Nuages

La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
Avenant 7, et maintenant ?
article à venir...
 
 
 
 
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

Depuis quelques années il est un ordre professionnel qui a autorisé, plus ou moins sous la contrainte , une forme de publicité à ses membres.

C’est ainsi que les vétérinaires ont fait profondément évoluer leur code de déontologie pour rentrer dans l’ère moderne.

Nous sommes à l’heure d’internet. Nous sommes à l’heure des réseaux sociaux. En un mot, l’hypercommunication.

Un APA totalement inconnu peut en quelques clics, se faire connaitre sur la page Facebook de sa commune, de sa communauté de commune, créer un référencement et une publicité Google et avoir une visibilité hors du commun.

Les professions règlementées ne le peuvent pas. Elles n’ont pas la liberté de communiquer aussi agressivement. Et force est de constater que notre profession s’enlise petit à petit dans le système conventionnel qui est arrivé à bout de souffle.

 

Les propositions du conseil d’état

Excellente nouvelle ce matin, le conseil d’état publie 15 propositions pour mettre à jour les professions de santé en matière d’information et de communication.  À lire en cliquant ici.

Morceau choisi, je cite « Au terme de ces travaux, le Conseil d’État relève que la réglementation interdisant la publicité directe ou indirecte aux professions de santé est susceptible d’être affectée par l’évolution de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. De plus, l’encadrement strict des informations que les praticiens peuvent aujourd’hui rendre publiques ne paraît plus répondre totalement aux attentes d’un public demandeur de transparence sur l’offre de soins. Enfin, l’essor rapide de l’économie numérique a rendu obsolètes certaines des restrictions actuelles en matière d’information dans le domaine de la santé »

Les réactions ne se sont pat attendre. J’ai même déjà vu sur les réseaux sociaux certains monter au créneau, arguer que nous ne sommes pas une profession commerciale, que la publicité comparative à l’américaine n’avait rien à fair chez nous, que ces, que cela…

Mais vous êtes vous déjà réellement penché sur la question ? Et avez vous lu les propositions du conseil d’état ?

Il faut commencer à dépasser les idées préconçues des années 80 et vivre dans notre temps que sont les années 2010 !

Notre profession meurt des gens qui sont restés bloqués 30 ans en arrière…

Le conseil d’état propose, je cite, d’ « introduire un principe de libre communication des informations
sous réserve du respect des dispositions réglementant l’exercice professionnel ». Il n’est à aucun instant prévu d’autoriser la publicité « commerciale ».

Le professions règlementées ont toutes les contraintes et aucune liberté face à ces nouveaux acteurs que sont les APA, les ostéopathes, les chiropracteurs, les coachs divers et variés etc… Je ne parlerais même pas des futures « équivalences partielles européennes »…

Même fiscalement ils n’ont pas nos contraintes. La quasi totalité sont « auto-entrepreneurs » et de fait n’ont pas les contraintes liées au régime « BNC ».

Revenons quelques instants sur le cas des vétérinaires…

 

Le contenu de la publicité doit être loyal, honnête, vrai et vérifiable, et il ne doit pas revêtir un caractère commercial ou promotionnel

Voilà tout est dit. C’est ainsi qu’est définie la communication par le conseil de l’ordre des vétérinaires.

Hors de question de poser une affiche 4 mètres par 3 sur le bord d’une autoroute, non. Le climat anxiogène que certains essayent de propager à coup d’images de la santé « à l’américaine » n’est pas du tout de mise.

et celles et ceux qui ont peur de cette évolution n’ont simplement pas compris, ou veulent volontairement laisser croire, qu’il n’est pas question de publicité au sens commercial du terme. Non, il est question de promouvoir nos activités. 

Il est par exemple maintenant possible pour un vétérinaire de figurer dans n’importe quelle rubrique des annuaires, bien sur sous réserve que les informations minimales soient présentes : nom et prénom du vétérinaire ou le nom de l'établissement de soins vétérinaires, ou encore la mention “vétérinaire à domicile”. Il n’est par contre pas possible de faire de promotion ou de publicité pour des médicaments ou des laboratoires.

Donc toutes celles et ceux qui vous disent que l’on s’oriente vers une santé à l’américaine n’ont ni compris les problématiques des professionnels au quotidien, ni compris l’orientation voulue par le conseil d’état, ni compris l’essence même du fonctionnement du système de santé actuel.

Celles et ceux qui ont peur de la dérèglementation et du glissement de compétences ainsi que de la présence des mutuelles au sein de notre système de santé ont simplement 10 ans de retard ! C’est déjà fait. C’est déjà acté.

Il faut être simplement aveugle ou ne rien avoir subi de l’actualité règlementaire ces dix dernières années pour croire que notre système de santé va rester immobile.

 

Nous devons aujourd’hui nous adapter

Lorsqu’il y a 10 ans dans les services hospitaliers les aides soignantes (AS) ont commencé à prendre des tensions et des températures, tout le monde a détourné le regard. Aujourd’hui c’est une réalité dans tous les services. Les AS ont gagné des prérogatives (tension, température, quelques menus soins, transmission etc…) les infirmières (IDE) ont laissé filer ces compétences et en ont gagné d’autres (consultations de pratiques avancées par exemple). Nous pourrions disserter des heures durant pour savoir si c’est bien, pas bien, mieux, une catastrophe etc… Mais cela ne changerait rien au fait que c’est il y a 10 ans qu’il fallait s’en inquiéter. Aujourd’hui c’est trop tard. et à aucun moment l’état n’a montré d’envie de revenir en arrière.

