Nuages

La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

Suite à mon article (à lire ici) sur les sous-kinés, le conseil de l’UNCAM m’a fourni quelques éléments de réponse et de réflexion.

En effet, la profession d’assistant médecin est en cours de création. Et si contrairement à nous, l’initiative est partie d’en haut pour arriver en bas, les cadrages ne manquent pas de se faire sentir et pressants. Le parallèle entre les assistants-médecins et les sous-kinés me semble être flagrant.

Ainsi le ministère avait déjà donné une feuille de route assez stricte, mais l’UNCAM vient d’enfoncer le clou de manière assez virulente.

Alors que notre conseil national réfléchit éventuellement à limiter les sous-kinés au monde salarial pour soit disant sauver la kinésithérapie salariée, l’UNCAM a elle défini les assistants-médecins dans les domaines administratifs et cliniques, en les interdisant aux spécialités techniques comme la radiologie et la biologie médicale ainsi qu’aux praticiens en établissements de santé.

Me voilà donc rassuré, si une partie des élus de notre ordre veut faire n’importe quoi, l’UNCAM semble être beaucoup plus réaliste et partager mes craintes. Si l’on ouvre ce type de personnels au monde salarial, ce sera la catastrophe.

Si l’UNCAM ne veut pas d’assistants médecins en établissements de santé c’est parce qu’elle a elle même très peur des abus qui pourraient en découler.

Je repose alors ma question, pourquoi voudrions nous de sous-kinés en établissements alors que l’UNCAM elle même craint les assistants-médecins dans les mêmes conditions ?

L’UNCAM et notre ordre ne semblent donc pas avoir réfléchi aux mêmes problématiques !

Je suis aussi rassuré sur les effets d’aubaines. En effet l’UNCAM semble très stricte sur les critères d’attribution des assistants médicaux. Hors de question de licencier du personnel existant, mais de surcroit, les médecins devront augmenter leur patiente ou mettre en oeuvre de nouvelles actions améliorant la qualité ou l’efficience, parlant même de la hausse du nombre d’heures travaillées !

En effet, l’UNCAM financera en partie les assistants médicaux. Hors de question pour elle de ne pas avoir de compensation. Elle a même prévu le remboursement de sa participation si le contrat n’est pas respecté.

J’espère vivement que si les sous-kinés existent un jour, l’UNCAM maintiendra le même cap avec notre profession…

 

Conclusion

En écrivant mon article la semaine dernière, je ne pensais pas avoir un soutien de taille par le biais du conseil de l’UNCAM.

Je demandais l’appui des syndicats représentatifs dans le cadre des négociations conventionnelles pour pouvoir endiguer la création des sous-kinés, mais finalement c’est peut être l’UNCAM elle même qui refusera totalement cette mesure.

Désolé pour toutes celles et ceux qui pensaient s’enrichir sur le dos de kinésithérapeutes salarié ou sur le dos des assistants, l’UNCAM veille !

Dans tous les cas je suis maintenant curieux de voir comment les élus partisans des sous-kinés vont s’en sortir face à cet énième affront. Le gouvernement et l’UNCAM semblent vraiment ne pas être en phase avec notre ordre…

 

Vincent Jallu

En ce début d’année, en plus de vous présenter mes voeux, je vous propose une « petite » analyse sur le thème des « aides-kiné ».

Vieux sujet remis sur la table lors du congrès de l’ordre pour sauver la kinesithérapie salariée...

Le CNO a par ailleurs communiqué sur le fait qu’ils réfléchissaient activement à ce statut.

 

Petite pensée

Je vous laisse méditer sur une chose...

Reconnaitre qu’une personne moins qualifiée peut faire la même chose que vous, c’est reconnaitre que vous êtes surqualifié pour faire ce que vous faites et donc c’est reconnaitre que vous êtes bien trop payer pour le faire !

Qui doit on remercier pour cela ?

Celles et ceux qui veulent mettre en place les fameux sous-kinés !

Il y a cependant quelques « couacs » qui seront incontournables.

 

Le décret d’actes et tous les autres textes nous régissant

Même si sur le plan juridique l’exercice illégal de la kinésithérapie est une notion complexe qui manque cruellement au code pénal, nos actes sont cependant « protégés » par notre décret d’actes. Notre statut est lui aussi garanti par l’ensemble des textes du code de la santé publique. Il faudra un gros remaniement en profondeur pour autoriser un personnel non qualifié à le devenir pour pouvoir effectuer nos actes.

 

La convention

Observons ce que nous dit la convention...

Parce qu’a un moment il ne faudra pas oublier qu’un libéral qui pourrait employer quelqu’un pour effectuer ses propres actes, ne remplirait plus les conditions conventionnelles permettant le paiement de ces actes.

En résumé, la convention prévoit que ce soit le kinésithérapeute qui fasse la séance. 

En conclusion, la convention ne permet pas à un kinésithérapeute de déléguer ses actes ! Donc il faudra une modification majeure de notre convention pour que cela soit réalisable.

La balle est donc dans le camp de nos syndicats représentatifs... Si vous voulez sauver la kinésithérapie, refusez les sous-kinés !

