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La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

L’annonce via une vidéo il y a quelques jours d’une véritable avancée pour la profession a été faite sur les réseaux. La CPAM du Var aurait (au conditionnel, aucun accord écrit n’a été publié) accepté que les séances passé 18h ainsi que celles du samedi toute la journée soient éligibles à un DE de 8€ maximum. Nous n’en savons pas plus.

 

Cependant, j’en suis désolé mais je trouve cette annonce plutôt néfaste pour la profession, voir même l’une des plus désastreuses nouvelles concernant l’exercice conventionné.

 

Les patients des créneaux 18h et plus ont ils le choix ?

Clairement non. Qui sont ces patients ? Des gens qui travaillent et qui n’ont pas le loisir de pouvoir venir avant 18h ou en semaine.

Comme si travailler était une punition. Vous travaillez, vous ne pouvez pas venir avant 18h, et bien en plus vous paierez plus cher !

Pensez tout de même que vous même vous remplissez ces critères. Grace à cette action vous pourriez devenir ces nantis qui doivent payer plus cher…

 

Nous avions comme crainte d’avoir une médecine à deux vitesses, les pauvres contre les riches. Finalement avec cette action ce sera ceux qui bossent et les autres.

 

La ségrégation par l’argent

Quelle va donc être la conduite à tenir ? « Un rendez-vous après 18h ? Oui bien, c’est 8€ de votre poche. Vous ne pouvez pas payer ? Et bien venez à 17h30 ! »

Cette logique est détestable et créée une véritable ségrégation par l’argent qui n’est pas digne de notre profession.

 

Sans même parler de l’aspect éthique et déontologique, souvenons du décret du 2 octobre 2020 concernant les refus de soins discriminatoires... Certains confrères et consoeurs pourraient être en grand danger avec ce DE.

 

Il pourrait d’ailleurs être drôle de voir le président du CDO83 prononcer un avis défavorable envers un confrère ou une consoeur, alors qu’il est lui même promoteur de ce DE. c’est l’inconvénient de cumuler les fonctions. À un moment donné on peut être pris à double feux...

 

Préparez vous à contractualiser vos séances et à donner aux patients tout l’éclairage qu’ils nécessite. Le consentement éclairé n’est plus théorique, il vous le faudra pour chaque patient redevable de ce DE.

 

Quelle différence avec un dépassement d’honoraire ?

Un dépassement d’honoraire, serait plus « juste ». Dans le sens où il pourrait s’appliquer à tout à chacun sans faire de ségrégation entre travailleurs et non travailleurs. SI notre convention le permettait (et elle ne le permet pas, contrairement aux médecins de secteur 2) il n’y aurait pas de ségrégation horaire.

 

Et chez les coiffeurs ?

Souvent quand on parle de tarifs, l’exemple des coiffeurs revient sur la table.

Oui il y a longtemps notre tarif était supérieur au prix d’une coupe, oui depuis la situation s’est inversée etc.

Mais dites moi, avez vous déjà vu un coiffeur dire « après 18h et le samedi c’est plus cher » ?

J’aimerais bien voir votre tête si votre coiffeur vous disait cela…

 

La convention, socle de notre action

Notre système de santé est fondé, et nous le voyons actuellement dans cette période de crise, dans la prise en charge équivalente quelques que soient les conditions des patients, y compris financières.

La convention garantit aux patients d’avoir les mêmes soins, aux mêmes tarif sur l’ensemble du territoire.

Se permettre de passer outre cet aspect et appliquer une forme de dépassement sous conditions d’horaires, c’est remettre profondément en question la convention.

 

Pour faire court. Si le contrat ne vous plait pas, rien ne vous empêche de faire une activité hors convention ou même de vous deconventionner complètement.

Ce n’est pas aux patients, et encore moins à une frange de patients n’ayant d’autre choix que de venir sur ces horaires, de faire les frais de la non augmentation de nos tarifs.

C’est remettre en question l’accessibilité aux soins dans des conditions identiques pour l’ensemble des patients sur le territoire.

C’est une relise en question profonde du système conventionnel. Voulons nous réellement que notre activité quitte la convention ?…

 

La convention permet aussi à ce que l’ensemble des professionnels soient traités de la même façon sur l’ensemble du territoire. un AMS 7,5 à Lille est le même à Toulon. Avec cette mesure, c’est potentiellement les conventionnements locaux qui peuvent être induits et donc une inégalité de traitement entre professionnels. 

 

Et les autres caisses ?

