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La Profession

Vous trouverez ici, des conseils pratiques ou administratifs, des techniques, des astuces au quotidien...
 
Avant que nos syndicats ne nous prennent pour des ânes, la vérité sur la réforme des retraite !
 
ou comment avoir une vision différente de la réforme des retraites.
 
Il y a du nouveau...
 
C'est en fanfare que l'on nous annonce l'accès direct aux kinésithérapeute... mais qu'en est il réellement ?
 
La position de nos représentants pour la manifestation du 16/09
 
 
Faisons le point sur notre actualité.
 
kesako ? Des forfaits qui vont tuer l'exercice libéral, rien que cela.
 
Le début de la fin...
 
Quelques surprises !
 
450€ pour un examen obligatoire en Dry Needling
 
Mais nous, avons nous changé ?
 
Analyse des propositions (si l'on peut appeler cela ainsi...)
 
Savez-vous ce qu'est un CNU et à quoi il sert ? 
 
Revers sans précédent pour notre ordre.
 
Forfaits d'actes ou forfaits globaux, ils arrivent.
 
Pourquoi elles vont se transformer et ce qui nous attend vraiment.
 
Même l'UNCAM n'en veut pas !
 
Le vieux serpent de mer resurgit.
 
Ou comment nos dirigeants se terrent dans un silence sans nom
 
Elle arrive...
 
C'était tellement prévisible.
 
Analyse aussi brève que possible du plan Macron pour la santé d'ici à 2022
 
C'est à se demander si l'on ne voudrait pas que l'on en soit !
 
Voyons ce qui se prépare...
 
Le point sur le Master
Attention au mélange des genres...
 
Pourquoi il faut y aller et voir que cela ne sert à rien !
 
Propositions du conseil d'état
Enfin une avancée sur la communication en santé !
 
Essayons de rester objectifs sur notre situation
 
Nos amis médecins en font l'amer expérience !
 
L'universitarisation se précise. Et pendant ce temps là, d'autres croient au père Noël.
 
Une vision différente de ce qu'est l'ONDAM...
 
Lorsque l'on parle morale, déontologie... 
 
Permier Label qualité en masso-kinésithérapie. Le SNMKR a très bien mené ce dossier.
 
Comme souvent, c'est au détour d'une brève que l'on découvre une triste réalité.
 
Attention au piège !
 
Le stratagème parfait.
 
Un article en 3 parties.
 
C'est fait, le gouvernement a officiellement désavoué l'ordre !
 
Comment cela pourrait influencer notre profession...
 
Et si nous essayions de grandir un peu ?
 
Et pendant ce temps là...
 
Une problématique complexe.
 
Encore une attaque directe...
 
Que faut faire maintenant ?
 
Dans la plus grande indifférence, notre ministre nous a encore poignardé. 
 
ou la fin du système libéral !
 
Pourquoi je ne signerais pas si j'en avais la possibilité...
 
La parution du projet de loi de financement de la sécurité sociale va finir par m'achever !
 
Suite à l'annonce du premier ministre, je suis tout sauf rassuré !
 
La lettre clé vit ses derniers instants.
 
Il ne se passe jamais rien !
 
Comme si cela allait résoudre les problèmes.
 
Parution des décrets concernant le passage en catégorie A des masseurs-kinésithérapeutes salariés.
 
Mais non rassurez vous...
 
Peut-on réellement forcer les gens à aller s'installer là où ils n'ont pas envie ?
 
Là encore, préparons l'avenir...
 
Résultat de la magnificiente enquête du SNMKR...
 
Il y a des jours...
 
Pourquoi si je pouvais le faire, je ne signerais pas cet avenant.
 
Oui... mais...
 
Soyez à la pointe des technologies...
 
Préparons nous...
 
Madame la ministre, et la prévention ?
 
À quand un alignement des conditions de congés maternité ?
 
Article connexe entre les catégories "les idées" et "la profession". Et vous ? Que proposeriez vous pour les négociations ?
 
Dans la lignée du comparatif européen des tarifs, évaluation du système de santé français par The Lancet
 
Même ne cherchant bien, nous sommes bons derniers de ce comparatif !
 
Parution au bulletin officiel du ministère de la santé d'une patate chaude pour le nouveau gouvernement !
 
Félicitations à l'équipe de madame Touraine qui a réussi à museler les syndicats médicaux et paramédicaux.
 
L'état des lieux de la profession par Didier Lantz.
 
Première partie, état de lieux.
Seconde partie, les moments clés où tout à basculé
Troisième et dernière partie, les solutions possibles...
 
Ou comment organiser un déconventionnement "partiel".
 
Et si on parlait tarifs ?
Et oui, et si on étudiait un peu ce qui s'est passé depuis 20 ans concernant l'évolution tarifaire de notre profession ?
 