Nous sommes dans la même situation. Nous perdons des compétences au quotidien et nous n’en gagnons pas en contre partie.

Il nous faut donc nous adapter pour ne pas sombrer.

 

Avoir une activité hors convention, la liberté financière en premier, la liberté d'esprit à clé

Aujourd’hui peu osent l’avouer mais notre problématique est financière. Notre capacité d’investissement se réduit, pour ne pas dire, devient inexistante. Nous avons donc tous tourné la problématique dans tous les sens. Augmenter le nombre d’heures de travail. Réduire la durée des séances pour augmenter le nombre de patient. Doubler les rendez-vous, même si ce n’est pas forcement autorisé. Pratiquer des dépassements d’honoraires, là aussi très tendancieux.

La réalité est là. Nous avons perdu 25% de pouvoir d’achat (à lire ici). Et si l’on veut retrouver nos conditions d’exercice d’il y a quelques années, il nous faut gagner plus. Or nos tarifs sont fixés.

La solution simple est d’avoir une activité secondaire. Pas besoin d’aller chercher une autre profession. Restons simple. Restons dans notre profession mais avec des soins non conventionnés.

Une école du dos par exemple. Des groupes de marche. Du coaching sportif ou non sportif. Des programmes d’activité physiques adaptées, proposer une étude de la marche et de la course, proposer des actions en rapport (étirements, préparation physique…), des soins esthétiques, de bien être, de détente, d’accompagnement… 

Notre profession est ultra polyvalente. Nous avons des centaines d’actions possibles rien qua dans le cadre de notre diplôme.

Personnellement un kinésithérapeute qui ouvrirait une salle de sport et qui écrirait à l’entrée « cette salle est détenue par un kinésithérapeute, professionnel de santé, qui est à même de vous guider au mieux dans votre préparation et vos entrainements » avec une prestation à la clé « analyse, conseils et élaboration d’un programme d’entrainement, durée 1h, tarif 150€ », franchement, cela ne me dérangerait pas.

Et je peux vous garantir qu’une fois que vous êtes affranchi de la pression financière de votre cabinet, lorsque vous exercez des prestations conventionnées votre dynamique change. En effet, c’est le coeur léger que vous travaillez. Vous pouvez commencer à dire « au lieu de travailler 10H, je vais en faire 8 ». Vous pouvez commencé à dire « cette année je vais pouvoir me payer ma formation » ou encore « je vais pouvoir investir » ou plus simplement « cette année je prends des vacances !». Et lorsque vous en arrivez à dire « je me fous de ce que je gagne sur mon activité de kiné, je m’amuse avec mes patients et c’est le principal», toutes les considérations d’épuisement professionnel de remise en question permanente et d’inquiétudes financières disparaissent.

Et un professionnel qui ne se pose pas de question et qui n’a pas d’inquiétudes et qui s’amuse dans sa pratique, les effets contextuels sur les traitements se majorent !

Donc oui, je suis partisan de pratiquer une activité secondaire non règlementée, et oui je suis partisan de pouvoir promouvoir notre statut de kinésithérapeute dans cette activité.

 

Des abus il y en aura…
Bien sur qu’il y en aura et bien sur que certains feront les grands titres « un kiné vante son cabinet sur l’autoroute ! »…

Mais ces abus, seront contenus, répréhensibles et ne représenteront que quelques poussières à l’échelle de la réalité. Pour la plupart vous ne saviez même pas que votre vétérinaire avait possibilité de communiquer et vous n’avez jamais vu une affiche sur le périphérique !

 

Il est temps de passer à la promotion des professionnels, à la promotion de nos compétences, à la promotion de nos valeurs, à la promotion de notre belle profession

Il faut nous défendre, il faut être vigilants, mais il faut surtout arrêter de nous regarder le nombril en disant « le bouche à oreille est notre meilleure atout, nous sommes profession de santé etc… ». Oui tout ceci est vrai.

Mais manque de chance, le système a changé, il change encore

Mais il est vrai aussi que nous pourrions développer des activités annexes (à lire ici) qui nous permettraient de nous libérer de la convention et de nous émanciper financièrement parlant. Ce ne sont pas des « gros mots » que de dire que les tutelles organisent la paupérisation de notre profession, tant au niveau salarial qu’au niveau libéral. Ce ne sont pas des gros maux que de dire qu’il faut réorienter notre profession et la promouvoir dans les soins qui ne sont pas conventionnels pour que les professionnels puissent non pas vivre mais au moins survivre financièrement parlant.

 

Vincent Jallu

 

Lire le communiqué du conseil de l'ordre en cliquant ici.

Le grade master, quel doux rêve pour notre profession. Et de ci, de là, quelques indices laissent penser que le dossier du grade master est en mouvement. Si il n’y a aucun doute à ce que le grade master nous apporte de grandes choses, il n’en est pas moins inquiétant de suivre comment cela pourrait être organisé.

Laissez-moi donc vous présenter quelques points importants.

 

Le rêve ultime

Dans un monde parfait, nous pourrions obtenir la création d’un master de masso-kinésithérapie obtenu à l’issue de nos 4 années de formation et de l’année de PACES.

Aucun changement d’organisation, pas d’années en plus ou de validation supplémentaire. Juste une « conversion » de notre diplôme d’état (DE) en Master de masso-kinésithérapie.

Voilà l’idéal…

 

Pourquoi nous n’obtiendrons jamais le master de kinésithérapie ?

La réponse tient en un seul mot… L’argent.

En effet, si nous convertissons simplement notre DE en Master, il faudra alors rémunérer les professionnels à la hauteur de leur niveau d’étude.

