Nuages

La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

Le rapport du haut commissariat à la réforme des retraites est publié. (à voir ici)

Je vous propose de faire le point et de voir ce que cela pourrait donner si la réforme s’appliquait telle qu’elle.

Tous les calculs présentés sont réalisés sur les moyennes des Associations de gestion agrées et arrondis pour simplifier.

Ainsi un kinésithérapeute « moyen » a un chiffre d’affaire (le chiffre en « haut » de la 2035) de 78000€.

Son bénéfice (ou BNC, chiffre « en bas » de la 2035) est de 41000€

 

Ce que nous payons actuellement

Je m’arrêterais au cas général, et non aux car particuliers tels que les deux premières années d’affiliation. 

Notre cotisation CARPIMKO se décompose en 3. La retraite, l’Avantage Social Vieillesse, l’invalidité décès.

Je mettrais d’emblée l’invalidité décès de côté pour me concentrer sur la retraite et l’ASV. 

C’est le bénéfice qui est utilisé pour calculer les différentes cotisations.

 

Notre cotisation retraite se décompose en 2 fractions.

  • 1 cotisation de base qui elle même se décompose en 2 tranches.

La première tranche représente 8,23% entre 0 et 40500€. Cela fait donc une cotisation de 3300€ pour le kinésithérapeute moyen.

La seconde tranche figure 1,87% entre 0 et 202000€. Cela fait donc une cotisation de 770€ pour le kinésithérapeute moyen. 

Le kinésithérapeute moyen cotise donc pour le régime de base environ 4100€

 

  • 1 cotisation complémentaire.

Cette cotisation est elle aussi en 2 parties.

Une partie forfaitaire de 1624€

Une autre partie qui est 3% pour les revenus compris entre 25200 et 174000€. Pour le kinésithérapeute moyen c’est donc le chiffre de 15800 qui sert de calcul soit une cotisation de 474€ 

Le kinésithérapeute moyen cotise donc pour le régime complémentaire environ 2100€

 

Pour son régime de retraite, le kinésithérapeute moyen cotise donc au total environ 6200€

 

Au titre de l’ASV le kinésithérapeute est ponctionné à hauteur de 0,4% de 40% de son revenu conventionnel.

Si l’on considère notre kinésithérapeute moyen qui a 100% de ses revenus comme conventionnels, cela représente environ 70€ par an à rajouter. Si l’on peut considérer ce montant comme quasi négligeable comparé aux 6200€, l’ASV n’est pas anodin, nous en reparlerons un peu plus loin.

 

Ce que nous allons payer après la réforme du régime universel

Mise à jour du 02/10/19. Monsieur Delevoye a précisé hier lors du congrès de la CARPIMKO le mode de calcul ainsi que l'assiète qui sera retenue. Le calcul proposé ci-dessous est donc erroné. Je vous invite à lire l'article présentant le mode de calcul actualisé en cliquant ici.

La réforme prévue veut simplifier le système. Ainsi c’est le revenu brut (donc notre chiffre d’affaire, le chiffre en haut de la 2035) qui servira de base de calcul.

Le calcul se fera donc en 2 temps, 28% de 0 à 40000€ et 12% de 40001 jusque le montant du chiffre d’affaire.

Pour notre kinésithérapeute moyen cela fera donc 11200€ pour la première partie et 4560 pour la seconde partie. Soit un total de 15800€ environ

Le kinésithérapeute, en l’espèce vont donc passer en moyenne de 6200€ à 15800€ soit une augmentation de 155% ou dit autrement une cotisation qui va faire fois 2,55 ! On peut aussi dire que la perte sera de 9600€ par an soit 800€ par mois ! C’est presque 25% de perte de BNC par an !

 

Attention, la seconde tranche à 12% est temporaire. En effet, si cette temporalité n’est pas encore définie (5-10-15 ans ?), à terme de ce seront bien 28% de l’intégralité du CA qui seront pris en compte soit 21800€ de cotisation à l’année ! À terme notre cotisation risque donc de plus que tripler !

 

Il est aussi important de dire qu’il est prévu un abattement sur le chiffre d’affaire pour servir de base de calcul.

Cependant, aucune précision sur cet abattement n’est donné. Les calculs présentés sont donc le pire scénario possible.

 

L’incertitude de l’ASV

Le rapport précise qu’une partie des cotisation pourrait être prise en charge par l’assurance maladie pour les praticiens conventionnés.

Aucune précision plus avant.