Si la CPAM du Var est d’accord pour que l’on transgresse la convention, qu’en est-il des autres caisses ? Que va-t-il se passer quand un patient « mgen » vous demandera un rendez-vous à 18h ? La réponse est simple. Soit vous ferez une sélection des patients passé 18h et le samedi, ce qui d’un point de vue éthique est assez détestable, soit et bien vous n’aurez pas droit au fameux DE.

 

Pensez aussi aux autres CPAM... le Var n’est pas un département touristique ou de villégiature, c’est connu... Là encore, toutes les caisses externes au Var refuseront le dit DE.

 

L’argument de l’offre de soins

Pour mettre en avant le procédé, il a été précisé que dans le Var, l’offre de soins en kinésithérapie était faible à partir de 18h ainsi que le samedi.

Avis tout à fait personnel, si les gens ne travaillent pas sur ces créneaux, c’est d’une part part que c’est leur choix et d’autre part parce qu’ils n’ont pas fondamentalement besoin de gagner plus...

D’autant que comme nous allons le voir, passé les effets d’annonces, les gains potentiels par rapport à « sans le DE » sont en réalité beaucoup plus faibles.

 

Par ailleurs, juste au passage, la permanence de soins devraient être encadrée par l’action des CPTS avec de nouveaux modes de rémunérations qui eux sont engagés par l’ARS et non par les patients tout en conservant le socle conventionnel, contrairement à ce « DE » qui ne ressemble à rien. Voilà où doit se situer notre action, au sein des CPTS. Et il est fort dommage que l’URPS PACA se soit autant fourvoyé en allant dans cette direction du DE.

 

Que se cache-t-il derrière le « à votre demande » ?

En fin de vidéo, notre confrère l’annonce fièrement, si vous êtes intéressés, à votre demande, ils irons négocier dans les autres départements de la région.

Pourquoi « à votre demande » ? 

Y aura-t-il des critères à remplir ? Faudra-t-il payer quelques chose ? Un droit de cuissage peut être ? Être adhérent au syndicat ?

Il est très curieux de voir un président d’URPS ne pas défendre l’ensemble des kinésithérapeutes de son territoire et de conditionner son action à une « demande »...

 

Apprendre à compter

Annoncer que l’on peut gagner 4000€ par an en facturant 2 actes par jour, ou plus de 10 000€ en travaillant le samedi, c’est bien, mais encore faut-il que ce ne soit pas qu’une annonce !

Si on prend les DE de semaine. Il y a par exemple 253 jours ouvrés en 2020. Les kinésithérapeutes prennent en moyenne 3 semaines de congés, ce qui amène à 238 jours facturables. Nous arrivons donc avec 2 DE de 8€ à 3808€. 5% d’écart, soyons fous, la différence est acceptable.

Pour les samedi en revanche… 52 jours moins 3 de congés (et je suis gentil, nous prenons en général nos congés du vendredi au lundi, donc pour trois semaines de congés il y a au moins 4 samedi). 49 jours, 10h de travail, 20 patients soit 20 DE à 8€, total 7840€. 27% d’écart... Et 36% si l’on n’est pas gentil sur le nombre de samedi. L’erreur commence à être plus que significative. Et si l’on rajoute à cela, comme évoqué plus haut qu’il faut le samedi n’avoir aucune ALD, aucun AT, aucune CMU, aucun patient d’autre caisse que la CPAM du Var etc…

Pour arriver aux « plus de 10 000€ » il faudrait voir plus de 25 patients répondants à tous ces critères tous les samedi de l’année. Autant le dire franchement, ce n’est qu’une annonce et aucunement la réalité.

Et doit-on parler de la fiscalité des DE ?

C’est assez récurent pour les gens de ce syndicat. Combien devions nous gagner par mois avec l’avenant 5 ? Quelle est la réalité ?

On s’arrange avec les chiffres comme on peut, mais souvent comme on veut... 

 

Aucune revendication syndicale

Si l’instigateur de cette mesure est clairement identifié comme appartenant au SNMKR, ce dernier n’a pas encore communiqué sur l’extra-ordinaire avancée que cela est supposé être.

Est-ce un signe que finalement cette avancée n’en est pas une ?

Peut être que le SNMKR attend et « prend la température » ?

Ou peut être encore que comme aucun accord signé n’a été publié il a été totalement prématuré de communiquer sur ce sujet ?

Dans tous les cas, je trouve ce silence politiquement intéressant.

 

Les élections approchent, la course à l’échalote est lancée.

 

Conclusion

Vouloir aider les confrères et consoeurs c’est bien. Mais encore faut il le faire dans le bon sens.

