Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
Les commentaires vont bons trains en ce qui concernent les négociations conventionnelles et des questions se posent :
Où en sommes-nous ?
Qu’est-il proposé ?
Faut-il signer ?
Qui va signer ?
Nous connaissons globalement les réponses à nos deux premières questions, la profession obtiendra peu, voire rien et surtout pas ce qui correspond à ses compétences et capacités vu le manque de reconnaissance qu’elle a de la part des tutelles et l’impact négatif de ceux qui se disent représentatifs ou en être les garants !
Alors essayons de répondre aux deux dernières.
Faut-il signer ? Assurément non !
Rien ne devrait pouvoir justifier la signature d’une convention qui n’apporte aucune véritable revalorisation ni reconnaissance.
Nous parlons au conditionnel car l’histoire de la profession montre et démontre qu’à plusieurs reprises l’injustifiable a été signé.
Mais revenons à la convention qui ne devrait pas être signée puisque, à défaut, une convention sera imposée comme le ministère l’a annoncé, ce qu’a confirmé le Directeur de la caisse Monsieur REVEL.
Il vaut mieux que la responsabilité de la convention repose sur les tutelles que sur une signature professionnelle vu le contexte annoncé.
Mais voilà, il est à craindre que l’un, pour ne pas dire les deux duettistes représentatifs, de peur de perdre quelques privilèges, ne signe. Cela en criant haut et fort qu’il était nécessaire de le faire car c’est un premier, encore, toujours, nouveau premier pas vers une nette amélioration et émancipation de la profession.
Sans nous en apercevoir, nous venons de répondre à notre dernière question !
Et comme le dit le bon sens populaire : l’histoire n’est qu’un éternel recommencement.
Si les Kinés Engagés que nous sommes participions aux négociations conventionnelles et si la question nous était posée, voici quelques divagations, possiblement incomplètes, que nous aurions proposées en ce qui concerne ces négociations conventionnelles.
1/ Revalorisation du tarif des actes de kinésithérapie :
Il nous semble important de rappeler des faits indiscutables…
En 1999 la lettre clé était valorisée à hauteur de 13,40F (2,04€). Notre dernière hausse tarifaire date de 2012 où la lettre clé a été élevée à 2,15€.
Depuis 5 ans, aucune augmentation n’a été effectuée.
En 16 ans notre lettre clé a été augmentée de 5,39%.
Dans le même temps l’inflation a augmenté de 28,6%.
En suivant cette même logique, notre lettre clé devrait être à 2,62€.
Si nous poussons plus loin, en 1990 la lettre clé était valorisée à 11,55F soit 1,76€.
L’inflation depuis cette date est de 54,1% et donc notre lettre clé devrait être à 2,71€.
Le constat est simple. Nous avons perdu au cours de ces 25 dernières années 20,66% de revenus. Ajoutons à cela l’augmentation des cotisations, l’augmentation du coût des installations et des matériels spécifiques, au final notre activité a perdu entre 35 et 40% de pouvoir d’achat car ce ne sont pas les quelques petites améliorations sporadiques de cotation (passage de l’AMK7 à l’AMS 7.5 par exemple) qui ont fait évoluer nos revenus.
Même le rapport de la cour des comptes précise que la profession de masseur-kinésithérapeute est la seule à ne pas avoir eu d’augmentation significative.
Notre réponse tient en deux points:
- organiser une augmentation qui rattrape la hausse théorique entre 1999 et aujourd’hui ;
- indexer le tarif de notre lettre clé sur celui du coût de la vie.
2/ Simplification de la Nomenclature des actes de kinésithérapie :
La nomenclature actuelle comporte 16 lettres clés, majorations ou indemnités (sans compter les tarifs spécifiques aux DOM-TOM) qui se cumulent ou s’associent entre elles.
Cette complexité amène chaque jour interrogations, erreurs d’interprétations et conflits.
Cette nomenclature est le fruit de l’ensemble des dernières négociations conventionnelles, où, plutôt que d’établir une réelle augmentation, des saupoudrages ont été apportés de ci de là.
Il est temps de modifier et d’alléger cette absurdité administrative et d’avoir pour notre profession une nomenclature simple et cohérente avec notre exercice.
C’est pourquoi nous préconisons une nomenclature en 5 points.
- Une consultation de diagnostic kinésithérapique ;
- un acte simple ;
- un acte complexe ;
- deux actes collectifs ;
- deux consultations, l’une d’urgence et l’autre de prévention.