Pour les libéraux, rien ne changera car la majorité sont conventionnés et sont donc liés par contrat avec l’UNCAM.

Par contre croyez vous que l’on puisse décemment payer un kinésithérapeute salarié 1200€ par mois avec un grade master ?

Avez vous ce qu’il en couterait à l’état de reclasser et donc de rémunérer l’ensemble des kinésithérapeutes salariés promus au grade master ?

Une petite bagatelle de 90 millions d’euros par an. Trois fois rien ! Surtout quand on connait les modes d'attribution des budgets au sein de l'ONDAM (à lire ici)

Voilà pourquoi nous n’aurons jamais une « équivalence » DE-Master. Le coût en serait trop important pour l’état.

Sans compter que si nous accédons au Master, les autres professions paramédicales vont oeuvrer pour obtenir la même chose, ce qui serait tout à fait légitime.

Le coup global serait alors nettement plus élevé.

 

Quel sont les autres possibilités

  • Les masters non spécifiques

C’est la solution actuelle. Certaines facultés proposent aux kinésithérapeutes d’intégrer différents master en complément de notre formation initiale.

C’est une solution bancale car cela reste à la discrétion des universités et ce n’est pas une solution pérenne car cela ne valorise pas notre profession.

  • Le master d’ingénieur en santé option kinésithérapie

Comme avancé plus haut, au registre de « toutes les profession paramédicales sont dans le même lot », une alternative intéressante au master de kinésithérapie serait un « grand » master global à l’ensemble des profession paramédicales. Et au sein de celui-ci des options. Soins infirmiers, Masso-kinésithérapie, orthophonie…

La réelle difficulté étant l’organisation intrinsèque de ce master. Car si l’on converti le DE en Master d’ingénieur en santé, nous retombons sur la même problématique du « vrai » master de kinésithérapie.

Il y a donc fort à craindre que cette solution en l’espèce ne voit pas le jour. D'autant que les récentes annonces concernant l'universitarisation des soins infirmiers ne vont pas dans ce sens.

  • Le master de kinésithérapie suite à une pratique avancée

Une pratique avancée c’est quoi ? C’est une forme de « spécialisation », certains parlent même de « nouveau métier ». Disons que la pratique avancée accorde de nouvelles prérogatives. Il est très difficile de se placer car les discussions autours de ces pratiques avancées ne font que débuter. Ce sont les soins infirmiers qui ouvrent le bal et qui essuient les plâtres. Pour vous donner une idée, on parle de consultations propres, de suivi de patients chroniques et même de prescriptions.

Le but de la pratique avancée est de réduire le nombre de consultations tant à l’hôpital qu’en ville. Cela s’inscrit commune forme de délégation de compétences. Il faudra attendre la fin des débats pour savoir si il y existe une réelle avancée pour les soins infirmiers ou si comme souvent cela n’est qu’un effet d’annonce assez opportuniste.

Les décrets sur le diplôme d'état infirmier en pratique avancée reconnu grade master est paru ce jour au journal officiel (à lire ici) et le descriptif de cette nouvelle profession est à lire ici.

Le fait est que qui dit nouvelles compétences dit valorisation universitaire. Et la pratique avancée pourrait donner l’obtention d’un master. On parle déjà du master PAI pour Pratique Avancée en soins Infirmiers, peut être par analogie aurons nous le master PAK ou PAMK pour master de Pratique avancée en masso-kinésithérapie… Les vraies questions étant, en combien de temps et pour quelles pratiques ?

 

La réalité des faits

Madame la ministre de la santé l’avait annoncé aux infirmières, et c'est maintenant un fait, le grade master leur est donné suite à une pratique avancée.

Il y a toutes les raisons de croire que nous aurons notre master associé à une pratique avancée en masso-kinésithérapie (PAMK).

Il faudra donc refaire à minima un équivalent de 60 ECTS pour obtenir ce fameux master.

Si vous comptez bien, il faudra donc s’acquitter d’une année de PACES (60 ECTS), 4 années de formation (240 ECTS) et certainement 1 année de PAMK (60 ECTS).

Il faudra donc 6 ans pour obtenir le grade master et 60+240+60 ECTS soit 360 ECTS pour une reconnaissance à 300 ECTS ! Tout en espérant que la pratique avancée ne se fasse qu'en 1 an !

Peut être même qu’avec un peu de « chance » nous allons obliger les français à faire 6 années d’études pour obtenir le master et reconnaitre les master européens directement après leur 5 années d’études, un comble.

Et toutes celles et ceux qui s’attendaient à une validation des acquis par l’expérience pourraient bien être de la déconvenue…

 

La date du 05/07

Si certains sont encore dans l’euphorie de la magnificence manifestation qui n’a servi à rien (à lire ici), ils ont certainement omis de lire entre les lignes.

En effet le 5 juillet, madame la ministre de la santé était à Caen avec madame la ministre de l’enseignement supérieur pour faire une grande annonce.

Le concours infirmier est supprimé. La filière sera éligible via « parcoursup ». Voilà donc une minirévolution. Pourquoi donc ?

Tout d’abord parce que nos monstres ont clairement indiqué que de facto, la formation serait bel ét bien de niveau « licence ». Confirmant ainsi que le master en soins infirmiers ne se ferait que via une pratique avancée.

En supprimant le concours, la prépa et en évitant la filière du PACES, nos ministres ont résolu le problème. Les infirmier(e)s devraient donc bénéficier de 180 ECTS auxquels il sera possible d’adjoindre une pratique avancée de 120 ECTS pour arriver au grade master et 300 ECTS.

