Nuages

La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
N'hésitez pas à vous identifier pour pouvoir laisser vos commentaires.
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

En ce début d’année, en plus de vous présenter mes voeux, je vous propose une « petite » analyse sur le thème des « aides-kiné ».

Vieux sujet remis sur la table lors du congrès de l’ordre pour sauver la kinesithérapie salariée...

Le CNO a par ailleurs communiqué sur le fait qu’ils réfléchissaient activement à ce statut.

 

Petite pensée

Je vous laisse méditer sur une chose...

Reconnaitre qu’une personne moins qualifiée peut faire la même chose que vous, c’est reconnaitre que vous êtes surqualifié pour faire ce que vous faites et donc c’est reconnaitre que vous êtes bien trop payer pour le faire !

Qui doit on remercier pour cela ?

Celles et ceux qui veulent mettre en place les fameux sous-kinés !

Il y a cependant quelques « couacs » qui seront incontournables.

 

Le décret d’actes et tous les autres textes nous régissant

Même si sur le plan juridique l’exercice illégal de la kinésithérapie est une notion complexe qui manque cruellement au code pénal, nos actes sont cependant « protégés » par notre décret d’actes. Notre statut est lui aussi garanti par l’ensemble des textes du code de la santé publique. Il faudra un gros remaniement en profondeur pour autoriser un personnel non qualifié à le devenir pour pouvoir effectuer nos actes.

 

La convention

Observons ce que nous dit la convention...

Parce qu’a un moment il ne faudra pas oublier qu’un libéral qui pourrait employer quelqu’un pour effectuer ses propres actes, ne remplirait plus les conditions conventionnelles permettant le paiement de ces actes.

En résumé, la convention prévoit que ce soit le kinésithérapeute qui fasse la séance. 

En conclusion, la convention ne permet pas à un kinésithérapeute de déléguer ses actes ! Donc il faudra une modification majeure de notre convention pour que cela soit réalisable.

La balle est donc dans le camp de nos syndicats représentatifs... Si vous voulez sauver la kinésithérapie, refusez les sous-kinés !

 

Les assurances

Là aussi, il faudra donner une réponse légale. Comment s’organisera la prise en charge assurantielle en cas de problème. Car au jour d’aujourd’hui aucune Assurance ne prend en compte les sous-kinés. Tout est donc à construire de ce côté là.

 

La gérance

Ce qui est assez paradoxal avec ces sous-kinés, c’est que notre ordre s’oppose aux situations de gérance des cabinets et pourtant il se pourrait bien que ce soit le même ordre qui autorise la gérance avec des sous-kinés ! Mais comme ces personnels seront sous-kinés et pas kinés...  tout va bien dans le meilleur des mondes.

Je vais être franc, je ne pense pas que notre ordre ait « les épaules » pour régler l’ensemble de ces problématiques (sans compter que j’ai du en oublier quelques unes). Par contre il peut, comme pour le dry needling nous mettre dans une position problématique qu’il essaie maintenant de régler avec le plus grand mal et non sans grincements...

Et il faudra qu’il y ait une collaboration étroite entre notre ordre et le ministère, ce qui est loin d’être acquis.

Et point essentiel, avec le remaniement de l’ensemble des textes nous régissant, il ne faudra rien perdre au passage.

Car si on arrive à expliquer qu’une personne non diplômée en kinésithérapie arrive à faire des actes de kinésithérapie, il faudra alors expliquer pourquoi une autre personne non diplômée en kinésithérapie (comme les ostéos ou les chiros) ne pourraient pas effectuer ces actes...

Vous l’aurez compris, le danger n’est pas grand, mais immense.

 

Imaginons que...

Laissons de côté quelques instants ces problématiques administratives et imaginons que ce soit possible.

Qui profiterait des sous-kinés en libéral ?

Un « smic » coute, toutes aides confondues, 2300€ par mois à l’employeur, sans compter les avantages (13e mois, primes...) et surtout ne pas oublier les 5 semaines de congés payés, les RTT etc...

Le fait est que pour payer un smic, il faut environ 8 séances de kinés par jour.

Il faudra donc pour un kinésithérapeute qui voudrait employer un sous-kiné, pouvoir s’assurer que celui-ci lui rapporte l’équivalent de 8 séances par jour.

Autant le dire de suite, seuls les cabinets « usines » pourront assurer une telle cadence. Ce ne sont pas les kinésithérapeutes ayant quelques patients « en attente » qui pourront se le permettre.

Ou alors, la volonté est de remplacer les assistants par des sous-kinés ?

Est-ce la volonté finale ? Développer les cabinets usines ? Supprimer les assistants ?

Est-ce la vision de la kinésithérapie de demain, le kinésithérapeute gestionnaire de personnel ?

Avis à tous les étudiants, laissez tomber l’anat’ ! Votre avenir ce n’est pas la science mais le management et le marketing !

 

En salariat

Cette pratique de remplacer les kinésithérapeutes par des aides soignants, des APA ou tout autre professionnel existe déjà. Est-ce que cela a créer de l’emploi pour les kinésithérapeutes ? Non.

Il est par ailleurs bien connu que lorsque l’on légalise une pratique, celle-ci a tendance à diminuer ! Oui, permettez moi un peu d’humour...

Non, la légalisation de la pratique va augmenter considérablement le nombre de sous-kinés, sans créer un seul emploi de masseur-kinésithérapeute.

Les directeurs d’établissement vont se frotter les mains, pendant que la kinésithérapie salariée aura fini de sombrer.

Et puis franchement, au lieu de jouer le jeu des directeurs d’établissements, attaquons ! Déposons plainte,allons jusqu’au bout. Publions une tribune dénonçant la situation.

Voulons nous refaire la même chose qu’avec le massage ? Nous avons laissé partir le  massage, nous allons laisser partir la kinésithérapie. Que nous restera t il ? Rien.

Nous refaisons sans cesse les mêmes erreurs, c’est incroyable.

 

Continuons à imaginer que…

Téléportons nous dans d’autres pays.

Oui dans certains pays, le physiothérapeute effectue le diagnostic et délègue une partie ou la totalité des soins à des sous-physios...

Nous, nous n’avons même pas le grade master.

Et si certains veulent nous faire avaler des couleuvres en nous faisant croire le contraire, c’est faux !

Nous avons, pardon, une frange d’étudiants a accès, de manière non nationale, à un master de façon cumulative aux études de kinésithérapie. En fait, rien ne change par rapport à avant ou presque. Toujours des masters de recherche, aucune revalorisation réelle. Que du bricolage.

Si, une chose change, nous aurons les premiers docteur en kekchosequineserapasdelakinésithérapie, managers de salle de sport ou gérants de cabinet de sous-kinés... Et toujours payés 16,13€, mais ça à priori cela n’inquiète personne.

En attendant, votre diplôme d’état, comme le diplôme d’état des futurs diplômés, sera toujours le même avec la même reconnaissance.

Ce doux rêves que certains ont, toujours frustrés de ne pas être médecin...

Enfin bref, sans master, sans aucune volonté d’accès direct, sans pratique avancée (dont nous sommes en train de rater le coche), sans rien, nous ne pourrons jamais obtenir la place que certains physiothérapeutes ont dans le monde.