Séance de diagnostic kinésithérapique
Le bilan de kinésithérapie est la clé de voûte de notre pratique. Ce bilan doit être amené à un niveau supérieur. Il convient de porter ce bilan au titre de consultation de diagnostic kinésithérapique. (à lire en cliquant ici le texte sur la consultation en masso-kinésithérapie)
Dans le cadre de parcours de soins coordonnés, le médecin prescripteur oriente le patient vers un soin de masso-kinésithérapie. Le masseur-kinésithérapeute établit alors son diagnostic ainsi que la prescription des séances nécessaires dans une fiche de synthèse.
La fiche de synthèse initiale établie à l’issue de cette consultation est formalisée. Ainsi un exemplaire est remis au patient qui connait dès lors les moyens utilisés pour atteindre les objectifs fixés. Cette fiche sera transmise au médecin prescripteur par le biais d’une messagerie sécurisée (Asip Santé, Apicrypt…) ou par le biais du futur Dossier Médical Partagé.
A l’issue des séances, le masseur kinésithérapeute établi la fiche de synthèse finale. Les deux fiches de synthèses seront transmises par voie électronique via SCOR avec la facturation des soins.
La consultation initiale et la consultation finale sont obligatoires et facturables quel que soit le nombre de séances,
En fonction du nombre de séances prescrites et de l'évolution, un ou plusieurs bilans intermédiaires sont possibles.
Cette consultation de diagnostic kinésithérapique peut être suivie le jour même de la première séance, tout comme la consultation finale pourra suivre la dernière séance.
Les consultations de diagnostic kinésithérapique sont les traceurs de l’activité réalisée et permettent l’évaluation de la prise en charge en kinésithérapie.
Un bilan est long, en plus de l’anamnèse et du bilan clinique, il doit comprendre des éléments d’évaluation écrits et validés, comme des scores de symptômes, des échelles de qualité de vie, des résultats objectifs comme : mesure de l’équilibre, tests de la marche et de la déambulation, mesure de la force, de la spasticité, etc…
Le suivi des résultats obtenus permet l’adaptation du plan de traitement.
La durée de la séance de bilan peut atteindre ou dépasser l’heure et est comparable à un acte complexe.
Tarif 40€ ou AMK 18,5
Acte simple
Concerne une séance de kinésithérapie d’un seul patient pendant 20 à 30 minutes.
Kinésithérapie limitée à un membre ou à un entretien sur séquelles de pathologie.
Tarif 20€ ou AMK 9,5
Majoration de 5€ en cas de balnéothérapie
Un seul patient pendant 20 à 30mn d’immersion en présence du kinésithérapeute (dans ou hors de l’eau).
Acte complexe
Concerne une séance de kinésithérapie d’un seul patient pendant 40 à 60 minutes.
La complexité est définie par l’étendue de l’intervention (plusieurs membres, rachis plus un ou plusieurs membres, la rééducation d’une fonction spécifique, la difficulté et/ou la complexité technique de l’acte (par exemple : drainage lymphatique, rééducation périnéo-sphinctérienne, rééducation vestibulaire…), des moyens techniques mis en œuvre.
Tarif 40€ ou AMK 18,5
Majoration de 5€ en cas de balnéothérapie
Ces actes simple et complexe excluent la possibilité de prises en charge simultanées
Actes de groupe
Sont à différencier, les actes simultanés de pathologies différentes et la rééducation de groupe de pathologies identiques.
Actes simultanés
Les actes simultanés répondent à la prise en charge en kinésithérapie de 2 ou plusieurs personnes en même temps pour des prescriptions différentes sur un créneau horaire considéré comme similaire.
Moins de 20mn entre le début de 2 ou plusieurs prises en charge, les actes sont considérés comme simultanés.
Tarif 11€ par patient ou AMK 5
Majoration de 4€ en cas de balnéothérapie
Acte de rééducation de groupe
La rééducation de groupe est motivante et les bénéfices sont validés par la littérature internationale.
Une kinésithérapie de groupe répond à la prise en charge de 5 à 8 patients présentant une symptomatologie similaire.
Cette rééducation de groupe est possible sous réserve d’un plateau de kinésithérapie adapté et pour des séances minimum de 2 heures en présence du kinésithérapeute.
Le développement de l’ambulatoire, l’augmentation des pathologies chroniques liée à la sédentarisation et à l’allongement de la durée de vie amène au développement de structures d’hôpitaux de jour qui sont coûteuses.
Les kinésithérapeutes ont toutes leur place pour nombre de pathologies et symptomatologies, cela pour un coût nettement inférieur ce qui génèrera une nette diminution des dépenses de santé.
