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les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

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Voici donc nos revenus moyens de 2002 à 2022

 

CABNCTendance

 

Sur le graphique de gauche la représentation de notre CA moyen ainsi que notre BNC moyen. La première chose que nous constatons, graphique de droite où sont représentées des droites de tendance (la normalité des données n’est pas vérifiée, Shapiro test p=0.022 pour le CA, mais elle l'est pour le BNC Shapiro p=0.1425), est que nos revenus, tant du point de vue du CA que du BNC sont croissants sur la période.

Si nous regardons le graphique ci-dessous de la distribution du CA à gauche et du BNC à droite, nous voyons que le BNC peut être considéré comme normalisé mais pas le CA. 

 

NormCABNC

 

Nous observons que les valeurs numéro 12 et 19 (soit les années 2013 et 2020) sont considérées comme non pertinentes. Nous verrons plus loin qu’effectivement ces deux années sont des années particulières. Cependant, nous pouvons déja dire que notre BNC peut être ramené à une régression linéaire et augmente chaque année entre 2002 et 2022 de 0.38%.

 

Corrélation entre CA et BNC, évolution relative

Une autre chose qui saute aux yeux et que nous allons étudier, c’est la corrélation entre notre CA et notre BNC.

Nous retrouvons un coefficient de corrélation de 0.9232719 entre les deux.

Avec comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessous, un différentiel (en %) entre le CA et le BNC quasi constant.

 

CABNCdiff

 

De prime abord, on pourrait se féliciter de cette « stabilité » apparente.

Or, après une étude plus pointilleuse de nos charges, on s’aperçois que les charges variables (toutes celles qui sont au « pourcentage » telles que l’URSSAF ou encore la CAPRPIKO), ne représente même pas la moitié des charges appliquées. Il n’y a donc pas de raisons liées aux charges sociales pour qu’il y ait une telle corrélation entre notre CA et notre BNC. Si notre CA augmente, notre BNC devrait augmenter encore plus (et inversement en cas de baisse).

Si par contre on regarde du côté des « achats », de la « formation » et autres dépenses ponctuelles, celles-ci augmentent ou diminuent avec les variations de CA.

Ce qui peut sembler pointer du doigt un fait marquant, à savoir que le kinésithérapeute en moyenne, dépense plus quand il gagne plus. Et par extension, on peut noter que le kinésithérapeute se sert de ses revenus professionnels comme de ses revenus personnels. Cela ne fait que confirmer la nécessité de former les kinésithérapeutes aux modèles économiques d’entreprise. Nous l’avons vu pendant la période COVID, l’absence de trésorerie et de gestion moyen-long terme des cabinets est inquiétante.

La perte de BNC de 2022 sera étudiée juste en dessous.

 

Deux périodes remarquables

Nous notons aussi que si l’on met l’année 2020 de côté (crise COVID,je vous rassure nous en reparlerons), nos revenus semblent s’orienter en deux périodes.

Une période très ascendante entre 2002 et 2013 puis une chute suivie d’une phase plateau de 2014 à 2021 comme le montre le graphique ci-après.

 

BNCTendances

 

- 2002-2013, l’âge d’or !

Il est clairement explicite que durant cette période les revenus sont croissants. Et malgré une inflation de 1.7% en moyenne sur la période, l’augmentation des revenus des mk est en moyenne de 600€ par an ce qui est remarquable.

À noter, l’accélération des revenus entre 2011 et 2013 avec le passage de la lettre clé à 2.15€ en juillet 2012, ce qui est certainement la cause de la forte augmentation du BNC moyen en 2013, mais aussi un accroissement des revenus non conventionnels.

 

- 2014, nette chute des revenus.

En 2014, chute de 4.75% du BNC moyen. S’en suit une phase plateau légèrement descendant entre 2014 et 2019. À noter toutefois que sur la même période l’inflation, elle aussi en baisse avec une moyenne de 0.77%. Oui, mais… Comme il y a eu une chute de 4.75% entre 2013 et 2014 avec une inversion de pente de nos revenus, entre 2014 et 2019 on peut vraiment parler de perte de revenus. Ni l’avenant 5 ni l’avenant 6 ne semblent corriger le tir (ce fait a aussi été noté par l’assurance maladie qui a même raccourci le calendrier des mesures, mais visiblement sans succès).

Ci-dessous, la représentaiton de notre CA avec la position des avenants.

 

CAAv

 

Nous voyons que les avenants 1,2 et 3 portent leurs fruits. 2014, les effets de la crise et malheureusement l'avenant 4 n'y changera rien. L'avenant 5 apporte un léger rebond, mais pas autant que l'UNCAM l'aurait souhaité, d'où l'avancement du calendrier de cet avenant. L'avenant 6, technique et sans revalorisation propre n'apporte pas grand chose sur ce point. De plus crise COVID...

 

Comment expliquer cette chute ?

