La Profession
Attention au mélange des genres...
à venir (dans un ordre non exhaustif !)...
les négociations conventionnelles
le tarif d'autorité
les contrôles
la requalification des actes
les urps
les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...
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- Written by Vincent Jallu
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Voilà c'est désormais fait, le SNMKR a ouvert sa plateforme négo-kiné au vote général concernant l'avenant numéro cinq de notre convention.
Ne soyons pas dupe, l'avenant N°5 n'a rien à voir avec le N°5 d'un célèbre parfumeur mais est bel et bien un piège sur le long terme.
À la première lecture de la plate-forme, je suis heureux de voir que le SNMKR a suivi quelques unes de mes propositions (à lire).
Cependant, au final la dite plate-forme a toujours quelques soucis.
L'identification par mail n'empêche en rien de voter plusieurs fois et la confirmation d'inscription ne fonctionne pas toujours et surtout, on ne peut aucunement vérifier que la personne qui vote soit bel et bien un kinésithérapeute conventionné !
Que les représentants des divers syndicats qui ne voient que par la démocratie participative aillent lire le texte que j'ai écrit sur le sujet... (à lire)
Autant le dire tout de suite, monsieur Revel, je vous en prie, vous voulez que l'avenant soit signé par le SNMKR, pardon, par l'Union ? Et bien c'est assez simple, faites voter l'ensemble des employés de la CNAM et vous aurez largement plus de voix que celles des masseurs-kinésithérapeutes !
Nous dirons merci au SNMKR...
Union vs SNMKR
Encore une fois je suis surpris de lire que le SNMKR ceci, le SNMKR cela... Cependant, juste histoire de rappeler un point important, le SNMKR n'est pas représentatif. C'est l'Union qui l’est.
Où est donc passé l'Union ? Où sont les membres d'Objectif Kiné (OK) ?... Nul part, pas une seule fois dans l'ensemble des discussions je n'ai pu lire ou voir intervenir un membre d'OK ! Étrange n'est-il pas ?
Non, pas si étrange que cela. Le SNMKR semble être dans un but purement commercialo-syndical. Comme je vous l'ai expliqué dans mon article sur la modification des URPS (à lire), les syndicats, si ils souhaitent conserver ou devenir représentatifs auront tout intérêt à être de bons et loyaux toutous auprès des tutelles. Il devront faire amende honorable pour ne pas être écartés...
Et bien voilà. Je pense que le SNMKR a fait son choix et fait tout pour nous expliquer que cet avenant n'est pas si mal que cela. La réalité est que, et je reprends les chiffres annoncés par le SNMKR, au mieux les mesures rapporteront en moyenne 1326€ par an et par praticien en 2019 soit 110€ par mois et au pire 668€ par an soit 56€ par mois. Êtes-vous prêts à vendre votre profession pour 86€ par mois en moyenne sur 4 ans ?
Moi non !
D'autant qu'aucune de ces mesures ne prend en compte le fait que nous allons au mieux être victime d'une augmentation de 1,7% de CSG dans les mois à venir.
Faites le calcul...
Ce qui est sur, c'est que le SNMKR, a fait un raz de marrée sur les réseaux sociaux pour nous convaincre que cet avenant était une bonne solution. Et malheureusement quelques "lieutenants" du SNMKR ont eu des propos qui n'étaient pas toujours très adaptés sur ces dits réseaux. Ainsi j'ai profondément été outré quand j'ai pu lire qu'un professionnel de santé (du moins qu'il prétend être) a osé dire ouvertement "je prends l'argent là où il est". Si la démarche "commercial" peut être « entendable », d'un professionnel qui se veut être au service des malades, je trouve cela très irrespectueux et contraire à l’éthique.
À vouloir trop en faire, on en fait de trop comme le dirait monsieur de la Palice et c'est le piège dans lequel le SNMKR est tombé.
Ceci étant dit, je remercie le SNMKR pour la diffusion du document qui serait le projet d'avenant numéro cinq ainsi que ses annexes. De mémoire c'est la première fois que cela se fait.