Tarif 30€ par patient ou AMK 14
Majoration de 5€ en cas de balnéothérapie.
Concerne une séance de balnéothérapie d’un groupe de patient pendant 30mn d’immersion en présence du kinésithérapeute (dans ou hors de l’eau)
Le nombre de patient est limité à 10 et est variable, adapté en fonction de la surface et du volume du bassin.
Les dimensions des bassins définies actuellement dans la NGAP répondent à une vision des années 1960 et n’ont plus de raison d’être.
De même il est dangereux pour la santé de définir la durée de la séance de balnéothérapie sur la multiplication de la durée par nombre de patients.
Actuellement pour facturer 3 patients en même temps, cela implique 90 minutes d’immersion.
Cette durée dans une eau à 35° en fournissant des efforts est une aberration. Sauf à considérer qu’il y a 60 minutes de repos et barbotage.
Pour éviter que les abus que nous connaissons perdurent et continuent d’enrichir des « professionnels » qui dévalorisent la profession et la qualité des prestations produites par la majorité des kinésithérapeutes, il est nécessaire que les caisses s’engagent dans un vrai contrôle quantitatif des actes. C’est non seulement leur rôle mais également leur responsabilité vis-à-vis des patients et des cotisations sociales.
Ce type d’acte de rééducation de groupe s’inscrirait parfaitement dans le cadre du retour d’un quota comme décrit dans cet article à lire en cliquant ici.
Consultation en urgence par le masseur-kinésithérapeute
La nouvelle définition de la profession de la Loi de modernisation du système de santé créée la possibilité pour un masseur-kinésithérapeute d’effectuer un soin d’urgence.
<< En cas d'urgence et en l'absence d'un médecin, le masseur-kinésithérapeute est habilité à accomplir les premiers actes de soins nécessaires en masso-kinésithérapie. Un compte rendu des actes accomplis dans ces conditions est remis au médecin dès son intervention. >> ;
Par ailleurs, l’ensemble des organismes de politique de santé au niveau national mais aussi régional revendiquent la création de maisons de santé comme véritable « relais » des hôpitaux dont le maillage géographique devient trop écarté.
De nombreuses personnalités politiques proposent des délégations de compétences des médecins vers des professionnels de santé formés ;
C’est pourquoi nous proposons la création d’une véritable consultation d’urgences par le masseur-kinésithérapeute.
Le kinésithérapeute pourrait déjà être un relais "urgence" en participant au « tri » indispensable qui générerait des économies dans différentes situations comme la bronchiolite ou la petite traumatologie. Nous sommes conscients que d'autres situations d’urgence ou de première intention nécessitent un approfondissement des connaissances dans la reconnaissance et l'analyse des symptômes permettant un tri différentiel et d’exclusion. Ces connaissances devant être intégrées aux cinq années de formation initiale et pour les diplômés en formation DPC.
Au titre de cette consultation, le masseur-kinésithérapeute sera amené à prescrire et/ou utiliser des consommables, examens et autres tel que prévu ci-après.
À l’issue de cette consultation, le masseur-kinésithérapeute formalisera une synthèse afin d’assurer la continuité des soins, la réorientation si nécessaire tout en garantissant l’ensemble des droits du patient.
Les kinésithérapeutes présentent un double avantage. D'une part, ils possèdent un éventail de connaissances et de compétences très larges et d'autre part, ils représentent un maillage territorial important.
Ils sont particulièrement polyvalent dans le domaine de l'évaluation car ont les connaissances et compétences nécessaires pour réaliser des bilans tant d'un point de vue locomoteur ou musculo-squelettique, que neurologique, de la douleur, cognitif et comportemental.
Ils peuvent être un soutien important pour réaliser des économies d’échelle, les actes pouvant répondre à des problématiques de déficiences, de handicap, de récupération, de prévention, d'entretien par activité physique adaptée, de soins palliatifs, etc..
Cette consultation peut s’effectuer au cabinet, au domicile ou sur le lieu de travail
Durée 30 à 45 minutes.
Tarif 40€ ou AMK 18,5
À titre d'exemple:
Etre lanceur d'alerte dans la surveillance pour le maintien au domicile des personnes âgées ou handicapées.
Faire gagner du temps médico-chirurgical en orthopédie-traumatologie en réalisant les consultations postopératoires afin de réaliser une sélection des patients devant effectivement retourner auprès du chirurgien.
Prévenir les troubles musculo-squelettiques liés aux pratiques professionnelles.