Et lorsque l’on est une grenouille, ce n’est pas parce que l’on invente la sous-grenouille que l’on devient un boeuf.

 

Le cas intéressant des gens pouvant exercer partiellement la kinésithérapie...

Certains pourraient penser qu’accorder un cadre juridique à des sous-kinés ne pouvant exercer pleinement la kinésithérapie serait une solution viable.

Et bien je le redis haut et fort, pas de cette manière.

Nous devons accueillir les « exercices partiels », très bien, faisons le. Mais faisons le pleinement. Ne soyons pas stupides, ne leur accordons pas le loisir d’avoir une statut confortable qui coutera à l’ensemble de la collectivité et dont nous ne pourrons pas nous dépêtrer si un jour licenciement il devait y avoir. Et n’imaginons pas le cas où un titulaire libéral emploierait ces sous-kiné...

Non, je n’ai pas envie que la collectivité supporte cela, je n’ai pas envie que mes confrères et consoeurs subissent les pire problèmes avec des salariés dont ils ne sauront plus quoi faire.

Ma solution face à ce problème est de donner accès à ces exercices partiels au monde libéral. Rétrocession, urssaf, caisse de retraite, convention, impôts sur le revenu... Et quand ils verront que sur 3 amk 6 il ne leur reste que 13€ pour une heure et demie de travail... Alors il feront comme tous les médecins étrangers qui ont cru a l’Eldorado Français, ils repartirons.

 

Le pire des scénarios ?

Vous pensez que cela ne peut pas être pire ?

Et bien si, c’est simple.

Une maison pluridisciplinaire, montée par un médecin qui emploierait des sous-kinés sans même avoir un kinésithérapeute sur place.

Ce serait bel et bien la fin de notre profession.

Merci a toutes celles et ceux qui oeuvrent pour soit disant défendre notre profession en organisant sa mort.

 

Mais alors quel intérêt à légaliser ceci ?

Savez vous pourquoi une partie des hommes et femmes politiques mondiaux veulent la légalisation du canabis alors que l’on connait les ravages du tabac ?

Savez vous quelle somme rapporte l’industrie du tabac en france par an ? 14 milliards.

Savez vous quelle somme l’état économise en non versement de pension de retraite à cause de la mortalité liée au tabac ? 6 milliards d’euros.

Total 20 milliards d’euros.

Pour être cohérent il faudrait parler des 19 milliards que coutent les soins, les prises en charges et autres. Reste que le bilan global est bénéficiaire de 1 milliard d’euros.

Voilà pourquoi certains veulent légaliser le canabis, toujours plus d’argent.

Pourquoi légaliser les aides soignant(e)s qui réalisent des actes de kiné sans rien en dire ?

75€ par sous-kiné salarié, 280 par sous-kiné libéral, sans oublier les 90€ pour les montages en société qui emploieront ces sous-kinés. Voilà un petit bénéfice non négligeable !

N’oublions pas de parler de celles et ceux qui se frottent déjà les mains en pensant pouvoir organiser des formations initiales et des formations complémentaires à ces sous-kinés !

Peut-être est-ce pour cela que cette mesure des sous-kinés a tant de soutient auprès du syndicats des directeurs d’ifmk et auprès de certains élus de l’ordre.

Autre possibilité, pour les cabinets en zone sur dotée, remercier les assistants à la rétrocession trop faible pour embaucher des sous-kinés corvéables à la rétrocession élevée ! Sans parler qu’eux ne seront pas soumis au zonage ! Vive les usines à fric !

 

Conclusion

Ma conclusion est simple, les sous-kinés, non.

Non pour favoriser les cabinets usines.

Non pour remplacer les masseurs-kinésithérapeutes salariés par des sous-kinés.

Non pour faciliter les choses aux "exercices partiels".

Non pour légaliser une pratique qui va se généraliser.

Non pour baisser notre pantalon face aux directeurs d'établissement.

Non pour continuer à brader notre profession !

Et si notre ordre n’est pas capable d’ouvrir le débat avec l’ensemble de la profession, je rappellerais à nos chers élus, que le roi Macron ouvre un « grand débat » national... Peut être que le baron CNOMK devrait y penser aussi...

 

 Vincent Jallu

Avez-vous remarqué le silence presque inquiétant de l’ensemble de nos acteurs depuis quelque temps ? Que font nos élites ?

 

Je suis personnellement un défenseur de la vision démocratique qui dit qu’avoir une élite est bien plus fonctionnel que d’avoir une forme de populisme qui n’a jamais prouvé quoi que ce soit ni en matière de démocratie (au contraire) ni en matière de choix décisionnels (au contraire aussi), l’immobilisme ou le fameux « y’a pu qu’à » étant les résultantes majoritaires de ce type de pensée.

Et si nous élisons des représentants (maires, députés, président) dans les différentes instances de notre démocratie c’est bien pour faire avancer les choses et non pas rester immobiles.

Cependant lorsque l’élite néglige la base il se créer ce qui est en train de se passer. La base se rebelle.

Et c’est ainsi que le mouvement des « gilets jaunes » a vu le jour

 

Loin de moi l’idée de prendre parti ou non pour ce mouvement populaire, non ce n’est pas le but de cet article.

Cependant je note quelques similitudes entre nos microcosme et ce mouvement.

Car finalement nous l’avons déjà vu, la pression de la base s’est déjà faite sentir depuis quelques temps. La gronde monte…

Avec l’avenant 5, le SNMKR a failli changer son fusil d’épaule. Avec la démarche qualité, la FFMKR a fait machine arrière toute tout en profitant de ratisser large suite à l’avenant 6. Dans ce marasme, Alizé a surfé sur le populo-démago pour se rétracter partiellement ensuite.

 

Et depuis quelques semaines que se passe-t-il 

Et bien depuis des semaines, les syndicats sont muets. Pas une information sur les discussions et projets en cours. Rien.

Quelques communications mineures sans grande portée pour notre profession ou pour les professionnels.

Peut être pourrions nous penser que la communication est interne, favorisant les adhérents ? Et bien même pas. Néant absolu.

Le gouvernement annonce un plan santé qui doit se faire en moins de 4 ans avec des réformes profondes et des modifications statutaires importantes et… Toujours rien. Le mutisme est de rigueur. De nombreux dossiers sont en cours et pas des moindres. L’avenant 6 est bien « en marche » non ? La réforme de la nomenclature, je pense que cela intéresse tout le monde non ?

Du côté de l’ordre, ce n’est pas mieux. La re-re-re-ré-ingéniérie des études sous l’égide du CNO et des directeurs d’écoles. Aucun mot, là encore mutisme total. Presque 2 mois après l’état de lieux de l’exercice salarié et quoi depuis ? Encore Rien.

De plus en plus inquiétant, lorsque le CNO nous donne un tout petit morceau d’information c’est pour nous dire qu’il réfléchit au statut « d’aide kiné » ou des question d’ordre déontologique d’organisation des cabinets.

 

Et nous là dedans ? Oui nous, la base ! Avons nous notre mot à dire ? Non.

Nos élite sont en train de créer une scission majeure avec nous. Qu’ils continuent ainsi, ils auront la monnaie de leur pièce…

 

Messieurs-dames les syndicalistes, les membres du CNO, les directeurs(rices) d’écoles, n’avez-vous pas peur qu’à un moment donné, nous la dite base, ne fassions tels les gilets jaunes une vague de contestation pour que l’on nous demande enfin notre avis ?