Un master en 5 ans bien sur.

 

Pourquoi une telle différence ?

La question est entière, effectivement. Pourquoi ferions nous un PACES avec un concours, 240+60 ECTS, 5 année de formation pour une reconnaissance de grade licence, alors que les infirmier(e)s vont faire une intégration via parcoursup pas de concours, 300 ECTS un grade master ?

Il y a là deux poids, deux mesures.

La vraie question qui me vient à l’esprit est « ne serait-il pas intéressant de copier le système infirmier » ?

Je n’ai pas la réponse. Mais vu que le grade master de masso-kinésithérapie en 5 ans semble coûter trop cher au législateur, je me pose sérieusement cette question...

 

L’échec de la réingénierie

La magnifique réingénierie du diplôme d’état a amené à une équation simple. Avant nous avions 3 années d’études post-bac pour obtenir un diplôme d’état. Aujourd’hui nous en sommes à 1 années de PACES, 4 années de formation, soit 5 années pour… Obtenir un diplôme d’état.

Pour faire simple, avant 3 ans, maintenant 5 ans, et pour la même chose… Cherchez l’erreur.

Ma proposition est simple. Revenons à 3 années de formation. N’ayons pas peur de dire tout haut ce qui se dit tout bas, à savoir que la 4e année est remplie par du vide et qu’il n’y a eu aucun contenus supplémentaire réellement ajouté.

J’ai bien compris que le rapport de force entre le nombre de présenté et le nombre de reçu n’a aucune commune mesure entre les infirmier(e)s et les kinésithérapeutes, d’où « l’lintérêt » du PACES.

Il peut donc être intelligent de revenir à un format de 3 années de formation, suivant le PACES et et précédant une année de pratique avancée.

Ainsi nous ferions 1 année de PACES, 3 années pour l’obtention du diplôme d’état et une année de PAMK soit 5 années au total pour obtenir un master. Voilà qui serait cohérent !

Ainsi presque tout le monde serait content. Au terme de 5 années, nous obtenons le grade master. Pour l’état le kinésithérapeute qui ne souhaite pas faire de pratique avancée, reste au grade licence et ne lui coute pas plus cher…

 

Conclusion

Dans les hautes sphères, le silence est de mise, même si certains se montrent « confiants »…

Bien que les tractations avancent, nous n’avons pas la moindre information transpirant de ce dossier.

Est-ce inquiétant ou non ? Je ne le sais pas.

Ce que je peux vous annoncer c’est que le grade master, nous l’aurons… Par quel biais ? Un vrai master de masso-kinésithérapie que tous les étudiants auraient en sortie de formation ? Peut-on espérer des VAE ? Ou serait-ce un master avec pratique avancée en 6 ou pire 7 ans ? Ou encore un master d’une autre filière qui serait simplement accessible aux kinésithérapeutes, tel que cela existe déjà ?

J’ai bien peur que nous ne soyons obligés d’effectuer 6 ou 7 années ‘études pour avoir la même chose que nos confrères européens qui le font en 5 ans.

 

Vincent Jallu

Comme je l’avais annoncé un peu avant les négociations de l’avenant numéro 5, les rémunération sur objectifs de santé prioritaire (ROSP) sont un piège. Et les médecins viennent de comprendre comment ce piège s’organisait à leur dépend !

Pour résumer la situation, les médecins gagnaient en moyenne environ 7000€ de ROSP en 2017. Cette année, cela sera moitié moins !

Presque 3500€ de perdu. Que diriez vous si l’on vous retirait 300€ par mois pour la même quantité de travail effectué ?

Et attention, l’année prochaine risque d’être pire…

Toutes mes félicitations à la personne qui a eu l’idée de ce système. C’était et c’est très, très intelligent…

 

Comment ça marche ?

Je vais essayer de rester le plus simple possible dans l’explication de cette rémunération…

Les tutelles déterminent des objectifs. À chaque objectif atteint, vous gagnez 1 point. Et le point a une valeur déterminée.

Nous pouvons résumer les ROSP à cela car effectivement cela fonctionne comme cela.

Pour notre exemple, disons que le point vaut 7€. 

Comme objectif nous donnons « être informatisé », « télétransmettre », « avoir une messagerie sécurisée », « être aux normes handicapés ».

Voilà c’est simple. Si vous remplissez ces objectifs vous avez 4 points vous gagnez donc 28€ tous les ans sans rien faire.

Jusque là… Tout va bien. Les ROSP sont facile à mettre en oeuvre, cela ne vous demande pas de travail supplémentaire et du coup vous êtes contents car vous allez gagner pas mal d’argent à ne rien faire. Car en effet des points comme ceux là, il y en a pas loin de 1600. Chouette, être payé à ne rien faire de plus ! 11 000€ de gain possible, que demander de plus ?

 

Les pièges

Le premier piège est que les points sont attribués en plusieurs catégories.

La structure (le cabinet), l’organisation, les soins… 

Les tutelles jouent sur les mots. Car pour gagner de l’argent on vous « incite » à gagner des points. Donc si vous voulez gagner plus, il faudra avoir plus de points.

Oui, mais il y a des parties qui sont « obligatoires ». Par exemple le point « télétransmission » conditionne toute la partie structure. Donc si vous remplissez tous les objectifs structure mais que vous ne télétransmettez pas, vous n’aurez aucun point donc pas d’argent.

Cela implique directement que si demain les tutelles décident que pour avoir des points vous devez avoir une blouse rose à poix jaunes… et bien vous serez « contraints » de vous habiller de la sorte sinon vous n’aurez plus de points même si vous remplissez toutes les autres parties du contrat.

