La Profession
Attention au mélange des genres...
à venir (dans un ordre non exhaustif !)...
les négociations conventionnelles
le tarif d'autorité
les contrôles
la requalification des actes
les urps
les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...
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- Written by Vincent Jallu
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En avril, prépare toi à être habile.
En Mai, fais semblant de faire ce qui doit être fait.
En Août… prépare les professionnels au burn out !
Voilà ce qui pourrait résumer la politique de madame Buzyn, ministre de la santé.
S’inscrivant directement dans la droite ligne de madame Touraine, à savoir, la fuite !
La parution des décrets concernant l’exercice salarié, en toute discrétion, en plein mois d’août, mois où la France est « en panne » où rien ne se passe, montre le courage de nos dirigeants et le manque total de respect qu’ils ont envers les professionnels.
Bien évidement la minsitre en vacances en Corse est injoignable... Il est vrai que prendre ses fonction en Mai nécessite des congés indispensables...
Par contre nous, on nous explique qu'il faut bosser plus pour gagner moins. Faites ce que je dit et pas ce que je fais...
Vous trouverez ci-dessous les textes en question.
Ces textes, rejetés massivement par l’ensemble des professionnels sont injustes socialement et totalement irrespectueux des professionnels.
Pour faire simple pour celles et ceux qui n’ont pas suivi les débats, l’état sous la présidence de monsieur Sarkozy a fait un joli paquet cadeau avec un beau papier très propre, un beau noeud rouge bien pompant, en promettant le passage des masseurs-kinésithérapeutes de la catégorie B à la catégorie A. Ça, c’était le cadeau… Mais à l’intérieur du cadeau, bien évidement le poison ! En changeant de catégorie, l’ensemble des acquis sont perdus !
C’est pourquoi il avait été demandé aux gouvernements de la présidence Hollande d’autoriser un « choix » possible propre à chaque professionnel. Il pouvait conserver ses acquis et rester en catégorie B ou passer en catégorie A et perdre ceux-ci.
Pour les « jeunes » le choix de la catégorie A semblant plus cohérent et pour les « anciens » le maintient en catégorie B étant plus judicieux.
Et bien non, la présidence Macron et madame Buzyn ont tranché, tout le monde en A, point à la ligne !
La fonction publique, terreau de notre profession
Ne l’oublions jamais, notre profession tire toutes ses avancées majeures et tout son bénéfice de la fonction publique.
La rééducation périnéale, le vestibulaire, les investissements lourds (isocinétique, tests d’efforts…), l’avancée des pratiques, le cadre administratif et légal, tout est issu de l’exercice au sein de la fonction publique. Combien d’entre nous on fait ou font des actes qui ne sont pas de notre compétence légale, mais qui au fil du temps le deviennent ?
Si vous ne savez pas pourquoi nous n’avons toujours pas le grade master, posez vous simplement la question « combien vaut un master dans le public ? ». La réponse est simple environ 24000€ par an. 2000€ par mois ! Combien gagne un « kiné » dans le public ? 1600€.
CQFD… Avec la reconnaissance au grade master, li faudrait augmenter d’au moins 20% les grilles salariales. Ne cherchez plus pourquoi les gouvernements successifs trainent des pieds !
Toute la profession prend essence au sein de la fonction publique.
Chaque coup porté au sein de l’exercice salarié a des répercussions à long terme sur l’ensemble des praticiens.
Appel à l’unité
Le gouvernement s’attend à des mouvements sociaux à la rentrée concernant la « loi travail », et bien qu’il s’attende aussi à des mouvement sociaux de la part des professionnels de santé !
Le constat est simple, le ministère veut renouer le dialogue avec les chirurgiens dentistes, les médecins sont inquiets et veulent déjà un nouvel avenant, les pharmaciens sont très tendus, les kinésithérapeutes libéraux sont en panne conventionnelle, les kinésithérapeutes salariés viennent de prendre un coup bas indigne. Associés à notre profession, rajoutons s les pédicures-podologues, les psychomotriciens, les orthophonistes et les orthoptistes !