 

Voulons-nous des aides kinés ? Voulons-nous que l’on vienne interférer dans l’organisation de nos cabinets, voulons-nous que l’on continue à nous imposer des avenants sans être concertés ? Voulons-nous l’ouverture des plateaux techniques aux libéraux ? Voulons-nous avoir une main d’oeuvre gratuite et corvéable à souhait par le biais des étudiants en K1-K2 au sein de l’hôpital ?… 

 

Les syndicats ont un avantage. Ils sont facultatifs. Si l’on est pas content de son syndicat, on arrête d’y adhérer. Alors oui il y a le fil à la patte des assurances et des services annexes. Mais c’est possible.

Pour l’ordre, c’est obligatoire. Donc pas le choix. Car là, dès le départ « on » a oublié de nous demander notre avis… Comme quoi, il y a du passif.

Pour les écoles, là encore pas trop le choix. Quoique… Elles pourraient toutes disparaitre avec une universitarisation complète, mais ce n’est pas pour demain.

 

Alors oui, il ne faut pas pousser mémère dans les orties, si nos élites veulent que tout se déroulent pour le mieux, il faudrait peut être demander son avis à la base…

 

Vincent Jallu

Il y a 15 jours a eu lieu le colloque de l’ordre ayant pour thème « sauvons la kinésithérapie salariée » (vous pouvez revisionner l’intégralité ici). Je vous l’avoue, je suis resté quelque peu « sur ma faim ».

J’avais deviné ce thème il y a plus d’un an. Et comme je suis joueur je vous prédis le thème de l’année prochaine, « les fakemeds » !... Nous verrons bien.

Redevenons sérieux quelques instants. Après la parution du « livre blanc » et ses 20 propositions pour sauver la kinésithérapie salariée (à lire ici), beaucoup de propositions allaient dans le sens de revalorisation mais sans jamais proposer de financement. D’autres sont plus que pertinentes et je vais me permettre d’argumenter dans leur sens en ajoutant quelques autres propositions.

 

La disparition du mcmk, peut être l’origine du problème

Si cet acronyme ne signifie rien pour vous c’est normal, je vous parle du Moniteur Cadre Masseur Kinésithérapeute qui existait il y a plus de 20 ans.

Ce MCMK était kinésithérapeute et savait déployer au sein des équipes des projets, des dynamiques et encadrait tout cela.

Malheureusement les MCKM sont devenus « cadres de santé » et encore une fois, la polyvalence a eu raison des équipes.

Ainsi les cadres infirmiers ont su beaucoup mieux tirer leur épingle du jeu et sont devenus majoritaires. Des équipes de kinésithérapeutes se sont donc vues être sous la tutelles d’un cadre de santé d’origine infirmier et il faut l’avouer la dynamique au sein des équipes s’est affaibli.

C’est ainsi qu’aujourd’hui il est malheureusement réel de voir des équipes de kinésithérapeutes sans réel projet de rééducation, sans réelle implication au sein des services avec de plus en plus de professionnels qui ne sont plus « attitrés » à un service, mais qui telle une abeille, va butiner de ci de là laissant les kinésithérapeutes salariés quelque peu en errance dans l’hôpital.

Car le problème est bien là. Aujourd’hui trop de kinésithérapeutes ne sont que des « prestataires » multi-services qui bien souvent n’assurent que la « respi » ou presque.
Et si les études présentées lors du colloque montrent que les temps d’hospitalisation peuvent diminuer en présence de kinésithérapeutes, ce que personne n’a posé comme question c’est « est-ce que cela change si un autre professionnel fait le boulot du MK ou est-ce que le MK apporte une réelle plus value par rapport aux autres professionnels en place ? »

Car la réalité du terrain c’est celle-ci.

Les Aide-soignantes font les verticalisations voir les marches, les infirmières font tout le travail de prévention autours de l’alitement. Les progrès des pratiques chirurgicales, les réductions de temps d’hospitalisation ont fait que même dans des services d’orthopédie les kinésithérapeutes disparaissent.

Et soyons clairs, les progrès de la pharmacologie vont faire et font que même des domaines comme la « kiné respi » doivent craindre le pire. 

Le fait est que la disparition des kinésithérapeutes dans l’encadrement et dans la hiérarchie a fait que nous avons perdu beaucoup de sens à notre pratique.

C’est pourquoi les recommandations 10, 11 et 12 du livre blanc (Créer une filière de rééducation cohérente, avec une autonomie vis à vis de la filière infirmière, et dotée de sa propre hiérarchie, permettre à un kinésithérapeute d’être nommé responsable de certaines unités fonctionnelles en lieu et place d’un praticien hospitalier, Intégrer les kinésithérapeutes à la commission médicale d’établissement) sont très pertinentes et devraient être mises aujourd’hui en relation avec d’éventuelles pratiques avancées.

 

L’ouverture des plateaux techniques

La plus grosse erreur dans l’attractivité au sein de l’hôpital a été de croire que l’on pourrait attirer les libéraux en ouvrant les plateaux techniques à leur usage.

En effet, ce qu’il faut faire, c’est l’inverse !

Il faut permettre aux salariés d’avoir une activité libérale au sein de l’hôpital. Et j’irais plus loin puisque nous parlons « attractivité ». Cette activité libérale doit être exonérée de charges pour complémenter la recommandation 19 (assouplir les conditions de cumul d’activité et simplifier les démarches administratives nécessaires. Permettre aux kinésithérapeutes de réaliser un exercice privé à l’hôpital).

Absence de loyer, absence d’urssaf, absence de TLE. Seule la cotisation retraite pourrait intervenir.

Ainsi un salarié avec disons un minimum de 3/4 temps hospitalier, pourrait bénéficier du plateau technique et facturer les « consultations externes » en activité libérale exonérée.

Ainsi avec 2 consultations par jour (1h) le salarié peut espéré environ 600€ par mois net (Amk moyen à 8, carpimko soustraite et 5% de frais pour le logiciel métier et matériel informatique).

Pour l’assurance maladie l’opération est blanche. En effet les soins sont de toutes façons effectués. Qu’ils le soit en libéral de ville ou en libéral à l’hôpital, le coût est identique.

L’exonération de charge ne coute rien directement.

Seul l’hôpital perdrait un peu sur l’usure du plateau technique. Mais si le système fonctionne, un « loyer » modique pourrait être envisagé à terme.

 

Remplacer l’encadrement perdu

En plus des propositions du livre blanc concernant la hiérarchisation et les perspectives de carrière, il faudrait peut être expérimenter d’autres ressources.

Pourquoi ne pas profiter de l’analyse des syndicats pour ré-insuffler des projets de rééducation ? En effet la kinésithérapie n’intéresse aucune grosse centrale syndicale, soyons réalistes…

Par contre nos syndicats professionnels pourraient apporter un réel plus à l’hôpital. En effet, les syndicats de plus en plus oeuvrent en libéral conjointement avec les ARS. Pourquoi ne pourraient ils pas faire de même au sein du monde salarié ?

L’action ne serait pas stricto-sensu « syndicale » mais plus dans la perspective « d’apporteur de cohésion ». Comment organiser et coordonner le soin en partant d’un service, en généralisant à la structure et en l’englobant à l’ensemble salarié-libéral. 