Le filouterie est dans les détails
Vous l'avez certainement remarqué, les débats autours de cet avenant font que nous parlons beaucoup des revalorisations mais peu de gens ont eu la curiosité de lire en entier le document.
Sur les rémunérations, j'avais chiffré il y a quelques mois pour Alizé, à 90 millions d'euros par an, au mieux. Nous sommes finalement à 287 millions sur 4 ans soit en gros 70 millions par an. Je vous avoue que je suis assez assez satisfait que mon analyse fut la bonne, et en même temps, comme je le disais à l'époque, profondément déçu que ce ne soit que si peu.
D'autant que comme souvent dans ce genre de texte, le pouvoir est dans le détails...
En effet, l'un des effets positifs du conventionnement sélectif, est de permettre aux titulaires de pouvoir à nouveau négocier leur départ en retraite ! Et oui, la signature du précieux document signifiant le nom du repreneur va se vendre très cher !…
Il est important que les jeunes diplômés et les futures professionnels enclin au déménagement fassent bien attention à tout ceci.
Il serait peut être même intéressant de voir si quelques partisans de cet avenant ne seraient pas en zone sur-dotée et proche de mettre leur cabinet à la vente...
Notez aussi que les avis de la commission paritaire départementale (CPD) doivent être rendus à la majorité des deux tiers. Les CPD étant composée à part égale des représentants des caisses d'assurance maladie et des représetnants syndicaux, autant dire que la majorité des deux tiers ne sera obtenue que si les représentants de l'assurance maladie le souhaite !
On appelle cela une démocratie "orientée".
Notons aussi que l'UNCAM commence à introduire la notion d'"activités spécifiques". N'osons pas dire « spécialisation"...
Il va falloir suivre cela de très près. Car non seulement nous n'imaginons pas la portée que peut avoir cette distinction mais avec ces activités spécifiques, l'UNCAM introduit aussi un volume nécessaire pour maintenir le conventionnement. Cette épée de Damoclès est effroyable... Autant je suis favorable à un quota général, autant imposer un volume d'actes spécifiques me semble ubuesque.
Relevons aussi le contrat d'exercice temporaire, qui si il peut paraitre anecdotique, montre que l'UNCAM a pensé le conventionnement sélectif depuis des années et a déjà mis en place un certain nombre de mesures à venir.
N'en doutons pas une seule seconde, les dindons de l'histoires seront tous kinésithérapeutes !
Nous retrouvons les mêmes notions d'actes minimums dans les différents contrats d'incitations. Ces derniers étant justement "contractuels", cela n'est pas dérangeant, vous savez quand vous signez. Pensez tout de même que les chiffres avancés, à bien y calculer, ne sont pas si "évidents" que cela à réaliser et me laisse penser que nous n'avons pas fini de lire et d'entendre parler de conflits engendrés entre les caisses et les professionnels au sujet de ces contrats.
Bien noter aussi sur ces contrats les conséquences d'une modification de zone.
Ces contrats d'incitations sont très dangereux pour les nouveaux diplômés qui se lanceraient dans l'aventure. Je pense que sans expérience de création d'activité au préalable, il sera très difficile de ne pas avoir de conflits avec la caisse. Il faudra un suivi comptable et de patientèle quasi quotidien. Et il faudra pouvoir dire "vous n'êtes pas de ma zone, désolé je ne vous prendrais pas en charge sinon je risque de ne plus être dans les contraintes de mon contrat".
La rémunération de prise en charge d'un stagiaire me parait déplacée... Soit on instaure un réel contrat de prise en charge des stagiaires égalitaire entre tous, soit on ne fait rien. Mais une demie-mesure ségrégationniste par la localisation... Je suis perplexe.
Le titre 2 de cet avenant (refonte de la nomenclature) me choque particulièrement car il est plein de sens mais vide de texte !
En effet, nous découvrons que l'actuelle nomenclature n'est pas assez descriptive et qu'elle sera étudiée ultérieurement !