Unissons nous, salariés, libéraux, toutes professions médicales et paramédicales confondues.
Il est temps de montrer que notre profession qui ne cesse de faire des efforts que ce soit en libéral ou en salariat, notre profession en a marre d’être le dindon de la farce !
Cessons de courber l’échine. Relevons nous et montrons qui nous sommes !
Que monsieur Macron et madame Buzyn se le disent… Jupiter et Salus vont devoir affronter un défi colossal, le peuple !
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- Written by Vincent Jallu
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Oui, vous avez bien lu, il va falloir changer de crémerie, non pas que l’orthophonie me passionne, mais simplement parce que ces derniers ont signé l’avenant numéro 16 à leur convention et cet avenant est nettement plus avantageux pour leur profession que ce que nous propose l’UNCAM pour la notre.
Alors non, ne voyez pas là une quelconque forme de dénégation des orthophonistes, n’y voyez pas non plus une volonté de clivage inter-professions, non voyez-y simplement une forme de jalousie extrême !
En effet, je ne sais pas si ce sont nos syndicats qui sont d’un niveau inférieur à celui des orthophonistes. Je ne sais pas non plus si monsieur Revel a été plus sensible aux charmes féminins qu’à ceux de la masculinité omniprésente de nos représentants (d’ailleurs la parité on en parle ?) ou si simplement les orthophonistes sont plus doués que nous, le fait est, j’aimerais bien avoir le même contenu que leur avenant !
N’ayant pas vu grande communication officielle de nos très chers syndicats sur le sujet, je vous propose donc une petite analyse du dit avenant. Peut être trouverons nous quelque chose en réaction à cet article, ou peut être « plus tard » ou encore « jamais » puisque nos syndicats ont une fâcheuse tendance à ne regarder que ce qui se trouve sous leurs pieds avec une vision très égoïste centrée sur eux même.
Vous pourrez trouver le dernier document paru par la fédération nationale des orthophonistes en cliquant ici.
Premiers constats
La première analyse que nous puissions en faire est que cet avenant n’apporte aucune revalorisation de la lettre clé. Comme cela a déjà été indiqué à de nombreuses reprises, l’UNCAM ne souhaite pas dans l’instant faire évoluer les tarifs des professions de santé, mais agir par d’autres leviers pour créer des apports financiers différents.
Cela est du au cloisonnement des différents budgets qui fait que finalement même si le coût global augmente, la dépense de chaque poste reste dans les proportions demandées par le législateur. Ceci n’est que l’avènement de la logique comptable de la santé et ne correspond en rien ni à la réalité du terrain, ni à la réalité de la santé.
La seconde analyse est que les orthophonistes, contrairement à nous, ne sont pas sous la contrainte et restent à tous les étages dans l’incitatif. Il est clair que leur démographie est très différente de la notre, mais il est aussi notable que leur mode de consultation impose que l’abattage ne soit pas tellement possible. À méditer… Peut être que le jour où nous aurons dans notre profession des professionnels réellement professionnels et pas seulement à l’appât du gain, les choses changeront…
Les revalorisations
Le premier point de revalorisation concerne leurs bilans. Ainsi la FNO avance que 70% des actes seront concernés.
Les orthophonistes ont 3 types de bilans cotés AMO 16, AMO 24 et AMO 30
Ainsi leur AMO 16 passera en AMO 22 en avril 2018 et en AMO 26 en janvier 2019. Ce qui implique qu’ils passeront de 40 à 55 puis 65€.
Cela représente un peu plus 62% d’augmentation sur le bilan !
Leur AMO 24 passera en AMO 30 puis 34, soit un passage de 60 à 75 puis à 85€.
Cela correspond presque 42% d’augmentation.