Attention toutefois, nous avons la preuve par l’histoire car il y a déjà eu une réforme importante sur ce thème, l’ASV n’est pas un système pérenne et si dans 5 ou 10 ans le législateur décide de le supprimer il le fera sans compensation.

Il faut donc être plus que précautionneux sur le sujet de l’ASV. 

 

La compensation par la CSG

Pour compenser la forte hausse de cotisation, il est préconisé de créer une compensation par la CSG.

Aujourd’hui le calcul de la CSG se fait sur le revenu net ajouté des cotisations payées. Pour faire simple nous payons de la CSG sur nos cotisations CARPIMKO par exemple.

 

Comme notre partie « retraite » ne sera plus calculée sur les revenus nets mais sur les revenus bruts, la CSG ne s’appliquerait plus sur la cotisation retraite.

Nous gagnerions ainsi 700€ par an en étant large.

  

Au final

Tout compris le kinésithérapeute va perdre 9000€ par an.

Cependant Il faut prendre en compte la situation un peu plus largement.  Si la première année va être très difficile car il va effectivement perdre 9000€, l’année suivante, ses cotisations URSSAF baisseront et son impôt sur le revenu sera lui aussi largement diminué. Très loin de compenser la perte de revenus, et les calculs se complexifiants puisque l’impôt sur le revenu est assez spécifique à chaque foyer fiscal, j’évalue cependant la perte finale à environ 6000€ par an en moyenne.

Tout ceci est simplement... Inacceptable !

 

Vincent Jallu

Voilà c’est officiel, Alizé est le premier syndicat de France, juste après l’autres premier syndicat de France et l’autre autre premier syndicat de France.

Les résultats sont donc là, Alizé emporte ces élections et 2 sièges, suivi de la FFMKR avec 1 siège. 

Fait intéressant, les 3 syndicats sont d’accord pour dire qu’il y a eu des soucis d’envois postaux du matériel de vote.

Cependant je n’en ai lu aucun qui proposait de s’unir pour demander l’annulation du vote.

Comme quoi… quand certains ne passent pas deux jours sans proposer de s’unir à trois syndicats, le jour venu… il n’y a plus personne !

  

Le grand perdant

Contrairement à ce que l’on a pu lire de ci de là, le grand perdant n’est pas le SNMKR. Non, le grand perdant est la FFMKR. En effet, la FFMKR perd 1 siège et son écrasante majorité absolue. Et si L’UNION perd elle aussi son siège, elle n’était pas en position de force.

L’autre grand perdant est peut être la masso-kinésithérapie elle même.

En effet, notre profession ne cesse de perdre en niveau de participation à toutes les élections.

Notre univers est devenu excessivement technique d’un point de vue administratif et politique. Malheureusement nous ne sommes pas formés pour. Et je crains que cela ne s’améliore pas.

  

Alizé tout est à construire... et à prouver

Si l’on peut sans conteste affirmer que les votes pour Alizé ne sont pas des votes d’adhésion mais des votes d’opposition, le fait est qu’Alizé a obtenu 2 sièges. Toutes mes félicitations aux nouveaux élus.

Il va maintenant falloir se mettre au travail pour pouvoir tenir toutes les promesses qui ont été faites. Car c’est finalement le gros problème du populisme, le jour où vous êtes élus... les promesses ne tiennent plus.

La représentativité s’ouvre à vous, il serait dommage de la rater à cause de promesses non tenues.

Nous attendrons donc avec impatience de savoir comment Alizé pense pouvoir tenir ses engagements et comment ils vont nous défendre face à la réforme des retraites en cours.

Car déjà dans leurs propres rangs, 2 visions se dessinent, ceux qui rappellent que les élus n’ont aucun pouvoir et ceux qui continuent à promettre…

Et n’oubliez au passage votre volonté de non cumul de mandats qu’Alizé a toujours mis en avant... Pas de cumul CARPIMKO-URPS. Ha oui c’est vrai, ça… C’était avant. Autant modifier ses propres règles quand on arrive plus à les tenir... 

Bon courage aux nouveaux élus. La tâche va être dure, et préparez vous à subir les critiques de toutes parts.

Vous étiez des agitateurs, vous voilà devenu des coapteurs de voies. Les autres syndicats ne vous voient plus comme un allié potentiel mais comme un ennemi désigné. Persister à croire à une alliance est encore une forme démagogique de pensées. 