Autant nous attendre à une belle usine à gaz !
Attention toutefois au calendrier, à savoir fin du premier semestre 2018, donc quasi conjointement avec la mise ne place de l'ensemble des mesures de l'avenant.
Je flaire le piège à 500 lieues. Pourquoi ne pas avoir fait cela en amont ? Pourquoi ai-je l'impression d'être pris pour le dernier des imbéciles ? Iriez vous signer quelque chose à l'aveugle mais qui contraindra la profession sans même savoir à l'avance de quoi nous parlons ?
En effet, même si l'on va argumenter que ce seront des discussions, que rien n'est fait etc... Laissez moi vous mettre en garde.
À l'UNCAM, tout est déjà écrit
Et cette volonté d'en discuter plus tard pourrait cacher simplement le fait qu'ils savent que cela pourrait remettre en cause la signature de l'avenant. Cela ne présage rien de bon. N'en doutons donc pas, la refonte de la nomenclature sera à notre encontre.
Notez aussi des petites phrases qui semblent anodines mais qui ont leur importance, comme la dématérialisation et la transmission du BDK qui de fait deviendrait quasi obligatoire avec la remise d'un document au patient.
Alors oui le BDK va être augmenté mais pensez bien que les frais liés à sa transmission et à la remise d'un document au patient seront à votre charge... Vous souvenez vous combien votre éditeur de logiciel vous a demandé pour le module SCOR ?... Et combien il vous facture la "maintenance logicielle" à l'année ?
Méfiance, le BDK augmentera, mais au final nous y perdrons…
Sur le même thème, les aides à l’informatisation seront reformulées.
Ainsi les critères d’admissibilité au forfait annuel augmentent.
Votre logiciel devra être certifié HAS et compatible DMP et compatible avec le recours aux téléservices tels que l’applicatif ADR i.
N’en doutez à aucun moment… cela aura un prix et votre éditeur de logiciel s’en frotte déjà les mains.
il vous faudra aussi avoir une messagerie sécurisée dont le coût vous incombera aussi…
Les 490€ annuels promis ne sont rien face à ce que nous dépensons annuellement en frais informatiques, maintenance logiciel etc…
Toujours dans l'idée des "points de détails", la convention peut être résiliée par différents moyen dont "modifications législatives ou réglementaires affectant substantiellement les rapports entre les organismes d’assurance maladie et les masseurs -kinésithérapeutes", or Monsieur Macron a promis la suppression du RSI, ce qui entrainerait une modification de la sections sociale de la commission paritaire nationale, régionale et départementale, ce qui constituerait une modification affectant les rapports entre les organismes d"assurance maladie et les kinésithérapeutes... Cela pourrait donc être un bon moyen de reformuler une convention à ce moment là... Messieurs-dames, dirigeants des syndicats représentatifs, la balle est dans votre camp.
Attention, de nouvelles sanctions sont applicables liées au zonage. En effet la pratique d'une activité spécifique pouvant permettre d'exercer en zone sur dotée, si le taux de pratique de cette activité spécifique n'est pas atteint, le professionnel se vera déconventionné dans la zone.
Être interdit d'exercice pendant 1 mois n'est jamais plaisant mais je dirais que c'est "gérable" (ne prenez pas mon propos pour une insoumission générale, loin de là, je suis pour le respect de la convention, même si elle est mauvaise). Par contre être interdit d'exercice dans une zone, implique un déménagement, ce qui est beaucoup moins gérable et largement plus coûteux. Sachant que lorsque l'on est déconventionné, il est impossible de se faire remplacé ou d'être remplaçant, la procédure est stricte et ferme.
Attention aussi à l'apparition d'une procédure exceptionnelle de déconventionnement.
Dans le cadre d'un dépôt de plainte par l'organisme de sécurité sociale suite à une fraude (article L114-9 du code de la sécurité sociale) qui dépasserait 8 fois le plafond mensuel, soit 26152€ pour 2017, le déconventionnement est à la discrétion du directeur de la caisse. et si 26000€ vous parraissent "énormes" pensez que sur 5 années (délai maximal pour notifier une fraude) cela ne représente que 5200€ par an... à méditer.