C’est du côté de l’INSEE où l’on trouve la réponse. En effet, l’INSEE estime que l’ensemble des professions libérales de santé ont perdu jusque 5% à cette période. Avec 4.75% de perte nous sommes en plein dedans. Cela serait du à un ralentissement de consommation de services, liés à une fiscalité des hauts et plus hauts revenus défavorable. Il est noté que le monde de la santé est moins touché que d’autres profession libérales mais il y a tout de même une baisse globale de 2.8% sur l’ensemble des professions de santé. Notre profession semblé avoir été particulièrement touchée. La crise de 2012 a eu un retentissement important sur notre profession. Je n’ai pas souvenir qu’aucun syndicat n’ait jamais considéré ce fait ne même analysé le problème.

C’est tout de même dommage car nous voyons clairement qu’à la suite une période très différente d’un point de vue économique a changé nos habitudes de travail.

 

Il convient alors de faire entrer en jeu les revenus conventionnels, ceux uniquement tirés de notre activité conventionnelle, DE compris mais hors HN. Ces données sont délivrées via data.ameli.fr mais ne sont disponibles que sur la période 2010-2022. Nous allons donc changer de période d’étude.

 

CAConvtendances

 

Nous voyons immédiatement qu’avant 2014, notre profession tire ses revenus de l’activité conventionnelle, oui, mais aussi d’activités non conventionnelles. En 2014, crise macro-économique, réduction à quasi néant des activités non conventionnelles. À noter, en micro-économie, mes si je n’ai pas de chiffre à présenter, le ralentissement des activités « esthétiques », les premiers avis de l’ordre sur la fasciathérapie, etc…

Notez aussi qu’il pourrait sembler contradictoire que les revenus conventionnels soient supérieurs aux CA. En fait non, la méthode de collecte des données de la CNAM fait que les données sont consolidées au cours de l’année suivante. Pour parler simplement, nous le savons tous, nous avons régulièrement un décalage entre le SNIR et ce que nous déclarons, c’est lié aux mêmes problématiques. Il n’est donc pas surprenant de voir qu’en 2021 les revenus conventionnels soient légèrement supérieurs aux CA. Pensez aussi que certains d’entre nous ont perçu des aides et ont parfois oublié de les déclarer… Enfin, n’oublions pas que les revenus conventionnels couvrent aussi les praticiens qui exercent en société. Or ceux-ci, comme indiqué en préambule ne sont pas comptabilisés par l’UNASA. L’absence de données précises sur ce sujet peut créer cet effet.

Il serait donc intéressant de plutôt réfléchir en terme de revenus conventionnés qu’en revenu donnés par l’UNASA.

 

Globalement, comme nous le voyons sur le graphique de droite, sur cette période notre CA est en baisse tandis que nos revenus conventionnels sont croissants (là encore il n’y a pas de normalité des données).

Nous voyons donc que même en considérant la crise COVID, nos revenus conventionnés sont croissants sur la période, avec 0.26% d'augmentation annuelle contre une baisse de 0.53% par an pour le CA.

 

Nous pouvons alors éditer un graphique plus que parlant de la différence entre notre CA et nos revenus conventionnés.

 

BarDiffConvCA

 

Ce graphique est sans appel, depuis la crise du milieu des années 2010, nos activités hors convention ont drastiquement diminué en moyenne. Le problème que certains soulèvent par rapport à leur perte de revenu n’est donc peut être pas lié à nos revenus conventionnés, mais peut être bien le fait que nous ayons moins de revenus hors convention.

À noter tout de même que le différentiel a été en 2013 de presque 9000€ en moyenne par an. Il semble assez évident que si l’on avait aujourd’hui des revenus supérieurs de 9000€ par an, nous en serions tous satisfaits !

 

Période Covid

Étudions spécifiquement ce qui se déroule actuellement et ce depuis 2018.

Sur le graphique ci-dessous sont représentés les CA et BNC moyens mais en proportion par rapport à l’année 2018. Pourquoi utiliser des proportions ? Pour pouvoir comparer directement par rapport à d'autres professions sans avoir d'effet d'échelle.

 

CABNCEvo1822

 

2018, rien à dire les deux courbes sont au même point, logique. 2019, le CA augmente un peu plus que le BNC, non significatif. 2020, crise COVID, les deux s’effondrent. 2021, alors que notre CA ne fait que revenir au niveau de 2018, notre BNC, à cause des baisses de charges, lui remonte beaucoup plus que le CA. De fait, nous connaissons tous la problématique, grosse augmentation de bénéfice, signifie que pendant 2-3 ans après nous allons faire le yoyo avec les charges Urssaf-Carpimko. De fait, 2022, alors que le CA remonte, le BNC retombe de nouveau…

Nous voyons très bien ce mécanisme sur le graphique suivant avec à gauche, variation de CA, BNC et variation du poste « charges sociales personnelles ». Et à droite, le même graphique avec en plus nos revenus conventionnels. Là encore nous voyons que les revenus conventionnels sont revenus supérieurs au niveau de 2018.

 

CABNCChargesPerso

 

Notre BNC moyen est passé de 40839 en 2019 à 35842 en 2020 soit une baisse de -12.24%.

Pour information les infirmières, sur la même période ont vu leur CA et BNC augmenter de 6.2% !

Observons donc de plus prêt quelques professions. Pour bien étudier cette période nous allons considérer le chiffre d’affaire de ces professions et surtout leurs variations en pourcentage par rapport à l’année 2018.

