Nuages

La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

La dictature, c'est «ferme ta gueule»; la démocratie, c'est «cause toujours».

JL Barrault

 

Voilà une forme de pensée qui caractérise parfaitement notre état de droit actuel.

 

En effet, durant cette semaine entre l'élection du président de la république (bananière ?) et son investiture, les ministères publient les derniers décrets dont ils n'auront aucune responsabilité à porter… Autant dire que certains se lâchent et publient des absurdités ou des textes méprisants à souhait.

 

Notre profession n'a malheureusement pas été épargnée par ce fait...

 

Le paysage syndical masso-kinésithérapique Français n'est déjà pas très reluisant, mais avec la publication au journal officiel en date du 10/05/17 du décret du 09/05/17 portant modification des dispositions relatives aux unions régionales des professionnels de santé (URPS). (cliquez pour voir le texte du décret 2017-886)

L'état vient d'organiser la fin de la vie syndicale de notre profession ainsi que de l'ensemble des professions médicale et paramédicales.

 

En effet le 4e paragraphe de l’article premier indique « Les organisations syndicales souhaitant présenter des listes de candidats aux élections à venir transmettent les documents justifiant leur présence territoriale et leur ancienneté minimale de deux ans au ministre chargé de la santé entre le douzième et le neuvième mois précédant la fin du mandat en cours. Un arrêté ministériel fixe la liste des organisations syndicales admises à présenter des listes de candidats ».

La « présence territoriale » étant un critère totalement subjectif et la justice ayant récemment confirmé la possibilité au ministère d’infléchir ou de confirmer, voir d’augmenter certains critères d’évaluation, ce paragraphe ne fait que confirmer le pouvoir discrétionnaire (ou discriminatoire ou le fait du prince, choisissez l’appellation qui vous convient) de l’administration en général et plus particulièrement du ministère.

 

Vous comprendrez que par ce fait l'état vient de museler encore un peu plus l'ensemble des syndicats médicaux et paramédicaux.

 

En effet, pour avoir les « faveurs » du ministère et ne pas se retrouver mis à l’écart des élections aux URPS et en finalité à conserver ou à accéder au statut de syndicat représentatif, nos chers syndicats ne manqueront pas d’être les plus insipides et les moins vindicatifs possible à l’égard de nos dirigeants.

 

Ce texte vient indirectement de clore les négociations conventionnelles en cours, tout le monde va signer les propositions de l’UNCAM pour sauver sa place au sein des URPS…

Voilà comment la séparation des pouvoirs et des administrations viennent en quelques instants de se retrouver plus centralisés que jamais.

 

Monsieur Macron, qui a promis l'émergence de nouvelles têtes, aura t il le courage d'instaurer un réel climat de contradiction politique qui permet l'échange et l'évolution des pensées, ou laissera t il en l'état l'ensemble des syndicats "à la botte" du ministère ?

La quasi totalité de l'équipe Touraine ayant rejoint "En marche", devenu depuis "La république en marche", il est fort à parier que malheureusement rien ne change

 

Il sera cependant très intéressant de constater l'immobilisme des syndicats en place, de voir si le courage l'emporte sur le pouvoir, si la conviction est plus forte que la contrainte…

 

En tous cas vous pouvez en être sur, les syndicats qui sont actuellement représentatifs et qui souhaitent le rester vont devenir (si ils ne l'étaient déjà) de bon toutous au pied de leur maître…

 

Dernière divagation autour de la Kinésithérapie !
 
Nous l’avons dit, la kinésithérapie est une belle profession mais… !
 
Mais il reste à essayer de répondre à la question essentielle pour cette profession dont l’évolution est construite depuis plusieurs décennies sur des erreurs stratégiques, sur de mauvais choix basés uniquement sur les intérêts de ceux qui se disent représentatifs.
 
Il nous faut trouver une ou plusieurs réponses sur l’avenir de la kinésithérapie.
 
Et à l’aube du nouveau quinquennat qui s’ouvre sous la Présidence d’Emmanuel MACRON c’est le moment de « tirer des plans sur la comète » ! 
 
Alors si la kinésithérapie a un avenir, quel peut-il être ?
 