L’autre point inquiétant est la cohésion interne d’Alizé. L’actuel président n’ayant pas réussi à garder un bureau stable plus de six mois, je me demande vraiment comment il va tenir des élus parmi ses rangs pendant 6 années !

J’espère que cela ne fera pas comme pour les élections des URPS où après quelques semaines toute communication a disparue et les élus se sont retrouvés « dans la nature ». Normal qu’un grand nombre d’entre eux se soient détourné d’Alizé.

Dans tous les cas, Alizé s’est engagé à consulter l’ensemble des kinésithérapeutes, espérons qu’ils se souviennent que plus des 2/3 de la profession n’est pas sur les réseaux sociaux...

  

La fin d’un système ?

Les deux syndicats majoritaires s’érodent. C’est l’époque qui veut cela. Le Parti Socialiste n’existe plus, pas plus que l’Union pour la Majorité Présidentielle. Les Français veulent sortir des clivages anciens.

Alizé/La République En Marche, même dessein ?

Ce qui est sur, à mon sens, Alizé doit changer son mode de communication si ils veulent transformer ce vote d’opposition en vote d’adhésion. En parlant aux kinésithérapeutes à un niveau national, alors ils pourront peut être le faire. Si ils continuent à s’enfermer dans les réseaux sociaux je ne suis pas sur que cela se concrétise. Lorsqu’ils s’ébrouent sur internet, ils ont 800 adhérents. Quand ils sont présents au niveau national ils ont la majorité des votes... N'est pas à méditer ?

Car si ils veulent la représentativité, il leur faudra trouver des candidats pour aller siéger dans les commissions paritaires départementales, et malheureusement avec si peu d'adhérents, cela ne sera pas possible. Oui c'est la fin d'un système, mais l'adminsitration reste. Alizé ne doit pas l'oublier.

Les deux autres syndicats, FFMKR et SNMKR (pardonnez le raccourci), vous avez fait des campagnes tardives avec certainement un manque d’apprentissage envers les kinésithérapeutes.

Être plus didactiques pour expliquer les enjeux actuels et comment notre microcosme a changé et comment il fonctionne.

Si vous n’arrivez pas à expliquer pourquoi vous servez à quelque chose syndicalement parlant (et pas qu’en terme de services assurenciels) vous aurez toujours un crétin promettant la lune qui vous coupera l’herbe sous le pied… 

Le SNMKR a déjà entamé une grande vague de modernisation, la FFMKR est à la traine et Alizé jouit d’une présidence puérile qui préfère bânir des réseaux sociaux ses opposants plutôt que d’apporter des réponses cohérentes.

La tache est donc grande face aux changements qui sont déjà en route.

Nous ne pourrons pas espére plus de 20% de participation à une élection tant que nous n'arriverons pas à intéresser les masseurs-kinésithérapeutes. Si vos seules envies sont de vendre de l'assurance ou des formations alors les seules chose qui intéresseront les kinésithérapeutes seront de savoir si ils ont la meilleures RCP ou si telle ou telle formation vaut le coût...

Il ne faudra pas s'étonner alors que les effectifs syndicaux s'érodent.

Oui les kinésithérapeutes sont majoritairement libéraux, oui ils sont majoritairement conventionnés et oui globalement le kinésithérapeute moyen ne s'intéresse qu'à faire vivre sa famille sans réellement attacher beaucoup d'importance à la santé publique ou à l'organisation de sa profession. L'origine de ce mal est multiple, défauts de sélection avant concours, défauts d'orientation lors du PACES, défauts de formation, défauts syndicaux, défauts sociétaux...

Nous n'avons pas d'influence sur certains points, mais si nous continuons à ne pas intéresser les kinésithérapeutes au monde qui le gère, alors nous aurons perdu.

  

Vincent Jallu

Vous ne vous êtes surement pas intéressé à la réforme de l’assurance chômage, logique puisque nous ne sommes presque pas concernés.
Je ne reviendrais pas sur le contenu de cette réforme qui ne manquerait pas d’être largement commenté mais, non ce n’est pas le propos.

Non, je vais revenir sur un fait essentiel dans l’élaboration de cette réforme.

Cette réforme de l’assurance chômage s’est faite dans la plus grande perversion administrative possible. Le gouvernement a dit aux partenaires sociaux, « débrouillez vous, faites nous une réforme, amis assurez vous que cela nous fasse gagner de l’argent ». Après un certain temps, les partenaires sociaux ont dit « nous n’arrivons pas à un consensus ». 