Intervenir en milieu scolaire afin de prévenir et d’informer dès le plus jeune âge sur les gestuelles, postures et pratiques indispensables à un bon équilibre musculo-squelettique.
Par ailleurs nous demandons la création d'un forfait pour la Formation/information aux Aidants.
Il y a 8 millions d'aidants en France (source etreaidant.com et fondation Novartis) :
60% de femmes
20% d'aidants non familiaux
50% des aidants vivent avec le malade
54% des aidants ne veulent pas déléguer
48% déclarent avoir des problèmes de santé suite à leur rôle d'aidant
Apport de plusieurs types d'aide
Impact sur :
Le moral (49%)
Condition physique (57%)
Relations intimes et sexuelles (53%)
Activité loisirs (70%)
Apport des professionnels de santé (PDS) :
Seulement 31% des PDS se soucient de l'état de santé de l'aidant, 41% apportent des conseils pour aider l'aidant à se préserver.
Parmi les attentes prioritaires des aidants :
Préserver la santé des aidants
Former aux gestes essentiels de soins
Améliorer leur relation avec les PDS
Faciliter le dialogue/communication avec leurs proches malades
Améliorer la recherche d'information
Attentes des aidants s'il y a une offre de formation :
Améliorer la qualité de vie
Faire connaitre les bons gestes
Préserver la santé de l'aidant
Les kinésithérapeutes ont un rôle crucial à jouer afin d'améliorer les conditions physiques, psychiques et sociales des aidants.
3/ Indemnité de déplacement :
La faible indemnité de déplacement octroyée aux kinésithérapeutes ne couvre pas les frais du temps passé et perdu en transport. Cela a induit une baisse des prises en charge à domicile permettant ainsi une économie comptables sur les actes.
Or cela est un très mauvais calcul, à l’heure où nous savons que le maintien à domicile génère des économies d’échelle et ou la santé est pleinement engagée dans l’hospitalisation de courte durée et plonge dans les prises en charge ambulatoires.
Pour le succès de ces orientations de santé et pour le maintien des personnes au domicile, les kinésithérapeutes ont, non seulement, toute leur place mais sont indispensables.
Compte tenu de l’évolution tarifaire, il semble évident qu’un alignement des indemnités forfaitaires et kilométriques entre masseur-kinésithérapeutes et médecins soit naturel.
4/ Prescription des consommables utiles à la réalisation des séances :
Le masseur-Kinésithérapeute peut prescrire, sauf indication contraire du médecin, les dispositifs médicaux nécessaires à l'exercice de sa profession. La liste de ces dispositifs médicaux est fixée par arrêté des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale, après avis de l’Académie nationale de médecine.
Nous proposons la modification de la liste des dispositifs prescrits comme suit, ces propositions tiennent compte des besoins en santé, des attentes de la population, de la nécessité des économies de santé, de la démographie médicale, de l’évolution des compétences du masseur-kinésithérapeute.
- Les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés, dans le cadre de l'exercice de leur compétence, à prescrire pour leurs patients :
1. Les examens d'imagerie nécessaires à la bonne compréhension des déficiences ;
2. Le sport et les activités adaptés nécessaires à l'entretien physique ;
3. Le sport et les activités physiques adaptées dans une perspective de prévention ;
4. Des activités complémentaires en ergothérapie ;
5. Des soins de pédicurie-podologie;
6. Des orthèses et semelles de confort à réaliser par un pédicure-podologue:
7. Des séances de rééducation orthophoniques
- Les masseurs-kinésithérapeutes sont habilités, dans le cadre de l'exercice de leur compétence, à prescrire et réaliser pour leurs patients des séances de :
1. Activité Physique Adaptée individuelle ou collective pour ALD
2. Rééducation d'entretien global à visée de prévention de l'altération de l'état général ;
3, Rééducation à visée de prévention du risque de chute ;
4, Reconditionnement à l'effort ;
5. Rééducation de la posture ou du geste à visée de prévention des TMS ;
6. Rééducation pelvi-périnéale et sphinctérienne ;
7. Rééducation ventilatoire en période de bronchiolite
8. Rééducation de l’acrophobie:
9. Massage
10. Relaxation
- Les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés, dans le cadre de l'exercice de leur compétence, à prescrire à leurs patients et utiliser en séance :
1. Les analgésiques type 1 et 2 ;
2. Les anesthésiants locaux ;
3. Les mélanges équimolaires oxygène-protoxyde d'azote 50%50% ;
4. Les anti-inflammatoires locaux ;
5. Les myorelaxants ;
6. Débitmètre de pointe, spiromètre ;
7. Bandes et orthèses de contention souple élastique des membres de série ;
8. Bandes non élastique pour contention articulaire ;
9. Teinture de benjoin, bandes-mousse cutanées, bandes de protection du type compresse autocollante ;
10. Électrodes cutanées autocollantes à usage unique ;
11. Sonde ou électrode cutanée périnéale pour électrostimulation neuromusculaire et rétrocontrôle pour le traitement des troubles pelvi-périnéaux et sphinctériens ;