De plus les objectifs peuvent vous demander de travailler différemment. Par exemple imaginez que vous ayez un cabinet orienté « traumato ». Si vous voyez un objectif « prenez en charge 50 bronchioles par an, rémunéré 100 points ». Voilà c’est clair, 700€ de plus pour prendre en charge 50 bronchiolites. Cela double presque le prix de la séance. Intéressant non ?

Oui mais pour cela il faut remplir l’objectif, donc ce cabinet de « traumato » pourra être « influencé » dans sa pratique. Cela renforce la pratique opportuniste… Et surtout, aujourd’hui cela pourrait être 50 bronchiolites, mais demain ? 100 ? 150 ? Nul ne le sait.

Sous couvert de revenus financiers, on vous incite à modifier vos pratiques.

                  Second piège, personne ne connait les objectifs à terme. 

Et oui, c’est là que la magie opère. Aujourd’hui certains objectifs sont simples. Avoir un cabinet accessible, télétransmettre etc. Mais quand le taux de réussite de ces objectifs sera à 95 ou 100%, que va t il se passer ? Croyez vous sincèrement que le l’UNCAM va continuer à payer ad vitam aeternam ? Bien sur que non. Les objectifs changeront. On demandera peut-être par exemple que le cabinet soit certifié (à lire ici et ici) ? Et ensuite quand tous les cabinets seront certifiés ? L’UNCAM augmentera le niveau d’exigence encore et toujours.

Là encore, les ROSP sont un moyen, grâce au levier financier, de vous obliger à faire ce que les tutelles veulent.

D’ailleurs c’est ce qui vient de se passer chez nos amis médecins. L’année dernière, l’UNCAM a redéfini les objectifs à la hausse. Du coup, cette année les rémunérations sont largement à la baisse. Et c’est d’ailleurs là, qu’intervient le troisième piège.

                 La clause de sauvegarde.

Elle permet, l’année suivant la signature de la convention, et si les objectifs ne sont pas atteints, de garantir un minimum de revenus aux médecins.

Disons qu’habituellement vous gagnez 6000€ par an de ROSP. La convention change, avec de nouveaux objectifs. L’année qui suit vous vous apercevez que finalement vous n’avez rempli que 50% des objectifs, vous devriez donc toucher 3000€. Et bien cette clause permet que finalement vous aller toucher 5000€. Pour vous c’est donc 

L’UNCAM n’est pas perdante. En effet elle avait de toutes façons prévu de vous payer 6000€. Donc si elle vous paye 5000, elle y gagne.

Le plus gros risque est pour le professionnel. En effet, si vous êtes impliqué et que vous faites l’effort de rester dans le piège des objectifs, vous allez tout mettre en oeuvre pour revenir aux objectifs demandés. Vous voilà donc mis en esclavage par rapport aux ROSP

Si par contre vous ne faite rien pour tendre vers les objectifs, l’année suivant la mise en place de la clause de sauvegarde, là vous allez perdre énormément d’argent.

La clause de sauvegarde, si elle peut faire croire qu’elle protège les professionnels, ne fait que décoller dans le temps une situation stérile où seul les intérêts de l’UNCAM sont gagnants.

                 Le quatrième piège est la valeur du point.

Nous en avons fait l’amer expérience, l’UNCAM peut redéfinir tout ce qu’elle veut au sein de la convention. Ainsi notre ASV (avantage social vieillesse) a été lamentablement réduit, et qui plus est, avec rétroaction. Ce qui avait été capitalisé a été recalculé… Donc oui, l’UNCAM fait ce qu’elle veut avec ce qu’elle donne.
Comprenez tout de suite qu’aujourd’hui le point vaut 7€. Mais demain ? Il n’y a aucune garantie sur la valeur du point sur le long terme.

Les points et leur obtention ainsi que leur valeur sont sous le contrôle exclusif des tutelles. Et si l’on fait croire que tout reste négociable au sein de la convention, c’est uniquement de la poudre aux yeux.

Et lorsque le gentils moutons seront tous à 80-90% d’objectifs atteints, il suffira à l’UNCAM de descendre la valeur du point pour continuer à avoir des objectifs croissants et une rémunération décroissante.

 

Conclusion

Les ROSP n’existent pas encore pour notre profession. Les médecins testent pour nous ce nouveau mode de rémunération. Soyons très vigilants à ce que nous ne nous fassions pas piéger car nous y perdrions notre liberté intellectuelle et professionnelle.

Mais comment ne pas être séduit par le chant des sirènes ?

N’en doutons pas, si un jour nous mettons le doigt dans les ROSP, nous ne pourrons plus jamais nous en sortir.

 

Vincent Jallu

Une fois n’est pas coutume, je vais me faire l’avocat du diable. En cette période où nous sommes attaqués de toutes part, défendre notre profession est indispensable. Et toutes les volontés d’union de l’ensemble des structures nous régissant sont les bienvenues et doivent être soutenues.

Cependant il faut aussi faire notre autodafé et avoir une analyse critique de notre situation. Et si personne n’ose le dire… Je vais le faire.

 

Nous n’avons pas su nous rendre indispensables

Le constat majeur que je puisse faire est celui-ci.

Nous ne sommes pas indispensables. Donc nous sommes remplaçables.

Par exemple, la physiothérapie qui est actuellement en cause vis-à-vis des chiropracteurs. Vous êtes vous demandé si cette physiothérapie était notre exclusivité ?