Enfin, l’AMO 30 deviendra AMO 36 puis AMO 40, impliquant une augmentation de 75 à 90 puis à 100€
Cela nous donne une augmentation de 33%.
En moyenne leurs bilans augmenteront de presque 46% !
Si l’on appliquait ces augmentations notre BDK 8,1 à 17,42€ pourrait passer avec une augmentation équivalente de 62% à 28€ et le BDK 10,1 à 21,72€ passerait avec 33% d’augmentation à presque 29€. L’UNCAM nous propose en l’état un passage à 23 et 23,22€ ! Quelle misère !
Quelques revalorisation de nomenclature sont aussi notées. Des cotations 11 qui deviennent 15,6… Là où pour nous un 7 devient un 8 et un 8 devient un 8,5. Chez eux 41% d’augmentation, chez nous 14… On pourrait presque dire que la kinésithérapie est le palindrome de l’orthophonie.
Création d’un forfait handicap de 50€ par an par patient. Il est vrai que nous les handicapés… Enfin bref.
Valorisation de la prise en charge des enfants de moins de 3 ans. 6€ par séance ! Je ne sais même pas si cela vaut la peine de calculer ce que cela représenterait chez nous. Il est vrai que comme le handicap, nous ne sommes certainement pas au fait de la prévention des troubles chez les enfants de moins de 3 ans, sans commentaire.
Associé, une légère augmentation de cotation pour les prises en charges de enfants de 3 à 6 ans.
Le forfait post-hospitalisation des patients AVC, neurologiques graves ou cancéreux. 100€ en plus des séances facturées. Ce forfait semble identique au notre.
Idem pour l’accueil des stagiaires en zone sous dense, indemnisation de 150€ identique à la notre.
Une revalorisation qui n’est pas financière est la modulation de la durée de l’acte. En effet, les orthophonistes sortent enfin du carcan temporelle. Si cela ne représente pas une amélioration financière directe, cela représente une avancée majeure tant du point des statistiques que de la liberté d’organisation.
Autre point non négligeable d’un point de vu législatif et administratif, leur notion d’urgence rentre dans leur convention. Contrairement à nous où notre ordre nous a gratifié d’une réunion n’ayant aucun intérêt (à lire ici), la FNO a réussi à faire inscrire au titre de la convention la notion d’urgence. Ils peuvent donc espérer une cotation future. Nous concernant, nos syndicats n’ont même jamais évoqué la chose… Là encore, peut être une question d’ambition !
Les modification de NGAP
Contrairement à nous où les modifications ne sont pas annoncées mais actées de la manière la plus flibustière possible, les orthophonistes ont vu certaines de leurs cotations regroupées en semble, et attention, systématiquement à la hausse. Ainsi deux anciennes cotation 5,1 et 8 se sont retrouvées sous la même appellation coté en 8. Un peu comme si pour nous, on nous disais « rééducation à la marche 6 » et « rééducation des 2 membres inférieurs 9,5 » deviennent « rééducation à la marche ou des deux membres inférieurs 9,5 » ! Croyez moi… cela ne sera aucunement le cas !
Incitations à l’installation
Les orthophonistes ne semblent avoir aucune mesure contraignantes à l’installation mais contrairement à nous continuent à être sur des mesures strictement incitatives.
Je ne commenterais pas volontairement les différents types de contrats proposés. En effet, nous l’avons vu avec notre avenant, les contrats peuvent sembler « attractifs » mais les contraintes pour maintenir les objectifs sont démesurés. N’ayant pas les détails des contrats obtenus par la FNO dans le cadre de cet avenant, il me semble aléatoire de commenter ceux-ci.
Conclusion
Même si le texte exact et détaillé n’est pour l’heure pas disponible et qu’il faut toujours se méfier de quelques détails dans le texte, il me semble clair que la volonté de l’UNCAM concernant les orthophonistes est clairement à l’opposé de celle nous concernant.