Handicaper financièrement les gens qui travaillent et qui n’ont d’autre choix que de venir en soins sur des créneaux horaires passé 18h ou le samedi n’est pas cohérent et contraire à notre contrat conventionnel et une totale ineptie. Ajouté à des calculs incohérents et qui ne reflèteront pas la réalité, passé l’annonce…

Il y a bien d’autres moyens d’augmenter l’offre de soins sur ces créneaux et ce, sans placer les kinésithérapeutes dans une situation qui pourrait leur être préjudiciable.

Donc non, cette annonce n’est vraiment pas une bonne nouvelle et j’espère que la CNAM va très vite rappeler à la CPAM du Var que ce n’est pas la bonne voie.

 

Vincent Jallu

Depuis quelques jours, un sentiment de peur circule au sein de notre profession.

Allons nous être reconfinés ?

L’ordre va-t-il nous redemander de fermer les cabinets ?

Pour clore le débat de suite, non, nous ne refermerons pas. Et ce pour deux raisons que nous développerons plus bas.

Nous l’avons vu en mars, l’ordre des kinésithérapeutes et plus largement les ordres médicaux et paramédicaux nous ont offert une mascarade de gestion de crise que l’ensemble des professionnels concernés ont dénoncé. 

La plupart des décisions n’ont réellement suivi aucun principe scientifique. Notre présidente a d’ailleurs rapporté à la commission d’évaluation du sénat que la décision de demande de fermeture des cabinets était de « bon sens ».

Je pense qu’il faudra rappeler le code de déontologie à notre très cher ordre. La science n’a apporté aucune preuve de contamination massive lorsque l’on suit les recommandations de la Haute Autorité de Santé concernant la protection du patient et du praticien au cabinet.

Il n’était pas moral de partir en vacances en début de crise et le bon sens n’est pas une preuve scientifique. J’ai d’ailleurs personnellement rappelé ces faits et principes scientifiques à la commission parlementaire.

Depuis la crise du mois de mars, le gouvernement s’est d’ailleurs penché sur la question et a largement revu sa copie.

L’un des premiers signes de désaveu des ordres par le gouvernement a été l’introduction dans les négociations de l’ACI CPTS de la notion de gestion de crise par les ARS en coordination avec les dites CPTS.

Et puis dans son courriel du 16/10/20 la Direction Générale de la Santé (DGS) a tenu a rappeler l’organisation et la hiérarchisation de la santé en France ainsi que la stratégie d’adaptation de l’offre de soins. Ainsi nous répondons désormais, je cite, une « instance de régulation territoriale partagée et commune sous l’égide de l’ARS et avec les acteurs du territoire (via les URPS notamment) ». Les ordres… Circulez, il n’y a plus rien à voir.

Trop de patients ont perdu des chances de survie et de guérison. Oui il y a eu des morts par manque de soins, oui il y aussi eu de nombreux handicaps par manque de soins. Certains ont du sang sur les mains et des morts sur la conscience, arrivent-ils encore à se regarder dans le miroir ?

 

Le second point qui fait que nous ne refermerons pas nos cabinets, c’est parce que nous le voudrons pas.

Comme me l’ont rappelé certains parlementaires, une recommandation est faite pour guider mais est aussi faites pour être discutée. Et si la recommandation est incongrue, elle est faite, en âme et conscience pour ne pas être suivie.

Si l’ordre me dit « nous te demandons de fermer ton cabinet », je répondrais « la DGS ma informé que l’ARS et les URPS étaient les référents en la matière ». Que l’ordre aille jouer aux billes et fasse preuve d’un peu plus de solidarité. 550 000€, c’est 5€ par kiné, c’est vraiment pingre (sans même parler du fait que nous sommes dorénavant à plus de 6 mois des fermetures, réactivité exceptionnelle). Et ne parlons pas du concept « reste assis t’es payé » qui semble trouver écho aussi au sein de notre profession…

 

Conclusion

Voilà c’est assez simple, dura lex sed lex, l’offre de soin ce n’est pas une prérogative des ordres.

La DGS nous confirme que nos intervenants en matière d’offre de soins sont les ARS en lien avec les URPS et personne d'autre. Si l'on vous demande de fermer, répondez "je demande confirmation à l'ARS"...

 

Vincent Jallu

II y a eu un avant COVD et il y aura un après COVID…

Je ne discuterais pas de la stratégie générale durant cette crise. Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire en un que cela a été et est toujours « le bordel » !

Entre une ministre de la santé qui quitte ses fonctions en situation de crise pour des velléités électorales, le premier tour de ces mêmes élections, les masques aux abonnés absents, les profiteurs du confinement, le climat anxiogène ambiant, la seconde vague qui n’en fini pas d’arriver…

Nous l’avons vu aussi, les fondements scientifiques ont été largement étiolés. Entre l’hydroxychloroquine et un ordre qui prend des décisions « de bon sens » sans aucune concertation scientifique, nous avons touché le fond.