12. Pansements secs ou étanches pour immersion en balnéothérapie.
- Les masseurs-kinésithérapeutes sont habilités, dans le cadre de l'exercice de leur compétence, à prescrire et confectionner pour leurs patients des attelles sur mesures à partir de matériaux façonnables par :
1. Air chaud et eau chaude ;
2. Impression 3D.
- Les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés, dans le cadre de l'exercice de leur compétence en milieu sportif, à utiliser :
1. Les sprays de cryothérapie;
2. Les analgésiques type 1 et 2;
3. Les anesthésiants locaux;
4. Les désinfectants locaux ;
5. Les anti-inflammatoires locaux;
6. Les myorelaxants.
- Les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés, dans le cadre de l'exercice de la consultation d’urgence, à utiliser l’ensemble des dispositifs précités dans la mesure de la nécessité de l’état du patient.
5/ Installation des kinésithérapeutes :
Nous estimons que tant que les études de masso-kinésithérapie sont dispensées majoritairement par des instituts privés, avec des coûts prohibitifs pouvant être supérieurs à ceux des grandes écoles de commerce, qu'il n'est pas possible d'imposer une restriction d'installation.
Nous proposons que, dans le cadre d'une meilleure répartition professionnelle sur le territoire, et pour lutter contre les déserts de santé, les coûts de scolarité puissent être à la charge des régions, des départements, des communes, contre une installation ciblée ne pouvant être d'une durée supérieure au nombre d'années financées.
Cela favorise l'accès à la formation et aux soins pour tous.
In fine, nous estimons que la formation initiale doit se dérouler à l'université, aux mêmes frais universitaires que l'ensemble des étudiants, avec un DEMK de grade master et à cette condition nous ne serions pas opposés à une contrepartie d'installation géographiquement déterminée, libérale ou salariée, et limitée à 3 ans.
Sous réserve du financement de la formation initiale et d'un diplôme d'état de niveau Master(2), nous ne serions pas opposés à un conventionnement sélectif dans les zones «surdotées» et sous condition de la prise en compte de l'origine géographique du professionnel en favorisant l'installation des professionnels issus du bassin de vie.
6/ Kinésithérapeutes Conseil
Selon l’article L4321
<< Dans l'exercice de son art, seul le masseur-kinésithérapeute est habilité à utiliser les savoirs disciplinaires et les savoirs faire associés d'éducation et de rééducation en masso-kinésithérapie qu'il estime les plus adaptés à la situation et à la personne dans le respect du code de déontologie précité.
De fait, les caisses n'ont pas capacité ni qualité pour déterminer quelle(s) technique(s) ou quel(s) moyen(s) est efficace pour le patient.
Cela est du rôle des kinésithérapeutes et de leurs sociétés savantes.
C’est pourquoi, afin de soulager le médecin conseil et d’apporter la meilleure solution la plus adaptée, nous proposons da création du poste de « kinésithérapeute conseil ».
En effet, il est clair que le contrôle actuellement organisé n’est pas assez préventif et nombre de confrères et consœurs sont avertis des dysfonctionnements passé un délai important ce qui entraine une somme globale d’indus qui n’est plus raisonnable.
En plus de participer activement au contrôle, le kinésithérapeute conseil aurait un réel rôle de prévention et de conseil aux professionnels pour que la compréhension et l’application de la convention se fasse dans les meilleures conditions possibles et que cela permette de réaliser des économies en évitant les erreurs des deux parties. Mais aussi cela évite les procédures de recours amiable ou même le passage au tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS).
7/ Divers
Nous demandons à ce que soit prise en compte de la pénibilité de l’activité.
Nous souhaitons maintien des dispositions sociales ASV et participation aux cotisations d’assurance maladie.
Nous proposons d’aligner les droits sociaux liés à la maternité des kinésithérapeutes féminines libérales à ceux des salariées. À défaut nous demandons que la protection maternité des femmes médecins soit étendue aux kinésithérapeutes.