Merci à nos collègues orthophonistes de nous avoir montré que cela était possible contrairement à ce que nous affirment certains. Peut être une question de stratégie, de « mono-syndicalisme », d’ambition, de coalition et de congruence entre professionnels, je ne sais pas… Il est évident que notre offre syndicale semble bien platonique en comparaison.
Restriction d’installation, paupérisation de la profession, condamnation de l’exercice de qualité au profit de l’abattage sont de rigueur pour nous !
Alors oui messieurs, dames, jaloux je suis de ces orthophonistes qui ont réussi à faire ce que nous avons été incapables de faire. Si quelqu’un sait si l’on peut faire valider par l’expérience des modules pour devenir orthophoniste, qu’il me le dise rapidement car je pense jouer les opportunistes et changer d’orientation !
Car n’en doutez pas, la kinésithérapie, la vraie, celle qui est proche de son patient, celle qui prend son temps de parler aux tissus, d’avoir les moyens de ne pas être à la chaine, celle qui était rémunérée à la hauteur de son savoir, celle là… s’en est fini.
Vincent Jallu
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Suite à l’article sur la protection des données (à lire ici), je vous propose une réflexion sur les messageries sécurisées.
Je ne parlerais pas là de messagerie pour échanger des feuilles de soins sécurisées, mais bel et bien de messagerie pour communiquer avec l’ensemble des acteurs du parcours de soin d’un patient.
Les faits
Nous sommes tenus au secret médical et les échanges entre praticiens concernant des patients doivent aussi être sous le couvert de ce secret médical.
Il est donc impensable d’échanger via une messagerie non sécurisée.
De plus, les « projets » institutionnels vont tous dans le sens des échanges par voie électronique et vont tous aussi dans le sens de la sécurisation des données.
Il est donc important important voir essentiel d’utiliser une messagerie électronique sécurisée pour ses échanges.
Notez aussi que le projet d’avenant conventionnel N°5 précise que dans l’avenir il faudra avoir une messagerie sécurisée pour pouvoir bénéficier de l’aide pérenne.
Pensons aussi à l’avenir, le Dossier Médical Partagé (DMP), l’ensemble des données du patient, les analyses, les comptes rendus etc…
N'en doutons pas, la communication inter-professionnelle sera un point essentiel de notre devenir. Nous ne pouvons plus rester "terrés" dans notre coin. Les médecins reçoivent déjà l'ensemble des analyses via messagerie sécurisée. Il serait bon que nous puissions avoir les comptes rendus, les résultats d'examens complémentaires à disposition.
Les deux prétendants
Il existe à ce jour deux acteurs principaux dans le domaine.
MSSanté et Apicrypt.
Autant le dire tout de suite, les deux ont un fonctionnement très différent.
MSSanté
Ce service est gratuit mais a des fonctionnalités limités.
Il est développé par l’ASIP Santé que vous connaissez déjà puisque éditeur des carte CPS. Vous devrez d’ailleurs lors de votre inscription vous authentifier via votre CPS.
C’est là l’énorme avantage de MSSanté, en plus d’être gratuit, vous êtes sur que cette messagerie réponde et répondra aux demandes du législateur. D’ailleurs l’alimentation du DMP via MSSanté est déjà prévue.
La Direction Générale de la Santé a d’ailleurs fait savoir que l’ensemble des informations et alertes DGS-urgences seraient relayées via l’ensemble des utilisateurs de MSSanté.
Pour utiliser MSSanté, vous utiliserez par la suite un « webmail » pour échanger entre professionnels. Ce n’est donc pas via votre logiciel métier ou votre logiciel de messagerie que vous communiquerez mais via votre navigateur internet ou une application dédiée sur smartphone-tablettes.
L'activation de MSSanté est immédiate.
Pour aller plus loin mssante et esante.gouv.fr
Apicrypt
À l’inverse de MSSanté, Apicrypt est payant. Comptez 70€ par an. Cependant, l’offre de services est largement plus étendue.