Ce dont nous sommes certains c’est que cet avenir sera un chamboulement profond. Cela, sans être exhaustif, pour plusieurs raisons :
Le passé de la profession et les erreurs cumulées sont un véritable passif ou handicap pour rester dans un jargon connu.
Le désintérêt de la grande majorité des professionnels pour autre chose que leur quotidien. Qu’ils soient salariés ou libéraux.
Le niveau de formation volontairement limité pour éviter de placer la kinésithérapie en véritable contributrice de la santé publique en collaboration avec la médecine et en responsabilité.
La concurrence entre les professions de santé et les nouveaux métiers qui ont été adoubés comme participants à la santé au sens large. Nous avons dans le champ des professions de santé réglementées les autres professions de rééducation avec les ergothérapeutes, les psychomotriciens, les pédicures-podologues, mais aussi les infirmières, les orthoprothésistes, les sages-femmes et certains docteurs en médecine. Et hors santé réglementée il faut ajouter : les STAPS et pas seulement les APA, les ostéopathes, les chiropracteurs, les éducateurs, les coachs en tout genre, les masseurs formés ou non. A parier que d’autres gourous arriveront bientôt sur marché avec les projets d’uberisation, traduisons dérèglementation au nom de la liberté d’entreprendre. 
 
Vous noterez que nous n’en sommes plus à parler des rémunérations, des conditions d’exercice, ni de la guerre continuelle entre les 2 représentatifs, ou du CNOK, arme de destruction massive de la kinésithérapie qui n’a aucune indépendance et fait le jeu des gouvernements par crainte de la perte de ses privilèges.
 
Par contre il serait mensonger et hypocrite de ne pas prendre en compte le mouvement engagé et poursuivi par les élus de la nation et les ministres quel que soit leur bord, de la casse des hôpitaux et de l’expansion du déremboursement.
 
Ce mouvement « En Marche » du démantèlement du système de santé Français sera « compensé » par les Maisons de Santé, les Réseaux de Soins et les Parcours Patients dans une maîtrise des coûts calculés sans référence à la qualité des soins mais uniquement du point de vue d’une économie impitoyable et sans humanité. 
 
Alors, dans ce contexte, si la kinésithérapie a un avenir, quel peut-il être ?
 
Nous voyons quatre pistes possibles : la prévention, l’ambulatoire, la spécialisation autour du handicap et la disparition.
 
Commençons par la disparition car cette notion est à géométrie variable. C’est-à-dire que cette disparition est déjà bien entamée dans l’exercice salarié et qu’à seulement quelques exceptions possibles, cela ne s’arrêtera pas. Puis, si la profession ne se remanie pas pour changer de paradigme dans l’exercice libéral, la disparition touchera les libéraux.
 
Les trois autres pistes, même si elles permettent la survie de la kinésithérapie, il faut être persuadé que cela ne sera pas dans une dynamique de « monopole » et d’indépendance. 
 
Depuis plusieurs décennies les compétences des kinésithérapeutes sont mises en pâtures au partage et cela ne s’arrêtera pas sauf si le kinésithérapeute prend conscience et accepte de ne plus se sentir « seul au monde ».
 
Le kinésithérapeute doit accepter d’être un des éléments des prises en charge.
La kinésithérapie est une des composantes des prises en charge et qui dit composantes dit complémentarité, dit réseau, dit regroupement.
 
Sauf à être reconnu dans un domaine très spécifique, de maîtriser parfaitement les compétences liées à ce domaine et à condition que la pratique nécessite un acte individuel, ou que cela soit expressément demandé par le patient, le cabinet de kinésithérapie de faible surface, de peu d’équipement, n’a plus d’avenir. Peut-être résistera-t-il encore quelques années s’il s’inscrit dans un réseau mais le sursit sera de courte durée.
 
Pour la prévention, la concurrence et les perspectives annoncées font que celle-ci ne pourra s‘envisager en « entreprise » ou « collectivité » qu’avec une vision globale associant ergonomie et économie. Et pour les actions de préventions aux gestes et postures, à la chronicité, au vieillissement, elles se feront par groupe car il est démontré depuis longtemps l’impact favorable du groupe sur chacune des individualités composant le groupe. Ce qui implique surface et équipements sans oublier probablement que l’efficacité sera considérée étant optimisée par des interventions pluriprofessionnelles. Dire l’inverse serait allé à l’encontre de la « Poule aux œufs d’Or » des hôpitaux que sont les hôpitaux de jour et l’éducation thérapeutique.
Attention, il n’est pas question de contester l’efficacité de ces deux concepts mais de ne pas rester muets et de ne pas nier les nombreux abus dans ces domaines qui coûtent.
 
