Nuages

La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

Sujet brûlant depuis des mois chez nos amis médecins, et n’en doutez pas, nous serons bientôt concernés par cela, la recertification a fait coulé beaucoup d’encre et ce, souvent à tort. J’avais moi même émis de nombreuses critiques sur ce sujet. 

Comme déjà avancé, la recertification n’est pas et ne doit pas être une procédure de « repassage de diplôme » !

En effet, une multitude de pays anglo-saxons et européens ont déjà adopté des formats de rectifications et il n’a jamais été question de revalider un examen ou d’avoir un diplôme « temporaire ». Votre DE est acquis, soyez en surs.

Non la rectification est simplement une procédure de vérification que le professionnel assure bien son obligation de « maintien de connaissance ».

Le rapport sur la certification des médecins est paru, vous pouvez le lire en intégralité en cliquant ici.

En France, nous avons les ordres professionnels qui sont garants de la déontologie professionnelle qui elle même impose d’entretenir et d’améliorer ses connaissances avec une obligation de développement professionnel continu, pour reprendre les termes du code d déontologie des médecins.

 

Pourquoi une recertifcation qui s’ajouterait à l’obligation déontologique ?

La réponse est enfin donnée. Contrairement à ce que veulent laisser véhiculer les réfractaires, la recertification est une procédure de contrôle, certes, mais aussi de valorisation, de promotion et d’évolution des compétences. 

La procédure proposée dans le rapport est établie sur 6 critères.

1 critère de valorisation de la pratique professionnelle et 5 critères d’évaluation dont un concernant la démarche d’amélioration de la relation médecin-patient avec une valorisation de ce que le rapport appelle « prendre soin » ainsi que la considération de la qualité de vie du professionnel.

La certification dépasse donc très largement le cadre purement déontologique d’obligation de formation et de maintien des connaissances.

Voilà un excellent point.

 

Quels sont les critères

Tout d’abord, le délai, la certification a une durée de 6 ans.

Le rapport insiste sur le fait que la certification « ne constitue ni un exercice de contrôle, ni un examen remettant en cause les diplômes acquis ».

  • le critère de valorisation

Est considéré comme valorisation toutes les activités susceptibles de mettre en valeur le parcours du médecin (enseignement, encadrement d’étudiants, responsabilités professionnels et territoriales, participation à la recherche). Sachant que le médecin lui même peut proposer des critères qui pourraient être considérés comme valorisant sa pratique.

  • les critères d’évaluation

Être à jour de DPC.

Apporter la preuve d’une activité professionnelle « maintenue » se préoccupant de la gestion et de la prévention des risques, de la qualité et la sécurité des soins ainsi que de l’évaluation/amélioration des pratiques.

Avoir une démarche volontaire d’amélioration de la relation médecin-patient.

Avoir une démarche personnelle d’amélioration de sa qualité de vie ainsi que le maintient de sa santé.

Ne pas avoir de signes dits « négatifs » (condamnation, interdiction d’exercice, sinistralité…).

 

Par qui ?

La réponse va vous surprendre mais la certification sera surtout réalisée en auto-évaluation et le professionnel restera au coeur du système.

L’ordre pilotera le tout et si le professionnel n’obtient malgré tout pas sa certification, une formation complémentaire pourra être proposée à l’issue de l’examen du dossier.

D’autres organismes participeront conjointement comme les conseils nationaux professionnels, le collège de la médecine générale, le conseil national de certification et de valorisation.

 

Dans combien de temps ?

Pour les médecins, le rapport préconise une mise en application aux médecins diplômés dès 2021 avec la recommandation d’une extension à l’ensemble des professionnels sur la base du volontariat.

En ce qui nous concerne, le cadre étant défini, les codes de déontologies étant relativement similaires, j’irais presque à dire que la procédure pourrait être transposable quasi immédiatement à notre profession.

De fait si il y a une volonté ministérielle, que l’ordre s’empare du sujet rapidement (si ce n’est déjà fait), je ne serais pas étonné que ce type de procédure puisse émerger dans notre profession « en suivant », disons à horizon 2022 si cette date vous rappelle quelque chose (à lire ici). Le comité de pilotage de la recertification avait déjà évoqué la possibilité d’étendre le système à l’ensemble des professions de santé.

 

Conclusion

Si personnellement j’étais plutôt favorable à l’idée de recertification, j’avais bien peur que la mise en application proposés ne soit que trop complexe. J’avais même eu peur qu’il soit proposé une « formation » certifiante qui aurait pu créer une sorte de commerce autours de la certification. J’avais tout aussi peur que cela ne s’assimile à un « pouvoir de nuisance ou une carotte » pour reprendre mes propos de l’époque. Et bien rien de cela.

Ce rapport, je dois l’avouer m’a pleinement rassuré quant à l’idée finale de la recertification.

Une procédure qui semble simple, des critères largement abordables et franchement suite à la lecture de ce rapport, si un jour cela devait nous toucher et si la base du volontariat était de mise pour les « vieux » diplômés, et bien j’en serais…

 

Vincent Jallu

Il y a 15 jours a eu lieu le colloque de l’ordre ayant pour thème « sauvons la kinésithérapie salariée » (vous pouvez revisionner l’intégralité ici). Je vous l’avoue, je suis resté quelque peu « sur ma faim ».

J’avais deviné ce thème il y a plus d’un an. Et comme je suis joueur je vous prédis le thème de l’année prochaine, « les fakemeds » !... Nous verrons bien.

Redevenons sérieux quelques instants. Après la parution du « livre blanc » et ses 20 propositions pour sauver la kinésithérapie salariée (à lire ici), beaucoup de propositions allaient dans le sens de revalorisation mais sans jamais proposer de financement. D’autres sont plus que pertinentes et je vais me permettre d’argumenter dans leur sens en ajoutant quelques autres propositions.

 

La disparition du mcmk, peut être l’origine du problème

Si cet acronyme ne signifie rien pour vous c’est normal, je vous parle du Moniteur Cadre Masseur Kinésithérapeute qui existait il y a plus de 20 ans.

Ce MCMK était kinésithérapeute et savait déployer au sein des équipes des projets, des dynamiques et encadrait tout cela.

Malheureusement les MCKM sont devenus « cadres de santé » et encore une fois, la polyvalence a eu raison des équipes.

Ainsi les cadres infirmiers ont su beaucoup mieux tirer leur épingle du jeu et sont devenus majoritaires. Des équipes de kinésithérapeutes se sont donc vues être sous la tutelles d’un cadre de santé d’origine infirmier et il faut l’avouer la dynamique au sein des équipes s’est affaibli.

C’est ainsi qu’aujourd’hui il est malheureusement réel de voir des équipes de kinésithérapeutes sans réel projet de rééducation, sans réelle implication au sein des services avec de plus en plus de professionnels qui ne sont plus « attitrés » à un service, mais qui telle une abeille, va butiner de ci de là laissant les kinésithérapeutes salariés quelque peu en errance dans l’hôpital.