Apicrypt est utilisé par 70 000 correspondants et est déjà intégré dans certains logiciels métier. Il est aussi largement déployé dans les hôpitaux et les Ehpad.
Apicrypt est actuellement le leader de la messagerie sécurisée, proposant des échanges via mails, sms etc. Son déploiement est largement plus vaste que MSSanté, même si ce dernier pallie sont retard.
L'activation d'Apicrypt nécessitera l'installation d'une "clé" et la finalisation prend quelques jours.
Apicrypt a développé des partenariats avec les URPS principalement pour le côté « libéral » et les établissements pour le côté « salarié ».
Pour aller plus loin, apicrypt.fr
Lequel choisir ?
Thé ou café ? telle est toujours et encore la question…
MSSanté, gratuit mais « simple » messagerie, développé par l’état avec l’assurance d’être toujours « à la pointe » de la législation en la matière.
Apicrypt, payant mais avec une offre bien plus importante. Le problème étant que si vous n’avez pas besoin de plus qu’une messagerie, Apicrypt n’a que peu d’intérêt dans l’avenir. Malgré tout son annuaire est bien plus important que celui de MSSanté, et c'est bien là la seule vraie raison de souscrire à Apicrypt.
À l’heure actuelle, je dirais « essayez MSSanté, c’est gratuit ». Dans quelques mois ou années quand les grandes évolutions majeures du mode de communication des données de santé seront en place, il sera toujours temps de changer. Et si vous sentez le besoin de certaines fonctionnalités d’Apicrypt, n’hésitez pas, 70€ par an, c’est certes toujours une somme, mais c’est peu.
N’oubliez pas la CNIL !
Dans tous les cas, si vous optez pour une messagerie sécurisée, n’oubliez pas si vous ne l’avez pas encore fait de vérifier de complémenter ou de créer votre déclaration à la CNIL. (cnil.fr)
Vincent Jallu
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Suite à la parution des recommandations de trois syndicats de médecins concernant des mesures d’attractivité en zone sous-dense, je vous propose un regard un peu « différent » concernant cette attractivité.
Dressons un portrait « ironique » du thérapeute...
Quand vous avez 25 ans
Vous ne souhaitez que vous amuser, profiter de la vie. Difficile de se projeter dans une région où le premier cinéma est à 20 kilomètres, la première boite de nuit étant tout aussi éloignée et ne parlons même pas d’une salle de concert ! Seul le café du coin du village voisin existant, inutile de recherche un endroit convivial pour les jeunes…
Le thérapeute « jeune » est le plus volatile, peu envie de s’installer, insouciance, peu de besoins financiers et pour lui, aller s’enterrer dans un mouroir sera difficile.
Quand vous avez entre 30 et 40 ans
La tranche d’âge complexe...
Envie de s’installer, besoins financiers élevés… La zone sous-dense propose-t-elle cela ?
Oui dans un sens car l’immobilier est en général bas (mais aussi souvent en moins bon état). Cependant, entre 30 et 40 ans la problématique change. Il faut commencer à chercher une école pour les enfants, un collège ou un lycée. L’école communale n’a que 3 classe pour 5 niveaux, la maternelle n’existe pas, le premier collège est à 20 kilomètres, et le lycée ne se fait qu’en internat !
Inutile de chercher une nounou pour un professionnel qui travaille 60h par semaine, cela n’existe pas.
Il faut penser aux économies d’énergie, mais quand il faut parcourir 150 kilomètres par jour pour ses enfants, ses patients etc, hormis en voiture cela est très difficile !
Tous ces paramètres font que cette tranche d’âge est bien compliquée et que la zone sous-dense n’a pas grand chose à offrir pour eux.
Quand vous avez 50 ans
Il vous faut trouver un lycée, une université, mais aussi un aéroport ! Oui, vous avez fini de payer votre crédit immobilier, vous recommencez à prendre des vacances, vous cherchez donc à aller « ailleurs ».