C'est une question qui revient souvent et pourtant peu de professionnels savent correctement gérer ces impayés.
 
Nos amis chirurgiens dentistes ont largement bataillé sur ce sujet. Oui, nous pouvons diffuser de la musique au sein du cabinet. Mais attention aux pièges.
 
L'échoscopie est un domaine très intéressant, mais attention à rester à notre place... 
 
Un point sur ce qui est autorisé ou non.
 
 
 
 

à venir (dans un ordre non exhaustif !)...

les négociations conventionnelles

le tarif d'autorité

les contrôles

la requalification des actes

les urps

les maisons de soin, de santé, pluridisciplinaires...

Madame la ministre de la santé a reçu ce mardi un rapport d’une « task force » sur la future réforme des modes de financement et de régulation de la santé.

Cette « task force », comprenez par là, « force opérationnelle », ou plus précisément, truc qui ne sert à rien mais qui va mettre le bordel, est dirigée par Jean-Marc Aubert. Si vous ne connaissez pas ce monsieur, il s’agit du directeur de la DREES (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Tout est dit, des chiffres, de l’argent et… rien d’autre.

Si vous pensiez que la santé c’était des gens, des prises en charges, de l’humain quoi ! Et bien non, la santé ce sont donc des chiffres, de l’argent qui rentrer et qui sort, rien d’autre. Merci madame la ministre de nous le rappeler !

Parmis les « possibilités » envisagées, paiement à la qualité et à la pertinence, paiement au suivi des pathologies chroniques, paiement groupé à la séquence de soins… et comme de par hasard nous retrouvons le paiement à la structuration pour le travail en équipe et les soins de ville, en précisant directement «  d’ici à 2022, 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et 2 000 structures d’exercice coordonné (maisons de santé, centres de santé, équipes de soins primaires) ».

Je trouve curieux que l’on parle de la coordination des soins et des forfaits groupés dans le même temps, pas vous ?

 

Le paiement groupé à la séquence de soins

Si les détails sont encore inconnus, nous avons un début de réponse sur ce que sera ce procédé !

« séjour, consultations externes, honoraires médicaux, soins infirmiers, kinésithérapie, etc. » seront rémunérés via un forfait unique.

Vous souvenez vous de mon dernier article sur les CPTS ? (à lire ici). Je relis encore les commentaires de certains syndicalistes se voulant « rassurants » ! La bonne blague ! Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer tellement leur crédulité est affolante !

Voilà donc comment tout cela va s’organiser et se dérouler…

Un montant global sera proposé pour l’ensemble des actes depuis l’hospitalisation jusqu’à la fin de la rééducation… Juste histoire de plaisanter un peu, imaginez ce qui se passera si l’hospitalisation dure 3 jours au lieu de 2 ? Et bien c’est simple, les 300€ qui étaient originellement alloués à la rééducation resteront à l’hôpital puisque ce sera le premier à se servir !

Donc soit on proposera au patient de ne pas avoir de rééducation soit on dira au gentil kiné de faire « les soins » pour « rien » !

Qui sera le pigeon de l’histoire ? Plaisanterie à part, redevenons réalistes et voyons comment cela pourra s’organiser…

Nous pouvons supposer que l’argent va transiter depuis le haut vers le bas. Premier arrivé, premier servi. Nous pouvons aussi supposer que l’argent sera réparti forfaitairement parlant. Ce qui implique directement que les soins devront être faits pour une somme définie à l’avance. Vous aurez donc disons 240€ pour la rééducation de la PTH. SI il n’y a pas de problème en 15 séances (actuel forfait) tout va pour le mieux. Si par manque de chance tout ne va pas pour le mieux… Vous finirez les soins « à votre charge », à savoir que vous n’aurez pas un euro de plus.

Autre possibilité, les acteurs définissent entre eux leurs besoins. Et donc leur financement... Est-ce que le terme « compérage » vous parle ?

Alors laissez moi vous guider… Le compérage étant interdit par les différents, ordres, imaginons un hôpital négociant avec plusieurs CPTS. « la CPTS qui nous laisse la plus grande part des financement remporte tous nos patients ! ». Voilà… C’est cela du compérage (ou plus littéralement, entente secrète entre deux ou plusieurs personnes en vue d’avantages obtenus au détriment du patient).

Voilà donc les trois scénarios envisageables, tous plus charmants les uns des autres !

Le patient dans l’histoire ? Tout le monde se fout royalement de ce que l’humain représente, seul les économies comptent. Voilà ce que nous propose madame la ministre.

Et comme tout sera orchestré depuis l’hôpital vers les CPTS gentiment organisées pour répondre présent, et bien oui, nous seront comme souvent les dindons de la farce !

Car finalement, les cabinets libéraux vont devenir les petites mains des hôpitaux. 