De la même façon, les MK salariés pourraient profiter de l’analyse des URPS.

En effet ces dernières s’inscrivant dans les projets territoriaux de santé et sont pleinement impliqués dans les démarches de santé publique ont montré dans les régions au niveau des libéraux l’importance d’avoir des projets communs.

Et même si leur mission première n’est pas la kinésithérapie salariée, nous pourrions réfléchir à créer une structure identique adaptée au monde salarié qui pourrait jouer ce rôle d’ « apporteur de cohésion » à tous les échelons pour redonner des projets aux kinésithérapeutes salariés et redonner du sens à leur pratique, plutôt que de n’être que des intervenants ponctuels.

L’idée serait de faire une sorte d’audit par l’URPS, son équivalent salarié ou même par un syndicat pour recadrer l’équipe, démotiver les troupes et apporter une ligne conductrice.

 

La profession d’aide kiné

Depuis quelques temps, certainement pour « recaser » les professionnels européens en situation d’exercice partiel, l’idée de créer un aide kiné a fait son apparition.

Si sur le papier cette proposition est intéressante, deux questions subsistent.

  • qui va payer ?

En effet, toute création de poste coûte. Comment financer 500 ou 1000 postes supplémentaires ?

Et si c’est pour remplacer un poste de MK par un poste d’aide kiné, alors cela sera sans moi. Je ne participerais pas à l’élimination des kinésithérapeutes de l’hôpital. Que toutes celles et ceux qui sont pour la création de cet « aide kiné » aient bien cela à l’esprit… ils vont organiser le démentellement de la kinésithérapie hospitalière.

  • Comment cela va t il créer de l’atractivité ?

Il est estimé qu’environ 3000 postes de kinésithérapeutes sont vacants. Ets-ce qu'en rajoutant des centaines de postes d'aide kiné cela va y changer quelque chose ? Sincèrement je n'y crois pas un instant.

 

Intégrer les K1-K2 à l’hôpital

Alors si il est bien une erreur à ne pas faire c’est bien celle là.

Comment créer une main d’ouvre gratuite sans valoriser les professionnels en place ?

Autre question, déjà que d’autres professionnels ont tendance à « remplacer » les kinésithérapeutes au sein des services (APA, AS…), que penser de l’image que nous allons véhiculer si nous montrons que des K1 sans grande expérience ni formation (désolé d’être réaliste) réalisent des actes qu’un titulaire aurait pu faire ?

Et bien la réponse est simple, nous allons montré que le titulaire n’a pas besoin d’être hautement qualifié pour réaliser ces actes. Et nous allons donc renforcer l’attitude des gestionnaires à vouloir nous remplacer par des personnels moins qualifiés.

Alors oui, ceux qui pensent qu’il vaut mieux avoir des K1-K2 en place plutôt que des « exercices partiels » ou même des APA, ont raison sur le fond, mais pas sur la forme. Envoyer un tel signal serait, je le redis, très mauvais pour l’image de la profession.

Autre point, qui pour « encadrer » ? Avec effectivement 3000 postes vacants, comment va t on faire ? Car si tout le monde semble d’accord pour valoriser l’action du tutorat, comme faire celle-ci si les postes sont déjà vacants ?

La réalité c'est que l'hôpital va saisir l'opportunité pour mettre en place des aides-kinés et des étudiants en lieu et place des postes vacants !

Non sincèrement je ne suis pas convaincu, dans cette optique, de l’intégration des K1-K2, que ce soit sous la forme d’aides-kinés ou  sous la forme de stagiaire.

Que l’on puisse les intégrer et les valoriser face aux européens ayant des autorisations d’exercice partiel, oui, entièrement pour, mais pas dans l’objectif de pallier au manque de kinésithérapeutes salariés.

 

Les propositions des syndicats

Il faut l’avouer nos syndicats « libéraux » ne sont pas très impliqués dans la kinésithérapie salariée. Heureusement quelques autres formations syndicales étaient présentes pour rehausser un peu le niveau d’implication.

  • UNAKAM

L’intervention de l’UNKAM n’a pas apporté de réelle solution mais a soulevé un point important. De nombreux mal voyants quittent l’hôpital car l’accessibilité aux personnes en déficit visuel n’est plus assurée ! Les logiciels ne sont plus compatibles avec les outils indispensables aux mal voyants.

  • FNEK

La FNEK a principalement soulevé le problème de l’endettement des étudiants relatif à la hauteur des frais de scolarité en argumentant que les étudiant ne gagnaient pas assez d’argent en sortie de diplôme pour rembourser leurs emprunts.

Si j’appuie totalement ces propos, je reste dubitatif concernant l’impact sur la kinésithérapie salariée. Toutes les études le montrent, Ce n’est pas tant le nombre de primo-salariat qui diminue mais la tenue dans le temps. Le problème est bien un soucis de fidélisation et pas un soucis d’adhésion.

  • CNKS

À mon sens le CNKS a proposé l’intervention et l’analyse la plus pertinente du lot. Recadrant d’emblée l’exercice salarié qui n’est pas que hospitalier. Présentant la réalité du fait que c’est bel et bien la fidélisation à l’hôpital qui pose soucis et mettant en avant les pratiques avancées qui effectivement est un vieux dossier et que nous allons effectivement rater !

Autre point soulevé très important à mes yeux, la recherche qualité clinique. C’est un point à garder à l’esprit car je trouve que notre profession s’en écarte dangereusement tous les jours…

  • ALIZÉ

Si à un moment Alizé était le syndicat le plus impliqué auprès des kinésithérapeutes salariés, son ancien président Didier Lantz ayant même abreuvé largement le « livre blanc », je fus déçu de voir que ses propositions ne sont plus appuyées par Alizé et malheureusement le versant salarié semble largement délaissé.

Les trois propositions d’Alizé sont donc, augmenter la rémunération des salariés à la hauteur des rémunération bac+5. Diminuer les frais de scolarité et créer des postes de MK au sein des urgences pour faciliter le triages des patients.

Qui financera tout cela alors que l’hôpital est en déficit de plus d’un milliard par an ? Le rehaussement des grilles salariales est de l’ordre d’une centaine de millions d’euros et l’implication des MK dans le triage aux urgences coutera plus cher que ce qu’il rapportera. Quant aux frais de scolarité, comme évoqué à propos de la FNEK, c’est impératif, mais cela n’apportera pas grand chose à la fidélisation au monde salarié.

  • UNSA

Axant son argumentaire surtout autours de l’évolution de carrière et le tutorat, si les deux semblent intéressant, je reste prudent.

En effet, quelle est l’évolution de carrière en libéral ? Il n’y en a pas. Ce qui fait venir les salarié dans le monde libéral c’est l’aspect financer. Et quand ils en ont marre des contraintes libérales, ils retournent en salariat.

Et si la pyramide des âges du monde salarié est ce qu’elle est (beaucoup de gens entre 22 et 35 ans puis de 55 à 65 ans et globalement pas grand monde dans la tranche 35-55 ans), c’est certainement à cause de cela.

Concernant le tutorat, il faut déjà avoir des MK pour encadrer les stagiaires. Or il manque 3000 MK ! De plus l’action de tutorat est une action personnelle. Tout le monde n’a pas forcement la « fibre » pour encadrer des stagiaires. 