 

Diff4pro

 

Le résultat est sans appel. Les IDE, ça grimpe. Les dentistes, profession à haut risque durant la COVID, réussissent à ne perdre que -7.65%. Les Généralistes, assez proches de nous en terme de dangerosité lié à la COVID (encore que sur cette période eux étaient directement aux diagnostic des cas COVID donc certainement beaucoup plus à risque), -4.6%, et qui sont les dindons de la farce ? Les kinésithérapeutes avec -12.98% de baisse de CA.

Quelle a été la différence ?

Comment expliquer qu’une profession « généraliste » comme la notre s’en soit moins bien sorti qu’une profession à très haut risque (en contexte COVID) comme les chirurgiens dentistes ?

La réponse est assez simple. Au registre des professions soumises à un ordre, il n’y en a qu’une seul qui ait dit « Les cabinets doivent fermer », au mépris des données de la science et basé uniquement sur le « bon sens », voilà la différence…

On voit clairement que quand l’ordre se mêle de l’offre de soin alors que ce n’est pas dans ses prérogatives, la catastrophe est au bout.

Oui, le CNO a une part de responsabilité dans notre situation financière du moment.

 

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Le niveau de vie des Français

Il est toujours compliqué de comparer les « revenus » d’un professionnel libéral par rapport aux salariés.

Cependant il existe un indicateur qui s’appelle « le revenu disponible » ou « niveau de vie des français » qui correspond assez bien à notre BNC soustrait de l’impôt sur le revenu (sachant que notre population est comptabilisée dans le niveau de vie des français mais la taille de notre population en rapport à la population française est faible et de fait ne constitute pas un biais). Le revenu disponible et le niveau de vie sont deux indicateurs identiques si on l’attribue à un seule personne. Malheureusement cet indicateur n’est consolidé que jusque 2021. L’année 2022 n’est pas encore disponible en terme de statistiques et comme nous l'avons vu cette année 2022 est poru notre profession importante du point de vue des revenus. Nous étudierons donc cet indicateur sur la période 2002-2021, ce qui constitue 20 années d’étude soit 1 génération.

Il est donc assez facile et pertinent d’utiliser le BNC moyen de notre profession, d’y soustraire l’impôt sur le revenu théorique et de le comparer au revenu disponible des français. Gardons juste à l’esprit qu’une vraie différence existe entre les deux. Dans notre BNC, notre véhicule est déjà déduit. Alors que dans le revenu disponible, le véhicule n’est pas inclus.

 

Nous obtenons donc ce graphique représentant notre BNC, notre BNC soustrait de l’impôt sur le revenu (IR) théorique moyen (calculé avec chaque barème de chaque année concernée, sans part supplémentaire) en comparaison du revenu disponible des français.

 

BNCThMKNVDF

 

Sur la période notre BNC est normalisé (Shapiro p=0.1425) ainsi que le niveau de vie des français (Shapiro p=0.3045), mais pas le niveau de vie des mk théorique (Shapiro p=0.03277). Nous pouvons donc dresser les deux régressions linéaires de notre BNC et du niveau de vie des français. Nous voyons sur ce graphique et sur le graphique ci-dessous assez distinctement que notre BNC a eu une progression plus importante que le niveau de vie des français.

 

NormNVDF

 

Sur la période notre BNC a augmenté de +14.11%, notre niveau de vie théorique après impôt sur le revenu de +16.81% et le niveau de vie des français de +12.47%.

Nous pouvons donc déduire que les kinésithérapeutes, que ce soit par rapport à leur BNC ou par rapport à leur niveau de vie théorique ont une croissance supérieure sur la période que l'ensemble des français

Le résultat peut sembler étonnant, mais c'est le cas. Nous sommes donc en recul par rapport à l’inflation, oui, mais nous nous en sortons mieux que l'ensemble des français d'une manière générale. Nous avons raison de nous plaindre, mais gardons à l'esprit une forme de vision plus élargie.

Observons maintenant l'effet de nos revenus cahotiques comparativement au niveau des vie des français qui est beaucoup plus linéaire. Nous l'avons vu, notre BNC est conditionné par des évènements rendants notre compréhension difficile. Ci-dessous la représentation graphique de notre BNC par rapport à l'inflation, puis le niveau de vie des mk  théorique et enfin le niveau de vie des français, ces trois graphiques étant comparés à l'inflation sur la période et à la même échelle.

 

BNCTHNVDFinf

 

Nous observons que notre BNC est en retrait en moyenne par rapport à l'inflation de -5.13% sur la période, notre niveau de vie théorique de -4.28% et le niveau de vie des français de -4.29%. Nous constatons que même là, nos revenus sont "en cohérence" avec le niveau de vie des français. Nous ne sommes pas "plus ou moins à plaindre".

Dernier graphique sur ce thème, la comparaison entre notre revenu conventionnel (depuis 2010), nous l'avons vu beaucoup plus stable que notre BNC et le niveau de vie des français. Les deux graphiques ne sont pas sur la même échelle car il y a une trop grande différence entre les deux.