Si la notion de handicap peut être large, il est certain que le handicap qui serait destiné à l’action de la kinésithérapie, est un handicap lourd. Vous comprendrez que cela implique également des moyens importants et que certains handicaps ne peuvent être pris en charge qu’en complémentarité avec d’autres professionnels tel que orthophonistes et, ou, orthoprothésistes et, ou, éducateurs, etc..
 
Quant à l’ambulatoire, le parcours patient, le réseau de soins, seront les deux conditions sine qua none pour y participer.
 
Avant de clore cette dernière divagation, il est à noter que la géographie est un facteur important à prendre en compte dans l’avenir de la kinésithérapie. En effet, en région à densité de population concentrée, la proximité de différents professionnels permet d’imaginer des réseaux de soins, des parcours patients, assez courts. Y compris de concevoir des Maisons de Santé « éclatées » où médecin, infirmière, kinésithérapeute, sont dans faible périmètre de marche.
 
A l’inverse, dans des régions à faible densité, les Maisons de Santé se doivent, sous un même toit, de regrouper la pluri professionnalité indispensable au parcours de soins coordonnés.
 
Et pour ce qui concerne la kinésithérapie, ce sont les plateaux techniques conséquents en kinésithérapeutes, en surface et matériels y compris piscine, activités de plein-air, et pouvant recevoir d’autres professionnels de la rééducation, qui sont l’avenir de la kinésithérapie.
 
Que ces plateaux soient incluent dans une Maison de Santé, ou au carrefour de Maisons de Santé proches.
 
Les kinésithérapeutes doivent se regrouper pour proposer des structures polyvalentes, des offres de soins multiples à haute technicité, des parcours de rééducation par ateliers, des prises en charge de groupe avec capacité d’une individualisation si besoin.
 
Les kinésithérapeutes doivent se regrouper pour partager les financements nécessaires à ces plateaux techniques modernes, spacieux, équipés, qui sont la voie de leur avenir et de la survie de la kinésithérapie.
 
Il y a un avenir pour la kinésithérapie mais les kinésithérapeutes sont-ils prêts à le construire ?
 
La réponse sera donnée par les faits que la profession réalisera.
 
 
Didier Lantz

La kinésithérapie est une belle profession.

Elle allie savoir faire et relation humaine ou comme certains pourraient le dire, savoirs théoriques et savoirs pratiques au service des autres le tout alimentant les savoirs expérienciels clés de la maturation de chaque professionnel au bénéfice des patients dont il a la charge.

 

Les kinésithérapeutes, les études sociétales en attestent, comptent parmi les professionnels de santé les plus appréciés des patients.

 

Ces deux premiers constats permettent de dire que la kinésithérapie est une belle profession.

 

La kinésithérapie est une belle profession mais... !

 

Mais quoi ?

 

Mais elle est sinistrée dans l'exercice salarié.

 

Mais elle est bloquée dans les négociations conventionnelles.

 

Mais elle est gelée dans la reconnaissance de profession intermédiaire indispensable au système de santé.

 

Et des "mais" il y en a d'autres mais pourquoi ?

 

Parce que la kinésithérapie n'est ni soutenue, ni reconnue et que ceux qui sont dits représentatifs et dont le boulot est de la défendre ont accumulé une succession d'erreurs qui d'année en année a fait sombrer la kinésithérapie dans un "triangle des Bermudes" où personne ne sait ce qui s'y fait.

 

En effet, derrière les apparences flatteuses que constatons-nous ?

 

Les kinésithérapeutes sont appréciés des patients mais combien de commentaires circulent avec des : "je le vois pour me brancher et me débrancher", "il passe d'un boxe à l'autre", "nous sommes 3, 4, en même temps", "j'ai fait le même exercice toutes mes séances", etc...

 

A l'hôpital ce n'est pas mieux : "le kiné, il est gentil, il est passé me dire bonjour", "le kiné ! quel kiné ?", "en 1 semaine, je n'ai vu personne", "il est très bien mais il est toujours appelé pour une urgence", etc...