Mais soyez en surs, nous allons bien trouver des syndicalistes pour nous expliquer que c’est l’avenir que tout va bien et que nous avons une grande place au sein de ce système dans lequel nous sommes le dernier sous-personnel de la grande pyramide hiérarchique !

Juste histoire de vous apporter un élément factuel financier, en Suède où ce procédé existe déjà le forfait est de 5400€ pour l’ensemble de la prise en charge d’une PTH. Hospitalisation, chirurgie, anesthésie, consultations pré-post opératoire, soins (IDE, MK…). Et si l’on en croit le rapport de la SOFCOT (à lire ici), ce n’est pas une réussite ! Risque élevé de sélection des patients, baisse de la qualité de prise en charge, surcoûts induits, complexité croissante des circuits financiers.

Posons nous la question due pourquoi les orthopédistes ne sont pas contents de cette mesure ?

 

La mascarade de l’ordre

Je fus assez surpris de lire le communiqué de notre ordre (à lire ici), presque satisfait que madame la présidente fût invité à la présentation de ce superbe avenir qui se dessine pour nous. On peut même lire dans ce communiqué « la présidente du conseil national a participé au groupe de travail mis en place dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé lancée en février 2018 par le Premier Ministre et la ministre des Solidarités et de la Santé dont ce rapport présente les conclusions. ».

Devons nous en conclure que notre ordre a participé activement et est satisfait que l’humain et que le patient soient irrémédiablement exclus dans l’avenir de la santé en France ?

Devons nous en conclure que notre ordre se félicite de cet avenir qui se dessine pour les kinésithérapeutes ?

Je vous avoue que je suis totalement perdu dans la logique que notre ordre semble mener dans tout cela.

Parallèlement notre ordre nous informe depuis quelques temps de son souhait de créer la profession d’aide-kiné (à lire ici et là).

Voilà un bel outil complémentaire aux forfaitisations globales !

Et oui, réfléchissons, si ce sont des « petites mains » qui réalisent les actes dans le cadre des forfaits globaux, transformant les cabinets en usines à patients (je ne sais même pas si nous devons encore les appeler comme cela ou si le terme « bestiaux » ne serait pas plus adapté ?), alors nous avons là une solution toute trouvée.

Je pense qu’il va être urgent pour notre ordre d’annoncer clairement ses positions et ses volontés pour que l’on sache réellement où notre ordre veut aller. Et il est de notre devoir de le demander à notre ordre.

 

Conclusion

Si pour l’instant ces mesures sont « envisagées », ne doutons pas une seule seconde qu’elles arriveront. Car madame la ministre a même précisé que ces dispositions pourraient entrer en vigueur, soit pas le droit commun soit par la possibilité introduite par l’article 51. Il n’y aura donc pas de recours législatifs contre ces mesures si elles étaient introduites de cette manière. C’est beau la démocratie, surtout quand on fait en sorte de s’assoir dessus !

Nous voici donc dans l’ère de l’inhumain, des cabinets usines, des regroupements en MSP, en CPTS. Le patient, pardon, le bétail, sera pris en charge avec des critères exclusivement financiers.

 

Vincent Jallu

Je vous annonce l’ouverture de la Chasse aux Primes sur les Territoires de Santé autrement appelé CPTS !

L’expression n’est pas de moi mais je l’ai trouvé tellement réaliste que je n’ai pu m’abstenir de la citer.

Depuis quelques temps tout le monde s’agite autours des CPTS. Sous cet acronyme se cache les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé.

Superbe idée à la base et si l’on écoute les professionnels déjà en place au sein d’une CPTS, tout est parfait dans e meilleur des mondes. Enfin les libéraux peuvent travailler ensemble autours d’un projet qui la plupart du temps est un projet qui nous touche directement. 

Bénéficiant d’un financement entre 50 et 150 000€ comme l’a précisé la directrice de l’offre de soin, voilà qui pourrait être alléchant. puisque cela peut financer un secrétariat coordonnant le système ou tout autre moyen utile à la CPTS.

Travailler en collaboration, autours d’un objectif commun et en ayant les moyens de le faire, franchement ? Que demander de plus ?

 

Mais alors, où est le piège ?

Si certains affirment haut et fort que le financement des CPTS ne sert pas à rémunérer des actes, ils ont raisons. Mais le financement des CPTS pourrait rémunérer des missions ! 

L’UNCAM a trouvé là un moyen encore plus intéressant que les forfaits pour payer indirectement les professionnels. Car dans le forfait vous n’avez aucun objectif. Alors que là tout est clairement indiqué. L’UNCAM ayant même déjà délivré certains indicateurs. Vous savez, comme pour les ROSP ! Des indicateurs !…

Même origine, même trajet, même terminaison, ROSP=CPTS=piège à c..