 

CNAMNVDFinf

 

Sur la période 2010-2021, notre revenu conventionnel recul de -2.30% par rapport à l'inflation en moyenne. Le niveau de vie des français lui plonge de -8.84%. Nos revenus conventionnels subissent moins l'affre de l'inflation que le niveau de vie des français.

C'est encore la preuve qu'il faut considérer nos revenus de manière beaucoup plus large.

 

Travaillons nous plus ?

Là encore, nous entendons régulièrement que nous travaillons plus pour compenser l’absence de revalorisation.

Comme nous l’avons vu au dessus, contrairement à l’idée reçue, nos revenus augmentent. Moins que l’inflation, oui, mais plus que le niveau de vie moyen de Français. 

Est-ce que cette idée que nous travaillons plus est elle aussi une impression ou une réalité ?

 

La problématique majeure est que l’aspect « volume horaire » n’est perceptible que par déclaration des kinésithérapeutes. Beaucoup auront tendance à maximiser leur temps de travail lors de leurs déclarations. De la même façon, certains pensent que les jours de congé ne sont que les jours pris pour « les vacances ». Mais il ne faut pas oublier que la demie journée prise pour accompagner un fils ou une fille en sortie scolaire ou, une demie-journée pour aller à un rendez-vous personnel, tout cela constitue « un congé ». Il sera donc très difficile d’évaluer le temps réel de travail.

 

Cependant, l’enquête de pénibilité de la CARPIMKO de 2020 indique un volume horaire hebdomadaire de 50h par semaine. En 2008 l’enquête de la même CARPIMKO indiquait un temps de travail moyen de 54h par semaine. Ce paramètre ne semble pas confirmer l’impression générale, je dirais presque, au contraire… Il est donc possible que nous travaillions moins en moyenne.

Au delà du temps de travail, le volume d’actes pourrait être un bon indicateur de cette impression. En effet, si nous voyons plus de patients dans le même temps, effectivement nous ne travaillerions pas plus, mais avec un rythme plus important, cependant, je n’ai pu trouver aucune donnée fiable sur le sujet. C'est un point d'amélioration certain pour pouvoir s'exprimer concrètement sur le sujet.

 

Parallèlement l’INSEE nous apprend qu’en 2019, l’équivalent temps plein des kinésithérapeutes était de 105 pour 100 000 habitants. Et dans le même temps la densité des kinésithérapeutes de 133 pour 100 000 habitants. Cela nous donne 0.7895 ETP par kinésithérapeute. Très bien. Nous pourrions acquiescer et nous dire que finalement il y a beaucoup plus de kinésithérapeutes à temps partiel (ce qui est possible)…

Attention toutefois. Un ETP salarié du secteur privé est de 151,67h par mois soit 37.92h par semaines. Or si nous avons en moyenne 0.79 ETP dans notre profession, cela voudrait par extenso dire que nous sommes reconnus comme travaillants l’équivalent de 119.74 heures équivalent heures temps plein par mois et par kinésithérapeute, soit approximativement 29.94 heures équivalent temps plein par semaines. Oui vous lisez bien ! Pour certains nous travaillons l’équivalent de 6h par jour... Il faut bien évidement préciser que c'est un ETP libéral et non un ETP salarié.

En effet les ETP du public et du privé sont déjà différents. Donc ne mélangeons pas tout et n'oubliions jamais de préciser "ETP libéral". Il faudrait d'ailleurs à mon sens avoir une seule définition d'un ETP. 

Voici comment est défini l’ETP selon la DREES, « La conversion en ETP est effectuée de la manière suivante : par convention, on fixe la valeur d’un ETP au niveau de l’activité médiane libérale (hors professionnels installés pour la première fois en libéral dans l’année) et l’ETP de chaque professionnel ou centre de santé est calculé en rapportant son activité à la valeur médiane. Si l’activité d’un professionnel de santé libéral est inférieure à une borne minimale, alors aucune activité n’est comptabilisée pour ce professionnel. Si son activité est supérieure à une borne maximale, alors elle est comptabilisée à la hauteur de ce maximum.». Sachant que la borne maximale est au 90e perceptible et la borne minimal à l’équivalent de 10 000€ remboursables. Et par ailleurs les données sources utilisées sont celles du RIAP (relevé individuel d’activité). Nous voyons qu'il iy a déjà une inégalité dans l'estimation de l'ETP. D'autant qu'il serait assez simple de définir un ETP plus "juste". En effet , notre profession est définie conventionnellement par une séance de l'ordre de 30 minutes. 10h quotidiennes, 20 patients, l'ETP est vite trouvé.  De plus cela permettrait d'avoir une vraie notion d'activité sur les territoires.

Avec ce raisonnement vous comprenez comment certaines administration arrivent à penser que nous gagnons des fortunes en travaillant 30h par semaine… Car à l’équivalent temps plein salarié du privé, notre BNC flirte avec les 50000€, ce qui n’est pas du tout la réalité.  