Voilà pour les quelques "détails" que j'ai relevé.
Pourquoi l'UNCAM ne réparti pas l'argent sur une augmentation de la lettre clé ?
La réponse est simple. L'UNCAM a des obligation en matière d'objectifs prioritaires de santé.
Elle a donc un budget défini à ce titre et doit prouver qu'elle a agit dans ces domaines. Et ce budget ne peut en aucun cas aller à une autre prestation.
Une fois que l'on a compris cela, on s'aperçoit que cet avenant ne fait que répondre aux objectifs prioritaires de santé et que le reste n'est que saupoudrage destiné à nous plaire, ou presque.
Nous ne sommes pas responsables des erreurs de santé publique et des différentes politiques catastrophiques menées depuis des années. Politiques que nous dénonçons largement depuis des lustres.
Que l'UNCAM se débrouille avec ses obligations et qu'elle rémunère correctement les acteurs de santé, point à la ligne.
Je pense qu'il faut être forts et montrer à l'UNCAM que nous ne sommes pas des moutons et que non, nous ne signerons pas cette mascarade.
Personnellement si j'étais en mesure de signer cet avenant, je ne signerais pas, non pas à cause de modalités de rémunération qui sont de la poudre aux yeux, non, mais à cause des multiples pièges qui sont inclus dans cet avenant et qui auront des impacts dans l'avenir sans que nous puissions y faire quoi que ce soit.
Il faudrait soit avoir un intérêt particulier soit avoir une lecture plus que superficielle pour croire que ce texte est bon et qu'il faille le signer.
Et la FFMKR ?
Celle-ci est resté assez "muette" durant l'ensemble de la négociation, c'est ainsi avec plaisir que j'ai pris connaissance des positions de la FFMKR.
J'ai trouvé dommage ce long silence de six mois hormis quelques mails et communications via des sections départementales très ciblées, mais cependant, stratégiquement je le comprends et finalement, à la vue de ce que l'hypercommunication du SNMKR (et pas de l'Union) a apporté, il me semble que la stratégie de la FFMKR était la bonne solution.
À noter surtout, l'absence très intelligente de commentaires des "lieutenants" de la FFMKR sur l'ensemble des réseaux sociaux. Cela démontre une certainement forme de hiérarchie au sein du syndicat et de l'autorité nécessaire au maintien de l'ordre en son sein.
Je ne suis pas partisan de la FFMKR pour pleins de raisons, cependant, je dois avouer que leur politique interne autours de ces négociations est mille fois plus respectueuse que celle du SNMKR.
Ils se sont réunis en congrès, ont fait voté les sections départementales, ont à priori pris en considération leurs adhérents et ont adopté le vote en conséquence.
C'est là une vraie politique syndicale et surtout une vraie démocratie participative. Que certains autres en prennent exemple...
Bref, aujourd'hui nous le savons, suite à leur congrès, il a été décidé de ne pas signer cet avenant. Peut être ont ils eu une analyse plus approfondie du texte et ont su voir les quelques pièges posés de ci de là.
Voilà, c'était mon analyse de cet avenant et de négo-kiné qui aurait pu être un outil formidable mais qui finalement a eu l'effet d'une tornade dans un verre d'eau mais qui aura un effet boomerang je pense important sur le SNMKR. Ce qui est sur, c'est que moi, j'ai la mémoire longue...
Si vous avez noté des choses que je n'ai pas relevé, ce qui est fort probable, n'hésitez pas à me contacter (This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.).
Vincent Jallu
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Voilà… c’est fait !
(Passez votre souris sur le document pour le voir en grand. Vous pouvez aussi consulter le lien direct)
C’est officiel, le DEMK est considéré au plus haut niveau de certification tant en France qu’en Europe mais…
Mais, aucune traduction dans l’exercice de tous les jours.