Et bien, sachez le… la physiothérapie n’est protégée par aucun texte. Seuls quelques actes techniques sont sous le couvert de telle ou telle profession.
La notion d’exercice illégal de la masso-kinésithérapie est extrêmement spécifique et je suis au regret de vous informer que nous n’avons plus aucune exclusivité technique.

N’importe qui peut acheter un appareil d’électrothérapie et l’utiliser à volonté. D’ailleurs les fabricants ne s’en cache pas. Ils ont des gammes « grand public » et des gammes « professionnelles ». Et n’importe quel particulier, si il y met le prix, peut acheter un appareil dit « professionnel ». Regardons ce qui s’est passé avec les « aspirateurs à graisse ». La société L plus loin P et juste après G, a pleinement profité du marché des kinésithérapeutes et quand les esthéticiennes se sont intéressées au problème, bizarrement une gamme spécifique est née et cette société a vendu des machines aux esthéticiennes. Et qu’avons nous fait ? Nous avons contemplé cela sans rien faire, car nous ne pouvions rien faire.

Aujourd’hui les centres de cryothérapie fleurissent… et ? Nous contemplons cela sans rien faire, car nous ne pouvons rien faire !

Oui, nous pouvons utiliser la cryothérapie à visée thérapeutique. Mais si votre voisin utilise la cryothérapie sans visée thérapeutique, il en a le droit.

Nous n’avons pas su instaurer des exclusivités techniques. Nous nous sommes toujours caché derrière la notion de thérapeutique. Aujourd’hui nos concurrents utilisent les mêmes outils que nous, mais sans prévaloir de la notion de thérapeutique. 

Au registre du « nous n’avons pas su nous rendre indispensables », il y a une grande part de notre responsabilité dans la réponse au patient.

Sous prétexte que nous avions un pseudo-monopole, nous avons rempli nos cabinet de patients qui n’ont pas forcement réellement besoin de soins. Sous couvert de tarifs conventionnels et de prescriptions quantitatives, nous finissons toujours les 10 séances prescrites alors qu’au bout de 6 ou 7 séances cela pourrait être clos. Sous couvert de « thérapeutique », nous avons totalement délaissé toute une clientèle (je n’ai pas peur du mot) qui recherche « autre chose », plus axée sur le « bien-être ».

Quand j’étais étudiant, sur certains terrains de stage, il était « connu » que l’on passait plus de temps à la machine à café qu’auprès des patients. Inutile de se demander pourquoi notre image, auprès des autres professions de santé et plus généralement auprès des institutions, n’est pas très bonne.

Plus récemment, j’ai pu voir dans un service de réanimation des infirmières faire la mobilisation des patients. Et quand je leur ai demandé « y’ pas de kiné dans le service ?» on m’a gentiment répondu « si, mais ils ne sont jamais là quand on a besoin d’eux… donc on le fait à leur place ». C’est tout de même dommage d’entendre cela… 

 

Le piège des données de la science…

Si sur le fond respecter les données de la science est une excellente chose, dans notre situation c’est un piège catastrophique. En effet je pense que 95% de nos actes n’ont aucune validation scientifique, pour ne pas dire plus...

Nous sommes donc dans une situation où, nous ne devrions pas pratiquer d’actes n’ayant pas de fondement scientifiques, nous en exerçons quand même par manque de littérature, et parallèlement on nous interdit d’autres actes.

Comment pouvons nous défendre la réalité du fait qui est que nous voulons, par exemple, garder l’exclusivité d’appliquer du chaud pour détendre une contracture, alors que cela n’a aucun fondement scientifique à cela et que donc théoriquement nous ne devrions pas le faire ?…

Voilà donc la situation paradoxale dans laquelle nous sommes.

Notre ordre s’est placé sur le domaine de la répression au niveau de la reconnaissance scientifique. En effet, publication à foison sur les « fakemedecines », acharnement sur les réseaux sociaux sur la même thématique, commande d’analyses coûteuses sur l’ostéopathie concernant des actes et techniques qui ne sont pas directement dans notre décret d’actes mais rattachées à un titre partagé etc…

Seuls point positifs, la reconnaissance de la puncture sèche (dry needling) et une petite mise en avant sur l’hypnose.

Cela fait longtemps que je réclame un « catalogue » des techniques utilisées. Je l’ai encore redis (à lire ici), le conseil de l’ordre des médecins fait confiance aux professionnels pour organiser les soins. Notre ordre s’est senti obligé d’interdire des pratiques sans accordé sa confiance aux professionnels. Nous sommes dans une logique limitante et enfermante.

C’est un signe très fort qui indique au législateur que notre profession est immature et que lui non plus ne peut avoir confiance dans les professionnels.

Voilà, donc officiellement, le kiné du futur fera donc de la puncture sèche, un peu d’hypnose en sachant que cette activité n’est du tout de notre exclusivité et… rien d’autre. Tout le reste, vous pouvez l’oublier. Voilà la kinésithérapie que l’on nous propose. et bien c’es justement ce qu’il ne faut pas faire. Il faut prendre le problème sous un autre angle beaucoup plus intelligent.

 

L’universitarisation

Nous l’avons vu (à lire ici), les infirmières vont accéder au grade master par le biais d’une pratique avancée. Il me semble illusoire aujourd’hui de croire que nous pourrons avoir un grade master sans pratique avancée.

Il n’est pas juste de penser que notre salut tient dans l’universitarisation. Soyons clairs, c’est une étape indispensable. Mais le grade master n’est pas acquis loin de là et si nous ne comptons que là dessus pour évoluer, alors nous sommes bien mal partis.