Non, je m’arrêterais aux faits et aux chiffres.

Le gouvernement a annoncé 490 milliards de dépenses liées à la crise sanitaire. La semaine dernière le premier ministre a encore une fois injecté 160 milliards d’euros, ce qui va porter la note à 650 milliards, sans même parler des pertes indirectes liées aux diverses baisses d’activité des secteurs, des manque de charges, de TVA etc… Même si nous nous limitons à ces 650 milliards, savez vous combien rapporte l’impôt sur le revenu ?

77 milliards par an.

Imaginons que nous puissions dédier 10% de cette somme au remboursement de la crise. Il faudrait donc 84 années pour en arriver au bout ! 84 ans de dettes pour 6 mois de crise…

Emmanuel Macron l’a dit. « Nous dépenserons dans compter ». Excès de confiance peut être à rapprocher de John Hammond dans Jurassic Park ?

D’autant que le concept « reste assis t’es payé » n’a jamais eu autant écho en France et l’heure du bilan approche…

Mais voilà, il va falloir rembourser d’une manière ou d’une autre.

 

La taxation des mutuelles et autres petites modifications

L’état vient d’instauré une taxe de 1,5% sur les mutuelles. Mais à votre avis, qui va payer ?

Le client bien sur. Donc nous. Et donc aussi les entreprises, puisque rappelons le, les mutuelles santé sont obligatoire désormais.  L’état vient donc de mettre en place un nouvel impôt indirect de 1,5%. Rien que les mutuelles santé représentes 30 milliards d’euros de cotisation et plus de 210 milliards si on étend à l’ensemble des assurances.

L’état va donc collecter un peu plus de 3,1 milliards d’euro par an via cette taxation. C’est 4,1% de ce que rapporte l’impôt sur le revenu. Nous venons de gagner 20 ans !

Autre exemple, le recul de la fin de la taxe d’habitation, toujours pour amortir les rentrées fiscales.

Et je n’ai pas peur de le dire, nous allons savoir tout un tas de petites mesures fiscales destinées à gagner un peu par ici et un peu par là. Par exemple, les discussions autours de la réforme des retraites vont reprendre en janvier. Je prévois déjà un affaiblissement du taux de rendement. Sans même parler qu’en ce qui nous concerne, je suis de plus en plus convaincu que le combat est perdu…

 

L’échec du Ségur, le flop total des états généraux de la kinésithérapie

Le triste constat est là. Les professionnels, et surtout le libéraux n’ont pas été ni écoutés ni entendus dans le cadre du Ségur de la Santé.

À notre niveau, les états généraux de la kinésithérapie ont été non seulement un flop monumental dans l’organisation, mais ce qu’il en est ressorti est creux pour repas dire inexistant. Pire, ce qui aurait du toucher toute la profession est inconnu pour la plupart. La communication autours de ce non événement a été lamentable, les concertations inexistantes et le résultat a été une parodie de propositions. 

 

Les évolutions du système de santé

La téléconsultation avec premier rendez-vous non présentiel, les mutuelles s’en frottent déjà les mains.

Les cabines de téléconsultations fleurissent, c’est la fin des déserts médicaux mais aussi de vos bilans et indirectement du libre choix de praticien.

Nous verrons bientôt arriver des patients ayant vu un « kiné-mutuelle » en téléconsultation, peut être même pas localisé en France, et qui vous dirons « il a fait mon bilan, j’ai 3 séances à faire avec vous ». Et là… vous serez « comme un couillon » car vous ne pourrez plus facturer de BDK et vous vous retrouverez avec une ordonnance sous cotée (c’est l’intérêt de la mutuelle) et une liberté intellectuelle disparue. Et comme les forfaits de soins arrivent au galop, au bas de l’ordonnance sera porté la petite mention « reste 10€ sur le forfait » ! La bonne blague…

Les praticiens libéraux vont devenir les exécutants des mutuelles.

Si vous élargissez un tout petit peu votre regard, rapporté à l’organisation actuelle au sein des CPTS, c’est le médecin de la mutuelle qui aura vu en première téléconsultation le patient, qui coordonnera au sein de la CPTS le parcours du patient, le tout sous un forfait global de soins répondant aux attentes des objectifs de santé publique et des attentes de l’ARS sur le territoire. Vive l’aliénation professionnel par l’intéressement…

Parallèlement aux évolutions des moyens de rémunération, le Ségur a mis en avant une demie-tutelle de l’hôpital sur les soins de ville. Êtes vous prêts à devenir l’exécutant d’un bilan réalisé en structure hospitalière (par qui, on ne sait pas) au titre du soin coordonné, sans que vous puissiez avoir ni votre mot à dire ?