Le gouvernement a alors fait ce qu’il fait le mieux… Il a repris la main !

Le gouvernement a simplement éliminé les partenaires sociaux du dialogue et a imposé directement son texte. Texte qui ne sera pas débattu à l’assemblée, mais directement édicté par décrets. Point final. Peu importe le contenu, le gouvernement n’en a finalement fait qu’à sa tête et arrivera à nous faire croire que le processus a été démocratique alors que finalement nous sommes très proche du totalitarisme.

Je vous l’ai déjà dit, pour ma part, je pense que le monde politique a changé le 10 décembre 2016 lors de la campagne de monsieur Macron.

J’y ai vu là la fin. La fin de toutes négociations possibles.

Et malheureusement ce qui a suivi n’a fait que confirmer ce sentiment.

Depuis l’investiture du président Macron, les mots « dialogue social » n’ont plus aucune signification. Le ton est donné, « je vous écoute, je vous entends, mais je n’en fait qu’à ma tête »… voilà la réalité.

 

Pourquoi cela nous intéresse-t-il ?

La réponse est simple. L’état a déjà fait, passer en force en reniant les partenaires sociaux et cela, en 1995. La réforme de l’assurance maladie, cela vous rappelle quelque chose ?

Second point, une réforme d’ampleur nous concernant arrive sur le plateau politique. La réforme des retraites et la création du régime universel.

Voilà donc comment nous allons être traité… Nous pourrons nous agiter autant que nous le voulons, nous serons balayés du revers de la main.

Vous le savez, je ne suis habituellement pas tendre avec nos syndicats. Cependant, je dois bien avouer que dans cette situation ils n’auront aucun mot à dire, aucune marge de manoeuvre, aucun pouvoir. Et franchement, nous ne pourrons pas les blâmer dans cette difficile tâche. 

La réforme des retraites est malheureusement perdue d’avance. 

  

Allons plus loin

L’accord cadre interprofessionnel sur les CPTS, fraîchement signé, quelque soit son contenu est de la même trempe. Pour paraphraser Jean-Louis Barrault, la dictature c’est « ferme ta gueule », la démocratie c’est « cause toujours ». Plus que jamais cette citation prend tout son sens.

Le mot « libéral » n’a plus aucun sens aujourd’hui. Nous sommes libéraux emprisonnés dans un carcan administrativo-financier.

Jusqu’où irons nous ? Nous laisserons-nous nous faire dicter ce que nous devons faire en laissant nos libertés s’envoler ?

La question qui vient de suite à l’esprit, est « Comment faire ? ». 

Vous le savez, je ne suis plus convaincu par « l’action », entendez par là que l’ensemble des manifestations, mouvement populaires ou autres n’ont plus rien donné depuis 2 ans maintenant. Bloquer le périphérique ? très bien… où en sont les taxis ? nul part. Les gilets jaunes, sincèrement qu’ont ils obtenus ?… Des promesses, rien d’autre.

Non, à mon sens il faut prendre l’état à son propre jeu. Par exemple la démarche du SMAER (https://smaer.fr) pour faire requalifier la relation caisse-médecins en contrat de travail n’est pas dénuée de sens. Nombre sont ceux qui ont essayé avant eux et qui malheureusement n’ont pas obtenu gain de cause, mais les contraintes augmentant, les textes évoluants, il se pourrait bien que…

Il faut être intelligent, créer des projets en adéquation avec la « législation » imposée et nos désidératas. Il faut être fin et arrêter la stupide opposition infertile pour tendre vers la subtilité juridique et le biais inattendu.

Tant que nous écouterons et adhèrerons aux chimères vendues par certains qui promettent monts et merveilles, nous ne resterons que médiocres et nous ferons phagocyter par nos tutelles.

 

Vincent Jallu

Nous aurions pu penser que la plus grande escroquerie de l’année revenait à l’une de nos tutelles, un(e) ministre, un directeur(trice) de ceci ou de cela, de l’UNCAM, d’une ARS ou je ne sais quoi d’autre…

Non, l’escroquerie de l’année revient au Collège de la Masso-Kinésithérapie (CMK) !

490€, oui vous avez bien lu, quatre cent quatre vingt dix euros ! C’est la somme demandée par le CMK pour faire passer l’examen final de dry needling. 

D’aucun dirait que l’on achète son exam’ ! 