 

Les assurances

Là aussi, il faudra donner une réponse légale. Comment s’organisera la prise en charge assurantielle en cas de problème. Car au jour d’aujourd’hui aucune Assurance ne prend en compte les sous-kinés. Tout est donc à construire de ce côté là.

 

La gérance

Ce qui est assez paradoxal avec ces sous-kinés, c’est que notre ordre s’oppose aux situations de gérance des cabinets et pourtant il se pourrait bien que ce soit le même ordre qui autorise la gérance avec des sous-kinés ! Mais comme ces personnels seront sous-kinés et pas kinés...  tout va bien dans le meilleur des mondes.

Je vais être franc, je ne pense pas que notre ordre ait « les épaules » pour régler l’ensemble de ces problématiques (sans compter que j’ai du en oublier quelques unes). Par contre il peut, comme pour le dry needling nous mettre dans une position problématique qu’il essaie maintenant de régler avec le plus grand mal et non sans grincements...

Et il faudra qu’il y ait une collaboration étroite entre notre ordre et le ministère, ce qui est loin d’être acquis.

Et point essentiel, avec le remaniement de l’ensemble des textes nous régissant, il ne faudra rien perdre au passage.

Car si on arrive à expliquer qu’une personne non diplômée en kinésithérapie arrive à faire des actes de kinésithérapie, il faudra alors expliquer pourquoi une autre personne non diplômée en kinésithérapie (comme les ostéos ou les chiros) ne pourraient pas effectuer ces actes...

Vous l’aurez compris, le danger n’est pas grand, mais immense.

 

Imaginons que...

Laissons de côté quelques instants ces problématiques administratives et imaginons que ce soit possible.

Qui profiterait des sous-kinés en libéral ?

Un « smic » coute, toutes aides confondues, 2300€ par mois à l’employeur, sans compter les avantages (13e mois, primes...) et surtout ne pas oublier les 5 semaines de congés payés, les RTT etc...

Le fait est que pour payer un smic, il faut environ 8 séances de kinés par jour.

Il faudra donc pour un kinésithérapeute qui voudrait employer un sous-kiné, pouvoir s’assurer que celui-ci lui rapporte l’équivalent de 8 séances par jour.

Autant le dire de suite, seuls les cabinets « usines » pourront assurer une telle cadence. Ce ne sont pas les kinésithérapeutes ayant quelques patients « en attente » qui pourront se le permettre.

Ou alors, la volonté est de remplacer les assistants par des sous-kinés ?

Est-ce la volonté finale ? Développer les cabinets usines ? Supprimer les assistants ?

Est-ce la vision de la kinésithérapie de demain, le kinésithérapeute gestionnaire de personnel ?

Avis à tous les étudiants, laissez tomber l’anat’ ! Votre avenir ce n’est pas la science mais le management et le marketing !

 

En salariat

Cette pratique de remplacer les kinésithérapeutes par des aides soignants, des APA ou tout autre professionnel existe déjà. Est-ce que cela a créer de l’emploi pour les kinésithérapeutes ? Non.

Il est par ailleurs bien connu que lorsque l’on légalise une pratique, celle-ci a tendance à diminuer ! Oui, permettez moi un peu d’humour...

Non, la légalisation de la pratique va augmenter considérablement le nombre de sous-kinés, sans créer un seul emploi de masseur-kinésithérapeute.

Les directeurs d’établissement vont se frotter les mains, pendant que la kinésithérapie salariée aura fini de sombrer.

Et puis franchement, au lieu de jouer le jeu des directeurs d’établissements, attaquons ! Déposons plainte,allons jusqu’au bout. Publions une tribune dénonçant la situation.

Voulons nous refaire la même chose qu’avec le massage ? Nous avons laissé partir le  massage, nous allons laisser partir la kinésithérapie. Que nous restera t il ? Rien.

Nous refaisons sans cesse les mêmes erreurs, c’est incroyable.

 

Continuons à imaginer que…

Téléportons nous dans d’autres pays.

Oui dans certains pays, le physiothérapeute effectue le diagnostic et délègue une partie ou la totalité des soins à des sous-physios...

Nous, nous n’avons même pas le grade master.

Et si certains veulent nous faire avaler des couleuvres en nous faisant croire le contraire, c’est faux !

Nous avons, pardon, une frange d’étudiants a accès, de manière non nationale, à un master de façon cumulative aux études de kinésithérapie. En fait, rien ne change par rapport à avant ou presque. Toujours des masters de recherche, aucune revalorisation réelle. Que du bricolage.

Si, une chose change, nous aurons les premiers docteur en kekchosequineserapasdelakinésithérapie, managers de salle de sport ou gérants de cabinet de sous-kinés... Et toujours payés 16,13€, mais ça à priori cela n’inquiète personne.

En attendant, votre diplôme d’état, comme le diplôme d’état des futurs diplômés, sera toujours le même avec la même reconnaissance.

Ce doux rêves que certains ont, toujours frustrés de ne pas être médecin...

Enfin bref, sans master, sans aucune volonté d’accès direct, sans pratique avancée (dont nous sommes en train de rater le coche), sans rien, nous ne pourrons jamais obtenir la place que certains physiothérapeutes ont dans le monde.