  • SNIFMK

Désolé de le dire, mais c’est l’intervention qui m’a le moins convaincu.

Et globalement je vais me positionner en disant qu’aujourd’hui je trouve que les étudiants sont en décalage. Tant par rapport au monde salarié que libéral.

Partisan des aides-kinés, de l’intégration des K1-K2 à l’hôpital mettant en avant le tutorat. M’étant déjà exprimé sur le sujet, je n’argumenterais pas plus avant.

Il suffit de se promener sur les réseaux sociaux pour voir à quel point les nouveaux diplômés sont perdus dans tous les méandres administratifs et financiers de l’univers libéral (je vous rassure, j’étais dans la même situation qu’eux en sortie de diplôme).

La kinésithérapie elle même, de part sa polyvalence tant de mode d’exercice que de pratiques, fait qu’appréhender ce qu’est la kinésithérapie n’est pas chose simple.

je dirais que globalement les IFMK aujourd’hui sont très axés « recherche technique » négligeant ce que le CNKS a mis en avant, la qualité clinique. Les IFMK ont peut être perdu le côté « humain »…

Le fait est que j’ai perçu un décalage important entre le monde de l’enseignement de la kinésithérapie et les réalités de terrain.

  • UNSMKL (SNMKR, OK)

Très beau discours sur les problématiques d’avenir, sur ce qu’attend le patient. Cependant, aucune proposition concrète ni solution envisagée.

  • FFMKR

Malheureusement absents… Nous ne connaitrons pas le point de vue de la FFMKR sur ce sujet pourtant de la plus haute importance.

Lors des propositions des syndicats, une question a été posée en relation avec la Belgique. En effet, le kinésithérapeute soulignait qu’en Belgique il y a beaucoup plus d’IFMK (pardonnez moi cette imprécision), des règles encadrant le libéral plus strictes et peu ou pas de pénurie hospitalière.

Le secrétaire général de l’ordre a d’ailleurs souligné que la densité de kinésithérapeutes en Belgique était presque le double de celle de la France.

J’appuie totalement cette proposition, pourquoi ne pas augmenter le nombre de kinésithérapeutes avec conjointement, comme en Belgique, imposer un quota de patient journalier. Ainsi la dépense serait maitrisée, les cabinets usines seraient supprimés et le nombre de professionnels en hausse ce qui permettrait de pourvoir les postes vacants. 

 

Un point sur la recherche

Beaucoup d’intervenants ont parlé de la recherche en kinésithérapie, de l’évolution du salarié pour tendre vers la recherche etc…

J’attire cependant votre attention, car au jour d’aujourd’hui nous n’avons toujours pas le grade master. Et les propos récents du ministère concernant la suppression du numérus clausus avec parallèlement une allusion sur le fait que la kinésithérapie est de niveau licence, me font penser que le master n’est pas encore forcement acquis.

Donc avant de parler doctorat, parlons master !

Et si la recherche est un pas obligatoire pour émanciper notre profession de l’ensemble des vendeurs de rêves et pseudos-pratiques inutiles et inefficaces, la filière ne semble pas encore prête.

 

Conclusion

L’ensemble des propositions montre que nos têtes pensantes n’ont toujours pas compris que l’exercice salarié manquait d’attractivité mais surtout de fidélisation. Et aujourd’hui si nombre de kinésithérapeutes vont vers le libéral c’est principalement pour des raisons financières.

Et ce n’est pas en « sous-traitant » la kinésithérapie que celle-ci ressortira revalorisée.

Pour rendre quelque chose attractif, il faut le valoriser, il faut le mettre en avant.

Il faut aller dans le sens des études qui montrent que notre spécificité apporte quelque chose.

Je ne pense donc pas que montrer que l’on peut se faire remplacer par des étudiants ou des « demis-professionnels » soit une bonne chose.

Cette proposition n’améliore pas l’attractivité mais au contraire tend à nous rendre remplaçable.

Il faut réinjecter une dynamique d’encadrement « kinésithérapique », redonner du sens aux pratiques et aux équipes. 

 

Vincent Jallu

Sujet brûlant depuis des mois chez nos amis médecins, et n’en doutez pas, nous serons bientôt concernés par cela, la recertification a fait coulé beaucoup d’encre et ce, souvent à tort. J’avais moi même émis de nombreuses critiques sur ce sujet. 

Comme déjà avancé, la recertification n’est pas et ne doit pas être une procédure de « repassage de diplôme » !

En effet, une multitude de pays anglo-saxons et européens ont déjà adopté des formats de rectifications et il n’a jamais été question de revalider un examen ou d’avoir un diplôme « temporaire ». Votre DE est acquis, soyez en surs.

Non la rectification est simplement une procédure de vérification que le professionnel assure bien son obligation de « maintien de connaissance ».

Le rapport sur la certification des médecins est paru, vous pouvez le lire en intégralité en cliquant ici.

En France, nous avons les ordres professionnels qui sont garants de la déontologie professionnelle qui elle même impose d’entretenir et d’améliorer ses connaissances avec une obligation de développement professionnel continu, pour reprendre les termes du code d déontologie des médecins.

 

Pourquoi une recertifcation qui s’ajouterait à l’obligation déontologique ?

La réponse est enfin donnée. Contrairement à ce que veulent laisser véhiculer les réfractaires, la recertification est une procédure de contrôle, certes, mais aussi de valorisation, de promotion et d’évolution des compétences. 

La procédure proposée dans le rapport est établie sur 6 critères.

1 critère de valorisation de la pratique professionnelle et 5 critères d’évaluation dont un concernant la démarche d’amélioration de la relation médecin-patient avec une valorisation de ce que le rapport appelle « prendre soin » ainsi que la considération de la qualité de vie du professionnel.

La certification dépasse donc très largement le cadre purement déontologique d’obligation de formation et de maintien des connaissances.

Voilà un excellent point.

 

Quels sont les critères

Tout d’abord, le délai, la certification a une durée de 6 ans.

Le rapport insiste sur le fait que la certification « ne constitue ni un exercice de contrôle, ni un examen remettant en cause les diplômes acquis ».

  • le critère de valorisation

Est considéré comme valorisation toutes les activités susceptibles de mettre en valeur le parcours du médecin (enseignement, encadrement d’étudiants, responsabilités professionnels et territoriales, participation à la recherche). Sachant que le médecin lui même peut proposer des critères qui pourraient être considérés comme valorisant sa pratique.

  • les critères d’évaluation

Être à jour de DPC.

Apporter la preuve d’une activité professionnelle « maintenue » se préoccupant de la gestion et de la prévention des risques, de la qualité et la sécurité des soins ainsi que de l’évaluation/amélioration des pratiques.

Avoir une démarche volontaire d’amélioration de la relation médecin-patient.

Avoir une démarche personnelle d’amélioration de sa qualité de vie ainsi que le maintient de sa santé.

Ne pas avoir de signes dits « négatifs » (condamnation, interdiction d’exercice, sinistralité…).

 

Par qui ?

La réponse va vous surprendre mais la certification sera surtout réalisée en auto-évaluation et le professionnel restera au coeur du système.