 

Et peu importe si ces commentaires sont minoritaires, ce sont ceux qui sont retenus.

 

Les kinésithérapeutes sont appréciés des patients mais quelles associations de patients s'élèvent pour défendre la place des kinésithérapeutes dans le système de santé ? Quelles associations de patients militent pour la revalorisation et la reconnaissance de la kinésithérapie ?

 

Tournons-nous du coté des médecins qui connaissent l'intérêt d'avoir des kinésithérapeutes et nous obtenons : "je ne sais pas ce qu'il fait", " je n'ai jamais de courrier", "j'ai un bon kiné, c'est à lui que j'envoie mes patients, les autres j'ai arrêté"...

Et du côté des hospitaliers si le discours est différent, il n'en est pas moins inquiétant : "en réa j'aimerai bien avoir des kinés mais comme il n'y en a plus, nous avons formé les infirmières", "on se débrouille, on fait sans", etc... Et nous pouvons constater que les postes sont progressivement transformés pour des APA, des ostéopathes, des coachs sportifs, et avec des glissements de tâches vers les infirmières, les aides-soignantes, les ergothérapeutes, les psychomotriciens. Cela avec des économies et des DRH ravis de pouvoir supprimer des postes qui ne sont pas utilisés.

 

Il n'est même pas la peine d'aborder les conditions de travail en milieu hospitalier qui, sauf exception, sont tellement dégradées, voire n'ont jamais évoluées depuis 30 ans, qu'aucun professionnel ne veut travailler dans de telles situations. Si en plus vous croisez des chefs de services, professeurs d'université, qui sans frémir vous disent : "je recrute des APA au moins ils ont un master", ou "pourquoi vouloir des équipements, faire marcher les patients dans le couloir c'est suffisant", et bien vous complétez le panel des situations qui font fuir les kinésithérapeutes de l'exercice salarié.

 

Les conditions de travail en libéral, ne sont pas forcément plus enviables. Horaires à rallonge, patients qui ne viennent pas sans prévenir, submergé par des prescriptions alors que les rendez-vous sont déjà plus que complets, prescriptions fantaisistes incompréhensibles, marathon pour ceux qui continuent à faire de la kinésithérapie au domicile des patients, conditions tarifaires qui ressemblent plus a de l'escroquerie institutionnelle qu'a une réelle valeur du travail, charges qui augmentent d'année en année...

 

La kinésithérapie est une belle profession mais a-t-elle encore un avenir ?

 

Didier LANTZ

(les commentaires attribués aux patients ou aux médecins, ne relèvent pas de la fiction, ils ont été collectés lors d'échanges et de discussions ainsi que les situations décrites)

La kinésithérapie est une belle profession mais a-t-elle encore un avenir ?

 

C'est sur cette question que j'ai terminé ma première divagation mais avant de divaguer sur l'avenir si avenir il y a, penchons-nous sur le passé.

 

Point question de remonter à la nuit des temps, car le massage et les exercices thérapeutiques ou l'électrothérapie, remontent bien avant notre ère "chrétienne". Nous allons nous contenter de divaguer sur les 100 dernières années et quelques "dates".

 

Si nous regardons l'histoire de la kinésithérapie en France, nous ne pouvons ignorer les liens qui existent avec des moments terribles de l'histoire de France.

 

N'en doutons pas, la reconnaissance de la "rééducation" commence vraiment avec la Grande Guerre. En effet, pendant la première guerre mondiale, se développe sur le "tas" la rééducation des blessés afin qu'ils retournent au front au plus vite.

 

Cette reconnaissance acquise pendant ce premier conflit mondial débouchera à l'après guerre, qui verra des milliers de blessés et handicapés et la nécessité de les soutenir, de les réadapter pour qu'ils retrouvent emplois et dignité, à la création en 1924 au certificat d'infirmier-masseur.

 

Au tout début des années 1940, en pleine seconde guerre mondiale, mais la France n'est plus en guerre (!) depuis la reddition voit émerger le "moniteur de gymnastique médicale" pour déboucher juste à l'après guerre par la loi du 30 avril 1946 et le Diplôme d'Etat de Masseur-Kinésithérapeutes.