Aliénation financière, aliénation intellectuelle, voilà ce qui nous attend.

 

Nomination de Thomas Fatome à la tête de l’UNCAM

Comme si cela n’était pas suffisant, Nicolas Revel a quitté ses fonction de directeur de l’UNCAM au profit de Thomas Fatome.

Pour faire court, fils de médecin, HEC, DEA de droit public, ENA, conseiller de différents ministres de la santé (Mattei, Douste Blazy, Bertrand) en charge des comptes sociaux de la réforme de l’assurance maladie en 2003, directeur de cabinet de Rocky (Frédéric Van Roeckeghem), directeur de la sécurité sociale en 2012, directeur adjoint du cabinet d’Edouard Philippe… Magnifique carrière très dense et bien construite.

Mauvais point pour la santé, administratif pur jus, moulé dans la politique MaSanté2022 et n’est pas réputé pour faire confiance à autre chose que les chiffres.

Voilà le nouvel homme de l’UNCAM. Les négociations vont être complexes et dirigées par la politique de santé que nous connaissons déjà. Fin de l’exercice individuel, suppression de la tarification à l’acte, regroupements territoriaux, forfaits, mise sous tutelle de l’exercice de ville par les structures hospitalière etc…

 

Les inquiétudes de notre ordre

Assez intéressant ce communiqué reçu hier, inquiet et non rassurant, au sujet de notre démographie galopante. Si nous savons tous d’où viennent les problèmes entre les diplômes étrangers et l’absence de revalorisation et de nos actes et de nos enveloppes budgétaires, personne ne propose de solution. Il faut que dire les réflexions de notre ordre sont parfois totalement incohérentes.

Il est d’ailleurs assez rigolo de mettre deux nombres l’un à côté de l’autre. 550 000€ d’aide débloquée par l’ordre pour aider nos confrères et consoeurs en difficulté et 100 000 praticiens.

5,50€ par tête. Voilà ce que vaut un professionnel aux yeux de l’ordre, 5 balles (8 si nous ne comptons que les libéraux)… Je vous laisse seul juge.

L’ordre est d’ailleurs assez fier de rappeler que les nouveaux arrivés viennent de payer leur cotisation. Nous l’avons tous remarqué pendant la crise, aucun report de cotisation, aucun report d’indemnités ordinales (faut pas rigoler non plus !), on appelle cela la solidarité confraternelle.

J’aime d’ailleurs beaucoup quand l’ordre parle de situation financière des kinésithérapeutes alors qu’il a lui même, sans fondement scientifique, a demandé à que les cabinets ferment au mois de mars. N’ayons pas peur des mots, l’ordre a participé activement à la paupérisation des professionnels.

Doit on réappuyer là où cela fait mal ?

Le master, les pratiques avancées, les sous kinés, l’accès direct (le vrai), l’exercice salarié, la cohésion dans la profession, la confraternité, l’entraide et le soutien... voilà les échecs de l’ordre.

L’ordre est finalement un repaire où l’on brasse beaucoup de vent pour tourner en rond.

L’ordre a raison d’être inquiet, inquiet au sujet de son utilité car en 12 années, peu de réussites, beaucoup de combats inutiles, l’incapacité de faire le ménage devant chez soi donc attaquons les voisins, errements idéologiques et politiques, l’ordre souffre de mégalomanie et manque de réalisme face à ses actions et son intérêt auprès de nos tutelles. 

 

Conclusion

Même notre ordre commence à le dire, la fin de notre profession est proche et plus largement, la fin du système que nous connaissons est proche.

Soit mon optimisme légendaire a déteint sur lui, soit il va falloir se dire que je n’étais pas tant dans l’errement que cela et oui la situation est critique. Il est temps de passer du nombrilisme à l’action. Et ce n’est pas en criant « hou là là, je suis pas contente » sur Twitter que l’on y arrivera. Il faut d’urgence changer la ligne politique de nos représentants . Certains en ont déjà pris conscience et on commencé la transition, les autres continuent de creuser notre tombe. Remercions confraternellement ceux qui brasse de l’air, cela nous fera le plus grand bien et la profession avancera alors.

Cela fait trop longtemps que l’équipe à la tête du CNO est en place pour aucune réussite, il est temps de changer. Il est temps aussi que chacun s’arme de réalisme face à notre situation qui n’est plus alarmante mais catastrophique. Beaucoup d’entre nous se masquent led yeux pour ne pas affronter la dure et triste réalité qu’est la notre.