Aucune traduction de reconnaissance tant dans les compétences, les savoirs faire, sur le terrain que ce soit en exercice salarié qu’en exercice libéral.
Pourtant il y a urgence car l’hémorragie de kinésithérapeutes dans les établissements de santé s’accélère mais il est vrai que les tutelles comptent sur les glissements de tâches, le partage des compétences et l’exercice illégal pour suppléer à cette défection qui est une véritable perte de chance pour les patients.
En libéral, à l’heure où les négociations conventionnelles s’enlisent, il est aussi grand temps que ce niveau de certification professionnelle soit pris en compte.
Est-il normal qu’un professionnel détenteur d’un diplôme situé au plus haut de la certification soit rémunéré sur la base horaire d’un OS ?
Il est probable que cela n’évolue pas, les tutelles comptant sur l’incapacité des syndicats dits représentatifs à faire front commun et encore moins à appeler l’ensemble des structures et des forces professionnelles à s’unir.
L’exemple de la réingénierie a été exemplaire et le Ministère, Bercy, et par conséquence les caisses l’ont bien intégré.
En ce qui nous concerne, nous n’abandonnons pas ce combat pour la reconnaissance du DEMK au niveau master puis l’intégration universitaire pleine et entière avec l’ensemble des reconnaissances que cela génère.
Notre concept du kinésithérapeute Ingénieur en Rééducation, chaînons manquant dans notre système de santé, est toujours notre objectif comme l’est la kinésithérapie maître de sa recherche et de sa formation pour devenir une vraie profession autonome qui collabore de concert avec faculté de médecine.
Didier LANTZ
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Un projet qui ne peut que satisfaire est celui de la Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène SCHIAPPA.
En effet, Marlène SCHIAPPA a déclaré qu’elle souhaitait mieux protéger les femmes, en particulier lors des congés maternité qui, nous le savons tous sont très insuffisants pour les professionnelles libérales.
Il serait question d’améliorer les congés maternité, quel que soit leur statut et leurs activités, afin que toutes les femmes bénéficient d’un congé maternité digne de ce nom. Et de faire bénéficier du congé le plus avantageux en cas d'activités multiples.
Il est possible que nous n’atteignions pas encore le niveau de certains pays nordiques mais ce serait déjà une nette amélioration.
Nous ne pouvons que saluer Marlène SCHIAPPA qui pense à toutes les femmes.
Cela contrairement à Marisol TOURAINE (socialiste !!!) qui limitait l’amélioration du congé maternité aux seules femmes médecins.
Et nous sommes satisfait de ce projet qui est une revendication que nous avons demandée et soutenue depuis longtemps, principalement pour nos consœurs kinésithérapeutes. La kinésithérapie étant une profession a la pénibilité importante sauf pour celles et ceux ne vivant que d'indemnités liées à leur(s) fonction(s)…
Didier LANTZ
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Prévention... vous avez dit Prévention ?
Nous avons relaté l'ambition de la Secrétaire d'Etat à l'Egalité Femme/Homme, concernant le "congé maternité pour toutes", maintenant nous nous intéressons au projet de notre nouvelle Ministre des Solidarités et de la Santé.
Souhaitant que ces projets ne soient pas que de vains mots pré électoraux en vue des législatives.
La Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès BUZYN veut investir dans la prévention.
Beau projet que celui-ci. Il manque juste les moyens qui pour le moment n'apparaissent nul part.
Et pour notre Ministre, elle compte d'abord et en priorité sur les médecins via des missions d'intérêt général dans les établissements de santé et des objectifs de performance pour les libéraux.
Les kinésithérapeutes connaissent bien les objectifs de performance des médecins libéraux puisque ceux-ci bénéficient de plusieurs milliers d'euros annuels quand ils limitent leurs prescriptions de rééducation.
De plus, lancer les médecins dans le grand vide de la prévention alors qu'il manque de médecins, que les Françaises et les Français subissent de plus en plus la pénurie médicale organisée depuis des décennies par les gouvernements successifs, quelque soit leur couleur et orientation politique, nous semble une utopie.