Nous demandons aussi une levée des ambiguïtés quant aux applications du tiers payant. En effet, la loi créée un nouvel article L.161-36-3 du code de la sécurité sociale qui garantit au professionnel de santé appliquant le tiers payant, le paiement de la part prise en charge par l'assurance maladie dès lors qu'il utilise la carte électronique de l'assuré et que celle-ci ne figure pas sur la liste d'opposition.
Nous demandons les garanties permettant de vérifier la liste d'opposition.
Quatre-vingt-huit c’est le nombre de points, sur 100, que le système de santé français a obtenu dans une étude publiée dans The Lancet.
Ce nombre est un bon score mais que signifie-t-il ?
Il répond à un score qui permet de classer qualitativement les systèmes de santé de plus de 190 pays et la santé Française arrive au 15ème rang.
Etre 15ème sur plus de 190 c’est bien mais c’est décevant quand nous avons en mémoire que notre système français était il y a quelques années, avant que la santé ne devienne qu’une simple équation économique, citée en référence d’exemplarité.
Avec 88 points, il y a 5 ex-aequo : Ireland 13ème, Autriche 14ème, Belgique 16ème, Canada, 17ème mais il est nécessaire d’explorer plus complètement le classement.
Parmi les 20 premiers, seuls l’Australie (6ème), le Japon (11ème), le Canada (17ème) et la Slovénie (18ème) ne font pas partie de l’Europe de l’Ouest.
Les pays sur le podium totalisent plus de 90 points chacun. La Suisse est 3ème avec 92, l’Islande seconde avec 94 et à la première place nous avons 95 points pour Andorre.
Pour « comprendre » ce mauvais résultat du système de santé français, il faut noter que les pays du nord de l’Europe, Suède, Norvège, Finlande, comme du sud, Espagne, Italie sont mieux classés.
Et pour « comprendre » où nous mènent les politiques de santé déployées depuis plusieurs années, basées sur des valeurs économiques, il faut situer les pays qui servent de modèles à nos réformateurs de la santé.
Il est question du Royaume-Uni, 30ème avec 85 points et des Etats Unis d’Amérique, 35ème avec le score de 81.
Soyons optimistes, cela aurait pu être pire (!)… mais le pire n’est-il pas à venir ?
Le Bulletin Officiel du Ministère de la Santé du 15 mai nous annonce une bonne nouvelle mais une "patate chaude" pour la nouvelle équipe gouvernementale.
En effet, nous y découvrons que la profession de kinésithérapeute vient de faire un nouveau bond dans ce que nous souhaiterions être une reconnaissance et qui est le changement de classification au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).
La kinésithérapie est passée au niveau 1 Français et niveau 7 Européen, les plus hauts niveaux de classification .
Il faut savoir que la profession était passée en 2016 du niveau 3 au niveau 2, c'est à dire du niveau de technicien supérieur au niveau agent de maîtrise.
Le passage au niveau 1 place la kinésithérapie au niveau des professions à Bac+5, cela avec une certaine ironie puisque le DEMK n'est reconnu qu'à 240ECTS.
Mais soyons positifs car suivant cette classification RNCP fait que, sur le papier, la profession est désormais au même niveau que celles des ingénieurs.
Mais revenons à la "patate chaude" car il incombe maintenant aux élus et au gouvernement de la nouvelle mandature de traduire dans la pratique cette reconnaissance légitime pour les kinésithérapeutes.
D'une part par la validation du Grade de Master avec 300ECTS qui marquera une étape décisive dans l'universitarisation de notre formation initiale et, d'autre part, par une traduction dans l'exercice de la profession avec un accès à la première intention ciblée et par une juste revalorisation financière tant dans les établissements de santé qu’en exercice libéral.
Je vous propose dans cet article de jeter un coup d'oeil rapide sur notre profession chez nos voisins européens.
Il est d'emblée assez difficile de faire un réel comparatif. En effet, la profession de masseur-kinésithérapeute est assez spécifique à la France. J'ai donc arbitrairement choisi de m'intéresser aux tarifs pratiqués sur 3 actes pour ne pas tomber dans l'échec de l'analyse sur des cotations différentes, des prestations qui parfois sont opposées etc.
Ainsi j'ai choisi les actes suivants:
- rééducation du rachis
- rééducation de 2 membres
- rééducation respiratoire
J'ai ensuite effectué une moyenne des trois actes proposés.
Pour ce comparatif je me suis penché sur 8 pays.