Nous avons un choix simple devant nous. Nous battre ou laisser aller.

Cette crise a mis en avant que notre système de santé que tout le monde adule et considère comme l’un des meilleurs de la planète, n’est en fait qu’une jolie vitrine avec beaucoup de vide derrière. Normalement ce sont les soignants qui s’appuient sur le système pour que tout fonctionne. Et bien là c’est le système qui s’est appuyé sur les soignants en priant pour que « cela passe ». Pas de réserve de masque, des mises en danger inutiles, des manquements détestables. Sans le courage et l’abnégation des soignants nous aurions eu une catastrophe bien plus importante.

 

Vincent Jallu

Les CPTS (à lire ici et ici) sont régies par une accord interprofessionnels, l’ACI.

Beaucoup ont cru qu’une fois l’ACI signé tout serait gravé dans le marbre et que les règles ne changeraient pas.

Or ce n’est pas le cas. L’ACI est un accord conventionnel comme notre convention. Donc régulièrement l’ACI va changer. Et c’est le cas actuellement. Les négociations autours de l’ACI on commencé.

 

Le constat est là, les CPTS ne fonctionnent pas... Seules 31 CPTS sont actuellement signataires de l’ACI. Oui, seulement 31. Aux quelles il convient d’additionner les 42 projets validés mais non signataires de l’ACI soit un total de 73. Même si l’on adjoint les 166 projets « en cours », dont la lettre d’intention est signée, cela fait 239 CPTS potentielles. Et si l’on rajoute encore les 339 projets à l’état d’embryon, nous arrivons à 578.

Autant dire que l’objectif de 1000 CPTS à l’aube 2022 n’est qu’une pure illusion et un échec annoncé.

C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de pousser un peu le processus. En effet les enveloppes d’amorçage sont presque multipliées par deux. Comprenez par là que, le gouvernement veut nous forcer la main en nous achetant, ni plus ni moins. Je ne suis pas une prostituée et tant que l’état n’aura pas compris qu’il faut des projets de soins locaux, pas à l’échelle d’un bassin de vie de 175 000 habitants, ce n’est pas comme cela que nous résoudrons les problèmes.

Nous l’avons vu pendant la crise, nous avons manqué cruellement de lits, de main d’oeuvre, de matériel. Et pourtant… L’état maintient le cap et va continuer sa politique de fermeture et de reclassement des établissements. Plutôt que d’améliorer l’attractivité hospitalière, plutôt que d’augmenter les moyens, état préfère déléguer les tâches vers la ville. Mais comme la ville rechigne à jouer le jeu, l’état va acheter les professionnels !

Attention ce n’est pas gratuit

N’oublions pas que dans ce bas monde, la gratuité, cela n’existe pas.

En effet, l’état avec ces propositions, souhaiterais que non seulement la continuité des soins s’organise autours de systèmes de gardes au sein de la CPTS, mais qui plus est, souhaiterais que les CPTS s’emparent des problématiques liées aux grandes crises, telles que celle que nous avons vécu et que nous continuons à vivre. La nouvelle mission socle des CPTS sera « dédiée à la réponse aux crises sanitaires graves, dans le contexte d’un état d’urgence sanitaire ».

Bon, pour nous, nous le savons, « les cabinets doivent fermer » donc nous ne servons à rien. Mais passé cela, oui nous saurions pu servir à quelque chose et oui nous servons à quelque chose. Mais attention en tant qu’acteur de seconde intention, cette mission socle risque de nous échapper.

 

Autre point, nous voyons que l’erreur constitutive des CPTS, qui est d’organiser le soin par territoire est majorée. En effet, le principal problème d’une CPTS est de contraindre le territoire. Vous ne pouvez pas aller dans une autre CPTS que celle de votre territoire. Vous n’avez donc aucun choix.

Et bien nous voyons que ce qui était annoncé depuis longtemps va se majorer. En effet fini les petites CPTS entre amis à 15-20 praticiens. Les plus petites CPTS sont confirmées comme étant conditionnées à un bassin de vie de 40 000 habitants. Et comme il n’y a pas le choix de territoire, à terme tous les professionnels de ce territoire seront dans la CPTS. Cela représentera entre 150 et 200 praticiens.

De plus, nous sommes à l’ère des CPTS sur bassin de vie de 175 000 habitants. Cela représente environ 260 généralistes, 315 IDE, 200 MK... En deux mots, un beau bordel ! Et nous voyons de suite que nous sommes ultra-minoritaire dans ce système, nous n’aurons donc pas grand pouvoir décisionnaire. D’autant que les URPS médecins ont fait main basse sur la quasi totalité des montages de CPTS. et d’autant plus que les médecins sont largement  poussés à rentrer dans ce type d’exercice coordonné via leur ROSP.