Et lorsque l’on est une grenouille, ce n’est pas parce que l’on invente la sous-grenouille que l’on devient un boeuf.

 

Le cas intéressant des gens pouvant exercer partiellement la kinésithérapie...

Certains pourraient penser qu’accorder un cadre juridique à des sous-kinés ne pouvant exercer pleinement la kinésithérapie serait une solution viable.

Et bien je le redis haut et fort, pas de cette manière.

Nous devons accueillir les « exercices partiels », très bien, faisons le. Mais faisons le pleinement. Ne soyons pas stupides, ne leur accordons pas le loisir d’avoir une statut confortable qui coutera à l’ensemble de la collectivité et dont nous ne pourrons pas nous dépêtrer si un jour licenciement il devait y avoir. Et n’imaginons pas le cas où un titulaire libéral emploierait ces sous-kiné...

Non, je n’ai pas envie que la collectivité supporte cela, je n’ai pas envie que mes confrères et consoeurs subissent les pire problèmes avec des salariés dont ils ne sauront plus quoi faire.

Ma solution face à ce problème est de donner accès à ces exercices partiels au monde libéral. Rétrocession, urssaf, caisse de retraite, convention, impôts sur le revenu... Et quand ils verront que sur 3 amk 6 il ne leur reste que 13€ pour une heure et demie de travail... Alors il feront comme tous les médecins étrangers qui ont cru a l’Eldorado Français, ils repartirons.

 

Le pire des scénarios ?

Vous pensez que cela ne peut pas être pire ?

Et bien si, c’est simple.

Une maison pluridisciplinaire, montée par un médecin qui emploierait des sous-kinés sans même avoir un kinésithérapeute sur place.

Ce serait bel et bien la fin de notre profession.

Merci a toutes celles et ceux qui oeuvrent pour soit disant défendre notre profession en organisant sa mort.

 

Mais alors quel intérêt à légaliser ceci ?

Savez vous pourquoi une partie des hommes et femmes politiques mondiaux veulent la légalisation du canabis alors que l’on connait les ravages du tabac ?

Savez vous quelle somme rapporte l’industrie du tabac en france par an ? 14 milliards.

Savez vous quelle somme l’état économise en non versement de pension de retraite à cause de la mortalité liée au tabac ? 6 milliards d’euros.

Total 20 milliards d’euros.

Pour être cohérent il faudrait parler des 19 milliards que coutent les soins, les prises en charges et autres. Reste que le bilan global est bénéficiaire de 1 milliard d’euros.

Voilà pourquoi certains veulent légaliser le canabis, toujours plus d’argent.

Pourquoi légaliser les aides soignant(e)s qui réalisent des actes de kiné sans rien en dire ?

75€ par sous-kiné salarié, 280 par sous-kiné libéral, sans oublier les 90€ pour les montages en société qui emploieront ces sous-kinés. Voilà un petit bénéfice non négligeable !

N’oublions pas de parler de celles et ceux qui se frottent déjà les mains en pensant pouvoir organiser des formations initiales et des formations complémentaires à ces sous-kinés !

Peut-être est-ce pour cela que cette mesure des sous-kinés a tant de soutient auprès du syndicats des directeurs d’ifmk et auprès de certains élus de l’ordre.

Autre possibilité, pour les cabinets en zone sur dotée, remercier les assistants à la rétrocession trop faible pour embaucher des sous-kinés corvéables à la rétrocession élevée ! Sans parler qu’eux ne seront pas soumis au zonage ! Vive les usines à fric !

 

Conclusion

Ma conclusion est simple, les sous-kinés, non.

Non pour favoriser les cabinets usines.

Non pour remplacer les masseurs-kinésithérapeutes salariés par des sous-kinés.

Non pour faciliter les choses aux "exercices partiels".

Non pour légaliser une pratique qui va se généraliser.

Non pour baisser notre pantalon face aux directeurs d'établissement.

Non pour continuer à brader notre profession !

Et si notre ordre n’est pas capable d’ouvrir le débat avec l’ensemble de la profession, je rappellerais à nos chers élus, que le roi Macron ouvre un « grand débat » national... Peut être que le baron CNOMK devrait y penser aussi...

 

 Vincent Jallu

Sujet brûlant depuis des mois chez nos amis médecins, et n’en doutez pas, nous serons bientôt concernés par cela, la recertification a fait coulé beaucoup d’encre et ce, souvent à tort. J’avais moi même émis de nombreuses critiques sur ce sujet. 

Comme déjà avancé, la recertification n’est pas et ne doit pas être une procédure de « repassage de diplôme » !

En effet, une multitude de pays anglo-saxons et européens ont déjà adopté des formats de rectifications et il n’a jamais été question de revalider un examen ou d’avoir un diplôme « temporaire ». Votre DE est acquis, soyez en surs.

Non la rectification est simplement une procédure de vérification que le professionnel assure bien son obligation de « maintien de connaissance ».

Le rapport sur la certification des médecins est paru, vous pouvez le lire en intégralité en cliquant ici.

En France, nous avons les ordres professionnels qui sont garants de la déontologie professionnelle qui elle même impose d’entretenir et d’améliorer ses connaissances avec une obligation de développement professionnel continu, pour reprendre les termes du code d déontologie des médecins.