C’est aussi la période la plus dangereuse pour la zone sous-dense. Car justement économiquement vous êtes plus « libre » et donc vous pouvez commencer à réfléchir « déménagement » !
Quitte à être au milieu de nul part, autant être là où vous avez envie d’être. Et puis la campagne, c’est bien, mais aller gagner un peu de sous, monter un gros cabinet, faire comme les autres et avoir 5 assistants et profiter des rétrocessions, c’est pas mal !
La zone sous-dense vient de perdre son dernier thérapeute…
Quand vous avez 60 ans
Vous ne pensez qu’à une chose, partir en retraite... Et franchement, vous avez bien raison !
La seule réflexion que vous avez est « qu’ils ne viennent pas m’ennuyer avec toutes âneries… » !
Les problématiques de sous-dense ou sur-dense ne vous préoccupent plus et quelque part, je vous comprends parfaitement.
Une fois ce tableau à peine burlesque dressé…
Il faut poser la réflexion. Qu’est-ce qu’une zone sous dense ?
Toute la problématique est là.
L’UNCAM a utilisé plusieurs modes de calcul pour définir une zone sous-dense. Par exemple jusqu’à maintenant (l’avenant conventionnel n’étant pas encore signé), sachez qu’un « temps plein » est défini par « prise en charge de plus de 7 patients par jour ». Oui, vous avez bien lu. Si vous voyez plus de 7 patients par jour, vous êtes considéré comme « temps plein » dans votre secteur. Il devient donc limpide de comprendre pourquoi certaines zones sont classées sur-denses alors que finalement il n’y a pas tant de thérapeutes que cela.
Aujourd’hui l’UNCAM nous propose un nouvel indicateur pour dresser le zonage. Cela fait quelque mois que j’appréhende cet indicateur. Et bien objectivement, je dois l’avouer… il m’est impossible de me prononcer de manière tranchée sur le sujet.
L’indicateur ne me semble pas incohérent tout en sachant qu’aucune formulation algorithmique ne pourra se substituer à la problématique de terrain.
En effet, contrairement à ce qui a été présenté au-dessus, la réalité est tout autre. Une zone sous-dense peut être mitoyenne avec une zone sur-dense et les deux pouvant être en localisation citadine ou péri-citadine avec toutes les commodités.
Les incitations
Comme décrit dans l’analyse du projet d’avenant (à lire), les mesures incitatives qui nous sont proposées le sont dans un cadre qui est très contraignant.
Je pense très sincèrement que si l’on souhaite faire de l’incitatif, il faut l’inscrire sur du long terme (10 ans) et non sur du court terme avec des contre-parties importantes.
En effet, la durée d’obtention d’une patientèle stable, les modalités de calcul des différents prélèvements (URSSAF, CARPIMKO…) font qu’au bout de 3 ans l’activité est à peine stable d’un point de vue comptable. Ces contrats incitatifs ne font que pérenniser l’instabilité comptable dans le temps.
Les opportunistes trouveront là une bonne idée pour papillonner d’une zone sous-dense à une autre pour rester « non imposables ». Les autres, devront faire preuve d’un niveau comptable important pour maitriser leur trésorerie.
De plus se pose la problématique de la sortie de la zone de sous-dense à intermédiaire.
En effet, la qualification de la zone étant amenée à évoluer, vous pourriez investir dans une zone sous-dense, et deux ou trois ans plus tard, la zone peut devenir intermédiaire et vous perdez l’ensemble des incitations…
Voilà pourquoi toute forme de défiscalisation ou d’incitation financière ou de moyen n’est pas une bonne idée.
La liberté de choix du praticien
Dans les textes prévus, le praticien s’engage à recevoir un certain pourcentage de patients de la zone sous-dense. Jusque là, je comprends parfaitement la mesure et même si je trouve les demandes de l’UNCAM un peu élevée, je partage la position.
Cependant, point important, un thérapeute ne choisi pas ses patients.