 

Pendant les années 1950-1960 le développement de la rééducation se poursuit mais faut-il se souvenir qu'en plus de l'évolution de la médecine, nous sommes toujours en conflits avec la guerre d'Indochine puis celle d'Algérie jusqu'en septembre 1962. Et en 1969, la formation initiale obtient sa troisième année.

 

Il faudra attendre septembre 1976 pour obtenir une autre avancée pour la profession avec la création du certificat de cadre en masso-kinésithérapie suivi quelques jours après de l'agrément des écoles de cadres en masso-kinésithérapie.

 

S'en suit une période sans évolution notable règlementaire mais qui fût probablement l'âge d'or de la kinésithérapie avant que ne commence son déclin.

 

Déclin que la filière doit à des choix des syndicats dits représentatifs qui étaient de véritables erreurs stratégiques.

 

Sans entrer dans les détails, 5 erreurs grossières qui chacune en leur temps ont contribué au déclin de la profession sont inscrites au cours des 30 dernières années.

 

La première date de 1989 avec l'acceptation d'avoir une simple expérimentation pour seuls 3 instituts de formation de réaliser la formation initiale en 4 années. Expérimentation qui perdurera pendant plus d'un quart de siècle et restera une expérimentation indéfinie.

 

La seconde, probablement une des plus graves est la publication en août 1995 de l'abrogation du certificat de moniteur cadre en masso-kinésithérapie au profit du cadre de santé. Ce qui coupa le lien que les kinésithérapeutes pouvaient faire avec l'université pour développer l'évaluation de leurs pratiques. Cela principalement au fait d'un projet porté par un responsable du SNKS attaché à la CFE-CGC et par celui qui était directeur de l'INK, filière de la FFMKR.

 

La troisième, qui est le résultat d'une vision sociétale erronée de frustrés d'avoir raté médecine, est la pseudo création de l'ordre des kinésithérapeutes. Pourquoi pseudo création, simplement car il n'existe aucun article de loi portant création de cet ordre.

Avant de poursuivre, il ne faut pas oublier que la motivation première des concepteurs d'un ordre était d'obliger les kinésithérapeutes à payer et à adhérer à une structure car il n'adhéraient pas aux syndicats.

 

Vision sociétale erronée car les concepteurs de l'ordre ont réalisé une analyse complètement fausse de ce qu'est une profession autonome. Ils ont voulu croire que l'autonomie professionnelle venait de la présence d'un ordre. Or cela est complètement faux. 

 

D'une part les professions autonomes ne le sont que par la maîtrise de leur formation et de leur recherche. Cela est un fait incontestable validé par des études sociologiques. De plus les professions autonomes dotées d'un ordre, elles ne le sont pas toutes loin s'en faut, ont créée ou subit un ordre car elles étaient justement autonomes en préalable. 

 

D'autre part, les ordres, et toutes les recherches sérieuses et impartiales sur le sujet aboutissent au même constat, sont fait pour museler les professionnels. Les ordres sont aux ordres des gouvernements.

 

A noter qu'au début des années 2000, un consensus proposait de porter la kinésithérapie à une formation en 5 années type DESS mais que ce consensus a "explosé" pour voire arriver la loi de 2004 qui mettait en marche l'ordre sans le créer.

 

Les deux dernières erreurs sont très récentes avec en premier une validation de la réingénierie du DEMK qui a abouti à 5 années de formation initiale reconnues bac + 3 sans véritable reconnaissance universitaire et tout récemment une nouvelle définition qui ouvre encore plus la porte au démantèlement des compétences des kinésithérapeutes et à leur partage.

 

Et les différents textes législatifs et règlementaires que le ministère de la santé en fin de mandature promulgue depuis plusieurs semaines ne permettent pas d'être optimiste.

 

Alors si la kinésithérapie a un avenir, quel peut-il être ?

 

Didier LANTZ

Voici un article que j'ai envie d'écrire depuis des années...
Autant vous le dire de suite, pour moi le déconventionnement, au moins "partiel", est notre avenir.
Entendez par déconventionnement "partiel" le fait de réserver une partie assez importante de son activité à des actes non remboursables (NR ou anciennement HN).
 