L’ordre pilotera le tout et si le professionnel n’obtient malgré tout pas sa certification, une formation complémentaire pourra être proposée à l’issue de l’examen du dossier.

D’autres organismes participeront conjointement comme les conseils nationaux professionnels, le collège de la médecine générale, le conseil national de certification et de valorisation.

 

Dans combien de temps ?

Pour les médecins, le rapport préconise une mise en application aux médecins diplômés dès 2021 avec la recommandation d’une extension à l’ensemble des professionnels sur la base du volontariat.

En ce qui nous concerne, le cadre étant défini, les codes de déontologies étant relativement similaires, j’irais presque à dire que la procédure pourrait être transposable quasi immédiatement à notre profession.

De fait si il y a une volonté ministérielle, que l’ordre s’empare du sujet rapidement (si ce n’est déjà fait), je ne serais pas étonné que ce type de procédure puisse émerger dans notre profession « en suivant », disons à horizon 2022 si cette date vous rappelle quelque chose (à lire ici). Le comité de pilotage de la recertification avait déjà évoqué la possibilité d’étendre le système à l’ensemble des professions de santé.

 

Conclusion

Si personnellement j’étais plutôt favorable à l’idée de recertification, j’avais bien peur que la mise en application proposés ne soit que trop complexe. J’avais même eu peur qu’il soit proposé une « formation » certifiante qui aurait pu créer une sorte de commerce autours de la certification. J’avais tout aussi peur que cela ne s’assimile à un « pouvoir de nuisance ou une carotte » pour reprendre mes propos de l’époque. Et bien rien de cela.

Ce rapport, je dois l’avouer m’a pleinement rassuré quant à l’idée finale de la recertification.

Une procédure qui semble simple, des critères largement abordables et franchement suite à la lecture de ce rapport, si un jour cela devait nous toucher et si la base du volontariat était de mise pour les « vieux » diplômés, et bien j’en serais…

 

Vincent Jallu

Voilà, nous y sommes. Monsieur Macron a dévoilé ce que nous pouvons appeler son « plan santé » jusque 2022.

Avant de procéder à une analyse technique des différents points proposés par notre président, je vous propose une petite réflexion.

La politique proposée va couvrir les 4 prochaines années jusque 2022.

Nous pouvons être radicalement opposé à certains points et même penser que cette politique est totalement dénuée de sens. Cependant, avons nous le luxe de pouvoir attendre 4 années avant d’espérer un potentiel changement ?

Sachant que globalement cette politique de santé s’inscrit dans la suite de celle de la gouvernance de monsieur Hollande et de sa ministre de la santé Marisol Tourraine.
Cela fait donc déjà 6 ans que nous subissons les mêmes lignes politiques. Devons nous encore attendre 4 ans pour peut être espérer un changement ?

Autre point important, madame Vidal, ministre de l’enseignement supérieur est très claire sur le sujet. Préparer l’avenir c’est créer les formations qui aujourd’hui n’existent pas.

Quel impact sur les professions déjà en place ? C’est simple, la répartition des compétences. Là encore, nous pouvons être contre, nous n’aurons pas notre mot à dire. Et quand « l’auxiliaire de marche » existera nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer l’époque où nous avions le monopole de la présence en EPHAD, maisons de retraite et autres.

C’est une conclusion et un objectif affiché « Repenser les métiers et la formation des professionnels de santé ».

Il faut nous le dire dès maintenant, notre métier n’existera plus tel qu’on le connait d’ici peu. 

Voilà le contexte est posé. Soit nous nous opposons et nous n’aurons rien avant au moins 4 ans. Soit nous essayons d’aller de l’avant et nous essayons de tirer la couverture à nous au mieux de ce que l’on peut nous imposer.

Car n’en doutez pas, c’est la caractéristique de la gouvernance actuelle. La société a changé, l’opinion publique n’est plus du côté des syndicalistes. Les politiques n’écoutent plus les manifestations. Nous n’avons malheureusement plus beaucoup de possibilités d’imposer quoique ce soit…

Les comptes de la sécurité sociale seront « positifs » l’année prochaine, c’est un fait. Nous pourrions donc croire que nous avons une carte à jouer pour récupérer une partie des bénéfices.
Oui, mais c’est sans compter la disparition de la taxe d’habitation et la promesse du remboursement à 100% des soins dentaires, auditifs et optiques !

Si certains d’entre vous se demandent ce que vient faire la taxe d’habitation dans le système de soin, c’est parce qu’il est prévu un rehaussement de la CSG pour compenser la taxe d’habitation. Et cette CSG figure en clair dans les comptes de la sécurité sociale. Les deux sont donc indissociables.

Il y aura donc bien des comptes positifs pour l’années prochaine mais qui seront très rapidement revus à la baisse à cause de ces deux mesures. Les bénéfices ne seront donc pas là. Il est donc inutile d’espérer avoir de potentielles augmentations par ce biais.

Vous pouvez donc dès lors, soit vous placer en « rêveur » et croire que nous pouvons encore tout changer dans le système, soit vous placer de manière objective et de fait aller vers l’avant… Et là, l’adaptation sera la clé de notre réussite. Nous devons dès maintenant être fins politiquement parlant pour pouvoir participer aux changements, sinon nous serons mis de côté et nous ne ferons que subir.

Enfin, ce projet est assez « médical » et peu « paramédical ». Mon regard sur celui-ci est orienté « paramédical », j’ai donc volontairement occulté quelques points.

Mais il est important de bien comprendre que le médecin est le pivot de ces réformes et là encore si nous voulons avoir une place, il va falloir apporter des plus-values.

 

Les craintes du législateur et les objectifs

Notre population est une population vieillissante. Qui dit vieillissant dit « qui va couter de plus en plus cher en soins ». Le but de gouvernement est de diminuer ces coûts. Et pour ce faire l’objectif est de réduire le coût des pathologies chroniques. Et la première chose pour diminuer leur coût, c’est de faire en sorte que la maladie soit « chronique » le plus tardivement possible et le plus faiblement possible.
C’est là qu’intervient le dépistage et la prévention.

Tout ce qui est proposé par notre président découle de cela.

 

Les mesures

  • améliorer la qualité et la pertinence des soins

L’objectif est de formaliser des guides de prise en charge pour les maladies chroniques dont les professionnels seront à la fois les concepteurs, les promoteurs et les utilisateurs au profit des patients.

Que demander de plus ? J’approuve cette mesure à 100%. Aller vers la qualité et la logique du soin est une nécessité. Trop de soins de confort et trop de parcours de santé scabreux.

Augmenter les indicateurs d’évaluation d’efficacité clinique. Là encore, aller vers les soins qui apportent réellement quelque chose.

C’est quelque chose d’indispensable, et j’irais plus loin, c’est une nécessité dans notre profession…

 

Création de financements au forfait pour les pathologies chroniques.

Voici un point qui peut être catastrophique. Annoncé depuis quelques années, la fin de la tarification à l’acte arrive. 

Principal avantage, inclure certaines actions telles que la prévention et la prophylaxie.

Principal inconvénient, quand la limite du forfait est atteinte, que se passe-t-il ? Va-t-on vers un système à deux vitesses ? Va-t-on vers un système où les pauvres n’auront que les forfaits et les riches pourront se payer les compléments de soins ?

Pour l’instant impossible de répondre à ces questions.