De plus Nicolas Revel rajoute une petite phrase intéressante, « Il est nécessaire de passer de l’obligation déontologique individuelle à une organisation territoriale et collective ». Tout est dit. La déontologie individuelle ayant échouée, nous allons passer à une organisation obligatoire en collectif avec objectifs, indicateurs et prime à la clé.

Et si depuis 2016 les CPTS ont eu des fonctionnements « facile », l’étau se resserre déjà.

En effet, l’UNCAM a précisé que les CPTS fonctionneraient dorénavant autours de missions dites « socles » et de missions dites « complémentaires » et suivant des « indicateurs ».

D’ailleurs, Nicolas Revel a déjà indiqué que les médecins qui ne suivront pas le chemin des CPTS se verront « limités » dans leurs rémunérations forfaitaires ! Que ce soit pour employer un assistant médical, ou pourquoi pas tout ou partie de ROSP… Pensez vous réellement que si le système était si parfait, l’UNCAM aurait besoin de menacer ? Laissez moi rire, soit toutes celles et ceux qui vantent les méritent des CPTS se sont laissé bernés comme des imbéciles, soit ils n’ont vraiment aucune once de lucidité.

Ne doutons pas une seule seconde qu'avec le futur avenant 6 à notre convention, Nicolas Revel saura se montrer "convaincant" avec nous aussi !

 

Missions socles, missions complémentaires, indicateurs

Parmis les missions socles, indiscutablement, la rééducation n’en fait pas partie. Donc que tous les kinésithérapeutes qui ont eu la « chance » d’être dans une CPTS fonctionnant autours d’un projet de rééducation, malheureusement, tout cela c’est fini.

Les missions socles ? Simple. Il y en a 2.

  • l’accès au soin (médecin traitant, soins programmés)
  • l’organisation des parcours de soins

Voilà… Les kinés là dedans ? Désolé, il faudra repasser ! Ha si, nous serons dans l’organisation du parcours. Donc terminé les CPTS centrées autours de projets de soins. Seuls l’accès et l’organisation sont des missions socles.

Voici un exemple donnée par l’UNCAM, « la CPTS pourrait avoir la responsabilité de recenser les patients sans médecin traitant, d'identifier la capacité des médecins à prendre de nouveaux patients ou encore de définir les patients prioritaires pour la prise en charge par un médecin traitant ». Quelle joie pour les masseurs-kinésithérapeutes de faire partie d’une telle organisation !

Voilà ce à quoi ressemblera une CPTS.

Seulement après ces missions socles, interviennent les missions complémentaires.

Mais attention, ces missions ne sont pas « gratuitement » rémunérées, il faudra répondre à des indicateurs. Augmentation de la population prise en charge, augmentation de la patiente par praticien, augmentation du nombre de créneaux horaires par praticien, baisse du nombres de prises en charge aux urgences et même la « satisfaction » des patients ! Nous voilà prévenus !

Parlons des missions complémentaires. Quatre sont mises en avant.

  • Prévention
  • formation
  • qualité
  • pertinence

Voilà, en dehors de la prévention, tous les projets à titre rééducation semblent mis de côté non ?

Et cerise sur le gâteau, les financements seront attribués aux missions. Donc si les kinésithérapeutes d’une CPTS n’ont pas de mission réelle, pas de financement. Donc pour avoir le financement les kinésithérapeutes devront s’adapter et de venir des chasseurs de primes !

 

L’avenir des CPTS existantes ?

C’est un point des plus inquiétant. En effet, lorsque les objectifs de la CPTS déjà en place seront atteints, que va-t-il se passer ?

Les objectifs vont changer tout simplement. Et ces objectifs devront alors répondre aux missions socles. Donc toutes celles et ceux qui ont actuellement des projets « sympathiques » se verront avec des projets uniquement administratifs avec des indicateurs de réussite, des objectifs… En fait un contrat entre l’UNCAM, les ARS et les professionnels. Si le contrat n’est pas respecté, fin du financement (et pourquoi pas un remboursement) obligation de se conforter aux objectifs, indicateurs etc.

 

Conclusion

Compte tenu des missions socles, il est clair que les CPTS sont au mains des médecins et que les objectifs 

Le gouvernement est en train de réinscrire le fait que nous ne sommes que des « para » médicaux et que nous n’aurons aucune place majeure et nous resteront subordonnés. Travailler « ensemble » dans un rapport hiérarchique parfaitement établi en suivant des objectifs strictement médicaux sans réels rapports avec nos objectifs du quotidien. Voilà ce que sont les CPTS.

Alors, ça vous tente ?

Tout est actuellement en construction au sein des négociations avec l’UNCAM. Peut être est-il temps d’interroger nos syndicats représentatifs avant que l’accord cadre interprofessionnel ne soit signé non ?