La situation
La convention a été créée en 1962. Notre convention actuelle date de 2007 et depuis 4 avenants sont venus complétés ou modifier celle-ci. Le 5e avenant est actuellement en cours et devrait nous être présenté d'ici à l'été.
La convention est un contrat entre l'Union Nationale des Caisses d'Assurance maladie (UNCAM) et les kinésithérapeutes représentés par leurs syndicats.
principalement, cette convention nous donne des avantages (l'Avantage Social Vieillesse par exemple et le remboursement de nos actes aux patients) mais à l'heure actuelle, surtout des devoirs (tarifs fixés, respect de la nomenclature etc). nous devrions tous avoir lu la convention pour se rendre compte de l'ensemble des champs qu'elle défini ou qui la concerne. Cependant l'expérience montre que personne ne l'a lu...
 
Pourquoi changer de statut ?
Lorsque j'étais étudient dans les années 90, je voyais d'un mauvais oeil l'apparition de sociétés telles que LPG, les premières imissions de notre profession dans le monde de l'esthétique ou encore les premières écoles du dos telle que Mail 14. Je me souviens de la conférence de consensus sur la lombalgie où l'intervention d'André Petit avait certes intéressé, mais avait aussi soulevée des questionnements quant à l'accessibilité financière des soins.
Et bien en fait, 20 ans après, ces gens avaient peut être raison. Non pas que je sois un adepte de "l'aspirateur à jus" ou de l'utilisation intensive du ballon de Klein, mais l'introduction même du concept "activité déconventionnée" était novatrice et certainement l'avenir de notre survie.
En effet, depuis toujours les masseurs-kinésithérapeutes ont essayé de valoriser leurs formations complémentaires. Pour ne citer que les plus connues, Mézières, thérapie manuelle, ostéopathie... mais finalement au sein de la convention, la valorisation des gens qui s'investissent pour se former et évoluer n'existe pas.
La convention nivelle les gens par le bas !
La seule solution pour s'en sortir est de s'auto-valoriser et pour cela, il faut oser facturer des actes non remboursables.
La convention ne prend aucunement en compte les hausses tarifaires des matériels ni même celle des loyers. Et que dire de la concurrence déloyale que nous subissons ? Le tarif est fixé, débrouillez vous, voilà ce qu'impose la convention !
 
La concurrance
Les médecins ou les chirurgiens dentistes ne sont pas soumis a la concurrence de professions moins qualifiées et totalement dénuées de contraintes. Nous, nous sommes attaqués de toutes part et notre activité est en grand danger.
Les APA, le massage, l'exercice partiel des équivalences européennes, la liste est longue...
N'avons nous pas une part de responsabilité quant à la perte du massage et la survenue des APA ?
Si nous avions été un peu plus sur le créneau du NR et que nous ayons déjà organisé ces types de prise en charge, n'aurions nous pas eu un peu plus de poids dans la balance ?
Pourquoi un APA irait demander 40€ pour une séance, là où nous, nous faisons la même chose, en mieux, pour 18€ ?
Il n'y a pas de mauvaise jalousie à avoir. Faisons la même chose. Osons demander 40€ pour faire notre travail en NR.
Ne laissons pas la convention nous diminuer face à d'autres catégories de professionnels qui eux n'ont aucun scrupules à venir sur notre terrain.
Nous manquons cruellement de notions liées au commerce et au marketing dans notre formation initiale.
Nous subissons déjà une concurrence déloyale au niveau fiscal, le statut de micro-entrepreneur nous étant largement défavorable, mais de plus nous sommes bridés de l'intérieur, puisque notre code de déontologie, si bien écrit, nous interdit toute forme de communication à vocation commerciale. Merci au conseil de l'ordre de participer à la paupérisation de notre profession.
Il serait bon que les têtes pensantes réagissent face aux concurences qui arcellent notre profession alors que nous même nous sommes pieds et poings liés.
 