Car le problème est bien là. Aujourd’hui trop de kinésithérapeutes ne sont que des « prestataires » multi-services qui bien souvent n’assurent que la « respi » ou presque.
Et si les études présentées lors du colloque montrent que les temps d’hospitalisation peuvent diminuer en présence de kinésithérapeutes, ce que personne n’a posé comme question c’est « est-ce que cela change si un autre professionnel fait le boulot du MK ou est-ce que le MK apporte une réelle plus value par rapport aux autres professionnels en place ? »

Car la réalité du terrain c’est celle-ci.

Les Aide-soignantes font les verticalisations voir les marches, les infirmières font tout le travail de prévention autours de l’alitement. Les progrès des pratiques chirurgicales, les réductions de temps d’hospitalisation ont fait que même dans des services d’orthopédie les kinésithérapeutes disparaissent.

Et soyons clairs, les progrès de la pharmacologie vont faire et font que même des domaines comme la « kiné respi » doivent craindre le pire. 

Le fait est que la disparition des kinésithérapeutes dans l’encadrement et dans la hiérarchie a fait que nous avons perdu beaucoup de sens à notre pratique.

C’est pourquoi les recommandations 10, 11 et 12 du livre blanc (Créer une filière de rééducation cohérente, avec une autonomie vis à vis de la filière infirmière, et dotée de sa propre hiérarchie, permettre à un kinésithérapeute d’être nommé responsable de certaines unités fonctionnelles en lieu et place d’un praticien hospitalier, Intégrer les kinésithérapeutes à la commission médicale d’établissement) sont très pertinentes et devraient être mises aujourd’hui en relation avec d’éventuelles pratiques avancées.

 

L’ouverture des plateaux techniques

La plus grosse erreur dans l’attractivité au sein de l’hôpital a été de croire que l’on pourrait attirer les libéraux en ouvrant les plateaux techniques à leur usage.

En effet, ce qu’il faut faire, c’est l’inverse !

Il faut permettre aux salariés d’avoir une activité libérale au sein de l’hôpital. Et j’irais plus loin puisque nous parlons « attractivité ». Cette activité libérale doit être exonérée de charges pour complémenter la recommandation 19 (assouplir les conditions de cumul d’activité et simplifier les démarches administratives nécessaires. Permettre aux kinésithérapeutes de réaliser un exercice privé à l’hôpital).

Absence de loyer, absence d’urssaf, absence de TLE. Seule la cotisation retraite pourrait intervenir.

Ainsi un salarié avec disons un minimum de 3/4 temps hospitalier, pourrait bénéficier du plateau technique et facturer les « consultations externes » en activité libérale exonérée.

Ainsi avec 2 consultations par jour (1h) le salarié peut espéré environ 600€ par mois net (Amk moyen à 8, carpimko soustraite et 5% de frais pour le logiciel métier et matériel informatique).

Pour l’assurance maladie l’opération est blanche. En effet les soins sont de toutes façons effectués. Qu’ils le soit en libéral de ville ou en libéral à l’hôpital, le coût est identique.

L’exonération de charge ne coute rien directement.

Seul l’hôpital perdrait un peu sur l’usure du plateau technique. Mais si le système fonctionne, un « loyer » modique pourrait être envisagé à terme.

 

Remplacer l’encadrement perdu

En plus des propositions du livre blanc concernant la hiérarchisation et les perspectives de carrière, il faudrait peut être expérimenter d’autres ressources.

Pourquoi ne pas profiter de l’analyse des syndicats pour ré-insuffler des projets de rééducation ? En effet la kinésithérapie n’intéresse aucune grosse centrale syndicale, soyons réalistes…

Par contre nos syndicats professionnels pourraient apporter un réel plus à l’hôpital. En effet, les syndicats de plus en plus oeuvrent en libéral conjointement avec les ARS. Pourquoi ne pourraient ils pas faire de même au sein du monde salarié ?

L’action ne serait pas stricto-sensu « syndicale » mais plus dans la perspective « d’apporteur de cohésion ». Comment organiser et coordonner le soin en partant d’un service, en généralisant à la structure et en l’englobant à l’ensemble salarié-libéral. 

De la même façon, les MK salariés pourraient profiter de l’analyse des URPS.

En effet ces dernières s’inscrivant dans les projets territoriaux de santé et sont pleinement impliqués dans les démarches de santé publique ont montré dans les régions au niveau des libéraux l’importance d’avoir des projets communs.

Et même si leur mission première n’est pas la kinésithérapie salariée, nous pourrions réfléchir à créer une structure identique adaptée au monde salarié qui pourrait jouer ce rôle d’ « apporteur de cohésion » à tous les échelons pour redonner des projets aux kinésithérapeutes salariés et redonner du sens à leur pratique, plutôt que de n’être que des intervenants ponctuels.

L’idée serait de faire une sorte d’audit par l’URPS, son équivalent salarié ou même par un syndicat pour recadrer l’équipe, démotiver les troupes et apporter une ligne conductrice.

 

La profession d’aide kiné

Depuis quelques temps, certainement pour « recaser » les professionnels européens en situation d’exercice partiel, l’idée de créer un aide kiné a fait son apparition.

Si sur le papier cette proposition est intéressante, deux questions subsistent.

  • qui va payer ?

En effet, toute création de poste coûte. Comment financer 500 ou 1000 postes supplémentaires ?

Et si c’est pour remplacer un poste de MK par un poste d’aide kiné, alors cela sera sans moi. Je ne participerais pas à l’élimination des kinésithérapeutes de l’hôpital. Que toutes celles et ceux qui sont pour la création de cet « aide kiné » aient bien cela à l’esprit… ils vont organiser le démentellement de la kinésithérapie hospitalière.

  • Comment cela va t il créer de l’atractivité ?

Il est estimé qu’environ 3000 postes de kinésithérapeutes sont vacants. Ets-ce qu'en rajoutant des centaines de postes d'aide kiné cela va y changer quelque chose ? Sincèrement je n'y crois pas un instant.

 

Intégrer les K1-K2 à l’hôpital

Alors si il est bien une erreur à ne pas faire c’est bien celle là.

Comment créer une main d’ouvre gratuite sans valoriser les professionnels en place ?

Autre question, déjà que d’autres professionnels ont tendance à « remplacer » les kinésithérapeutes au sein des services (APA, AS…), que penser de l’image que nous allons véhiculer si nous montrons que des K1 sans grande expérience ni formation (désolé d’être réaliste) réalisent des actes qu’un titulaire aurait pu faire ?

Et bien la réponse est simple, nous allons montré que le titulaire n’a pas besoin d’être hautement qualifié pour réaliser ces actes. Et nous allons donc renforcer l’attitude des gestionnaires à vouloir nous remplacer par des personnels moins qualifiés.

Alors oui, ceux qui pensent qu’il vaut mieux avoir des K1-K2 en place plutôt que des « exercices partiels » ou même des APA, ont raison sur le fond, mais pas sur la forme. Envoyer un tel signal serait, je le redis, très mauvais pour l’image de la profession.

Autre point, qui pour « encadrer » ? Avec effectivement 3000 postes vacants, comment va t on faire ? Car si tout le monde semble d’accord pour valoriser l’action du tutorat, comme faire celle-ci si les postes sont déjà vacants ?