 

Pourquoi une recertifcation qui s’ajouterait à l’obligation déontologique ?

La réponse est enfin donnée. Contrairement à ce que veulent laisser véhiculer les réfractaires, la recertification est une procédure de contrôle, certes, mais aussi de valorisation, de promotion et d’évolution des compétences. 

La procédure proposée dans le rapport est établie sur 6 critères.

1 critère de valorisation de la pratique professionnelle et 5 critères d’évaluation dont un concernant la démarche d’amélioration de la relation médecin-patient avec une valorisation de ce que le rapport appelle « prendre soin » ainsi que la considération de la qualité de vie du professionnel.

La certification dépasse donc très largement le cadre purement déontologique d’obligation de formation et de maintien des connaissances.

Voilà un excellent point.

 

Quels sont les critères

Tout d’abord, le délai, la certification a une durée de 6 ans.

Le rapport insiste sur le fait que la certification « ne constitue ni un exercice de contrôle, ni un examen remettant en cause les diplômes acquis ».

  • le critère de valorisation

Est considéré comme valorisation toutes les activités susceptibles de mettre en valeur le parcours du médecin (enseignement, encadrement d’étudiants, responsabilités professionnels et territoriales, participation à la recherche). Sachant que le médecin lui même peut proposer des critères qui pourraient être considérés comme valorisant sa pratique.

  • les critères d’évaluation

Être à jour de DPC.

Apporter la preuve d’une activité professionnelle « maintenue » se préoccupant de la gestion et de la prévention des risques, de la qualité et la sécurité des soins ainsi que de l’évaluation/amélioration des pratiques.

Avoir une démarche volontaire d’amélioration de la relation médecin-patient.

Avoir une démarche personnelle d’amélioration de sa qualité de vie ainsi que le maintient de sa santé.

Ne pas avoir de signes dits « négatifs » (condamnation, interdiction d’exercice, sinistralité…).

 

Par qui ?

La réponse va vous surprendre mais la certification sera surtout réalisée en auto-évaluation et le professionnel restera au coeur du système.

L’ordre pilotera le tout et si le professionnel n’obtient malgré tout pas sa certification, une formation complémentaire pourra être proposée à l’issue de l’examen du dossier.

D’autres organismes participeront conjointement comme les conseils nationaux professionnels, le collège de la médecine générale, le conseil national de certification et de valorisation.

 

Dans combien de temps ?

Pour les médecins, le rapport préconise une mise en application aux médecins diplômés dès 2021 avec la recommandation d’une extension à l’ensemble des professionnels sur la base du volontariat.

En ce qui nous concerne, le cadre étant défini, les codes de déontologies étant relativement similaires, j’irais presque à dire que la procédure pourrait être transposable quasi immédiatement à notre profession.

De fait si il y a une volonté ministérielle, que l’ordre s’empare du sujet rapidement (si ce n’est déjà fait), je ne serais pas étonné que ce type de procédure puisse émerger dans notre profession « en suivant », disons à horizon 2022 si cette date vous rappelle quelque chose (à lire ici). Le comité de pilotage de la recertification avait déjà évoqué la possibilité d’étendre le système à l’ensemble des professions de santé.

 

Conclusion

Si personnellement j’étais plutôt favorable à l’idée de recertification, j’avais bien peur que la mise en application proposés ne soit que trop complexe. J’avais même eu peur qu’il soit proposé une « formation » certifiante qui aurait pu créer une sorte de commerce autours de la certification. J’avais tout aussi peur que cela ne s’assimile à un « pouvoir de nuisance ou une carotte » pour reprendre mes propos de l’époque. Et bien rien de cela.

Ce rapport, je dois l’avouer m’a pleinement rassuré quant à l’idée finale de la recertification.

Une procédure qui semble simple, des critères largement abordables et franchement suite à la lecture de ce rapport, si un jour cela devait nous toucher et si la base du volontariat était de mise pour les « vieux » diplômés, et bien j’en serais…

 

Vincent Jallu

Avez-vous remarqué le silence presque inquiétant de l’ensemble de nos acteurs depuis quelque temps ? Que font nos élites ?

 

Je suis personnellement un défenseur de la vision démocratique qui dit qu’avoir une élite est bien plus fonctionnel que d’avoir une forme de populisme qui n’a jamais prouvé quoi que ce soit ni en matière de démocratie (au contraire) ni en matière de choix décisionnels (au contraire aussi), l’immobilisme ou le fameux « y’a pu qu’à » étant les résultantes majoritaires de ce type de pensée.

Et si nous élisons des représentants (maires, députés, président) dans les différentes instances de notre démocratie c’est bien pour faire avancer les choses et non pas rester immobiles.

Cependant lorsque l’élite néglige la base il se créer ce qui est en train de se passer. La base se rebelle.

Et c’est ainsi que le mouvement des « gilets jaunes » a vu le jour

 

Loin de moi l’idée de prendre parti ou non pour ce mouvement populaire, non ce n’est pas le but de cet article.

Cependant je note quelques similitudes entre nos microcosme et ce mouvement.