Les craintes
Les deux craintes majeures quand on commence à travailler hors convention sont:
- Ne plus avoir assez de revenus pour vivre
Ne soyez pas utopistes, l'UNCAM joue sur ce levier pour vous faire croire qu'elle est indispensables à votre survie et en profite pour vous imposer de plus en plus de contraintes sans aucune rémunération.
Dans la réalité, c'est même plutôt l'inverse qui se produit. Car même si au départ les quelques crénnaux réservés pour l'activité NR ne se remplissent que doucement, la raison comptable nous rappelle assez vite que si l'on gagne en terme de taux horaire deux à trois fois plus, l'emploi du temps peut être deux à trois fois moins rempli !
Personnellement, j'essaye de maintenir environ 50/50 en terme d'activité et pourtant mon activité NR développe les 2/3 voir les 3/4 de mes revenus.
Par contre oui, l'activité est plus "fluctuante", oui, à l'approche des vacances l'emploi du temps est plein à craquer et une fois les vacances arrivées il n'y a plus personne. Mais globalement sur l'année le remplissage est là.
Dans le registre financier, vous devez aussi intégrer que vos revenus NR auront une fiscalité différente (cotisation assurance maladie, TVA dans certains cas...) mais le jeu en vaut la chandelle...
- Devoir refuser des patients, des "vrais"
C'est un process intellectuel que de pouvoir dire "non" à un patient. Ou de dire "désolé je n'ai pas de place avant deux mois".
Mais gardez bien à l'esprit que si vous gagnez beaucoup plus d'argent sur votre activité HN, ce que vous gagnez pourra être réinvesti dans votre activité conventionnée. Cette dernière sera de fait beaucoup plus sereine et vous aborderez vos patients dans un tout autre état d'esprit car d'un coup votre activité conventionnée ne sera plus votre source de revenus principale mais prendra une dimension beaucoup plus ludique.
Désolé de baser ma réflexion sur le côté mercantile, mais c'est bel et bien là une réalité. Notre profession se meurt de ne pas être rétribuée à sa juste valeur. Je vous invite à lire l'article sur le constat de notre profession .
N'oubliez pas non plus que les patients, c'est là notre force. En effet quand "1000 kinés" sont dans la rue, cela n'ébranle personne. Le jour où les patients commenceront à grogner parce que nous ne pouvons plus les prendre en charge, là nous auront des millions de gens dans la rue et là le législateur s'occupera de nouset la technocratie imbécile comprendra qu'il est impossible de continuer ainsi. 
 À l'heure ou beaucoup se posent la question du "burn out", pouvoir être détendu et dégagé d'obligation financières dans ses prises en charge tout en pouvant améliorer et développer ses conditions de travail est une est un luxe exceptionnel qui ne se refuse pas. Par ce levier l'abaissement du risque psycho social (RPS).... 
 
Déconventionnement total ou partiel ?
Exercer la kinésithérapie en 100% déconventionné, cela signifie que vos patients seront remboursés à hauteur du tarif d'autorité (article sur ce sujet à venir). Pour faire simple, environ 2€ par séance.
De fait autant dire que le patient ne sera pas remboursé !
Il me semble irréaliste de se lancer dans ce type d'aventure (mais sait on jamais, je changerais peut être d'avis d'ici 20 ans !).
De plus, ne rêvons pas, si nous délaissons de trop les rééducations, l'état nous trouvera des remplaçants low cost sans aucun problème. Ne leur laissons pas cette opportunité...
Il n'existe pas de statut de déconventionnement "partiel", ceci est un abus de langage. À partir du moment où l'on exerce une activité NR on exerce une activité partiellement déconventionnée.
Cela restera votre choix, personnellement j'ai choisi de garder une activité conventionnée pour que l'accès au soin soit préservé. Et sincèrement, comme beaucoup à un moment j'en avait "un peu marre" de m'investir autant pour si peu de retour. Et bien maintenant tous les matins quand je me lève et que je me dis "aujourd'hui je vais m'éclater" et ça... cela a été une énorme bouffée d'oxygène au quotidien.
Libre à vous, mais je ne reviendrais pour rien en arrière et soyez en surs... En restant à 100% sous le coup de la convention vous mourrez à petit feu.
 
Conclusion
Vous l'avez compris je suis totalement convaincu.
Au-delà de ma conviction, ne négligez pas le démantèlement organisé de notre système de soin. Pensez à prévenir ce qui va indubitablement arriver. Si vous n'y êtes pas préparé, il sera trop tard pour réagir sereinement quand cela arrivera.
Nous perdons nos compétences à petit feu et personne n'y fait rien. Certes les syndicats et l'ordre dénoncent mais au final le législateur ne fait que poursuivre l'annihilation pure et simple de notre profession.
 
Vincent Jallu