Poursuivons avec un peu de coloriage…

 

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Lors de mon premier article consacré aux revenus des kinésithérapeutes, j’avais effectué un comparatif européen. Or je me suis aperçu qu’une grande majorité des lecteurs n’avaient pas lu l’article jusqu’au bout et  avaient du coup manqué l’essentiel de l’article. Oui nous gagnons moins que nos collègues européens, mais c’est en rapport avec le coût du niveau de la vie dans le pays et là nous ne sommes pas si mal placés.

C’est pourquoi, afin que le lecteur « pressé » ait l’information, je vais mettre la conclusion en tête de ce nouvel article traitant de nos revenus.

 

Conclusion

Beaucoup de fausses idées circulent sur nos revenus et notre pouvoir d’achat.

Il faut dire que l’on ne nous ne facilitent pas la tache. Certains, y compris des syndicats, produisent des statistiques sans fondement et aucune analyse macro ou micro-économique.

L’estimation de notre temps de travail ne semble pas confirmer ce que tout le monde pense, en effet, il semblerait que nous travaillions moins au fil du temps.

Nos revenus conventionnels, ne semblent pas être la principale source du problème. Ceux-ci sont croissants, certes pas autant que nous le souhaiterions, mais ils le sont et pas tant en décalage que nous le pensons par rapport à l’inflation.

Si l’on y regarde bien, comparativement au niveau de vie des français, nous subissons le même déclin de notre pouvoir d’achat, mais comparativement nos revenus conventionnels ne sont en recul que de -2.3% par rapport à l’inflation, là où le niveau de vie des français a perdu -8.13% entre 2010 et 2021.

Et même en considérant la récente période post-covid avec une inflation globale galopante, la récente augmentation de presque 3% va nous recaler sur la pente que nous suivions avant le COVID.

Jusque 2014 nos revenus étaient en croissance drastiquement. Or une modification d’attitude des français par rapport aux actes hors convention, lié au contexte macro-économique, a fait chuter nos revenus ainsi que le revenu de l’ensemble des soignants.. Clairement les kinésithérapeutes en libéral après 2014 ne peuvent pas comprendre ceux qui étaient en libéral avant 2014. Nous sommes face à un réel conflit générationnel. De la même façons les revenus les plus faibles sont en croissance constante tandis que les revenus les plus élevés sont en chute depuis 2014. Là aussi  conflit entre les différentes franges de notre population.

Une vraie scission est aussi très notable en fonction des régions et nous devrions peut être avoir une logique beaucoup plus régionale que nationale.

Puis 2020, « les cabinets doivent fermer », demande absurde du CNO, qui en plus de suites politiques dramatiques, a plongé toute la profession dans une spirale financière catastrophique. Nous en subissons encore les conséquences et malheureusement certainement pour les 2 ans à venir (2024 et certainement 2025).

Beaucoup cherchent dans la CNAM un coupable idéal alors que les faits ne vont pas dans ce sens. Le coupable nous l’avions sous les yeux depuis toujours. Notre ordre a failli dans sa mission de défense de la profession. Son bon sens ne va pas dans le sens de la profession.

Les kinésithérapeutes ne semblent pas avoir de formation de gestion financière et dépensent plus lorsqu’ils gagnent plus sans considérer le lendemain. Les notions de trésorerie, d’investissement, de court moyen ou long termes ne semblent pas être utilisée au sein de notre profession. Nous devrions en prendre pleinement conscience pour que les professionnels soient mieux aguerris sur ces notions.

Vous voulez gagner plus ? Pensez aux actes hors convention, apprenez la gestion économique d’une entreprise et ayons un regard beaucoup plus large sur notre profession.

La convention nationale ne pourra pas tenir très longtemps à la vue des différences régionales relevées.

Nous devons avoir un regard critique par rapport aux collectes de données et envisager un autre modèle de répartition de la convention. Des avenant régionaux semblent cohérents.

Par ailleurs compte tenu des incohérences au niveau des équivalents ETP, il est urgent d’avoir des données opposables fiables sur ce sujet.

 

Si maintenant vous êtes curieux et que vous souhaitez en savoir plus… bonne lecture.

 

Méthode

Un tout petit point de méthode, rien de trop compliqué. Les données sont issues de drees.solidarites-sante.gouv.fr,data.ameli.fr, l’INSEE, l’unasa.fr,le BODACC ainsi que la CARPIMKO.

Sauf cas particuliers indiqués, aucune censure statistique n’a été faite et si la normalité des échantillons est nécessaire, celle-ci sera indiquée.

La période d’analyse des données sera variable. En effet, un indicateur qu’est le niveau de vie des Français n’est disponible que jusque 2021 inclus. Cependant à la vue de l’analyse effectuée, il est rapidement apparu que l’année 2022 était cruciale pour comprendre certains mécanismes post COVID.

C’est pourquoi une partie de l’analyse sera faite de 2002 à 2021 couvrant une période de 20 années correspondant à une génération statistique et une autre partie se fera sur la période 2018-2022 couvrant les 5 dernières années pour placer la période COVID au milieu de la période. Compte tenu es modifications socio-économiques macro et microscopiques de la période pré 2002 (passage à l’€uro, changements de lettres Clé, addition du BDK…) ainsi que, comme nous le verrons, des difficultés d'échantillon, remonter en amont de 2002 n’a que peu de pertinence, sauf à chercher à appuyer une volonté démonstrative d’un quelconque effet.