Consultez les deux avis du CMK:

avis 1

avis 2  

Le CMK, dont la fonction première est je cite «de favoriser les échanges et la communication entre les différentes composantes de la profession(ordre, sociétés savantes scientifiques, syndicats professionnels) afin d’apporter sa caution scientifique à des actions, travaux et publications pour répondre aux autorités et aux entants de notre profession dans une mission de santé publique », se lance donc dans la sanction formative !

Il n’y a pas d’autre mot que celui de la sanction.

Sanction financière, 490€, montant hors de prix pour passer un examen en candidat libre. Et n’ayez aucun doute, on vous redemandera 490€ en cas d’échec !

Sanction administrative car à l’issue de cet examen, aucun titre, aucun diplôme, aucune reconnaissance.

Sanction de l’organisme de formation car c’est lui qui supporte le coût de l’examen si vous ne vous présentez pas en candidat libre (soyez surs que ces organismes de formation le répercuteront sur les frais d’inscription !).

Sanction morale des formateurs, car oui, vous les formateurs en Dry Needling, vous n’êtes pas assez qualifiés pour savoir si votre élève peut exercer ou non.

Est-ce vraiment dans la mission du CMK que de s’autoproclamer président de jury d’examen ?!

Non, le pire dans cette démarche c’est que le CMK en toute complicité avec le CNO, vient de porter un coup à notre liberté de formation en imposant son examen.

L’étape d’après ? Nous imposer une formation organisée par le CMK ? Nous imposer une RCP spécifique « validée par l’ordre ». Avec rétro-commissions  assurées ?

Jusqu’où irons nous ?…

Les deux seuls buts de cette manoeuvre sont de s’imposer dans le domaine de la formation et, encore une fois, de remplir les caisses des vampires suceurs d’indemnités !

J’espère sincèrement qu’un organisme de formation va attaquer la légalité et la légitimité de ces avis…

 

Aucune ambition

Encore une fois, le CMK et le CNO nous montrent la portée de leurs actions… Centro-centrées ! regardons notre nombrils mais surtout n’essayons pas d’améliorer la situation. Au contraire, si nous pouvions embêter quelques kinésithérapeutes au passage, cela serait parfait !

La manoeuvre aurait pu être diplômante (un DU, un DIU ou même un titre comparable à celui d’ostéopathe), non rien de tel. Restons dans notre médiocrité et faisons notre possible pour embêter au maximum les candidats et surtout n’oublions pas de leur extorquer un peu de sous au passage !

Mais soyons rassurés, tout ceci est pour la sécurité des patients ! Quelle blague… 

Aucune ambition toujours, côté conventionnel. Parce que pour organiser un examen sans valeur mais qui coute 490€, ils sont forts, mais pour mettre en place un juste paiement de l’acte, il n’y a plus personne !..

Parce que parler de la sécurité du patient c’est une chose, mais pour parler de la moralité de l’accessibilité au soin, qui le fait ? Ni le CMK ni le CNO… Mais suis-je bête, ce n’est pas leur faute, ils n’ont pas leur mot à dire dans les négociations conventionnelles !

La place est belle… 

Donc ma question reste entière, est-ce moral pour le CMK et le CNO de promouvoir un acte qui n’est pas remboursable et donc non accessible aux plus démunis, ce qui organise une masso-kinésithérapie à deux vitesses ?

 

Conclusion

Sous des grands airs de sécurité et de bonnes pratiques, le CMK s’autoproclame avec l’aval du CNO, président de jury en s’immisçant dans la formation qui n’est pas dans ses prérogatives.

Aucun diplôme, aucun certificat, aucun titre, aucune lettre clé, aucun acte, aucune rémunération. 490€ pour du vent.

Le perdant reste encore et toujours le patient qui si il peut se le permettre pourra bénéficier du soin…

 

Vincent Jallu

Événement passé totalement inaperçu par le microcosme kinésithérapie, la création des Conseils Nationaux des Universités (CNU). La semaine dernière, l’ensemble des structures dirigeantes en orthophonie, se sont élevées contre la création du CNU des métiers de la rééducation. Nos dirigeants à nous, s’en sont félicité il y a quelques mois !

Comme quoi les attentes des uns ne sont pas les mêmes que celles des autres.

Encore une fois, merci à nos amies orthophonistes de se préoccuper un peu mieux des professions paramédicales que ce que nous pouvons le faire ! (à lire ici)

  

Un CNU c’est quoi ?