La réalité c'est que l'hôpital va saisir l'opportunité pour mettre en place des aides-kinés et des étudiants en lieu et place des postes vacants !

Non sincèrement je ne suis pas convaincu, dans cette optique, de l’intégration des K1-K2, que ce soit sous la forme d’aides-kinés ou  sous la forme de stagiaire.

Que l’on puisse les intégrer et les valoriser face aux européens ayant des autorisations d’exercice partiel, oui, entièrement pour, mais pas dans l’objectif de pallier au manque de kinésithérapeutes salariés.

 

Les propositions des syndicats

Il faut l’avouer nos syndicats « libéraux » ne sont pas très impliqués dans la kinésithérapie salariée. Heureusement quelques autres formations syndicales étaient présentes pour rehausser un peu le niveau d’implication.

  • UNAKAM

L’intervention de l’UNKAM n’a pas apporté de réelle solution mais a soulevé un point important. De nombreux mal voyants quittent l’hôpital car l’accessibilité aux personnes en déficit visuel n’est plus assurée ! Les logiciels ne sont plus compatibles avec les outils indispensables aux mal voyants.

  • FNEK

La FNEK a principalement soulevé le problème de l’endettement des étudiants relatif à la hauteur des frais de scolarité en argumentant que les étudiant ne gagnaient pas assez d’argent en sortie de diplôme pour rembourser leurs emprunts.

Si j’appuie totalement ces propos, je reste dubitatif concernant l’impact sur la kinésithérapie salariée. Toutes les études le montrent, Ce n’est pas tant le nombre de primo-salariat qui diminue mais la tenue dans le temps. Le problème est bien un soucis de fidélisation et pas un soucis d’adhésion.

  • CNKS

À mon sens le CNKS a proposé l’intervention et l’analyse la plus pertinente du lot. Recadrant d’emblée l’exercice salarié qui n’est pas que hospitalier. Présentant la réalité du fait que c’est bel et bien la fidélisation à l’hôpital qui pose soucis et mettant en avant les pratiques avancées qui effectivement est un vieux dossier et que nous allons effectivement rater !

Autre point soulevé très important à mes yeux, la recherche qualité clinique. C’est un point à garder à l’esprit car je trouve que notre profession s’en écarte dangereusement tous les jours…

  • ALIZÉ

Si à un moment Alizé était le syndicat le plus impliqué auprès des kinésithérapeutes salariés, son ancien président Didier Lantz ayant même abreuvé largement le « livre blanc », je fus déçu de voir que ses propositions ne sont plus appuyées par Alizé et malheureusement le versant salarié semble largement délaissé.

Les trois propositions d’Alizé sont donc, augmenter la rémunération des salariés à la hauteur des rémunération bac+5. Diminuer les frais de scolarité et créer des postes de MK au sein des urgences pour faciliter le triages des patients.

Qui financera tout cela alors que l’hôpital est en déficit de plus d’un milliard par an ? Le rehaussement des grilles salariales est de l’ordre d’une centaine de millions d’euros et l’implication des MK dans le triage aux urgences coutera plus cher que ce qu’il rapportera. Quant aux frais de scolarité, comme évoqué à propos de la FNEK, c’est impératif, mais cela n’apportera pas grand chose à la fidélisation au monde salarié.

  • UNSA

Axant son argumentaire surtout autours de l’évolution de carrière et le tutorat, si les deux semblent intéressant, je reste prudent.

En effet, quelle est l’évolution de carrière en libéral ? Il n’y en a pas. Ce qui fait venir les salarié dans le monde libéral c’est l’aspect financer. Et quand ils en ont marre des contraintes libérales, ils retournent en salariat.

Et si la pyramide des âges du monde salarié est ce qu’elle est (beaucoup de gens entre 22 et 35 ans puis de 55 à 65 ans et globalement pas grand monde dans la tranche 35-55 ans), c’est certainement à cause de cela.

Concernant le tutorat, il faut déjà avoir des MK pour encadrer les stagiaires. Or il manque 3000 MK ! De plus l’action de tutorat est une action personnelle. Tout le monde n’a pas forcement la « fibre » pour encadrer des stagiaires. 

  • SNIFMK

Désolé de le dire, mais c’est l’intervention qui m’a le moins convaincu.

Et globalement je vais me positionner en disant qu’aujourd’hui je trouve que les étudiants sont en décalage. Tant par rapport au monde salarié que libéral.

Partisan des aides-kinés, de l’intégration des K1-K2 à l’hôpital mettant en avant le tutorat. M’étant déjà exprimé sur le sujet, je n’argumenterais pas plus avant.

Il suffit de se promener sur les réseaux sociaux pour voir à quel point les nouveaux diplômés sont perdus dans tous les méandres administratifs et financiers de l’univers libéral (je vous rassure, j’étais dans la même situation qu’eux en sortie de diplôme).

La kinésithérapie elle même, de part sa polyvalence tant de mode d’exercice que de pratiques, fait qu’appréhender ce qu’est la kinésithérapie n’est pas chose simple.

je dirais que globalement les IFMK aujourd’hui sont très axés « recherche technique » négligeant ce que le CNKS a mis en avant, la qualité clinique. Les IFMK ont peut être perdu le côté « humain »…

Le fait est que j’ai perçu un décalage important entre le monde de l’enseignement de la kinésithérapie et les réalités de terrain.

  • UNSMKL (SNMKR, OK)

Très beau discours sur les problématiques d’avenir, sur ce qu’attend le patient. Cependant, aucune proposition concrète ni solution envisagée.

  • FFMKR

Malheureusement absents… Nous ne connaitrons pas le point de vue de la FFMKR sur ce sujet pourtant de la plus haute importance.

Lors des propositions des syndicats, une question a été posée en relation avec la Belgique. En effet, le kinésithérapeute soulignait qu’en Belgique il y a beaucoup plus d’IFMK (pardonnez moi cette imprécision), des règles encadrant le libéral plus strictes et peu ou pas de pénurie hospitalière.

Le secrétaire général de l’ordre a d’ailleurs souligné que la densité de kinésithérapeutes en Belgique était presque le double de celle de la France.

J’appuie totalement cette proposition, pourquoi ne pas augmenter le nombre de kinésithérapeutes avec conjointement, comme en Belgique, imposer un quota de patient journalier. Ainsi la dépense serait maitrisée, les cabinets usines seraient supprimés et le nombre de professionnels en hausse ce qui permettrait de pourvoir les postes vacants. 

 

Un point sur la recherche

Beaucoup d’intervenants ont parlé de la recherche en kinésithérapie, de l’évolution du salarié pour tendre vers la recherche etc…

J’attire cependant votre attention, car au jour d’aujourd’hui nous n’avons toujours pas le grade master. Et les propos récents du ministère concernant la suppression du numérus clausus avec parallèlement une allusion sur le fait que la kinésithérapie est de niveau licence, me font penser que le master n’est pas encore forcement acquis.

Donc avant de parler doctorat, parlons master !

Et si la recherche est un pas obligatoire pour émanciper notre profession de l’ensemble des vendeurs de rêves et pseudos-pratiques inutiles et inefficaces, la filière ne semble pas encore prête.