Car finalement nous l’avons déjà vu, la pression de la base s’est déjà faite sentir depuis quelques temps. La gronde monte…

Avec l’avenant 5, le SNMKR a failli changer son fusil d’épaule. Avec la démarche qualité, la FFMKR a fait machine arrière toute tout en profitant de ratisser large suite à l’avenant 6. Dans ce marasme, Alizé a surfé sur le populo-démago pour se rétracter partiellement ensuite.

 

Et depuis quelques semaines que se passe-t-il 

Et bien depuis des semaines, les syndicats sont muets. Pas une information sur les discussions et projets en cours. Rien.

Quelques communications mineures sans grande portée pour notre profession ou pour les professionnels.

Peut être pourrions nous penser que la communication est interne, favorisant les adhérents ? Et bien même pas. Néant absolu.

Le gouvernement annonce un plan santé qui doit se faire en moins de 4 ans avec des réformes profondes et des modifications statutaires importantes et… Toujours rien. Le mutisme est de rigueur. De nombreux dossiers sont en cours et pas des moindres. L’avenant 6 est bien « en marche » non ? La réforme de la nomenclature, je pense que cela intéresse tout le monde non ?

Du côté de l’ordre, ce n’est pas mieux. La re-re-re-ré-ingéniérie des études sous l’égide du CNO et des directeurs d’écoles. Aucun mot, là encore mutisme total. Presque 2 mois après l’état de lieux de l’exercice salarié et quoi depuis ? Encore Rien.

De plus en plus inquiétant, lorsque le CNO nous donne un tout petit morceau d’information c’est pour nous dire qu’il réfléchit au statut « d’aide kiné » ou des question d’ordre déontologique d’organisation des cabinets.

 

Et nous là dedans ? Oui nous, la base ! Avons nous notre mot à dire ? Non.

Nos élite sont en train de créer une scission majeure avec nous. Qu’ils continuent ainsi, ils auront la monnaie de leur pièce…

 

Messieurs-dames les syndicalistes, les membres du CNO, les directeurs(rices) d’écoles, n’avez-vous pas peur qu’à un moment donné, nous la dite base, ne fassions tels les gilets jaunes une vague de contestation pour que l’on nous demande enfin notre avis ?

 

Voulons-nous des aides kinés ? Voulons-nous que l’on vienne interférer dans l’organisation de nos cabinets, voulons-nous que l’on continue à nous imposer des avenants sans être concertés ? Voulons-nous l’ouverture des plateaux techniques aux libéraux ? Voulons-nous avoir une main d’oeuvre gratuite et corvéable à souhait par le biais des étudiants en K1-K2 au sein de l’hôpital ?… 

 

Les syndicats ont un avantage. Ils sont facultatifs. Si l’on est pas content de son syndicat, on arrête d’y adhérer. Alors oui il y a le fil à la patte des assurances et des services annexes. Mais c’est possible.

Pour l’ordre, c’est obligatoire. Donc pas le choix. Car là, dès le départ « on » a oublié de nous demander notre avis… Comme quoi, il y a du passif.

Pour les écoles, là encore pas trop le choix. Quoique… Elles pourraient toutes disparaitre avec une universitarisation complète, mais ce n’est pas pour demain.

 

Alors oui, il ne faut pas pousser mémère dans les orties, si nos élites veulent que tout se déroulent pour le mieux, il faudrait peut être demander son avis à la base…

 

Vincent Jallu

Il y a 15 jours a eu lieu le colloque de l’ordre ayant pour thème « sauvons la kinésithérapie salariée » (vous pouvez revisionner l’intégralité ici). Je vous l’avoue, je suis resté quelque peu « sur ma faim ».

J’avais deviné ce thème il y a plus d’un an. Et comme je suis joueur je vous prédis le thème de l’année prochaine, « les fakemeds » !... Nous verrons bien.

Redevenons sérieux quelques instants. Après la parution du « livre blanc » et ses 20 propositions pour sauver la kinésithérapie salariée (à lire ici), beaucoup de propositions allaient dans le sens de revalorisation mais sans jamais proposer de financement. D’autres sont plus que pertinentes et je vais me permettre d’argumenter dans leur sens en ajoutant quelques autres propositions.

 

La disparition du mcmk, peut être l’origine du problème

Si cet acronyme ne signifie rien pour vous c’est normal, je vous parle du Moniteur Cadre Masseur Kinésithérapeute qui existait il y a plus de 20 ans.

Ce MCMK était kinésithérapeute et savait déployer au sein des équipes des projets, des dynamiques et encadrait tout cela.

Malheureusement les MCKM sont devenus « cadres de santé » et encore une fois, la polyvalence a eu raison des équipes.

Ainsi les cadres infirmiers ont su beaucoup mieux tirer leur épingle du jeu et sont devenus majoritaires. Des équipes de kinésithérapeutes se sont donc vues être sous la tutelles d’un cadre de santé d’origine infirmier et il faut l’avouer la dynamique au sein des équipes s’est affaibli.

C’est ainsi qu’aujourd’hui il est malheureusement réel de voir des équipes de kinésithérapeutes sans réel projet de rééducation, sans réelle implication au sein des services avec de plus en plus de professionnels qui ne sont plus « attitrés » à un service, mais qui telle une abeille, va butiner de ci de là laissant les kinésithérapeutes salariés quelque peu en errance dans l’hôpital.