Dans tous les cas la chasse à la prime est ouverte !

 

Vincent Jallu

En ce début d’année, en plus de vous présenter mes voeux, je vous propose une « petite » analyse sur le thème des « aides-kiné ».

Vieux sujet remis sur la table lors du congrès de l’ordre pour sauver la kinesithérapie salariée...

Le CNO a par ailleurs communiqué sur le fait qu’ils réfléchissaient activement à ce statut.

 

Petite pensée

Je vous laisse méditer sur une chose...

Reconnaitre qu’une personne moins qualifiée peut faire la même chose que vous, c’est reconnaitre que vous êtes surqualifié pour faire ce que vous faites et donc c’est reconnaitre que vous êtes bien trop payer pour le faire !

Qui doit on remercier pour cela ?

Celles et ceux qui veulent mettre en place les fameux sous-kinés !

Il y a cependant quelques « couacs » qui seront incontournables.

 

Le décret d’actes et tous les autres textes nous régissant

Même si sur le plan juridique l’exercice illégal de la kinésithérapie est une notion complexe qui manque cruellement au code pénal, nos actes sont cependant « protégés » par notre décret d’actes. Notre statut est lui aussi garanti par l’ensemble des textes du code de la santé publique. Il faudra un gros remaniement en profondeur pour autoriser un personnel non qualifié à le devenir pour pouvoir effectuer nos actes.

 

La convention

Observons ce que nous dit la convention...

Parce qu’a un moment il ne faudra pas oublier qu’un libéral qui pourrait employer quelqu’un pour effectuer ses propres actes, ne remplirait plus les conditions conventionnelles permettant le paiement de ces actes.

En résumé, la convention prévoit que ce soit le kinésithérapeute qui fasse la séance. 

En conclusion, la convention ne permet pas à un kinésithérapeute de déléguer ses actes ! Donc il faudra une modification majeure de notre convention pour que cela soit réalisable.

La balle est donc dans le camp de nos syndicats représentatifs... Si vous voulez sauver la kinésithérapie, refusez les sous-kinés !

 

Les assurances

Là aussi, il faudra donner une réponse légale. Comment s’organisera la prise en charge assurantielle en cas de problème. Car au jour d’aujourd’hui aucune Assurance ne prend en compte les sous-kinés. Tout est donc à construire de ce côté là.

 

La gérance

Ce qui est assez paradoxal avec ces sous-kinés, c’est que notre ordre s’oppose aux situations de gérance des cabinets et pourtant il se pourrait bien que ce soit le même ordre qui autorise la gérance avec des sous-kinés ! Mais comme ces personnels seront sous-kinés et pas kinés...  tout va bien dans le meilleur des mondes.

Je vais être franc, je ne pense pas que notre ordre ait « les épaules » pour régler l’ensemble de ces problématiques (sans compter que j’ai du en oublier quelques unes). Par contre il peut, comme pour le dry needling nous mettre dans une position problématique qu’il essaie maintenant de régler avec le plus grand mal et non sans grincements...

Et il faudra qu’il y ait une collaboration étroite entre notre ordre et le ministère, ce qui est loin d’être acquis.

Et point essentiel, avec le remaniement de l’ensemble des textes nous régissant, il ne faudra rien perdre au passage.

Car si on arrive à expliquer qu’une personne non diplômée en kinésithérapie arrive à faire des actes de kinésithérapie, il faudra alors expliquer pourquoi une autre personne non diplômée en kinésithérapie (comme les ostéos ou les chiros) ne pourraient pas effectuer ces actes...

Vous l’aurez compris, le danger n’est pas grand, mais immense.

 

Imaginons que...

Laissons de côté quelques instants ces problématiques administratives et imaginons que ce soit possible.

Qui profiterait des sous-kinés en libéral ?

Un « smic » coute, toutes aides confondues, 2300€ par mois à l’employeur, sans compter les avantages (13e mois, primes...) et surtout ne pas oublier les 5 semaines de congés payés, les RTT etc...

Le fait est que pour payer un smic, il faut environ 8 séances de kinés par jour.

Il faudra donc pour un kinésithérapeute qui voudrait employer un sous-kiné, pouvoir s’assurer que celui-ci lui rapporte l’équivalent de 8 séances par jour.

Autant le dire de suite, seuls les cabinets « usines » pourront assurer une telle cadence. Ce ne sont pas les kinésithérapeutes ayant quelques patients « en attente » qui pourront se le permettre.

Ou alors, la volonté est de remplacer les assistants par des sous-kinés ?

Est-ce la volonté finale ? Développer les cabinets usines ? Supprimer les assistants ?

Est-ce la vision de la kinésithérapie de demain, le kinésithérapeute gestionnaire de personnel ?

Avis à tous les étudiants, laissez tomber l’anat’ ! Votre avenir ce n’est pas la science mais le management et le marketing !