Pour gérer ce bazar, des administrateurs. Si là aussi si nous avions une carte a jouer dans les « petites » CPTS, il est clair que ce ne sera plus la cas. C’est un emploi à temps plein pour gérer autant de professionnels. De plus, pour monter les projets, des équipes dans le réseau Assurance Maladie seront dédiées à l’’accompagnement des porteurs de projet en lien avec les ARS. Autant le dire de suite, la sécu qui nous donne des objectifs sur le territoire, c’est une convention territoriale déguisée même si ce n’est que ce n’est pas elle qui paye mais l’ARS.

 

La kinésithérapie était déjà oubliée, la voilà encore plus a l’écart

Je dois l’avouer quand les CPTS ont commencé à éclore, je voyais d’un bon oeil cette structure où l’on pouvais en additionnant un article 51 ou deux, faire évoluer la profession de manière positive. Il y a d’ailleurs eu quelques projets intéressants à ce sujet.

Or rien n’est allé dans ce sens. Pire, la position du médecin traitant est encore plus valorisée puisqu’à terme c’est le généraliste qui assurera les urgences et qui dispatchera les patients vers les para-médicaux nécessaires. L’ACI est en train d’assoir la position de chacun et de figer celle-ci. Tous les articles 51 de première intention du MK et autres sont balayés d’un revers de la main.

Sachez que 19 des 31 CPTS signataires de l’ACI ont orienté leur mission sur l’accès des soins non programmé et coordonné par les généralistes. Sachez aussi que l’avenant 9 des médecins est directement orienté conjointement et parallèlement aux négociations de l’ACI.

Seul point positif, l’état envoie un signe assez fort aux ordres professionnels. Laissez les territoires gérer les crises, ils savent ce qu’ils font. Cantonnez vous à enregistrer les diplômes et les contrats… Et laissez les professionnels soigner. Voilà le message. C’est une façon élégante de dire « vous n’avez rien fait de bon durant la crise, laissez la place aux autres, merci ». Il est juste dommage que l'état ait oublié les URPS au passage...

 

Conclusion

Les CPTS sont en train de devenir de véritables conventions locales. Ne pas s’y intéresser c’est l’assurance de voir ses revenus stagner car la lettre clé n’a plus aucun avenir. Cependant, nous le voyons de plus en plus, les objectifs des CPTS ne font que répondre à des logiques de santé publique que nous ne maitrisons pas. L’état a trouvé un moyen subtil de créer ces conventionnements évolutifs locaux sans briser la convention nationale. La manoeuvre est habile mais tout s’effondrera quand il n’y aura plus de financement. Car ne l’oublions pas, un budget c’est un gâteau. À 70 sur le gâteau, il y a de l’argent, à 1000 sur le même gâteau… Il y aura moins d’argent !

Accepterons nous toujours avec autant d’enclin, les gardes, les missions que nous n’avons pas choisies, le fait d’être administré, la perte de sa liberté d’exercice etc si il n’y a pas de financement à la clé ?

Nous avons pendant longtemps eu la crainte d’être des « salariés de la sécu », mais au final nous allons devenir les « salariés de la CPTS »… Voilà la réalité.

Donc oui, ce sujet est compliqué et complexe. D’un côté ne pas y entrer c’est l’assurance de ne pas être financé. Y entrer c’est l’assurance d’un conventionnement local déguisé. Entre la peste et le choléra…

 

Vincent Jallu

Je vous rassure, je ne vais pas commenter les 33 propositions du ministre de la santé (à lire ici), non. Autant vous le dire de suite, nous avons été totalement oubliés, tant sur le point de la kinésithérapie salariée que de celui de la kinésithérapie libérale. Si j’ai bien lu, le mot kinésithérapie n’est cité que 2 fois dans l’ensemble des 56 pages du rapport !

 

Les états généraux de la kinésithérapie ont été une totale mascarade (à lire ici), aucune proposition sérieuse et aucune avancée. Juste du nombrilisme pour flatter les égos. Il en est ressorti des propositions pour le Ségur qui n’ont bien sur été ni écoutées ni entendues. La kinésithérapie salariée n’intéresse plus personne et la kinésithérapie libérale va suivre le même chemin.

Les deux seules propositions traitant de la kinésithérapie sont pour recruter au sein de l’hôpital des libéraux à statut de fonctionnaire à temps partie et la revalorisation des indemnités de stages des étudiants. Voilà c’est tout pour nous.