Nous aimerions croire que la Prévention avec un "P" majuscule devienne un véritable objectif de santé public mais le constat de la réalité de la vie quotidienne nous rend vraiment très septique.
Ajoutons à cela le démentellement de la Médecine du Travail, la déchéance de la Médecine Scolaire et ce projet n'apparait qu'être que des mots liés à une méconnaissance de la réalité sanitaire.
Pourtant, nous sommes de fervents partisans de la prévention mais tout ceci paraît mal engagé.
Madame la Ministre, pour faire aboutir cet objectif, qui pour nous est primordial, de développer, enfin(!), la prévention, nous vous proposons de vous appuyer sur les kinésithérapeutes qui ont toutes les compétences requises.
Osez Madame la Ministre, reconnaissez les qualités professionnelles des kinésithérapeutes ainsi que leur niveau de formation et appuyez vous sur eux pour développer une prévention efficace.
Didier LANTZ
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Doit on craindre ou encourager la télémédecine ?
Sans rentrer dans le domaine de la science fiction, voici ce qui pourrait à très court terme exister en s'appuyant sur un réseau déjà existant:
Imaginons que vous ayez une "gastro" durant la nuit.
Le matin, vous vous connectez via internet sur un portail dédié aux consultations médicales. Après quelques brèves questions destinées à faire un premier dispatching, le portail vous propose un rendez-vous avec un médecin en ligne dans la demie heure qui suit dans votre pharmacie habituelle ou à proximité.
Arrivé dans votre officine, vous entrez dans la salle de soins qui a été rendue obligatoire, vous vous asseyez, vous insérez votre carte vitale dans un boitier, l'appareil se connecte alors au médecin qui a désormais accès à votre Dossier Médical Partagé (DMP). Vous enfilez alors un "gants" qui n'est ni plus ni moins qu'un tensiomètre-thermomètre-oxymètre connecté qui va effectué quelques mesures.
Le médecin à l'autre bout du monde, là où on peut le payer 10€ la consultation a alors accès à vos constantes de base, votre DMP et en moins de 5 minutes et deux questions vous dit "vous avez une gastro, j'ai saisi à l'instant l'ordonnance électronique, le pharmacien vient de la recevoir et vous délivrer de suite votre traitement".
Bonne fin de journée messieurs-dames, en moins de 10 minutes votre consultation est faite et vous ressortez avec votre traitement. N'est-ce pas là, pour le patient, une forme de médecine idéale répondant à l'hyper-consommation de notre société où il faut tout, tout de suite ?
Le tout en Tiers Payant Généralisé (TPG) ou pire, au sein d'un réseau de soins mutualiste, que demander de plus ?
On peut même imaginer à terme une prise en charge "à domicile", avec le fameux "gant connecté" non plus à l'officine, mais à la maison. Nous pourrions donc avoir une consultation à domicile, quasi à la demande.
Et si vous croyez que cela relève de « l’irréel », sachez que tous les processus techniques pour organiser cela sont déjà d’actualité. Les derniers boucliers législatifs sont en cours d’étude et il ne faudra pas longtemps avant que celui ne puisse émerger.
Où est le piège ?
Le premier piège est que si les plateforme de médecins qui vous consultent sont en France, avec des médecins français, ces derniers seront soit salariés soit libéraux. Si ils sont libéraux, il y aura une facturation à l'acte et aucune économie réelle à la clé. Salariés, le raisonnement commence à changer. En effet le salarié coutera moins cher que le libéral.
Enfin si le médecin est "ailleurs", comprenez dans une zone où le tarif de la consultation médicale est bas comparativement au notre, là les économies pourront être gigantesques.
En effet, un médecin dans un pays en voie de développement, avec un salaire de 1000€ par mois qui pourrait effectuer 6 consultations à l'heure pendant 10h serait une manne financière !