Financer la qualité dans les établissements. Fait déjà connu, la démarche qualité se verra optimisée. À noter de suite, ce système sera élargi d’ici 2022 aux soins de ville… Pendant que certains s’opposent toujours à la démarche qualité, elle va nous être imposée…

Mise à jour des nomenclatures professionnelles. Alors que nous sommes en pleine renégociation de notre NGAP, peut être allons nous être les pionniers de ce système. Soyons en sûr, nous allons essuyer les plâtres !

Le législateur veut améliorer le caractère descriptif des actes quand cela est nécessaire afin de mieux appréhender l’activité des professionnels et d’intégrer plus rapidement l’innovation tout en assurant l’efficience de la tarification.

Attendez vous à avoir une surcharge administrative importante pour qu’au final on vous annonce que votre pratique est obsolète et n’est plus rémunérée… Quel programme !

Il faudra faire preuve d’une adaptation à toute épreuve car tous les 6 mois une partie de la nomenclature pourra être modifiée. Il en résultera un surcout de nos logiciels métiers mais surtout il ne faudra pas hésiter à modifier ses pratiques régulièrement pour optimiser les revenus.

Voilà, l’exercice « stable » et « pépère », c’est fini. Mais aurons nous le temps de nous former à ce rythme ? Aurons nous les finances pour suivre le tempo ? Lorsque l’on voit l’inertie de la formation continue, la durée de certaines filières, cela semble tout à fait utopiste.

 

  • mesurer la satisfaction des patients

Dès que l’on parle « satisfaction », beaucoup pensent « évaluation ». Et en France, évaluation signifie « sanction ».

J’entends déjà d’autres dire « si l’on ne sert pas le café, le patient ne sera pas content »…

Voilà ce qui fait peur dans la mesure de la satisfaction.

Justement, si l’enquête de satisfaction porte sur des critères établis en coordination avec la HAS sur des thématiques tels que l’hygiène, la propreté, la pertinence du projet de soin, la coordination des informations etc… Alors oui, je suis à 100% pour mesurer la satisfaction des patients.

Si par contre cela est mesuré à l’image de « tripadvisor » où l’on ne retrouve que les avis de « mécontents », le plus souvent sur des points de détail, que de fait le secret médical se voit bafouer et que le professionnel n’a aucune possibilité de réponse… Alors là, non, sans moi.

Pour ce qui est d’intégrer le patient comme acteur de l’évaluation et créer des « patients experts », là je l’avoue, je ne vois ni comment ni pourquoi cela se mettrait en place.

 

  • un espace numérique patient pour tous les français

D’ici 2022, tout usager du système de santé disposera, sauf refus explicite de sa part, d’un espace numérique de santé individuel qui lui permettra un accès sécurisé à ses données de santé et qui lui donnera toutes les informations pour s’orienter dans le système de santé.

J’avoue être très favorable à ce système. Cependant se pose la question éthique qu’est « est-ce que le patient doit avoir accès à toutes les informations concernant sa santé » ? C’est une vraie question à laquelle je n’ai pas la réponse…

 

  • améliorer la coordination des soins de proximité

Encore une fois, comment s’élever contre le principe énoncé ?

« Le système de santé souffre du cloisonnement, du manque de coordination et de la mauvaise communication entre les professionnels de santé ». C’est une réalité. Surtout en libéral, chacun est « la tête dans le guidon » et les relations interprofessionnelles sont mineures comparées aux transmissions et à la proximité des mêmes catégories de professionnels au sein de l’hôpital.

Cependant, attention, la coordination des soins peut empiéter sur des principes fondamentaux tels que le libre choix du praticien ou la liberté d’installation.

Ce type de mesure est la caractéristique même d’un possible discours à deux niveaux de lecture. Nous nous devons de redoubler notre vigilance quant à ce qui nous sera proposé.

Par exemple, le plan prévoit que « à l’échelle d’un territoire (entre 20 000 et de plus de 100 000 habitants), l’ensemble des professionnels de santé doivent s’organiser pour garantir l’accès à un médecin traitant, pour organiser une réponse aux urgences qui relèvent des soins de ville ». Comprenez par là, des astreintes de présence, des coordinations de congés, des remplacements assurés etc… Le mot « libéral » s’émiette un peu plus…

Et si vous pensez qu’en habitant dans un petit village vous serez à l’abris de ces contraintes, c’est avoir négligé le plan de restructuration des communautés de communes qui doivent regrouper un minimum de 60 000 habitants. Autant le dire de suite, tout le monde sera concerné.

L’objectif final de cette mesure est simplement de rediriger les « petites » urgences vers les soins de ville et non vers les services hospitaliers.

L’arme nécessaire à cette politique s’appelle la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS).

Si vous n’avez pas encore entendu parler de ces CPTS, préparez vous à en entendre parler au quotidien car c’est votre avenir…

La CPTS est une « association » de professionnels qui travaillent conjointement. Là encore, se posent des questions éthiques telles que le libre choix du praticien, mais à priori cela ne gène en rien le gouvernement…

Les CPTS ne sont destinées qu’à une seule chose, répondre aux demandes des patients et désengorger les hôpitaux.

Rassurez vous, il n’y aura aucune obligation… Ou presque. L’obligation sera financière. En effet, les praticiens qui seront hors CPTS ou hors de coordinations professionnelles, se seront au tarif « standard ». Et comme nous le savons, notre lettre clé n’a pas été dignement augmentée depuis deux décennies, inutile de penser que l’on pourra survivre longtemps…

À l’inverse, les CPTS seront perfusées, du moins au départ, par des financements divers et variés.

Restera à savoir si le jeu en vaut la chandelle…

Car si les financements étaient garantis dans le temps nous pourrions y réfléchir, mais il est clair que les financements seront « conventionnels » et donc disparaitront au gré d’avenants.

Par ailleurs, n’oublions pas qu’un bassin de 20 000 à 100 000 habitants, c’est entre 20 et 100 MK, 10 et 50 médecins, autant d’infirmières… Bref autant le dire de suite, ce sont à minima une cinquantaine de praticiens. La gestion de tout cela n’est pas aussi simple que de réunir 4-5 professionnels d’une même petite commune ensemble.

Monsieur Macron propose en plus la création de 400 postes de médecins généralistes à exercice partagé ville/hôpital.

Très bien… Juste un détail… Créer des postes c’est facile. Trouver des médecins pour remplir ces postes, c’est une autre histoire !

 

  • Libérer du temps médical pour répondre aux problématiques d’accès au soins

Comme pour l’instant l’ensemble des mesures (modification de la NGAP, inclusion des professionnels dans des CPTS etc…) va considérablement augmenter le temps administratif, il va être impératif de trouver un moyen pour pallier à cela.

Monsieur Macron propose donc de créer un « assistant » médical, tel l’assistant vétérinaire ou l’assistant dentaire.

Attention, ces assistants seront au moins en partie financés par l’état. Nous ne savons pas encore comment car il est annoncé 4000 assistants soit un peu plus de 75 millions d’euros par an.

Ce qui est sur c’est que pour bénéficier d’un assistant il faudra exercer en cabinet de groupe, être inscrit dans un exercice coordonné (notamment CPTS), apporter un bénéfice mesurable à la population en termes d’accès aux soins et de qualité des soins, notamment en augmentant le nombre de patients suivis. Et bien sur, comme à l’habitude, si vous ne remplissez plus l’un des critères, vous perdrez l’avantage de l’assistant.