- l'Allemagne
- l'Angleterre
- la Belgique
- l'Espagne
- la France
- l'Italie
- le Luxembourg
- la Suisse
A noter, la Belgique, le Luxembourg et la France ont des tarifs "sous convention". L'Angleterre, l'Espagne, l'Italie et la Suisse ont des tarifs qui sont plus ou moins libres. Je me suis donc penché sur les tarifs moyens enregistrés par les différentes assurances dans la monaie locale (pour l'Angleterre et la Suisse) puis convertis en euros. De fait vous pourrez trouver des chiffres légèrement différents selon l'organisme d'assurance interrogé et bien sur suivant le taux de change.
L'exercice salarié
À la rédaction de cet article j'avais souhaité effectuer un comparatif des salaires européens. Cependant j'ai rapidement été confronté à l'architecture administrative de l'ensemble des pays. Il fallait pouvoir comparer des salaires de postes et de fonctions identiques... Or non seulement les professions et les définitions des professions ne sont pas identiques, mais les calculs d'échelons et autres avancements suivant les pays diffèrent.
Je n'ai donc pas réussi à obtenir de données réellement fiables pour effectuer un comparatif.
Cependant, comme vous avez pu le lire ici, le diplôme d'état de masseur-kinésithérapeute a été reconnu au Niveau 1, équivalent "ingénieur".
Il est très intéressant de noter que selon l'observatoire des ingénieurs de france, le salaire médian d'un ingénieur est de 56 000€ brut par an.
Le salaire médian d'un kinésithérapeute est de 33000€... CQFD.
Les résultats
Commençons par la rééducation du rachis:
Avec 16,13€ la France est bonne dernière.
30% moins cher qu'en Belgique, 70% moins cher qu'en Angleterre... et pourtant nous avons les mêmes patients...
Continuons avec la rééducation de 2 membres:
Le fossé se comble un peu.
11% moins cher qu'en Belgique, 63% moins cher qu'en Angleterre. C'est moins pire !
Regardons maintenant du côté de la kinésithérapie respiratoire:
Cela s'effondre de nouveau, 25% moins cher qu'en Belgique et 69% moins cher qu'en Angleterre... Y a-t-il encore quelque chose à démontrer ?
Aller, "pour le sport", la moyenne des trois:
Le résultat est sans appel et je ne sais pas si il est utile de commenter les graphiques... La France est bonne dernière !
- 67% moins cher qu'en Angleterre
- 22% moins cher qu'en Belgique
- 49% moins cher qu'en Espagne
- 44% moins cher qu'en Italie
- 53% moins cher qu'au Luxembourg
- 66% moins cher qu'en Suisse
En moyenne sur ces trois actes et ces 6 pays, le tarif en France est 50% moins cher !
Soyons réalistes
Comme dit plus haut, certains pays sont en tarifs "libres" d'autres non. Les conditions de remboursement et de prises en charge étant très différentes parfois, je vous propose maintenant de nous attarder uniquement sur les trois pays sous "conventionnement" à savoir la Belgique, la France et le Luxembourg.
Là encore, en moyenne la France est bonne dernière.
Pondérons un peu...
Comparer de manière "brute" des honoraires, une fois passé l'effet d'annonce, n'a finalement que peu d'intérêt.
En effet, gagner 100€ la séance avec un loyer à 10 000€ revient au même que gagner 10€ par séance avec un loyer à 1000€.
Il m'a donc paru intéressant de faire un compratif du tarif de la séance moyenne par rapport au revenus médian en euros de chaque pays.
J'ai simplement calculé le pourcentage que représentait le tarif d'une séance par rapport au revenu médian de chaque pays.
Ces données sont issues d'Eurostat, organisme rattaché à la commission européenne. C'est pourquoi dans les deux tableaux suivants, la Suisse ne figure pas.
Nous voyons de suite que finalement le différentiel entre la France, la Belgique et surtout le Luxembourg n'est plus si élevé que cela (22% tout de même !). Cependant en rapport avec l'Allemagne, il y a déjà 66% d'augmentationet je pense qu'il 'est inutile de montrer que nous sommes bon derniers de ce classement.
Dans le dernier tableau, j'ai choisis de comparer le tarif de la séance au revenu disponible des ménages en standard de pouvoir d'achat. Ce revenu disponible est utilisé par les statisticiens pour comparer directement les pays entre eux. En effet, c'est une unité monétaire artificielle utilisée pour neutraliser les différences de niveau de prix entre les pays. Ainsi cette unité est dégagée de toute notion de fiscalité, de monnaie, de différences de prix etc.
J'ai donc simplement établi le poucentage que représente le prix d'une séance par rapport au revenu disponible en standard de pouvoir d'achat.