En effet le patient est libre de choisir sont thérapeute. Et compte tenu que les auxiliaires médicaux sont hors parcours de santé, il faudra à un moment donné pouvoir dire à un patient « hors zone », désolé je ne peux pas vous recevoir car vous allez faire baisser mon activité « sous-dense ». est-ce la finalité d'un soin que de refuser des patients sous prétexte qu'ils n'habitent pas dans la bonne commune ?
Vous pourrez mettre 10 thérapeutes en zone sous-dense, si ces derniers ne conviennent pas aux patients, ils iront ailleurs.
Le déploiement de la télémédecine
Comme je l’ai indiqué dans mon article sur la télémédecine (à lire), je pense que les médecins sont en train de se masquer la face quant à la finalité de la télémédecine.
Oui la télémédecine pourra supprimer tout désert médical, mais attention, peut être pas avec des médecins résidants en France…
Conclusion
Très clairement pour attirer des professionnels dans les zones sous-denses et plus généralement dans les déserts médicaux, il faut aussi penser plus globalement à l’attractivité générale des zones. Il faut penser services de proximité. Et sans vouloir condamner les petits villages de campagne, mais objectivement hormis un « enfant du pays », combien vont réellement avoir envie de venir dans un village sans poste, sans maison de la presse, sans café du coin, sans petit resto etc ?
La problématique de la désertification des campagnes est bien plus vaste et bien plus complexe que de dire à un thérapeute « tu t’installeras là où alors tu ne t’installeras pas ! »
De plus, peut on imposer à un jeune diplômé d’aller s’installer à un endroit où il ne le souhaite pas alors que sa formation lui a coûté 9000€ par an ?
Que l’état commence par dispenser les formations initiales gratuitement avant d’essayer de nous imposer quelque conventionnement sélectif que ce soit…
Toute tentative d'installation ou de restriction d'installation dans des zones sans avoir pensé plus globalement le pourquoi du désintérêt de la zone, ser un échec sur le long terme.
L'incitation est un piège dans lequel il faut faire très attention. Il faudrait des mesures qui s'inscrivent de manière pérenne dans le temps, même si la zone change de statut.
Mise à jour du 08/08/17
L’indicateur APL expliqué…
Vous trouverez en cliquant ici ou encore ici, deux documents expliquants l’indicateur d’Accessibilité Potentielle Localisée ou APL. C’est cet indicateur qui sera utilisé pour éditer une cartographie de notre démographie et définir les zones sous-denses ou non.
Rapport sénatorial
Le sénat a émis un rapport sur l’accès au soin. Celui-ci est consultable ici.
J’ai été très surpris de lire page 69 que madame la présidente du conseil de l’ordre avait été auditionnée et avait émis des commentaires concernant des dispositions conventionnelles qui sont de fait en dehors du champ d’action du conseil de l’ordre !
J’ai retenu quelques points essentiels de ce rapport.
- la liberté d’installation c’est fini. Et si ce n’est pas pour aujourd’hui, ce sera pour demain.
- les sénateurs manquent cruellement d’imagination quant au recours à la télémédecine et négligent totalement les différents accès partiels et ou étrangers aux fonctions de médecin. Pourtant cela serait comme indiqué ici un moyen très simple de résoudre une grande partie des problèmes liés à la démographie des médecins.
- Le sénat a cependant la même conclusion que moi. L’aspect financier dans les problèmes de démographie ne fait pas tout. Nous pourrons utiliser autant de contrats incitatifs que l’on souhaite, si il n’y a pas de « vie » dans une zone, personne ne viendra s’y installer. Là où je diverge, c’est que les sénateur semblent indiquer qu’il faut dès lors passer sur des mesures répressives, ce qui à mon sens est une erreur.
- les maisons de santé… nous le savions déjà, mais cela va devenir à mon grand regret le standard de la médecine !
Vincent Jallu
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- Written by Didier Lantz
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Il y a des moments où la réalité dépasse la fiction et cette fin juin est révélatrice à ce sujet.