Pour faire simple, c’est l’organisme qui s’occupe de la carrière des enseignants-chercheurs. Si le CNU de votre profession n’existe pas, vous n’avez ni carrière ni recherche possible au titre de votre profession. Vous pouvez toujours vous faire embaucher comme enseignant ou comme chercheur, mais dans une branche qui n’est pas la votre spécifiquement.

Ainsi il y a eu une création de CNU en sciences infirmières, un autre en sciences maïeutique et un dernier en sciences de la réadaptation et de la rééducation. Les IDE ayant validé par le biais de pratiques avancées le fait d’accéder au grade Master et donc d’accéder à des carrières spécifiques d’enseignants en soins infirmiers et ou de chercheurs en soins infirmiers. Le président de la faculté de Rennes ayant déjà annoncé les premiers « maitres de conférence en sciences infirmières d’ici à la fin de l’année ». Mieux, dans son communiqué de presse du 03/05, madame la ministre Agnès Buzyn déclarait « Enfin, « Ma santé 2022 » repose sur le principe de libérer du temps médical utile pour permettre aux médecins d’accueillir de nouveaux patients. Cet objectif sera notamment rempli par la création de la fonction d’assistant médical et l’arrivée des 300 premiers infirmiers en pratique avancée. Ces derniers, de niveau Bac+5, disposeront de compétences plus étendues pour se voir confier le suivi de patients atteints de maladies chroniques stabilisées ». Voilà comment les infirmières arrivent à faire avancer leur profession.

Voilà aussi pourquoi les orthophonistes ne veulent pas se contenter d’un CNU non spécifique à leur profession et pourquoi elles qui ont aussi le grade Master, aimeraient bien aller de l’avant et obtenir ce que les infirmières ont obtenu.

 

Et nous ?

Ne cherchez pas le CNU des masseurs-kinésithérapeutes, il n’existe pas et n’existera jamais !

En effet, il a été créé un CNU « fourre tout » regroupant tous les métiers de la rééducation ! 

Voilà c’est simple, un « truc » ou l’on range « ce qui ennuie le gouvernement » et où il mettra tout le « bordel » pour lequel il a pas envie de faire quoi que ce soit.

Nous sommes prévenus, la masso-kinésithérapie ne semble pas être à la hauteur pour que le législateur s’intéresse à nous.

 

Contrairement à nous les IDE, ont vraiment bien joué leur jeu. Les orthophonistes, elles réagissent et montent au créneau. Et nous, nous nous complaisons de cela !

Encore une fois nous allons être le dindon de la farce !

 

Il est notable de voir que le conseil de l’ordre des orthophonistes a vaillamment bataillé pour obtenir le grade master et de voir aussi sa réactivité face à la constitution de ces CNU. Merci à lui d’oeuvrer de manière aussi présente et puissante.

Mais j’y pense ?

Il n’existe pas de conseil de l’ordre des orthophonistes ! C’est peut être pour cela qu’elles ont obtenus ce que nous n’arrivons pas à avoir et qu’elles ont une réelle volonté de défense de leur profession en refusant la médiocrité proposée !

 

Devons nous, nous contenter uniquement de cette médiocrité que l’on nous propose ? Où peut on espérer qu’un jour nos dirigeants prennent réellement conscience de comment ils sont traités et nous fasse de vraies propositions de défense de notre profession ?

Ce qui est sur c’est que chez nous, nous trouverons toujours quelques illuminés pour défendre l’indéfendable à savoir que la situation est idyllique et que tout va bien se finir !

 

Non, la réalité est que le Master de Masso-Kinésithérapie n’existera jamais. Nous devrons nous contenter de ce qui se fait « à côté ». J’irais même jusqu’à dire, « tout cela pour ça ! ». Oui 10 ans de bataille et d’énergie perdue pour revenir à ce que nous avions déjà avant ! La recherche en masso-kinésithérapie continuera à végéter jusqu’à l’extinction de la profession.

 

Conclusion

J’espère que cet article fera, un tant soit peu, réagir nos têtes vides mais qui essayent de penser, et qu’au moins ils nous tiendrons informé des événements à venir. Devrons nous pleurer la réforme du PACES, devrons nous en finir avec l’espoir du Master de Masso-Kinésithérapie, devrons nous en finir avec l’espoir d’une pratique avancée, devrons nous en finir avec l’espoir de voir un jour un « docteur en kinésithérapie » ou un « maitre de conférence en sciences kinésithérapique », etc…

 

Vincent Jallu

P.S. Merci à Didier Lantz au passage...