Comme pour le comparatif en ratio revenu median, finalement l'écart qui semblait important entre la France, la Belgique et le Luxembourg est restreint. Nous retrouvons néanmoins presque les même valeurs pour les autres pays, ainsi le tarif en france est:
25% moins cher qu'en Belgique
36% moins cher qu'au Luxembourg
40% moins cher qu'en Allemagne
57% moins cher qu'en Italie
64% moins cher qu'en Espagne
73% moins cher qu'en Angleterre
Conclusion
Lorsque l'on étudie les tarifs de séance en pays, sans prendre en compte le coût de la vie, les régimes d'impositions et autres, le différentiel entre la France et les autres pays européens semble énorme.
Même lorsque l'on inclue le maximum de données en utilisant des indicateurs standardisés la France se classe bonne dernière de ce comparatif européen.
Et si le différentiel avec la Belgique et le Luxembourg semble s'infléchir, il est tout de même de 25% d'écart.
Il est temps que les pouvoirs publics prennent en considération que notre profession perd tous les ans du pouvoir d'achat, et que comaprativement à nos voisins, nous sommes bon derniers.
Comme avancé dans cet article, il est impératif que nos tarifs soient réévalués à leur juste valeur...
La dictature, c'est «ferme ta gueule»; la démocratie, c'est «cause toujours».
JL Barrault
Voilà une forme de pensée qui caractérise parfaitement notre état de droit actuel.
En effet, durant cette semaine entre l'élection du président de la république (bananière ?) et son investiture, les ministères publient les derniers décrets dont ils n'auront aucune responsabilité à porter… Autant dire que certains se lâchent et publient des absurdités ou des textes méprisants à souhait.
Notre profession n'a malheureusement pas été épargnée par ce fait...
Le paysage syndical masso-kinésithérapique Français n'est déjà pas très reluisant, mais avec la publication au journal officiel en date du 10/05/17 du décret du 09/05/17 portant modification des dispositions relatives aux unions régionales des professionnels de santé (URPS). (cliquez pour voir le texte du décret 2017-886)
L'état vient d'organiser la fin de la vie syndicale de notre profession ainsi que de l'ensemble des professions médicale et paramédicales.
En effet le 4e paragraphe de l’article premier indique « Les organisations syndicales souhaitant présenter des listes de candidats aux élections à venir transmettent les documents justifiant leur présence territoriale et leur ancienneté minimale de deux ans au ministre chargé de la santé entre le douzième et le neuvième mois précédant la fin du mandat en cours. Un arrêté ministériel fixe la liste des organisations syndicales admises à présenter des listes de candidats ».
La « présence territoriale » étant un critère totalement subjectif et la justice ayant récemment confirmé la possibilité au ministère d’infléchir ou de confirmer, voir d’augmenter certains critères d’évaluation, ce paragraphe ne fait que confirmer le pouvoir discrétionnaire (ou discriminatoire ou le fait du prince, choisissez l’appellation qui vous convient) de l’administration en général et plus particulièrement du ministère.
Vous comprendrez que par ce fait l'état vient de museler encore un peu plus l'ensemble des syndicats médicaux et paramédicaux.
En effet, pour avoir les « faveurs » du ministère et ne pas se retrouver mis à l’écart des élections aux URPS et en finalité à conserver ou à accéder au statut de syndicat représentatif, nos chers syndicats ne manqueront pas d’être les plus insipides et les moins vindicatifs possible à l’égard de nos dirigeants.
Ce texte vient indirectement de clore les négociations conventionnelles en cours, tout le monde va signer les propositions de l’UNCAM pour sauver sa place au sein des URPS…
Voilà comment la séparation des pouvoirs et des administrations viennent en quelques instants de se retrouver plus centralisés que jamais.
Monsieur Macron, qui a promis l'émergence de nouvelles têtes, aura t il le courage d'instaurer un réel climat de contradiction politique qui permet l'échange et l'évolution des pensées, ou laissera t il en l'état l'ensemble des syndicats "à la botte" du ministère ?
La quasi totalité de l'équipe Touraine ayant rejoint "En marche", devenu depuis "La république en marche", il est fort à parier que malheureusement rien ne change…
Il sera cependant très intéressant de constater l'immobilisme des syndicats en place, de voir si le courage l'emporte sur le pouvoir, si la conviction est plus forte que la contrainte…
En tous cas vous pouvez en être sur, les syndicats qui sont actuellement représentatifs et qui souhaitent le rester vont devenir (si ils ne l'étaient déjà) de bon toutous au pied de leur maître…