Malheureusement, cette réalité se présente plus comme un drame pour la kinésithérapie, et la santé en général, que comme une histoire d’amour.
Quand nous parlons d’amour, nous pensons à l’amour de ceux qui nous gouvernent vis-à-vis des citoyens que nous sommes au travers du soin qu’ils prennent à propos de notre santé.
Si la Santé, notre santé, a besoin de réforme voire de réformes, il s’avère que nous n’avons pas la même lecture et encore moins les mêmes objectifs que les tutelles.
Nous pensons en qualité des soins, en accès aux soins pour tous, en amélioration des prises en charge ce qui, dans un contexte d’augmentation de la population, d’allongement de la durée de la vie, de multiplication de la chronicité, ne peut qu’engendrer une augmentation des dépenses de santé pour vivre mieux et mieux vivre, nos élites pensantes n’observent que la question budgétaire.
Ce qu’elles traduisent par dépenses incongrues !
Il est tout à fait remarquable de lire le même jour les propos de Nicolas REVEL, Directeur Général de la CNAM et le rapport attendu (on se demande pourquoi !) de la Cour des Comptes et de constater l’harmonie parfaite au sujet de la santé, notre santé, entre ces deux « monuments » de la République.
D’un côté comme de l’autre, la kinésithérapie est ciblée. Il est vrai que ce n’est pas une première mais cela devient lassant et si nous ajoutons la signature par l’Union du SNMKR avec lui-même de la convention il est certain que les kinésithérapeutes vont largement participer aux économies demandées.
Si cette répétition des attaques contre la kinésithérapie est un sujet récurrent et lassant, la vision focalisée des décideurs qui occulte volontairement les réalités de terrain en ne s’attaquant pas aux vrais problèmes est également un sujet des plus lassants.
La France veut faire des économies de santé… soit !
La France doit faire des économies de santé… soit !
Nous en sommes conscients, nous en sommes partisans, mais en s’attaquant au mal réel mais pas aux malades qui ont besoin de soins et de kinésithérapie.
Les économies, il suffit d’ouvrir les yeux et de faire ce qu’il y a à faire pour les réaliser.
Que la CNAM contrôle réellement la réalité des prescriptions médicales.
Que la CNAM contrôle les cabinets usines et les sanctionne.
Que les études de kinésithérapie soient gratuites et universitaires avec un DE de grade Master.
Que les kinésithérapeutes aient accès à la première intention et un droit de prescription qui limitera les consultations médicales, dont les médecins se passeraient bien pour se consacrer à autre chose que de compléter des ordonnances pour avoir oublié tel ou tel consommable.
Que l’incompétence et l’inconséquence ne soient plus les critères principaux des recrutements dans les établissements de santé en particulier au niveau des décideurs.
Que l’on arrête les décisions prises à la va-vite qui produisent plus de dépenses que d’économies.
Que l’on arrête la prolifération des directeurs, directeurs adjoints, sous-directeurs, qui pour la plus part n’ont d’autres objectifs que leur efficience personnelle c’est-à-dire aller toujours plus haut et plus loin dans leur carrière. Dans un dédain de plus en plus prégnant pour les personnels et les patients car l’important est l’objectif économique qu’ils ne trouvent que sur le dos des personnels et pas dans leurs décisions inconsidérées.
Les hôpitaux sont devenus des navires sans gouverne car il y a trop de capitaines pour les diriger. Chacun ayant son propre cap à suivre. Les hôpitaux sont devenus des Galères pour les personnels qui rament de plus en plus à essayer de faire leur boulot c’est-à-dire soigner !
Mesdames, Messieurs les élites et autres gouvernants, arrêtez de vous duper en regardant ailleurs que là où il faut ! Arrêtez de jouer avec la santé des Françaises et des Français !
Didier Lantz
Vous trouverez l'auridt de la cour des comptes en cliquant ici
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