En dehors des économies, ces consultations feraient perdre, je pense, 20 à 30% des consultations des généralistes de France. En effet on pourrait de cette manière gérer la quasi totalité des consultation pandémiques (gastro-entérite, grippe...), les consultations de "bobologie" etc...
Autant dire de suite que finalement nous aurons sur le territoire beaucoup plus de médecins qu'il n'en faudrait à ce moment là.
On comprend de suite pourquoi les pouvoirs publics n'augmentent pas le numerus clausus, pourquoi des spécialistes du droit, de la protection des données, des réseaux informatiques et autres ont été consultés dans cet objectif.
Indirectement, le principal risque pour les médecins est que le monopole soit totalement remis en question par des médecins extérieurs. Et c'est certainement là qu'il faut chercher pour comprendre les enjeux de ce genre de dispositif.
En effet, n'en doutons pas, les pouvoirs publics font tout pour fractionner et supprimer les monopoles de santé. Je pense que nous sommes assez bien placés pour en parler ! et si les médecins ont encore ce "privilège" d'être "indispensable", ce type de dispositif les rendrait "accessoires"...
Les réseaux de soins
Si ces réseaux sont sous les feux médiatiques en ce moment, pensons que si ce système ne sera peut être pas d'actualité dans les mois à venir par le biais de la caisse nationale d'assurance maladie, il le sera certainement via un ou des réseaux de soins.
Imaginez une mutuelle qui pourrait dire à ses futurs clients, "chez nous, nous vous proposons des consultations médicales en ligne tous les jours à toutes les heures » !
En tant que patient, n'y trouveriez vous pas votre compte ?
Imaginez un magnifique "coup de com" d'une mutuelle, qui au 15 janvier d'une année où les épidémies de grippe et de gastro-entérites sont bien présentes, dirait "nous ouvrons une consultation gratuite à tous nos adhérents, et ce, tous les jours de la semaine ! Tous les professionnels de santé s'inquièteraient alors du niveau du soin, de petits détails etc, mais les patients... eux seraient certainement ravis de ne pas avoir à attendre 8 jours pour obtenir une consultation...
À notre échelle...
La consultation médicale c'est bien , mais nous, masseurs-kinésithérapeutes... En quoi pourrions nous être concernés ?
Et bien c'est assez simple, il suffit de regarder comment s'organise le soin chez nos voisins, voir, un peu plus loin.
Prenons l'exemple d'une entorse de cheville. Le kinésithérapeute pourrait tout à fait effectuer les 2-3 premières séances à son cabinet. Puis au moment de la rééducation proprioceptive en charge, du travail musculaire ou plus généralement de l'ensemble des exercices musculaires, le kinésithérapeute à distance pourrait très bien coacher 3-4 ou même 5 personnes en même temps.
Attention toutefois, les "APA" grignotent du terrain chaque jours. Il est fort envisageable qu'à terme, dans cette logique de diminution des coûts, le kinésithérapeute effectue ses 2-3 séances et qu'ensuite il passe le relai à un APA pour effectuer la fin de rééducation !
Voyez vous où je veux en venir ?
Car oui, cela pourrait tout aussi être effectué à quelques centaines voir milliers de kilomètres de votre cabinet par un praticien lui aussi payé quelques centaines d’euros par mois…
Conclusion
Étant moi même assez fan de nouvelles technologies et en même temps assez soucieux de mon avenir professionnel, je ne sais pas comment me positionner face aux éventualités qui se présentent.
En effet, en tant que patient, il est clair qu'avoir accès à une consultation rapide et qui permette une prise en charge quasi instantanée serait un réel plus.
Cependant il est évident que pour l'ensemble des professionnels du secteur médical et paramédical, il y a un réel danger pour la survie de nos emplois.
Il va falloir s'y préparer et modifier notre vision du soin, de son organisation pour ne pas être pris au dépourvu.
Mais soyez en sur, la télémédecine ce n'est pas de la science fiction, ce n'est pas pour "dans 20 ans", non c'est à court terme d'ici moins de 5 ans...
Vincent Jallu
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