Alors oui, les kinésithérapeutes salariés vont bénéficier des la hausse de salaire promise… Ils vont passer d’un salaire indécent à un salaire moins indécent. Super… Ils vont aussi bénéficier des quelques points de détails mais rien sur le fond des problèmes et surtout sur l’attractivité.

À noter cependant, ce rapport parle d’améliorer et augmenter les pratiques avancées des IDE… Mais là encore, les kinés… Oubliés !

 

Le fond

Le gouvernement nous avait promis des réformes de structures et de fond. Et bien, il y en aura… Et bien sur, pas dans le bon sens comme chacun aurait pu s’y attendre. 

Toujours et encore, l’état s’évertue à opposer médecine de ville et médecine hospitalière. Dans cet affrontement, l’ONDAM joue un rôle essentiel. En effet (à lire ici), lorsque l’on donne d’un côté, il faut reprendre de l’autre pour équilibrer les comptes.

 

L’exercice libéral est purement et simplement menacé. Les compagnies d’assurance et autres mutuelles vont avoir la main mise sur un gros gâteau par le biais des téléconsultations qui pourraient être ouvertes en dehors du parcours de soin coordonné. Vous aviez peur des réseaux de soins ? Et bien les voilà actés.

Les ARS vont encore renforcer leur pouvoir sur les structures libérales. Tout le puzzle qui a été mis en place pour MaSanté2022 reste inchangé. Perte d’autonomie des praticiens, regroupements, coordination par territoire et non par logique de soins etc… Les financements du monde libéral sont confirmés comme évoluant vers des forfaitisations par le biais des structures et non par le biais de l’activité de chaque professionnel. Pire l’exercice pourra être coordonné par les structures hospitalières et le financement partagé comme il était prévisible.

 

J’avais écrit il y a quelques temps que le masseur-kinésithérapeute devrait s’adapter et devenir un chasseur d’indemnités. Il est clair aujourd’hui que si les kinésithérapeutes ne s’investissent pas à minima dans les différentes structures et si ils ne s’investissent pas dans les réflexions politiques des territoires il y aura alors 2 types de praticiens. Ceux qui se débrouillent et les autres. Les premiers auront les financements et s’en sortiront. Les seconds, pardonnez moi expression, crèveront la gueule ouverte !… Les paiements à l’épisode de soins et à la coordination de parcours sont écrits, le paiement à l’acte va disparaitre.

Sachant que le problème de la territorialisation est qu’il est très difficile de changer de territoire. C’est le piège fondamental des CPTS (à lire ici). Si vous voulez changer de CPTS il faut déménager son cabinet dans un autre territoire. Pire, mettez en parallèle le conventionnement sélectif et vous avez gagné le jackpot !

Une fois les territoires verrouillés, les ARS conjointement avec les établissements feront ce qu’elles voudront à l’intérieur en ne finançant que les objectifs qui les intéressent elles. Et si vous croyez vraiment que la kinésithérapie sera au coeur du système, alors vous n’avez vraiment pas lu le rapport du Ségur de la Santé.

 

La forme

Il n’y a pas de forme. Le constat est simple, « nous vous avons méprisé avec MaSanté2022, nous avons continué avec le Ségur de la Santé ». Voilà ce qu’il faut retenir du Ségur. 

 

Conclusion

L’état ne fait que répéter les erreurs et n’a rien compris des vrais problèmes de fond. Personne n’a été écouté et vu comment l’organisation du dit Ségur a été faite, il était plus que logique que la kinésithérapie soit totalement oubliée.

Le monde libéral est plus que jamais mis sous tutelle, des structures hospitalières, des ARS et des assurances privées.

Plus que jamais il va être important de s’investir en région, principalement en ce qui nous concerne au sein des URPS. Il va être vitale, de s’intéresser à la politique de santé en local. Si vous ne faites pas l’effort de comprendre comment le système va se mettre en place, comment il fonctionne et comment vous pourrez tirer votre épingle du jeu, alors vous serez le maillon faible, au revoir.

 

Il va falloir aussi repenser notre représentativité à tous niveaux. La représentativité conventionnelle nationale va perdre de son intérêt tandis que la réprésentativité en régions va devenir primordiale. Les professionnels doivent reprendre la main sur l’offre de soin locale, ne pas se laisser marcher sur les pieds par l’ordre qui se croit tout permis et qui n’a pas pour mission de diriger ni les territoires ni les professionnels. Les URPS doivent réagir et monter au créneau car elles vont devenir l’interlocuteur principal des territoires

 

Vincent Jallu