 

En salariat

Cette pratique de remplacer les kinésithérapeutes par des aides soignants, des APA ou tout autre professionnel existe déjà. Est-ce que cela a créer de l’emploi pour les kinésithérapeutes ? Non.

Il est par ailleurs bien connu que lorsque l’on légalise une pratique, celle-ci a tendance à diminuer ! Oui, permettez moi un peu d’humour...

Non, la légalisation de la pratique va augmenter considérablement le nombre de sous-kinés, sans créer un seul emploi de masseur-kinésithérapeute.

Les directeurs d’établissement vont se frotter les mains, pendant que la kinésithérapie salariée aura fini de sombrer.

Et puis franchement, au lieu de jouer le jeu des directeurs d’établissements, attaquons ! Déposons plainte,allons jusqu’au bout. Publions une tribune dénonçant la situation.

Voulons nous refaire la même chose qu’avec le massage ? Nous avons laissé partir le  massage, nous allons laisser partir la kinésithérapie. Que nous restera t il ? Rien.

Nous refaisons sans cesse les mêmes erreurs, c’est incroyable.

 

Continuons à imaginer que…

Téléportons nous dans d’autres pays.

Oui dans certains pays, le physiothérapeute effectue le diagnostic et délègue une partie ou la totalité des soins à des sous-physios...

Nous, nous n’avons même pas le grade master.

Et si certains veulent nous faire avaler des couleuvres en nous faisant croire le contraire, c’est faux !

Nous avons, pardon, une frange d’étudiants a accès, de manière non nationale, à un master de façon cumulative aux études de kinésithérapie. En fait, rien ne change par rapport à avant ou presque. Toujours des masters de recherche, aucune revalorisation réelle. Que du bricolage.

Si, une chose change, nous aurons les premiers docteur en kekchosequineserapasdelakinésithérapie, managers de salle de sport ou gérants de cabinet de sous-kinés... Et toujours payés 16,13€, mais ça à priori cela n’inquiète personne.

En attendant, votre diplôme d’état, comme le diplôme d’état des futurs diplômés, sera toujours le même avec la même reconnaissance.

Ce doux rêves que certains ont, toujours frustrés de ne pas être médecin...

Enfin bref, sans master, sans aucune volonté d’accès direct, sans pratique avancée (dont nous sommes en train de rater le coche), sans rien, nous ne pourrons jamais obtenir la place que certains physiothérapeutes ont dans le monde.

Et lorsque l’on est une grenouille, ce n’est pas parce que l’on invente la sous-grenouille que l’on devient un boeuf.

 

Le cas intéressant des gens pouvant exercer partiellement la kinésithérapie...

Certains pourraient penser qu’accorder un cadre juridique à des sous-kinés ne pouvant exercer pleinement la kinésithérapie serait une solution viable.

Et bien je le redis haut et fort, pas de cette manière.

Nous devons accueillir les « exercices partiels », très bien, faisons le. Mais faisons le pleinement. Ne soyons pas stupides, ne leur accordons pas le loisir d’avoir une statut confortable qui coutera à l’ensemble de la collectivité et dont nous ne pourrons pas nous dépêtrer si un jour licenciement il devait y avoir. Et n’imaginons pas le cas où un titulaire libéral emploierait ces sous-kiné...

Non, je n’ai pas envie que la collectivité supporte cela, je n’ai pas envie que mes confrères et consoeurs subissent les pire problèmes avec des salariés dont ils ne sauront plus quoi faire.

Ma solution face à ce problème est de donner accès à ces exercices partiels au monde libéral. Rétrocession, urssaf, caisse de retraite, convention, impôts sur le revenu... Et quand ils verront que sur 3 amk 6 il ne leur reste que 13€ pour une heure et demie de travail... Alors il feront comme tous les médecins étrangers qui ont cru a l’Eldorado Français, ils repartirons.

 

Le pire des scénarios ?

Vous pensez que cela ne peut pas être pire ?

Et bien si, c’est simple.

Une maison pluridisciplinaire, montée par un médecin qui emploierait des sous-kinés sans même avoir un kinésithérapeute sur place.

Ce serait bel et bien la fin de notre profession.

Merci a toutes celles et ceux qui oeuvrent pour soit disant défendre notre profession en organisant sa mort.

 

Mais alors quel intérêt à légaliser ceci ?

Savez vous pourquoi une partie des hommes et femmes politiques mondiaux veulent la légalisation du canabis alors que l’on connait les ravages du tabac ?

Savez vous quelle somme rapporte l’industrie du tabac en france par an ? 14 milliards.

Savez vous quelle somme l’état économise en non versement de pension de retraite à cause de la mortalité liée au tabac ? 6 milliards d’euros.