Sans compter que, dans l’exemple des Chiropracteurs, n’oublions pas qu’ils avaient le niveau 1 du RNCP bien avant nous. N’oublions pas non plus qu’ils ont 300 ECTS de validées… Donc à toutes celles et tous ceux qui pensent que les « chiros » sont des « sous-doués » de la médecine, attention messieurs-dames, il y a plus d’équivalences mondiales dédiées aux chiropracteurs qu’aux masseurs-kinésithérapeutes.

 

Que faire ?

J’enfonce le clou et je redemande à notre ordre de prendre ses responsabilités.

Tous les ans, les médecins ont des guides de prescriptions et de bonnes pratiques. Ils peuvent s’appuyer sur des éléments fiables pour organiser leurs soins.

Nous devons donc mettre en place un réel catalogue de nos actes.

4 catégories.

  • ce qui est démontré scientifiquement
  • ce qui a été étudié de manière fiable mais qui n’a pas à ce jour montré d’effets notables
  • ce qui n’a jamais été étudié ou dont les études ne sont pas fiables
  • ce qui est interdit car démontré comme dangereux pour le patient

Les trois premières catégories resteraient totalement accessibles aux praticiens et comme l’indique le conseil de l’ordre des médecins, leurs pratiques seraient à la discrétion des praticiens dans la limite de l’intérêt du patient. Le thérapeute agit en son âme et conscience.

Une fois ce catalogue clairement établi. Organisons ensuite, certainement via le collège de la masso-kinésithérapie (CMK) par exemple, l’analyse impartiale de la littérature. Le travail sera colossal. Technique par technique. Et régulièrement, une technique est passé au crible.

Le premier effet de cette démarche sera que les gentils laboratoires qui veulent nous vendre du vent à 25 000€ avec des « laséromachins » ou des « ondedechoctruc » commenceront à arrêter de nous pipeauter avec des études bidons.

Le second effet sera qu’enfin notre esprit au lieu d’être immobilisé par une politique limitante, sera ouvert et en mouvement.  Et comme chacun sait, le mouvement… c’est la vie. Nous pourrions commencer à avoir une réelle dynamique dans nos pratiques.

Le troisième sera de démontrer aux pouvoirs publics notre maturité scientifique et de pouvoir commencer à organiser notre pratique exclusive et de nous rendre indispensables dans le parcours de soin du patient.

Enfin, dans les instituts de formation, l’information serait claire dès le départ. Les étudiants auraient des piliers et des ancrages thérapeutiques fiables et le discours serait cohérent. L’homogenéité serait de mise.

Les organismes de formation continue seraient eux aussi obligé de se mettre au goût du jour et arrêteraient peut être de nous vendre tout et n’importe quoi.

Mais pour cela, il faut avoir une réelle volonté de se remettre en question. Une réelle volonté d’arrêter de se regarder le nombril. Une réelle volonté de dire « la kiné respi sur une bronchiolite, est-ce que ça sert réellement ? », « l’AFE dont certains fondements sont basé sur une étude faite sur une dizaine de moutons, est elle réellement une technique de pointe ? », « une contracture existe t-elle réellement ? », « le chaud, humide, sec, en infra-rouge, a-t-il une réelle efficacité sur la dite contracture ? », « le massage a-t-il un intérêt sur une lombalgie », « les étirements, est-ce que ça sert à quelque chose » « pourquoi les ultras-sons permettent de fragmenter des calculs ou d’organiser le passage de molécules au travers de la barrière hémato-encéphalique alors que leur utilisation en kinésithérapie est largement controversée » etc, etc, etc…

Alors oui, dans un premier temps, il y aura 5 ou 6 techniques dans la première catégorie et au moins 200 dans la troisième. Mais c’est à nous de faire que la tendance s’inverse.

Ce catalogue, contrairement aux avis de l’ordre, serait vivant et évolutif en fonction de l’avancée des données de la science.

Le CMK pourrait dans un premier temps former une équipe sur l’ensemble du territoire pour recueillir, lire et analyser les publications. Ainsi, avec les moyens modernes un e-learning sous couvert de DPC pourrait être mis en place. Nous aurions alors une quantité de « lecteur » beaucoup plus conséquent ce qui permettrait d’avoir une couverture plus importante et d’aller plus rapidement dans l’élaboration du catalogue.

Mais là encore tant qu’une poignée seront convaincus qu’il sont les « maitres du temple » et qu’il ne faut surtout pas ouvrir les voies de la connaissance à celles et ceux qui ne sont pas adoubés, la volonté ne sera pas forcement là…

Une fois ceci accompli, nous pourrons commencer à discuter de notre évolution au sein du monde scientifique et peut être aller vers une pratique avancée qui nous permettra d’évoluer vers un grade master, et pourquoi pas vers un statut de type « paramedics » anglo-saxon.

 

Conclusion

Je soutiens le mouvement de protestation et oui je suis très heureux de voir enfin tous nos dirigeants assis autours d’une table.

Mais je ne peux m’empêcher de penser que ces même dirigeants connaissent les problèmes depuis des années, que nombre d’entre eux profitent gentiment du système et ou se trompent dans la gestion du problème. Et je ne suis pas sur que ces dirigeants aient réellement mis tous les moyens nécessaires pour que nous n’en arrivions pas là où nous en sommes.

Pourquoi toutes les professions autours de nous se restructurent et avancent dans la professionnalisation et pourquoi nous, nous en sommes encore à l’ère des dinosaures en nous regardant le nombril ?