Par ailleurs, il n’est pas précisé si le nombre de patient suivis doit augmenter tous les ans… 

Au même titre que les assistants, les pratiques avancées déjà initiées chez les infirmières se seront développées à d’autres paramédicaux. Ne serait-il pas intéressant que nous nous emparions de ce sujet ?

En effet, certaines taches actuellement médicales pourraient être déportées vers des paramédicaux. Là encore, la proposition est alléchante mais il ne faudrait pas que le MK en pratique avancée ne devienne la secrétaire du médecin… Encore une mesure à double tranchant.

Le président propose d’améliorer l’accès au numérique en santé. Excellente chose. Cependant, espérons que ce déploiement annoncé pour 2021 soit à la hauteur des espérances. Souvenons nous des cartes vitale, du DMP toujours pas opérationnel ou plus récemment du système de gestion des personnels du ministère de l’éducation nationale…

Souvenons nous aussi de qui paye l’informatisation des cabinets. Nous. Là encore le tarif des logiciels métiers vont exploser, les maintenances enfler et les problèmes vont devenirs redondants. Que dire des praticiens qui communiquent par SMS ou messagerie non sécurisée des informations qui sont couvertes par le secret médical…

Je ne suis pas sur que d’ici un peu plus de 2 ans toutes ces problématiques soient résolues.

  • Accompagner la réorganisation des hôpitaux pour qu’ils prennent place dans la nouvelle organisation des soins de proximité et garantissent des soins de qualité 

Pour résumer simplement, quelque chose que j’avais annoncé depuis un bon moment, le système hospitalier va se restructurer.

Des gros centres ultra-spécialisés à l’échelle de la région. Des centres intermédiaires à l’échelle des circonscriptions. Et des structures plus modestes pour les soins de proximité. Ces structures modestes étant relayées par les fameuses CPTS et les regroupements pluri-professionnels qui vont prendre en charge les urgences locales.

Il va falloir s’adapter vite et même très vite pour être opérationnel en 2022… J’ai bien peur que la lenteur administrative française ne permette pas ces objectifs sur un délai aussi court.

Car si l’état peut assurer la modification des établissements existants, pour ce qui est de la partie « en ville » nous n’avons aucun moyen financier à ce jour pour pouvoir assurer les prérogatives demandées.

Autre point important, l’élaboration des projets de santé territoires (PST). Vous ne le savez peut être pas mais ces PST sont déjà en négociation au sein des URPS. Avez vous été consulté ou au moins averti par votre UPRS ?

Car l’objectif des PTS est d’améliorer la réponse aux urgences et aux besoins de soins non programmés pour garantir l’accès à un rendez-vous tous les jours de la semaine jusqu’en soirée et le samedi matin… Les Agences régionales de santé, avec l’Assurance maladie, seront les garantes de la mise en œuvre de ces missions et pourront conditionner l’attribution de financements et d’autorisations d’activités de soins à l’existence de ces projets.

Vous voulez une traduction ? « Tu veux t’installer ? Pas de soucis, tu nous fais 1 garde tous les samedis matin pendant 3 ans et c’est bon. Bien sur si tu rates un seul samedi, tu es déconventionné ! ». Voilà la traduction de ce genre de chose…

 

  • adapter les métiers et les formations aux enjeux de la santé de demain

Ce paragraphe est destiné à toutes celles et ceux qui pensent que la kinésithérapie telle qu’on la connait va survivre. Ceux qui pensent encore que l’acte unique est possible, ceux qui pensent qu’il faut une revalorisation de la lettre clé, et ceux qui pensent qu’il suffit de dire « non » en fronçant les sourcils pour que tout s’arrête !

Et bien… Désolé de vous le dire, mais dans 5 ans, la kinésithérapie n’existera plus. Aurons nous le choix ? J’ai bien peur que non.

Et vous savez comment « ils » vont faire ? C’est pourtant simple. Par le biais de la formation.

Un exemple « grotesque ». Imaginons que « la marche » ne soit plus au programme de kiné mais uniquement au programme APA. Que va-t-il très logiquement se passer en quelques années ? Le MK ne pourra plus faire d’AMK 6 ou de rééducation à la marche. Par contre l’APA lui le pourra. Je caricature à peine…

D’ailleurs l’état veut transformer complètement les études. Suppression du numerus clausus, suppression du concours d’entrée, tronc commun, suppression du « concours d’internat »…

Je vous l’avoue, là encore quand on voit le temps nécessaire pour modifier un malheureux module d’un programme, je me dis que pour mettre cette réforme en place il faudra non pas 4 ans, mais 40.

Notre universitarisation n’est pas encore finie qu’il va falloir tout changer !

Faire et défaire, n’est-ce pas travailler ?

J’attends d’ailleurs avec impatience les réactions de certaines personnes qui m’avaient interpelées en disant que je n’y connais rien, que le concours ne serait jamais supprimé… Et bien voilà il l’est !

 

  • diversifier les modes d’exercice pour enrichir les parcours professionnels

Cette mesure si elle semble cohérente, est dénuée de sens. Comment va-t-on « obliger » quelqu’un à aller travailler là où il ne le veut pas ?

Nous le voyons au quotidien, l’attractivité de l’hôpital n’existe plus !

Sans revalorisation il n’y a aucune avancée à attendre.

Et ce n’est pas la simple modification de quelques statuts qui y changera grand chose.

L’état veux que les libéraux investissent l’hôpital ? Facile… Que l’on commence par supprimer les cotisations URSSAF sur les revenus libéraux. Que l’on élargissent les conditions d’arrêts maladies, accidents de travail etc du salariat au libéral. Là… Il y aura des clients !

 

  • une approche renouvelée du management des ressources humaines hospitalières et de la reconnaissance professionnelle

Deux possibilités… Soit l’état vient de faire le constat que les méthodes de management actuelles au sein de l’hôpital ne sont pas adaptées.

Soit l’état promet pire !

Et j’avoue que lorsque je lis « un lieu où se met en place une réelle culture managériale et qui permet une meilleure valorisation de l’implication des personnels ». J’ai un peu peur !

Là encore, je ne suis pas sur que ce soit une excellente mesure pour attirer du monde à l’hôpital !

 

Conclusion

Beaucoup de mesures sont pleines de bons sens, beaucoup d’autres semblent perdues d’avance.

Ce qui est complexe dans ce plan, c’est que beaucoup d’annonces sont à double tranchant. Si leur mise ne place est correctement effectuée, cela peut être réellement intéressant. Mais si tout est fait « comme à l’habitude », nous pouvons être sur que nous allons souffrir.

Ce qui est certain, c’est que notre métier va changer. Et beaucoup plus vite que ce que l’on pouvait le croire. 

La kinésithérapie ne va pas mourir, elle est morte. Il nous faut tout construire dès maintenant si nous ne voulons pas être dépassés à court terme.

Je pensais qu’il restait une petite dizaine d’années, et malheureusement c’est à très court terme qu’il va falloir s’adapter.

Si d’ici 2 ans nous n’avons pas su faire quelque chose, nous subirons et nous perdrons tous nos acquis.

 

Vincent Jallu