Total 20 milliards d’euros.

Pour être cohérent il faudrait parler des 19 milliards que coutent les soins, les prises en charges et autres. Reste que le bilan global est bénéficiaire de 1 milliard d’euros.

Voilà pourquoi certains veulent légaliser le canabis, toujours plus d’argent.

Pourquoi légaliser les aides soignant(e)s qui réalisent des actes de kiné sans rien en dire ?

75€ par sous-kiné salarié, 280 par sous-kiné libéral, sans oublier les 90€ pour les montages en société qui emploieront ces sous-kinés. Voilà un petit bénéfice non négligeable !

N’oublions pas de parler de celles et ceux qui se frottent déjà les mains en pensant pouvoir organiser des formations initiales et des formations complémentaires à ces sous-kinés !

Peut-être est-ce pour cela que cette mesure des sous-kinés a tant de soutient auprès du syndicats des directeurs d’ifmk et auprès de certains élus de l’ordre.

Autre possibilité, pour les cabinets en zone sur dotée, remercier les assistants à la rétrocession trop faible pour embaucher des sous-kinés corvéables à la rétrocession élevée ! Sans parler qu’eux ne seront pas soumis au zonage ! Vive les usines à fric !

 

Conclusion

Ma conclusion est simple, les sous-kinés, non.

Non pour favoriser les cabinets usines.

Non pour remplacer les masseurs-kinésithérapeutes salariés par des sous-kinés.

Non pour faciliter les choses aux "exercices partiels".

Non pour légaliser une pratique qui va se généraliser.

Non pour baisser notre pantalon face aux directeurs d'établissement.

Non pour continuer à brader notre profession !

Et si notre ordre n’est pas capable d’ouvrir le débat avec l’ensemble de la profession, je rappellerais à nos chers élus, que le roi Macron ouvre un « grand débat » national... Peut être que le baron CNOMK devrait y penser aussi...

 

 Vincent Jallu

Suite à mon article (à lire ici) sur les sous-kinés, le conseil de l’UNCAM m’a fourni quelques éléments de réponse et de réflexion.

En effet, la profession d’assistant médecin est en cours de création. Et si contrairement à nous, l’initiative est partie d’en haut pour arriver en bas, les cadrages ne manquent pas de se faire sentir et pressants. Le parallèle entre les assistants-médecins et les sous-kinés me semble être flagrant.

Ainsi le ministère avait déjà donné une feuille de route assez stricte, mais l’UNCAM vient d’enfoncer le clou de manière assez virulente.

Alors que notre conseil national réfléchit éventuellement à limiter les sous-kinés au monde salarial pour soit disant sauver la kinésithérapie salariée, l’UNCAM a elle défini les assistants-médecins dans les domaines administratifs et cliniques, en les interdisant aux spécialités techniques comme la radiologie et la biologie médicale ainsi qu’aux praticiens en établissements de santé.

Me voilà donc rassuré, si une partie des élus de notre ordre veut faire n’importe quoi, l’UNCAM semble être beaucoup plus réaliste et partager mes craintes. Si l’on ouvre ce type de personnels au monde salarial, ce sera la catastrophe.

Si l’UNCAM ne veut pas d’assistants médecins en établissements de santé c’est parce qu’elle a elle même très peur des abus qui pourraient en découler.

Je repose alors ma question, pourquoi voudrions nous de sous-kinés en établissements alors que l’UNCAM elle même craint les assistants-médecins dans les mêmes conditions ?

L’UNCAM et notre ordre ne semblent donc pas avoir réfléchi aux mêmes problématiques !

Je suis aussi rassuré sur les effets d’aubaines. En effet l’UNCAM semble très stricte sur les critères d’attribution des assistants médicaux. Hors de question de licencier du personnel existant, mais de surcroit, les médecins devront augmenter leur patiente ou mettre en oeuvre de nouvelles actions améliorant la qualité ou l’efficience, parlant même de la hausse du nombre d’heures travaillées !

En effet, l’UNCAM financera en partie les assistants médicaux. Hors de question pour elle de ne pas avoir de compensation. Elle a même prévu le remboursement de sa participation si le contrat n’est pas respecté.

J’espère vivement que si les sous-kinés existent un jour, l’UNCAM maintiendra le même cap avec notre profession…

 

Conclusion

En écrivant mon article la semaine dernière, je ne pensais pas avoir un soutien de taille par le biais du conseil de l’UNCAM.

Je demandais l’appui des syndicats représentatifs dans le cadre des négociations conventionnelles pour pouvoir endiguer la création des sous-kinés, mais finalement c’est peut être l’UNCAM elle même qui refusera totalement cette mesure.

Désolé pour toutes celles et ceux qui pensaient s’enrichir sur le dos de kinésithérapeutes salarié ou sur le dos des assistants, l’UNCAM veille !