Car le problème est bien là. Aujourd’hui trop de kinésithérapeutes ne sont que des « prestataires » multi-services qui bien souvent n’assurent que la « respi » ou presque.
Et si les études présentées lors du colloque montrent que les temps d’hospitalisation peuvent diminuer en présence de kinésithérapeutes, ce que personne n’a posé comme question c’est « est-ce que cela change si un autre professionnel fait le boulot du MK ou est-ce que le MK apporte une réelle plus value par rapport aux autres professionnels en place ? »

Car la réalité du terrain c’est celle-ci.

Les Aide-soignantes font les verticalisations voir les marches, les infirmières font tout le travail de prévention autours de l’alitement. Les progrès des pratiques chirurgicales, les réductions de temps d’hospitalisation ont fait que même dans des services d’orthopédie les kinésithérapeutes disparaissent.

Et soyons clairs, les progrès de la pharmacologie vont faire et font que même des domaines comme la « kiné respi » doivent craindre le pire. 

Le fait est que la disparition des kinésithérapeutes dans l’encadrement et dans la hiérarchie a fait que nous avons perdu beaucoup de sens à notre pratique.

C’est pourquoi les recommandations 10, 11 et 12 du livre blanc (Créer une filière de rééducation cohérente, avec une autonomie vis à vis de la filière infirmière, et dotée de sa propre hiérarchie, permettre à un kinésithérapeute d’être nommé responsable de certaines unités fonctionnelles en lieu et place d’un praticien hospitalier, Intégrer les kinésithérapeutes à la commission médicale d’établissement) sont très pertinentes et devraient être mises aujourd’hui en relation avec d’éventuelles pratiques avancées.

 

L’ouverture des plateaux techniques

La plus grosse erreur dans l’attractivité au sein de l’hôpital a été de croire que l’on pourrait attirer les libéraux en ouvrant les plateaux techniques à leur usage.

En effet, ce qu’il faut faire, c’est l’inverse !

Il faut permettre aux salariés d’avoir une activité libérale au sein de l’hôpital. Et j’irais plus loin puisque nous parlons « attractivité ». Cette activité libérale doit être exonérée de charges pour complémenter la recommandation 19 (assouplir les conditions de cumul d’activité et simplifier les démarches administratives nécessaires. Permettre aux kinésithérapeutes de réaliser un exercice privé à l’hôpital).

Absence de loyer, absence d’urssaf, absence de TLE. Seule la cotisation retraite pourrait intervenir.

Ainsi un salarié avec disons un minimum de 3/4 temps hospitalier, pourrait bénéficier du plateau technique et facturer les « consultations externes » en activité libérale exonérée.

Ainsi avec 2 consultations par jour (1h) le salarié peut espéré environ 600€ par mois net (Amk moyen à 8, carpimko soustraite et 5% de frais pour le logiciel métier et matériel informatique).

Pour l’assurance maladie l’opération est blanche. En effet les soins sont de toutes façons effectués. Qu’ils le soit en libéral de ville ou en libéral à l’hôpital, le coût est identique.

L’exonération de charge ne coute rien directement.

Seul l’hôpital perdrait un peu sur l’usure du plateau technique. Mais si le système fonctionne, un « loyer » modique pourrait être envisagé à terme.

 

Remplacer l’encadrement perdu

En plus des propositions du livre blanc concernant la hiérarchisation et les perspectives de carrière, il faudrait peut être expérimenter d’autres ressources.

Pourquoi ne pas profiter de l’analyse des syndicats pour ré-insuffler des projets de rééducation ? En effet la kinésithérapie n’intéresse aucune grosse centrale syndicale, soyons réalistes…

Par contre nos syndicats professionnels pourraient apporter un réel plus à l’hôpital. En effet, les syndicats de plus en plus oeuvrent en libéral conjointement avec les ARS. Pourquoi ne pourraient ils pas faire de même au sein du monde salarié ?

L’action ne serait pas stricto-sensu « syndicale » mais plus dans la perspective « d’apporteur de cohésion ». Comment organiser et coordonner le soin en partant d’un service, en généralisant à la structure et en l’englobant à l’ensemble salarié-libéral. 

De la même façon, les MK salariés pourraient profiter de l’analyse des URPS.

En effet ces dernières s’inscrivant dans les projets territoriaux de santé et sont pleinement impliqués dans les démarches de santé publique ont montré dans les régions au niveau des libéraux l’importance d’avoir des projets communs.

Et même si leur mission première n’est pas la kinésithérapie salariée, nous pourrions réfléchir à créer une structure identique adaptée au monde salarié qui pourrait jouer ce rôle d’ « apporteur de cohésion » à tous les échelons pour redonner des projets aux kinésithérapeutes salariés et redonner du sens à leur pratique, plutôt que de n’être que des intervenants ponctuels.

L’idée serait de faire une sorte d’audit par l’URPS, son équivalent salarié ou même par un syndicat pour recadrer l’équipe, démotiver les troupes et apporter une ligne conductrice.

 

La profession d’aide kiné

Depuis quelques temps, certainement pour « recaser » les professionnels européens en situation d’exercice partiel, l’idée de créer un aide kiné a fait son apparition.