Il est donc important pour nos dirigeants d’arrêter de renouveler les mêmes erreurs et de commencer à réellement défendre les intérêt de la masso-kinésithérapie.

La masso-kinésithérapie est à un virage important de son développement.

Notre polyvalence a fait notre faiblesse. Seule notre notion thérapeutique est protégée mais aucun de nos actes ou de nos techniques de sont de notre monopole. Nous n’avons aucune exclusivité.

Il va donc être indispensable d’avoir un positionnement clair et déterminant. Soit nous axons notre activité vers le thérapeutique, et il faudra apporter une notion scientifique que nous n’avons pas encore pour aller vers l’excellence et montrer notre plus-value. Soit nous nous orientons vers le non thérapeutique et il faudra arrêter le nombrilisme et accepter que nous sommes là sur un marché commercial dont les seuls lois sont celles de la concurrence. Soit nous continuons à avoir cette politique ambivalente du « cul entre deux chaises » et il faudra en accepter toutes les conséquences.

Je pense qu’il est temps que nous nous engagions dans la voie scientifique en ayant à l’esprit de ne pas limiter les professionnels dans leur pratiques. Ceux qui souhaitent avoir une activité secondaire pourront le faire en acceptant les lois de la concurrence et en ayant des possibilité déontologiques élargies et adaptées à cette concurrence.

Il faut ouvrir le débat, consulter l’ensemble des kinésithérapeutes et organiser les réformes structurelles internes nécessaires. 

 

Vincent Jallu

Il y a quelques jours, le syndicat français de médecine physique et de réadaptation s’est inquiété de la pénurie de masseurs-kinésithérapeutes dans les établissements de santé.

Comme toujours, ce ce qui était largement prévisible il y a quelques temps devient réalité.

De nombreux professionnels avaient prévu ce qui est en train de se dérouler.

Comment s’étonner de cette situation quand on sait comment et pourquoi les « nouvelles professions autours de la santé » ont été promues.

La kinésithérapie est au statu quo, aucune reconnaissance universitaire majeure. Ne parlons pas de rémunérations que ce soit en salarié ou en libéral. Celles-ci ont une courbe d’évolution digne d’un électro-encéphalogramme plat !

Les APA, les aides en tous genres, les pseudo coach  et autres ont fait leur apparition et, soit-disant, soulagent les professionnels de santé au quotidien. Que nenni, ils effectuent des actes qui ne sont pas de leurs prérogatives sous couvert de couter encore moins cher.

Que va-t-on dire quand les titulaires d’exercice partiel vont pouvoir venir pratiquer en toute impunité ?

La qualité du soin n’est pas la priorité de l’état-comptable qui n’a que pour objectif de réduire encore et toujours les dépenses de santé dans une politique d’affrontement entre les professionnels (à lire ici).

 

Universitarisation, la fin annoncée ?

Je ne cesserais de le dire, mais c’est toujours au détours d’une conversation ou d’une publication que l’on peut prévoir les éléments de l’avenir…

C’est ainsi qu’il y a quelques jours le ministère a eu des interactions avec un collectif professionnel pour répondre des avancées concernant les infirmières en pratique avancées (IPA).

Nous avons donc appris que le ministère prévoyait d’ouvrir des masters dès la rentrée 2018 pour former progressivement 5000 à 6000 IPA.

Cela confirme donc que pour l’instant les infirmières resteront « sans master » mais pourront accéder à un master « de spécialité ».

Je suis ainsi désolé de le dire, mais la situation des kinésithérapeutes étant un copier-collé de celle des infirmières, je crains fort que cela ne se déroule de la même façon pour nous.

Nous n’aurons pas de grade master. Nous aurons accès à des master de « spécialisation ». 

Il est vrai qu’il est difficilement justifiable de payer quelqu’un 1500€ mensuel avec un grade master…

Il est de facto assez réaliste de croire que l’attractivité en milieu hospitalier, pour un salaire indécent au regard de l’investissement financier du coup des études et de l’investissement personnel nécessaire pour se hisser au niveau d’un master, pardon, d’un pseudo grade master que nous n’aurons jamais.

Pendant ce temps là, le conseil national de l’ordre se réjouis de la formation de groupes qui vont au cours des deux prochains mois réfléchir sur les thématiques suivantes:

  • Simplifier les modalités d’admission dans les formations ;
  • Ouvrir la possibilité de recruter des enseignants-chercheurs en maïeutique, soins infirmiers, et réadaptation ;
  • Etablir un cadre national simplifiant les relations institutionnelles et financières entre régions, instituts de formation et universités ;
  • Mettre en œuvre des formations aux nouveaux métiers en débutant par les pratiques avancées infirmières dès la rentrée 2018 ;
  • Lancer une réflexion sur les référentiels incluant des temps de formation communs à plusieurs filières comme cela va se faire dans le cadre du service sanitaire.

Vous noterez qu’à aucun moment il n’est indiqué « accorder le grade master » mais par contre les formations aux nouveaux métiers en débutant par les pratiques avancées infirmières est clairement noté et seules celles-ci seront validantes.

 

Le tiers payant généralisé (TPG) le retour

Durant le même temps, madame Buzyn a reçu le rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui a pour but de déterminer le calendrier du déploiement du TPG

Avec une première « surprise » à la clé… Les maisons de santé (à lire ici) devront passer la pas dès la fin 2018.

Bien évidement ce sont les éditeurs de logiciels qui devront mettre les bouchées double pour pouvoir mettre à jour leurs applications. Et celles et ceux qui pensent que cela se fera gratuitement… 

Là encore c’était parfaitement malheureusement prévisible…

 

Vincent Jallu