Dans tous les cas je suis maintenant curieux de voir comment les élus partisans des sous-kinés vont s’en sortir face à cet énième affront. Le gouvernement et l’UNCAM semblent vraiment ne pas être en phase avec notre ordre…

 

Vincent Jallu

Avez-vous remarqué le silence presque inquiétant de l’ensemble de nos acteurs depuis quelque temps ? Que font nos élites ?

 

Je suis personnellement un défenseur de la vision démocratique qui dit qu’avoir une élite est bien plus fonctionnel que d’avoir une forme de populisme qui n’a jamais prouvé quoi que ce soit ni en matière de démocratie (au contraire) ni en matière de choix décisionnels (au contraire aussi), l’immobilisme ou le fameux « y’a pu qu’à » étant les résultantes majoritaires de ce type de pensée.

Et si nous élisons des représentants (maires, députés, président) dans les différentes instances de notre démocratie c’est bien pour faire avancer les choses et non pas rester immobiles.

Cependant lorsque l’élite néglige la base il se créer ce qui est en train de se passer. La base se rebelle.

Et c’est ainsi que le mouvement des « gilets jaunes » a vu le jour

 

Loin de moi l’idée de prendre parti ou non pour ce mouvement populaire, non ce n’est pas le but de cet article.

Cependant je note quelques similitudes entre nos microcosme et ce mouvement.

Car finalement nous l’avons déjà vu, la pression de la base s’est déjà faite sentir depuis quelques temps. La gronde monte…

Avec l’avenant 5, le SNMKR a failli changer son fusil d’épaule. Avec la démarche qualité, la FFMKR a fait machine arrière toute tout en profitant de ratisser large suite à l’avenant 6. Dans ce marasme, Alizé a surfé sur le populo-démago pour se rétracter partiellement ensuite.

 

Et depuis quelques semaines que se passe-t-il 

Et bien depuis des semaines, les syndicats sont muets. Pas une information sur les discussions et projets en cours. Rien.

Quelques communications mineures sans grande portée pour notre profession ou pour les professionnels.

Peut être pourrions nous penser que la communication est interne, favorisant les adhérents ? Et bien même pas. Néant absolu.

Le gouvernement annonce un plan santé qui doit se faire en moins de 4 ans avec des réformes profondes et des modifications statutaires importantes et… Toujours rien. Le mutisme est de rigueur. De nombreux dossiers sont en cours et pas des moindres. L’avenant 6 est bien « en marche » non ? La réforme de la nomenclature, je pense que cela intéresse tout le monde non ?

Du côté de l’ordre, ce n’est pas mieux. La re-re-re-ré-ingéniérie des études sous l’égide du CNO et des directeurs d’écoles. Aucun mot, là encore mutisme total. Presque 2 mois après l’état de lieux de l’exercice salarié et quoi depuis ? Encore Rien.

De plus en plus inquiétant, lorsque le CNO nous donne un tout petit morceau d’information c’est pour nous dire qu’il réfléchit au statut « d’aide kiné » ou des question d’ordre déontologique d’organisation des cabinets.

 

Et nous là dedans ? Oui nous, la base ! Avons nous notre mot à dire ? Non.

Nos élite sont en train de créer une scission majeure avec nous. Qu’ils continuent ainsi, ils auront la monnaie de leur pièce…

 

Messieurs-dames les syndicalistes, les membres du CNO, les directeurs(rices) d’écoles, n’avez-vous pas peur qu’à un moment donné, nous la dite base, ne fassions tels les gilets jaunes une vague de contestation pour que l’on nous demande enfin notre avis ?

 

Voulons-nous des aides kinés ? Voulons-nous que l’on vienne interférer dans l’organisation de nos cabinets, voulons-nous que l’on continue à nous imposer des avenants sans être concertés ? Voulons-nous l’ouverture des plateaux techniques aux libéraux ? Voulons-nous avoir une main d’oeuvre gratuite et corvéable à souhait par le biais des étudiants en K1-K2 au sein de l’hôpital ?… 

 

Les syndicats ont un avantage. Ils sont facultatifs. Si l’on est pas content de son syndicat, on arrête d’y adhérer. Alors oui il y a le fil à la patte des assurances et des services annexes. Mais c’est possible.

Pour l’ordre, c’est obligatoire. Donc pas le choix. Car là, dès le départ « on » a oublié de nous demander notre avis… Comme quoi, il y a du passif.

Pour les écoles, là encore pas trop le choix. Quoique… Elles pourraient toutes disparaitre avec une universitarisation complète, mais ce n’est pas pour demain.

 

Alors oui, il ne faut pas pousser mémère dans les orties, si nos élites veulent que tout se déroulent pour le mieux, il faudrait peut être demander son avis à la base…

 

Vincent Jallu