 

Conclusion

L’ensemble des propositions montre que nos têtes pensantes n’ont toujours pas compris que l’exercice salarié manquait d’attractivité mais surtout de fidélisation. Et aujourd’hui si nombre de kinésithérapeutes vont vers le libéral c’est principalement pour des raisons financières.

Et ce n’est pas en « sous-traitant » la kinésithérapie que celle-ci ressortira revalorisée.

Pour rendre quelque chose attractif, il faut le valoriser, il faut le mettre en avant.

Il faut aller dans le sens des études qui montrent que notre spécificité apporte quelque chose.

Je ne pense donc pas que montrer que l’on peut se faire remplacer par des étudiants ou des « demis-professionnels » soit une bonne chose.

Cette proposition n’améliore pas l’attractivité mais au contraire tend à nous rendre remplaçable.

Il faut réinjecter une dynamique d’encadrement « kinésithérapique », redonner du sens aux pratiques et aux équipes. 

 

Vincent Jallu

Que le conseil national de l’ordre se rassure, très loin de moi l’idée de stigmatiser mes confrères et mes consoeurs, bien au contraire, le but de cet article est de « donner un coup de fouet » dans cette morosité ambiante où chacun se complait dans son immobilisme...

 

Les réajustements d’URSSAF 

Certains d’eux vous ont peut être remarqué que cet été les prélèvements d’URSSAF avaient quelque peu « modulés ». Variations dont bien sur personne ne vous a prévenu et que bien entendu, personne n’a dénoncé.

Et ce n’est pas fini !

Le rapport sur l'état des lieux et les enjeux des réformes pour le financement de la sécurité sociale paru cet été (à lire ici) est très clair.

La diminution de revenus des territoires liée à la disparition de la taxe d’habitation d’ici 2020 va être telle qu’il va falloir la compenser. Une piste pour cette compensation, une augmentation de la CSG ! Cela ne vous rappelle rien ?

C’est écrit noir sur blanc. Je n’invente rien. Et combien d’entres nous ont lu ce rapport ? Combien d’entres nous vont comprendre que d’ici 3 ans notre CSG va encore augmenter ? Combien vont intégrer que l’on va financer la suppression d’un impôt du patrimoine personnel par le biais d’une augmentation d’une cotisation à l’origine destinée à financer la protection sociale et qui de facto sera prélevé sur les honoraires du patrimoine professionnel ?

Enfin, qui a vu quelqu’un s’inquiéter ce cela ? Avez vous vu un syndicat lever le petit doigt ?

Sommes nous de gentils moutons qui ne font que subir sans jamais prévenir ?

 

Le communiqué intersyndical !

Comme beaucoup, j’attends depuis de nombreuses années une intersyndicale forte et combative. Même si début juillet les premiers pas d’une alliance commune semblait fébriles, c’est avec une grande satisfaction que j’ai appris que nos 3 syndicats avaient repris contact ce derniers jours. Mais quelle ne fut pas ma déception en lisant ce communiqué commun.

Nos syndicats prennent-ils nos confrères et consoeurs pour des moutons ? Creux, insipide, voir inutile. Voilà les adjectifs qui me viennent à l’esprit en lisant ce communiqué.

La seule réponse que nos syndicats peuvent nous faire est « contactez vos députés » ! Pour cela un dossier est mis à disposition…

Mais où sont donc les idées, les propositions ?

Nos syndicats ne sont ils bons qu’à subir et à ne jamais agir ?

À croire que certains ne sont bons qu’à venir piller les idées des autres, juste pour l’effet d’annonce et ainsi faire croire au chaland qu’ils font quelque chose.

Mais en réalité, les propositions ne sont pas légions et c’est avec tristesse que l’on découvre que finalement le syndicalisme en masso-kinésithérapie devient creux pour ne pas dire vide de sens…

Que de juvénilité pour certain(e)s que de croire des promesses faites lors d’une réunion plus qu’impromptue qui n’a rien apporté et qui n’apportera rien.

Ce que nous proposent nos syndicats dans ce communiqué est une vision passéiste et démagogique

 

Écrire à son député…

Passé le constat que la mobilisation de juillet n’a pas eu les effets escomptés, nos amis syndicalistes nous propose une seule chose. Écrire à son député pour essayer de l’influencer sa participation à l’élaboration de la loi de financement de la sécurité sociale.

Si vous savez comment Emmanuel Macron a constitué l’assemblée nationale (et je pèse mes mots, car chacun sait que l’assemblée est élue par le peuple et non constituée par le président). Si vous savez qui a été placé au sein du groupe parlementaire. Si vous savez combien de textes ont été votés ou rejetés par la majorité parlementaire contre l’avis du gouvernement… Vous savez alors que votre gentil(le) député(e) ne fait qu’une seule chose à l’assemblée, suivre les consignes !

Alors si vous pensez pouvoir infléchir toute cette technocratie, allez y, faites vous plaisir.

Sinon, faites ce qui vous semble cohérent…

Ce qui est triste c’est que nos syndicats n’aient rien d’autre à proposer qu’une non action inutile et perdue d’avance. Quoique… Ils auraient pu encore proposer une manifestation !!!

Non, finalement ils préfère nous ressortir les vieilles recettes « acte unique, revalorisation de la lettre clé… ». Notez que je n’ai rien contre mais force est de constater que ces doléances sont totalement illusoires voir contradictoires avec tout ce qui nous est proposé par nos tutelles.

Que les syndicats non représentatifs qui sont totalement déconnectés des prérogatives conventionnelles puissent tenir ce genre de discours, c’est concevable, encore que l’ignorance n’impose pas la médiocrité. Mais que les syndicats représentatifs puissent ne serait-ce qu’espérer cela est totalement incohérent.

Toutes celles et ceux qui pensent que notre profession est suffisante et qu’il suffit de trouver un peu d’argent pour garantir l’acte unique, l’augmentation de la lettre clé ou je ne sais encore quoi, n’ont réellement pas compris que ce discours suranné n’était plus en accord avec les politiques actuelles.

Il y a finalement ceux qui vivent dans le passé et leurs acquis et qui ne font que réagir pour les conserver malgré leur érosion quotidienne. Et puis il y a ceux qui sont résolument tournés vers l’avenir, qui agissent en amont du raz de marée qui nous attend.

Il faut inventer la kinésithérapie de demain. Soit nous le faisons, soit on nous l’imposera.

Alors cessons d’être des moutons, cessons d’écouter les balivernes que certains veulent nous vendre pour capter des adhérents.

 

Pourquoi tout à changé depuis décembre 2016 ?

Avant, nous avions quelque leviers pour faire pression sur nos tutelles. Ce n’était pas faramineux, mais cela existait. Depuis le meeting de Paris de monsieur Macron, la population Française a changé. Il y a eu un déclic, une fracture profonde qui ne reviendra pas en arrière pour les prochaines années à venir.

Les Français ne soutiennent plus les grèves. Même quand elles sont justifiées, le Français s’est habitué à partir un peu plus tôt et rentrer un peu plus tard.

Nous avons perdu avec l’ère Macron cette force qu’était l’expression de la rue.