Tous les calculs et graphiques ont été effectués avec l’environnement logiciel R.

L’utilisation de l’évolution de la lettre clé n’a aucune pertinence dans notre cas car nous avons eu au cours du temps des augmentations de valeur de cotation (exemple passage de 7 à 7.5, ce qui constituait une augmentation de 7%). De plus, nous le verrons au décours de cet article, si nous ne considérons pas nos revenus non-conventionnels, nous n’avons aucune vison globale de notre activité.

Il est donc important du point de vue de la méthode de considérer les indicateurs les plus larges possibles et les plus stables pour évaluer nos revenus. Le chiffre d’affaire (CA), le bénéfice non commercial (BNC), les revenus conventionnels, les revenus médians etc sont les indicateurs les plus larges disponibles répondant à ce besoin.

Attention toutefois, l’analyse, surtout pour les plus hauts revenus est partiellement biaisée par le fait que les modèles économiques de type SEL sont en développement et malheureusement aucune donnée n’est disponible dans ce cas. Les données UNASA ne permettent que d’appréhender les praticiens en déclaration contrôlée au BNC.

Autre biais, les données UNASA, sont sur des grands échantillons mais parfois ceux-ci restent assez faible pour notre population. Par exemple en 2002, l’échantillon est de 5009 personnes, en 2013 ce sont 10492 personnes et 2022, 31556 personnes. Les données du début des années 2000 devraient être bornées par un intervalle de confiance mais malheureusement avec les variables quantitatives continues, si nous ne possédons pas la variance il n’est pas possible de borner correctement. Ce point sera réévalué lorsque nous parlerons d’inflation. Ainsi il faudra avoir l’esprit ce paramètre. Les données CNAM (Ameli) étant sur population entière, aucun soucis de ce type. Gardons aussi en tête que même sur l'année 2022, 31556 personnes face à presque 80 000 libéraux, nous sommes en présence d'un grand échantillon mais qui n'est pas la totalité de la population. Les données Ameli, sont elles sur population conventionnée entière.

 

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Inflation

Et oui cette fameuse inflation. Tout le monde en parle mais peu ont une analyse pertinente. Dans beaucoup de communications nous voyons des chiffres avancées entre nos revenus et ce qu’ils devraient être si ils avaient suivi l’inflation. Mais à aucun moment, les gens qui publient ce type de communication ne s’interrogent sur le pourquoi et encore moins sur le comment, d’autant que leur regard est totalement biaisé par le choix de l'année d'observation. Voici pourquoi.

Premier point, comme indiqué dans la méthode, les données UNASA de 2002 ne comportent que 5009 relevés. En appliquant un calcul de variance sur données groupées nous obtenons une estimation de la variance à 271685242 ce qui permet de borner le revenu de 2002 par un intervalle de confiance estimé tel que IC 5% = [36561;37473].

Cela nous permet de faire un graphique représentant notre BNC depuis 2002, ainsi que le BNC de 2002 théorique suivant l’inflation avec son intervalle de confiance suivant lui aussi l’inflation.

 

IC

 

Nous voyons clairement qu’avec une erreur de +- 1.23% les données de cette période sont à prendre avec un peu plus de recul que prévu.

 

Autre problématique. Prenons l’années 2020. Nous passons entre 2020 et 2021 de 35842€ de BNC à 42243 soit +17.86%. Dans le même temps l’inflation ne progresse que de 0.5%… Nous sommes donc +17.36% au dessus de l'inflation !

Vous voyez tout de suite ce type d’interprétation est totalement dépendant de la période choisie. C’est un problème bien connu des statisticiens dans ce genre d'études. Mais visiblement certains n'ont aucune conscience de cela et publie des chiffres sans aucun fondement.

En fonction de la période étudiée, nous pouvons avoir des résultats totalement différents. Ainsi on pourrait choisir une période pour majorer l’effet cherché et montrer que notre BNC est drastiquement trop bas, À l’inverse choisir la meilleure période pour démontrer que finalement notre BNC est même supérieur à ce qu’il aurait été en suivant l’inflation.

Pour avoir une attitude plus neutre il convient d’analyser l’ensemble des données sur l’ensemble des périodes et en considérant les problématiques micro-économiques.

Je vous propose donc un graphique depuis 2002 et jusque 2021 considérant notre BNC moyen (en bleu) et notre BNC théorique (en pointillés) si il avait suivi l’inflation par année.

 

BNCinf2002 2021

 

Vous voyez que si l’on effectue un comparatif  entre 2021 et 2020-2019-2018, notre BNC est supérieur à celui qu’il aurait suivi si nous avions été indexés sur l’inflation.

à contrario, les années les plus « démonstratives » sont 2002, 2008 et 2013. Les années 2007, 2009, 2014, 2015, 2016 et 2017 montrent une différence relativement faible par rapport à l’inflation.