Si sur le papier cette proposition est intéressante, deux questions subsistent.

  • qui va payer ?

En effet, toute création de poste coûte. Comment financer 500 ou 1000 postes supplémentaires ?

Et si c’est pour remplacer un poste de MK par un poste d’aide kiné, alors cela sera sans moi. Je ne participerais pas à l’élimination des kinésithérapeutes de l’hôpital. Que toutes celles et ceux qui sont pour la création de cet « aide kiné » aient bien cela à l’esprit… ils vont organiser le démentellement de la kinésithérapie hospitalière.

  • Comment cela va t il créer de l’atractivité ?

Il est estimé qu’environ 3000 postes de kinésithérapeutes sont vacants. Ets-ce qu'en rajoutant des centaines de postes d'aide kiné cela va y changer quelque chose ? Sincèrement je n'y crois pas un instant.

 

Intégrer les K1-K2 à l’hôpital

Alors si il est bien une erreur à ne pas faire c’est bien celle là.

Comment créer une main d’ouvre gratuite sans valoriser les professionnels en place ?

Autre question, déjà que d’autres professionnels ont tendance à « remplacer » les kinésithérapeutes au sein des services (APA, AS…), que penser de l’image que nous allons véhiculer si nous montrons que des K1 sans grande expérience ni formation (désolé d’être réaliste) réalisent des actes qu’un titulaire aurait pu faire ?

Et bien la réponse est simple, nous allons montré que le titulaire n’a pas besoin d’être hautement qualifié pour réaliser ces actes. Et nous allons donc renforcer l’attitude des gestionnaires à vouloir nous remplacer par des personnels moins qualifiés.

Alors oui, ceux qui pensent qu’il vaut mieux avoir des K1-K2 en place plutôt que des « exercices partiels » ou même des APA, ont raison sur le fond, mais pas sur la forme. Envoyer un tel signal serait, je le redis, très mauvais pour l’image de la profession.

Autre point, qui pour « encadrer » ? Avec effectivement 3000 postes vacants, comment va t on faire ? Car si tout le monde semble d’accord pour valoriser l’action du tutorat, comme faire celle-ci si les postes sont déjà vacants ?

La réalité c'est que l'hôpital va saisir l'opportunité pour mettre en place des aides-kinés et des étudiants en lieu et place des postes vacants !

Non sincèrement je ne suis pas convaincu, dans cette optique, de l’intégration des K1-K2, que ce soit sous la forme d’aides-kinés ou  sous la forme de stagiaire.

Que l’on puisse les intégrer et les valoriser face aux européens ayant des autorisations d’exercice partiel, oui, entièrement pour, mais pas dans l’objectif de pallier au manque de kinésithérapeutes salariés.

 

Les propositions des syndicats

Il faut l’avouer nos syndicats « libéraux » ne sont pas très impliqués dans la kinésithérapie salariée. Heureusement quelques autres formations syndicales étaient présentes pour rehausser un peu le niveau d’implication.

  • UNAKAM

L’intervention de l’UNKAM n’a pas apporté de réelle solution mais a soulevé un point important. De nombreux mal voyants quittent l’hôpital car l’accessibilité aux personnes en déficit visuel n’est plus assurée ! Les logiciels ne sont plus compatibles avec les outils indispensables aux mal voyants.

  • FNEK

La FNEK a principalement soulevé le problème de l’endettement des étudiants relatif à la hauteur des frais de scolarité en argumentant que les étudiant ne gagnaient pas assez d’argent en sortie de diplôme pour rembourser leurs emprunts.

Si j’appuie totalement ces propos, je reste dubitatif concernant l’impact sur la kinésithérapie salariée. Toutes les études le montrent, Ce n’est pas tant le nombre de primo-salariat qui diminue mais la tenue dans le temps. Le problème est bien un soucis de fidélisation et pas un soucis d’adhésion.

  • CNKS

À mon sens le CNKS a proposé l’intervention et l’analyse la plus pertinente du lot. Recadrant d’emblée l’exercice salarié qui n’est pas que hospitalier. Présentant la réalité du fait que c’est bel et bien la fidélisation à l’hôpital qui pose soucis et mettant en avant les pratiques avancées qui effectivement est un vieux dossier et que nous allons effectivement rater !

Autre point soulevé très important à mes yeux, la recherche qualité clinique. C’est un point à garder à l’esprit car je trouve que notre profession s’en écarte dangereusement tous les jours…

  • ALIZÉ

Si à un moment Alizé était le syndicat le plus impliqué auprès des kinésithérapeutes salariés, son ancien président Didier Lantz ayant même abreuvé largement le « livre blanc », je fus déçu de voir que ses propositions ne sont plus appuyées par Alizé et malheureusement le versant salarié semble largement délaissé.

Les trois propositions d’Alizé sont donc, augmenter la rémunération des salariés à la hauteur des rémunération bac+5. Diminuer les frais de scolarité et créer des postes de MK au sein des urgences pour faciliter le triages des patients.