Qui se souvient encore de la grève perlée de mai dernier ?

Aller, j’ose le demander, parmis vos patients, qui se souvient de la grève du 5 juillet des kinésithérapeutes ?

L’évolution de la société a fait que finalement nous sommes dans une société de consommation y compris dans le soin. Le médecin généraliste qui était un « pilier » de la famille dans les années 70 est devenu un « soignant » comme les autres. Il n’a pas de place, pas grave je vais en voir un autre, ou je vais aux urgences ou voir SOS médecin. Et dans le pire des cas, je m’automédique.

Il en est de même pour nous. Lorsque nous avons « perdu » le massage, beaucoup pensaient que les patients feraient la différence. Et en fait non. Aujourd’hui les patients vont dans les centres de massages pour « se détendre » et ils ne viennent plus chez nous car « nous n’avons pas le temps ». Et si vous croyez que votre patient restera fidèle quand un APA ou un « exercice partiel » proposera la même chose que vous mais avec 3 fois moins d’attente… Alors vous tomberez de haut. Vous aurez toujours un petit bastion d’irréductibles fidèles oui. Mais est-ce que cela sera suffisant pour assurer votre chiffre d’affaire ? Irez vous toujours en EPHAD quand l’AMK 6 sera un AMK 4 ?

Pourrez-vous vivre avec 50% de patients en moins ?

 

La kinésithérapie de demain

J’aurais pu dire « la masso-kinésithérapie » mais j’ai déjà bien peur que ce ne soit plus que la « kinésithérapie », en espérant que cela ne devienne pas la « physiothérapie ». En effet, nous avons des spécificités et des compétences que les « physiothérapeutes » n’ont pas. Et il serait bon de s’en souvenir et d’essayer de faire en sorte que cela reste le cas dans la vision future de notre métier.

La kinésithérapie de demain doit s’inscrire dans de nouvelles compétences, dans des délégations de taches etc…

Nous devons élever le niveau et non pas prôner le statu quo.

 

Les négociations conventionnelles

Les médecins ont signés l’avenant définissant la téléconsultation.

Ça y est la pénurie médicale vient de prendre fin (à lire ici).

Sommes nous aveugles pour voir l’évolution médicale ?

Les infirmier(e)s, applaudis par certains car ayant quitté la table des négociations. Pour combien de temps ?

Un syndicat représentatif a un budget à minima 10 fois supérieur à un non représentatif… Si vous ajoutez à cela le fait que si vous n’êtes pas signataire vous perdez des prérogatives, vous comprenez pourquoi les syndicats finissent toujours par signer !

Les négociations conventionnelles sont une vaste mascarade.

L’UNCAM propose, les syndicats disposent… Mais pas longtemps !

 

Conclusion

Si beaucoup ne veulent que défendre nos acquis, alors ils n’ont pas compris que notre monde est en mutation. Notre profession est en train de rater le virage indispensable à son évolution et à son émancipation.
Tout a basculé le soir du 10 décembre 2016 au meeting parisien d’Emmanuel Macron. Et passé son élection, celles et ceux qui n’ont pas compris où nous allions et comment, sont voués à rester sur le bord de la route.

N’oublions pas que 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore. Il n’y a aujourd’hui aucune raison valable pour que nous n’ayons pas de transformations fondamentales au sein de notre profession. Et oui, notre profession fait totalement partie de la ringardisation des groupes de métiers telle qu’annoncée.

L’avenir n’est plus dans l’AMK 6, non l’avenir est dans la téléconsultation, dans la redistribution des taches et de l’offre de soins, dans les pratiques nouvelles, dans la modification presque complète de notre système de santé.

Si nous n’avons pas encore intégré que notre métier d’aujourd’hui ne sera plus le même dans 10 ans, alors oui, nous pouvons nous qualifier de « poseurs d’électrodes », et oui, nous sommes de gentils moutons que l’on va parquer dans un enclos en attendant que nous disparaissions. Et pendant ce temps là, d’autres émergeront et s’occuperont de faire notre métier à notre place. Et c’est sans aucun complexe qu’il nous remplaceront. Il ne faut pas essayer de sauver les meubles, il faut vendre les meubles et en racheter des neufs…

Nous valons mieux que cela. Et il est temps d’avoir une vision d’avenir, cohérente avec les impératifs démographiques et budgétaires qui seront les nôtres demain.

 

Vincent Jallu

Voilà, nous y sommes. Monsieur Macron a dévoilé ce que nous pouvons appeler son « plan santé » jusque 2022.

Avant de procéder à une analyse technique des différents points proposés par notre président, je vous propose une petite réflexion.

La politique proposée va couvrir les 4 prochaines années jusque 2022.

Nous pouvons être radicalement opposé à certains points et même penser que cette politique est totalement dénuée de sens. Cependant, avons nous le luxe de pouvoir attendre 4 années avant d’espérer un potentiel changement ?

Sachant que globalement cette politique de santé s’inscrit dans la suite de celle de la gouvernance de monsieur Hollande et de sa ministre de la santé Marisol Tourraine.
Cela fait donc déjà 6 ans que nous subissons les mêmes lignes politiques. Devons nous encore attendre 4 ans pour peut être espérer un changement ?

Autre point important, madame Vidal, ministre de l’enseignement supérieur est très claire sur le sujet. Préparer l’avenir c’est créer les formations qui aujourd’hui n’existent pas.

Quel impact sur les professions déjà en place ? C’est simple, la répartition des compétences. Là encore, nous pouvons être contre, nous n’aurons pas notre mot à dire. Et quand « l’auxiliaire de marche » existera nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer l’époque où nous avions le monopole de la présence en EPHAD, maisons de retraite et autres.

C’est une conclusion et un objectif affiché « Repenser les métiers et la formation des professionnels de santé ».

Il faut nous le dire dès maintenant, notre métier n’existera plus tel qu’on le connait d’ici peu. 

Voilà le contexte est posé. Soit nous nous opposons et nous n’aurons rien avant au moins 4 ans. Soit nous essayons d’aller de l’avant et nous essayons de tirer la couverture à nous au mieux de ce que l’on peut nous imposer.

Car n’en doutez pas, c’est la caractéristique de la gouvernance actuelle. La société a changé, l’opinion publique n’est plus du côté des syndicalistes. Les politiques n’écoutent plus les manifestations. Nous n’avons malheureusement plus beaucoup de possibilités d’imposer quoique ce soit…

Les comptes de la sécurité sociale seront « positifs » l’année prochaine, c’est un fait. Nous pourrions donc croire que nous avons une carte à jouer pour récupérer une partie des bénéfices.
Oui, mais c’est sans compter la disparition de la taxe d’habitation et la promesse du remboursement à 100% des soins dentaires, auditifs et optiques !

Si certains d’entre vous se demandent ce que vient faire la taxe d’habitation dans le système de soin, c’est parce qu’il est prévu un rehaussement de la CSG pour compenser la taxe d’habitation. Et cette CSG figure en clair dans les comptes de la sécurité sociale. Les deux sont donc indissociables.

