, Alizé se lance enfin dans l’appel à manifester ou presque, ils ne sont pas encore surs...

Et si effectivement ce n’est qu’opportunisme ayant céder encore une fois au populo-démago propre à son président, il faut saluer ce geste d’Alizé. Car même si ce syndicat souhaite s’attirer la gloriole de manière unilatérale, c’est dans la cohésion pluri-professionnelle que nous aurons une chance.

 

Conclusion

Messieurs dames les syndicalistes. Appelez à manifester. Ne cous occupez de rien, les « kinés » se sont déjà organisé sans vous. Cela ne vous coutera rien et ne vous demandera aucun effort. Oui nous serons noyés dans le paysages, oui vous n’obtiendrez aucun gloire dans cette manifestation mais au moins nous serons là !

 

Unissons nous aux autres professions.

 

Vincent Jallu

 

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