Il y a donc tout intérêt à calculer la moyenne des différences sur la période. Sur les 20 années comprises entre 2002 et 2021, en moyenne, nous sommes -5,13% en dessous de ce que notre BNC auraient du être si il avait suivi l’inflation. Oui, clairement c’est moins que l’inflation, mais nous sommes très loin des chiffres annoncés par certains dont le seul but est d’affoler la population. J’ai récemment lu 36% d’écart avec l’inflation, quelle hérésie…

Nous retrouvons les 2 mêmes périodes. 2002-2013 et 2014-2020 (toujours les effets de cette fameuse crise). Si l’on se réfère aux années antérieures à 2013, nous sommes à -8.8% en moyenne par rapport à l’inflation.Mais si nous étudions la période 2014-2020 nous sommes en moyenne à +1.18% par rapport à l’inflation. 

Il est donc assez clair maintenant que les diplômés d’après 2014 ne peuvent pas avoir la compréhension des râleries des plus anciens. Nous retrouvons ce que nous avions déjà mis en avant à savoir certains conflits générationnels face à nos revenus.

Comme nous l'avons vu le CA et le BNC sont soumis à de nombreuses variations qui semblent être externe à nos revenus conventionnels.

 

De fait, faisons le même graphique avec nos revenus conventionnels entre 2010 et 2019 sur le graphique de gauche et entre 2010 et 2022 sur celui de droite.

 

CNAMinf19et22

 

Entre 2010 et 2019, finalement la différence par rapport à l'inflation n'est en moyenne que de -2.01%. En incluant la période COVID et la hausse d'inlfation record de 2022, nous arrivons en moyenne à -7.78% par rapport à l'inflation. Sachant que depuis nous avons déjà eu une augmentation globale de +3% sur la valeur de la lettre clé (et d'ailleur si vous croyez que ces 3% ont été déterminés au hasard... vous seriez bien naïfs, car si l'on regarde les autres professions concernées par cette augmentation, on constate qu'en moyenne les professions ont perdu environ 3% par rapport à l'inflation. Alors oui, nous un peu plus, merci à "les cabinets doivent fermer" !).

Comparons finalement notre CA, notre BNC et nos revenus conventionnels par rapport à l’inflation entre 2010 et 2022.

 
Triptyqueinf

 

Nous voyons bien sur ce triptyque. Nos revenus conventionnels ne sont pas incohérents face à l’inflation. Notre CA, à cause des revenus HN en berne perd face à l’inflation. Enfin notre BNC, en lien avec notre gestion de nos revenus, est encore plus en décalage face à l’inflation.

Alors toujours convaincus que nos revenus conventionnés sont le problème ? Il est évident que nous aimerions tous gagner plus mais avant de critiquer, peut être faudrait il faire notre auto-critique…

Vous voyez que nous sommes très, très loin des discours alarmistes de certains. Et vous voyez aussi que quand le directeur de l'UNCAM dit que les revenus des médecins serait assez proches si ils avaient suivi l'inflation... Je ne me suis pas penché sur les revenus des médecins mais en ce qui concerne les notres, ce n'est pas complètement faux. Nos revenus conventionnels moyens sont « sous contrôle ». Et donc l'UNCAM joue intelligemment entre notre démographie, l’ONDAM et nos revenus moyens.

Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi nous dépassions l’ONDAM tous les ans et pourquoi nous étions « autorisés » à le faire ? Enfin, pourquoi lancer une avenant "financier" de temps à autres et parfois un avenant "technique"... Il y a des stratégies faites pour que nous restions en phase avec l'inflation du point de vue de nos revenus conventionnels (il est d'ailleurs pertinent de s'intéresser à ces stratégie pour évaluer la future enveloppe disponible).

Par ailleurs, je pense que les services statistiques de l'UNCAM doivent bien rigoler quand des syndicalistes leurs disent "nous avons perdu 25% de pouvoir d'achat" alors que leurs chiffres montrant que c'est totalement faux !

Le problème de nos revenus n'est pas situé dans les revenus conventionnels. 

Nous devons donc avoir une vision beaucoup plus globale que ce que nous pensions sur le sujet.

Je vous propose ensuite d’avoir un regard plus large par rapport aux français. En effet, nous avons toujours tendance à nous comparer aux médecins, je ne sais pour quelle raison (peut être un complexe d’infériorité…) car nos deux professions sont radicalement différentes tant en terme de responsabilité qu’en mode de financement.

 

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Suite à l’opposition d’Alizé et du SNMKR au sujet de l’avenant 7, la CNAM a joué à un petit jeu spécial « nous allons apprendre aux débutants comment cela fonctionne ». Une leçon de politique générale en un seul acte où le seul perdant au final est la kinésithérapie. Explication de texte…

 

Les faits au centre du débat

Après 2 ans d’inflation et des négociations en bernes pour plusieurs professions, l’assurance maladie a eu un comportement assez étrange.

En effet, au moment où l’INSEE annonce un infléchissement de la dite inflation, après avoir atteint 6,28% l’inflation nous sommes redescendu à 4,51% et toutes les projections annoncent que l’infléchissement va se poursuivre. La CNAM, elle, nous propose alors des négociations « flash » pour combler cette inflation fraîchement sur le recul. 