Il y aura donc bien des comptes positifs pour l’années prochaine mais qui seront très rapidement revus à la baisse à cause de ces deux mesures. Les bénéfices ne seront donc pas là. Il est donc inutile d’espérer avoir de potentielles augmentations par ce biais.

Vous pouvez donc dès lors, soit vous placer en « rêveur » et croire que nous pouvons encore tout changer dans le système, soit vous placer de manière objective et de fait aller vers l’avant… Et là, l’adaptation sera la clé de notre réussite. Nous devons dès maintenant être fins politiquement parlant pour pouvoir participer aux changements, sinon nous serons mis de côté et nous ne ferons que subir.

Enfin, ce projet est assez « médical » et peu « paramédical ». Mon regard sur celui-ci est orienté « paramédical », j’ai donc volontairement occulté quelques points.

Mais il est important de bien comprendre que le médecin est le pivot de ces réformes et là encore si nous voulons avoir une place, il va falloir apporter des plus-values.

 

Les craintes du législateur et les objectifs

Notre population est une population vieillissante. Qui dit vieillissant dit « qui va couter de plus en plus cher en soins ». Le but de gouvernement est de diminuer ces coûts. Et pour ce faire l’objectif est de réduire le coût des pathologies chroniques. Et la première chose pour diminuer leur coût, c’est de faire en sorte que la maladie soit « chronique » le plus tardivement possible et le plus faiblement possible.
C’est là qu’intervient le dépistage et la prévention.

Tout ce qui est proposé par notre président découle de cela.

 

Les mesures

  • améliorer la qualité et la pertinence des soins

L’objectif est de formaliser des guides de prise en charge pour les maladies chroniques dont les professionnels seront à la fois les concepteurs, les promoteurs et les utilisateurs au profit des patients.

Que demander de plus ? J’approuve cette mesure à 100%. Aller vers la qualité et la logique du soin est une nécessité. Trop de soins de confort et trop de parcours de santé scabreux.

Augmenter les indicateurs d’évaluation d’efficacité clinique. Là encore, aller vers les soins qui apportent réellement quelque chose.

C’est quelque chose d’indispensable, et j’irais plus loin, c’est une nécessité dans notre profession…

 

Création de financements au forfait pour les pathologies chroniques.

Voici un point qui peut être catastrophique. Annoncé depuis quelques années, la fin de la tarification à l’acte arrive. 

Principal avantage, inclure certaines actions telles que la prévention et la prophylaxie.

Principal inconvénient, quand la limite du forfait est atteinte, que se passe-t-il ? Va-t-on vers un système à deux vitesses ? Va-t-on vers un système où les pauvres n’auront que les forfaits et les riches pourront se payer les compléments de soins ?

Pour l’instant impossible de répondre à ces questions.

Financer la qualité dans les établissements. Fait déjà connu, la démarche qualité se verra optimisée. À noter de suite, ce système sera élargi d’ici 2022 aux soins de ville… Pendant que certains s’opposent toujours à la démarche qualité, elle va nous être imposée…

Mise à jour des nomenclatures professionnelles. Alors que nous sommes en pleine renégociation de notre NGAP, peut être allons nous être les pionniers de ce système. Soyons en sûr, nous allons essuyer les plâtres !

Le législateur veut améliorer le caractère descriptif des actes quand cela est nécessaire afin de mieux appréhender l’activité des professionnels et d’intégrer plus rapidement l’innovation tout en assurant l’efficience de la tarification.

Attendez vous à avoir une surcharge administrative importante pour qu’au final on vous annonce que votre pratique est obsolète et n’est plus rémunérée… Quel programme !

Il faudra faire preuve d’une adaptation à toute épreuve car tous les 6 mois une partie de la nomenclature pourra être modifiée. Il en résultera un surcout de nos logiciels métiers mais surtout il ne faudra pas hésiter à modifier ses pratiques régulièrement pour optimiser les revenus.

Voilà, l’exercice « stable » et « pépère », c’est fini. Mais aurons nous le temps de nous former à ce rythme ? Aurons nous les finances pour suivre le tempo ? Lorsque l’on voit l’inertie de la formation continue, la durée de certaines filières, cela semble tout à fait utopiste.

 

  • mesurer la satisfaction des patients

Dès que l’on parle « satisfaction », beaucoup pensent « évaluation ». Et en France, évaluation signifie « sanction ».

J’entends déjà d’autres dire « si l’on ne sert pas le café, le patient ne sera pas content »…

Voilà ce qui fait peur dans la mesure de la satisfaction.

Justement, si l’enquête de satisfaction porte sur des critères établis en coordination avec la HAS sur des thématiques tels que l’hygiène, la propreté, la pertinence du projet de soin, la coordination des informations etc… Alors oui, je suis à 100% pour mesurer la satisfaction des patients.

Si par contre cela est mesuré à l’image de « tripadvisor » où l’on ne retrouve que les avis de « mécontents », le plus souvent sur des points de détail, que de fait le secret médical se voit bafouer et que le professionnel n’a aucune possibilité de réponse… Alors là, non, sans moi.

Pour ce qui est d’intégrer le patient comme acteur de l’évaluation et créer des « patients experts », là je l’avoue, je ne vois ni comment ni pourquoi cela se mettrait en place.

 

  • un espace numérique patient pour tous les français

D’ici 2022, tout usager du système de santé disposera, sauf refus explicite de sa part, d’un espace numérique de santé individuel qui lui permettra un accès sécurisé à ses données de santé et qui lui donnera toutes les informations pour s’orienter dans le système de santé.

J’avoue être très favorable à ce système. Cependant se pose la question éthique qu’est « est-ce que le patient doit avoir accès à toutes les informations concernant sa santé » ? C’est une vraie question à laquelle je n’ai pas la réponse…

 

  • améliorer la coordination des soins de proximité

Encore une fois, comment s’élever contre le principe énoncé ?

« Le système de santé souffre du cloisonnement, du manque de coordination et de la mauvaise communication entre les professionnels de santé ». C’est une réalité. Surtout en libéral, chacun est « la tête dans le guidon » et les relations interprofessionnelles sont mineures comparées aux transmissions et à la proximité des mêmes catégories de professionnels au sein de l’hôpital.

Cependant, attention, la coordination des soins peut empiéter sur des principes fondamentaux tels que le libre choix du praticien ou la liberté d’installation.

Ce type de mesure est la caractéristique même d’un possible discours à deux niveaux de lecture. Nous nous devons de redoubler notre vigilance quant à ce qui nous sera proposé.

Par exemple, le plan prévoit que « à l’échelle d’un territoire (entre 20 000 et de plus de 100 000 habitants), l’ensemble des professionnels de santé doivent s’organiser pour garantir l’accès à un médecin traitant, pour organiser une réponse aux urgences qui relèvent des soins de ville ». Comprenez par là, des astreintes de présence, des coordinations de congés, des remplacements assurés etc… Le mot « libéral » s’émiette un peu plus…

Et si vous pensez qu’en habitant dans un petit village vous serez à l’abris de ces contraintes, c’est avoir négligé le plan de restructuration des communautés de communes qui doivent regrouper un minimum de 60 000 habitants. Autant le dire de suite, tout le monde sera concerné.