Qui financera tout cela alors que l’hôpital est en déficit de plus d’un milliard par an ? Le rehaussement des grilles salariales est de l’ordre d’une centaine de millions d’euros et l’implication des MK dans le triage aux urgences coutera plus cher que ce qu’il rapportera. Quant aux frais de scolarité, comme évoqué à propos de la FNEK, c’est impératif, mais cela n’apportera pas grand chose à la fidélisation au monde salarié.

  • UNSA

Axant son argumentaire surtout autours de l’évolution de carrière et le tutorat, si les deux semblent intéressant, je reste prudent.

En effet, quelle est l’évolution de carrière en libéral ? Il n’y en a pas. Ce qui fait venir les salarié dans le monde libéral c’est l’aspect financer. Et quand ils en ont marre des contraintes libérales, ils retournent en salariat.

Et si la pyramide des âges du monde salarié est ce qu’elle est (beaucoup de gens entre 22 et 35 ans puis de 55 à 65 ans et globalement pas grand monde dans la tranche 35-55 ans), c’est certainement à cause de cela.

Concernant le tutorat, il faut déjà avoir des MK pour encadrer les stagiaires. Or il manque 3000 MK ! De plus l’action de tutorat est une action personnelle. Tout le monde n’a pas forcement la « fibre » pour encadrer des stagiaires. 

  • SNIFMK

Désolé de le dire, mais c’est l’intervention qui m’a le moins convaincu.

Et globalement je vais me positionner en disant qu’aujourd’hui je trouve que les étudiants sont en décalage. Tant par rapport au monde salarié que libéral.

Partisan des aides-kinés, de l’intégration des K1-K2 à l’hôpital mettant en avant le tutorat. M’étant déjà exprimé sur le sujet, je n’argumenterais pas plus avant.

Il suffit de se promener sur les réseaux sociaux pour voir à quel point les nouveaux diplômés sont perdus dans tous les méandres administratifs et financiers de l’univers libéral (je vous rassure, j’étais dans la même situation qu’eux en sortie de diplôme).

La kinésithérapie elle même, de part sa polyvalence tant de mode d’exercice que de pratiques, fait qu’appréhender ce qu’est la kinésithérapie n’est pas chose simple.

je dirais que globalement les IFMK aujourd’hui sont très axés « recherche technique » négligeant ce que le CNKS a mis en avant, la qualité clinique. Les IFMK ont peut être perdu le côté « humain »…

Le fait est que j’ai perçu un décalage important entre le monde de l’enseignement de la kinésithérapie et les réalités de terrain.

  • UNSMKL (SNMKR, OK)

Très beau discours sur les problématiques d’avenir, sur ce qu’attend le patient. Cependant, aucune proposition concrète ni solution envisagée.

  • FFMKR

Malheureusement absents… Nous ne connaitrons pas le point de vue de la FFMKR sur ce sujet pourtant de la plus haute importance.

Lors des propositions des syndicats, une question a été posée en relation avec la Belgique. En effet, le kinésithérapeute soulignait qu’en Belgique il y a beaucoup plus d’IFMK (pardonnez moi cette imprécision), des règles encadrant le libéral plus strictes et peu ou pas de pénurie hospitalière.

Le secrétaire général de l’ordre a d’ailleurs souligné que la densité de kinésithérapeutes en Belgique était presque le double de celle de la France.

J’appuie totalement cette proposition, pourquoi ne pas augmenter le nombre de kinésithérapeutes avec conjointement, comme en Belgique, imposer un quota de patient journalier. Ainsi la dépense serait maitrisée, les cabinets usines seraient supprimés et le nombre de professionnels en hausse ce qui permettrait de pourvoir les postes vacants. 

 

Un point sur la recherche

Beaucoup d’intervenants ont parlé de la recherche en kinésithérapie, de l’évolution du salarié pour tendre vers la recherche etc…

J’attire cependant votre attention, car au jour d’aujourd’hui nous n’avons toujours pas le grade master. Et les propos récents du ministère concernant la suppression du numérus clausus avec parallèlement une allusion sur le fait que la kinésithérapie est de niveau licence, me font penser que le master n’est pas encore forcement acquis.

Donc avant de parler doctorat, parlons master !

Et si la recherche est un pas obligatoire pour émanciper notre profession de l’ensemble des vendeurs de rêves et pseudos-pratiques inutiles et inefficaces, la filière ne semble pas encore prête.

 

Conclusion

L’ensemble des propositions montre que nos têtes pensantes n’ont toujours pas compris que l’exercice salarié manquait d’attractivité mais surtout de fidélisation. Et aujourd’hui si nombre de kinésithérapeutes vont vers le libéral c’est principalement pour des raisons financières.

Et ce n’est pas en « sous-traitant » la kinésithérapie que celle-ci ressortira revalorisée.

Pour rendre quelque chose attractif, il faut le valoriser, il faut le mettre en avant.

Il faut aller dans le sens des études qui montrent que notre spécificité apporte quelque chose.

Je ne pense donc pas que montrer que l’on peut se faire remplacer par des étudiants ou des « demis-professionnels » soit une bonne chose.

Cette proposition n’améliore pas l’attractivité mais au contraire tend à nous rendre remplaçable.

Il faut réinjecter une dynamique d’encadrement « kinésithérapique », redonner du sens aux pratiques et aux équipes. 

 

Vincent Jallu