N’était-ce pas paradoxal, de donner un « coup de pouce » lors d’un infléchissement ? Surtout lorsque l’on sait qu’un délai incompressible de 6 mois après signature s’applique. Il fallait vraiment être un lapereau de 3 semaines pour y croire !…

 

Dans tous les cas la manoeuvre a fonctionné !

L’avenant 7 est signé, nous avons gagné presque 3% au passage et perdu 2 ans sur le calendrier ! Nous aurions déjà du toucher les premières revalorisations de l’avenant 7 e, juillet de cette année.

D’autant que si l’on regarde les autres professions, celles qui ont signé leur avenant il y a quelques mois, elles ont aussi eu le droit aux 3%… Donc finalement nous avons juste perdu 2 ans. On dit merci qui ?

 

Mais finalement, ce n’est pas le contenu même de l’avenant qui est intéressant, mais la manière dont nos syndicat ont géré cela et comment la kinésithérapie a été sacrifiée.

 

Les idées… visiblement nous n’en avons pas

Et oui, ce qui a été surprenant, c’est la notion de vide. Une fois l’opposition à l’avenant annoncée, nous aurions pu nous attendre à une production d’idées importante. Une période de frénésie intellectuelle nous expliquant pourquoi on ne signe pas, pourquoi on s’oppose et ce que l’on va apporter pour fair avancer les choses… Et bien non, rien, électro-encéphalogramme plat !

Il n’y a visiblement aucune matière grise chez les râleurs !

 

La science, visiblement ce n’est pas pour nous…

Comme annoncé, la grande perdante de tout ce brouhaha est la kinésithérapie.

Nous sommes sensés nous conformer aux données de la science.

Mais que penser d’un syndicat qui trie un échantillon non représentatif, au mépris de ses propres adhérents, et qui affirme parler au nom de la profession ?

Que penser d’un syndicat qui confond un « et » et un « ou » ?

Que penser de syndicats qui proposent 3 choix de votes alors qu’il n’y en a que deux, dans une volonté certaine de créer un biais majeur pour diluer ces mêmes votes ?

Que penser d’un syndicat qui affirme avoir un choix supplémentaire alors que celui-ci n’existait pas vraiment. Incompréhension ? Ce sont les même qui ne savaient pas vraiment si « et » ou « ou », nous sommes donc en droit de nous poser la question de la pertinence des propos de ces dirigeants syndicaux et de leur capacité à diriger un syndicat ! Peut-être n’ont ils rien compris depuis le départ ?

Que dire de ce syndicat qui, sachant que le choix supplémentaire n’existe pas, continue sa consultation en maintenant le choix erroné ?

Que penser de l’impact sur les kinésithérapeutes salariés alors que certains osent parler « au nom de la profession » sans même avoir jamais consulté les dits salariés ?

Que penser de la peur induite par la nouvelle nomenclature alors que celle-ci a été actée lors de la signature de l’avenant 5 et non de l’avenant 7… Ou quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage.

Que penser des élus nationaux de l’ordre, sous couvert de « liberté d’expression », tentent d’influencer les esprits et de fait se placent de façon non suffisamment distanciée par rapport aux orientations de l’ordre qui n’a pas pour mission les relations conventionnelles.

 

Devant un choix binaire « pour ou contre », avec des arguments simples et des réalités tout aussi facile à intégrer, certains syndicats ont volontairement biaisé les choix sans jamais apporter de réelles contre-propositions.

La seule réponse à leur lacune idéologique et leur refus d’engagement de responsabilités a été le populisme et la manipulation intellectuelle des votes au mépris de toute méthodologie scientifique. 

Ces syndicats ont sacrifié la science pour leurs intérêts personnels.

 

Méritons nous de monter en compétences si nous ne sommes même pas capables de suivre des principes simples de vote ?

 

Ce qui est sur, c’est que les tutelles doivent bien rigoler de la situation et l’image que ces syndicats ont renvoyé de nous nous dessert lamentablement.

Et si l’on se demande pourquoi les kinésithérapeutes sont faiblement syndiqués… avec de tels Guignols, c’est assez facile à comprendre.

 

Conclusion

Devant une crise politique de non signature puis d’opposition, les syndicats dissidents ont répondu par des non évènements de feuilles de soins papier qui n’ont ennuyé que ceux qui les ont émises, et quelques pseudos manifestationnettes (qui est un néologisme de la contraction de manifestation et marionnettes) qui nous rappellent que quand nous ne sommes même pas capables de mobiliser autant de gens que d’adhérents des syndicats, alors il y a un problème majeur… Aucune idée n’a été avancée, aucune solution proposée par ces syndicats pour gérer les problématiques de notre profession.

La CNAM, elle, a répondu par un jeu politique plus avancé et les a dupé comme jamais. Et finalement notre profession a pris une leçon de politique très finement menée. 

L’avenant 7 est signé.

Mais voilà nous avons perdu 2 ans. 2 ans à cause de l’entêtement à l’opposition, la pseudo démocratie, le populisme absolu et l’incompétences de certains.

Merci pour ce moment de nullité scientifique, la kinésithérapie a perdu, pas à cause de l’avenant, mais à cause de votre médiocrité.

 

Vincent Jallu