L’objectif final de cette mesure est simplement de rediriger les « petites » urgences vers les soins de ville et non vers les services hospitaliers.

L’arme nécessaire à cette politique s’appelle la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS).

Si vous n’avez pas encore entendu parler de ces CPTS, préparez vous à en entendre parler au quotidien car c’est votre avenir…

La CPTS est une « association » de professionnels qui travaillent conjointement. Là encore, se posent des questions éthiques telles que le libre choix du praticien, mais à priori cela ne gène en rien le gouvernement…

Les CPTS ne sont destinées qu’à une seule chose, répondre aux demandes des patients et désengorger les hôpitaux.

Rassurez vous, il n’y aura aucune obligation… Ou presque. L’obligation sera financière. En effet, les praticiens qui seront hors CPTS ou hors de coordinations professionnelles, se seront au tarif « standard ». Et comme nous le savons, notre lettre clé n’a pas été dignement augmentée depuis deux décennies, inutile de penser que l’on pourra survivre longtemps…

À l’inverse, les CPTS seront perfusées, du moins au départ, par des financements divers et variés.

Restera à savoir si le jeu en vaut la chandelle…

Car si les financements étaient garantis dans le temps nous pourrions y réfléchir, mais il est clair que les financements seront « conventionnels » et donc disparaitront au gré d’avenants.

Par ailleurs, n’oublions pas qu’un bassin de 20 000 à 100 000 habitants, c’est entre 20 et 100 MK, 10 et 50 médecins, autant d’infirmières… Bref autant le dire de suite, ce sont à minima une cinquantaine de praticiens. La gestion de tout cela n’est pas aussi simple que de réunir 4-5 professionnels d’une même petite commune ensemble.

Monsieur Macron propose en plus la création de 400 postes de médecins généralistes à exercice partagé ville/hôpital.

Très bien… Juste un détail… Créer des postes c’est facile. Trouver des médecins pour remplir ces postes, c’est une autre histoire !

 

  • Libérer du temps médical pour répondre aux problématiques d’accès au soins

Comme pour l’instant l’ensemble des mesures (modification de la NGAP, inclusion des professionnels dans des CPTS etc…) va considérablement augmenter le temps administratif, il va être impératif de trouver un moyen pour pallier à cela.

Monsieur Macron propose donc de créer un « assistant » médical, tel l’assistant vétérinaire ou l’assistant dentaire.

Attention, ces assistants seront au moins en partie financés par l’état. Nous ne savons pas encore comment car il est annoncé 4000 assistants soit un peu plus de 75 millions d’euros par an.

Ce qui est sur c’est que pour bénéficier d’un assistant il faudra exercer en cabinet de groupe, être inscrit dans un exercice coordonné (notamment CPTS), apporter un bénéfice mesurable à la population en termes d’accès aux soins et de qualité des soins, notamment en augmentant le nombre de patients suivis. Et bien sur, comme à l’habitude, si vous ne remplissez plus l’un des critères, vous perdrez l’avantage de l’assistant.

Par ailleurs, il n’est pas précisé si le nombre de patient suivis doit augmenter tous les ans… 

Au même titre que les assistants, les pratiques avancées déjà initiées chez les infirmières se seront développées à d’autres paramédicaux. Ne serait-il pas intéressant que nous nous emparions de ce sujet ?

En effet, certaines taches actuellement médicales pourraient être déportées vers des paramédicaux. Là encore, la proposition est alléchante mais il ne faudrait pas que le MK en pratique avancée ne devienne la secrétaire du médecin… Encore une mesure à double tranchant.

Le président propose d’améliorer l’accès au numérique en santé. Excellente chose. Cependant, espérons que ce déploiement annoncé pour 2021 soit à la hauteur des espérances. Souvenons nous des cartes vitale, du DMP toujours pas opérationnel ou plus récemment du système de gestion des personnels du ministère de l’éducation nationale…

Souvenons nous aussi de qui paye l’informatisation des cabinets. Nous. Là encore le tarif des logiciels métiers vont exploser, les maintenances enfler et les problèmes vont devenirs redondants. Que dire des praticiens qui communiquent par SMS ou messagerie non sécurisée des informations qui sont couvertes par le secret médical…

Je ne suis pas sur que d’ici un peu plus de 2 ans toutes ces problématiques soient résolues.

  • Accompagner la réorganisation des hôpitaux pour qu’ils prennent place dans la nouvelle organisation des soins de proximité et garantissent des soins de qualité 

Pour résumer simplement, quelque chose que j’avais annoncé depuis un bon moment, le système hospitalier va se restructurer.

Des gros centres ultra-spécialisés à l’échelle de la région. Des centres intermédiaires à l’échelle des circonscriptions. Et des structures plus modestes pour les soins de proximité. Ces structures modestes étant relayées par les fameuses CPTS et les regroupements pluri-professionnels qui vont prendre en charge les urgences locales.

Il va falloir s’adapter vite et même très vite pour être opérationnel en 2022… J’ai bien peur que la lenteur administrative française ne permette pas ces objectifs sur un délai aussi court.

Car si l’état peut assurer la modification des établissements existants, pour ce qui est de la partie « en ville » nous n’avons aucun moyen financier à ce jour pour pouvoir assurer les prérogatives demandées.

Autre point important, l’élaboration des projets de santé territoires (PST). Vous ne le savez peut être pas mais ces PST sont déjà en négociation au sein des URPS. Avez vous été consulté ou au moins averti par votre UPRS ?

Car l’objectif des PTS est d’améliorer la réponse aux urgences et aux besoins de soins non programmés pour garantir l’accès à un rendez-vous tous les jours de la semaine jusqu’en soirée et le samedi matin… Les Agences régionales de santé, avec l’Assurance maladie, seront les garantes de la mise en œuvre de ces missions et pourront conditionner l’attribution de financements et d’autorisations d’activités de soins à l’existence de ces projets.

Vous voulez une traduction ? « Tu veux t’installer ? Pas de soucis, tu nous fais 1 garde tous les samedis matin pendant 3 ans et c’est bon. Bien sur si tu rates un seul samedi, tu es déconventionné ! ». Voilà la traduction de ce genre de chose…

 

  • adapter les métiers et les formations aux enjeux de la santé de demain

Ce paragraphe est destiné à toutes celles et ceux qui pensent que la kinésithérapie telle qu’on la connait va survivre. Ceux qui pensent encore que l’acte unique est possible, ceux qui pensent qu’il faut une revalorisation de la lettre clé, et ceux qui pensent qu’il suffit de dire « non » en fronçant les sourcils pour que tout s’arrête !

Et bien… Désolé de vous le dire, mais dans 5 ans, la kinésithérapie n’existera plus. Aurons nous le choix ? J’ai bien peur que non.

Et vous savez comment « ils » vont faire ? C’est pourtant simple. Par le biais de la formation.

Un exemple « grotesque ». Imaginons que « la marche » ne soit plus au programme de kiné mais uniquement au programme APA. Que va-t-il très logiquement se passer en quelques années ? Le MK ne pourra plus faire d’AMK 6 ou de rééducation à la marche. Par contre l’APA lui le pourra. Je caricature à peine…

D’ailleurs l’état veut transformer complètement les études. Suppression du numerus clausus, suppression du concours d’entrée, tronc commun, suppression du « concours d’internat »…

Je vous l’avoue, là encore quand on voit le temps nécessaire pour modifier un malheureux module d’un programme, je me dis que pour mettre cette réforme en place il faudra non pas 4 ans, mais 40.

Notre universitarisation n’est pas encore finie qu’il va falloir tout changer !

Faire et défaire, n’est-ce pas travailler ?

J’attends d’ailleurs avec impatience les réactions de certaines personnes qui m’avaient interpelées en disant que je n’y connais rien, que le concours ne serait jamais supprimé… Et bien voilà il l’est !

 

  • diversifier les modes d’exercice pour enrichir les parcours professionnels

Cette mesure si elle semble cohérente, est dénuée de sens. Comment va-t-on « obliger » quelqu’un à aller travailler là où il ne le veut pas ?

Nous le voyons au quotidien, l’attractivité de l’hôpital n’existe plus !

Sans revalorisation il n’y a aucune avancée à attendre.

Et ce n’est pas la simple modification de quelques statuts qui y changera grand chose.

L’état veux que les libéraux investissent l’hôpital ? Facile… Que l’on commence par supprimer les cotisations URSSAF sur les revenus libéraux. Que l’on élargissent les conditions d’arrêts maladies, accidents de travail etc du salariat au libéral. Là… Il y aura des clients !

 

  • une approche renouvelée du management des ressources humaines hospitalières et de la reconnaissance professionnelle

Deux possibilités… Soit l’état vient de faire le constat que les méthodes de management actuelles au sein de l’hôpital ne sont pas adaptées.

Soit l’état promet pire !

Et j’avoue que lorsque je lis « un lieu où se met en place une réelle culture managériale et qui permet une meilleure valorisation de l’implication des personnels ». J’ai un peu peur !

Là encore, je ne suis pas sur que ce soit une excellente mesure pour attirer du monde à l’hôpital !

 

Conclusion

Beaucoup de mesures sont pleines de bons sens, beaucoup d’autres semblent perdues d’avance.

Ce qui est complexe dans ce plan, c’est que beaucoup d’annonces sont à double tranchant. Si leur mise ne place est correctement effectuée, cela peut être réellement intéressant. Mais si tout est fait « comme à l’habitude », nous pouvons être sur que nous allons souffrir.

Ce qui est certain, c’est que notre métier va changer. Et beaucoup plus vite que ce que l’on pouvait le croire. 

La kinésithérapie ne va pas mourir, elle est morte. Il nous faut tout construire dès maintenant si nous ne voulons pas être dépassés à court terme.

Je pensais qu’il restait une petite dizaine d’années, et malheureusement c’est à très court terme qu’il va falloir s’adapter.

Si d’ici 2 ans nous n’avons pas su faire quelque chose, nous subirons et nous perdrons tous nos acquis.

 

Vincent Jallu

Et oui, les écoliers ont repris le chemin de l’école !

Et si certains voudraient que nous suivions le même chemin (à lire ici), en fait, peut être serait il temps d’avoir une vraie vision d’avenir pour notre profession…

La santé est en pleine mutation. Et si certains espèrent encore pouvoir réécrire le décret des chiropracteurs, que d’autres se préparent à organiser la manifestation la plus inutile du siècle ou que d’autres encore pensent pouvoir réécrire 40 années de décrets et autres textes nous régissant, peut être que des idées toutes simples pourraient nous aider à devancer la mutation de notre profession qui s’annonce.

 

La bonne idée de la rentrée

En discutant avec mon médecin généraliste, cette dernière m’a confirmé que la période des certificats médicaux était ouverte que cette tâche n’était pas la plus « intéressante » de l’année.

Voici donc l’idée… Pourquoi n’aurions nous pas une délégation de compétence pour établir ces fameux certificats médicaux du sport ?

En effet, les délégations sont à l’ordre du jour dans toutes les professions médicales et paramédicales. C’est cette mutation qu’il faut devancer et s’organiser pour ne pas subir ce qui pourrait nous être imposé mais bel et bien agir en amont.

Les pratiques avancées des infirmier(e)s leur ont permis d’acquérir de vraie consultations dans le cadre de protocoles établis.

Les pharmaciens sont en phase d’expérimentation pour la vaccination contre la grippe, etc…

Le « certificat médical » pourrait être un « pied à l’étrier » pour obtenir une réelle avancée dans notre profession.

 

Le CACI c’est quoi ?

Depuis la loi santé de 2016, le certificat annuel de non contre indication à la pratique d’un sport a été remplacé par le certificat médical attestant de l’absence de contre indication à la pratique du sport (CACI). Je vous passe les détails d’application, les discussions éthiques et déontologiques sur le sujet, la durée de trois ans, le questionnaire annuel, les sports qui restent soumis à certificat annuel etc…

Retenons qu’un premier bilan sera dressé d’ici deux années et peut être serait il intéressant de se placer délicatement dans les futures discussions…

Point très important, le CACI n’est officiellement pas remboursable par l’assurance maladie. De facto, si nous avions la possibilité de faire ces certificats, cela ne couterait pas un sou à l’assurance maladie.

 

Cela ne coute rien mais peut nous rapporter gros

En plus de nous apporter une délégation de compétences, le CACI peut aussi nous rapporter financièrement.

La facturation serait simple. 1 BDK. Ou si l’on souhaite ouvrir encore plus le dispositif, création d’un acte spécifique de l’ordre du même tarif soit 25€. Cela entrainerait une tarification identique à celle du médecin ce qui n’occasionnerait pas de concurrence déloyale dans un sens ou un autre.

Sachez que chaque année ce sont 25 millions de certificats médicaux du sport qui sont établis. Et même si ce chiffre tend à diminuer depuis l’apparition du CACI, ce sont plus de 600 millions d’euros qui sont en jeu…

En imaginant que les médecins conservent le monopole des certificats pour les sports nécessitants un certificat annuel (et encore que…), il n’en demeure pas moins que nous avons une très bonne carte à jouer entre nos mains.

Personnellement je n’ai pas honte de le dire haut et fort. Je veux bien déléguer l’AMK6 si parallèlement on me donne la possibilité de réaliser un bilan « sportif » d’un patient avec à la clé l’établissement d’un CACI. Oui j’ai osé le dire… Et pensez bien que la masso-kinésithérapie d’aujourd’hui finira aux oubliettes. Donc oui il faut être prêt à opérer des changements.

Plus que l’apport financier, cette mesure pourrait nous ouvrir quelques avantages. 

Cela ouvre la porte à « la consultation » de masso-kinésithérapie (à lire ici). Cela ouvre à l’autonomisation de la profession. Cela ouvre à la première intention…

Nous pourrions pour la mise ne place suivre l’exemple des pharmaciens donné plus haut. Pour la vaccination en officine, une phase de tests, une formation DPC à la discrétion du professionnel…

 

Pas si mal pour une idée de la rentrée non ?

 

Vincent Jallu